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Après avoir prédit la victoire de Trump, il prédit une guerre mondiale en mai 2017

13 mai 2017, début de la 3ème guerre mondiale entre les USA, la Corée du Nord, la Russie, et la Chine ?

À en croire les prophéties de ce voyant portugais, en mai 2017, le monde plongera dans le chaos d’une guerre dévastatrice, conséquence de la dégradation de la situation en Syrie et en Corée du Nord.

Le mystique portugais Horacio Villegas, qui avait prédit précédemment la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine, a déclaré que la troisième guerre mondiale éclaterait cette année. Selon lui, cette guerre est inévitable et la dernière attaque des États-Unis contre la Syrie prouve qu’elle approche à grands pas.

Horacio Villegas prédit qu’une guerre impliquant les États-Unis, la Russie, la Corée du Nord et la Chine sera déclenchée le 13 mai 2017 à l’initiative du Président américain Donald Trump. Il a également précisé que la guerre ne durerait pas longtemps et se terminerait le 13 octobre 2017 après avoir causé de grandes destructions et fait beaucoup de morts.

Ce n’est pas un hasard si le visionnaire a choisi la date du 13 mai : c’est le centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fátima, au Portugal. À son tour, le 13 octobre marque la sixième et dernière apparition mariale à Fátima quand la Sainte Vierge a annoncé, selon la légende : « la guerre va prendre fin, et les soldats seront bientôt de retour à leur domicile ». Il y a 100 ans ces paroles ont été interprétées comme une prophétie sur la fin de la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui, Horacio Villegas les applique à sa théorie.

Quoi qu’il en soit, le visionnaire appelle les habitants de la Terre à « rester très vigilants » pendant cet épisode « explosif ».

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Publié par le 20 avril 2017 dans général, Insolite, Religion - Prophéties

 

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Trump : deux pas en avant, un pas en arrière

Trump : deux pas en avant, un pas en arrière

Alors que la presse internationale décrit le grand retournement de Donald Trump, Thierry Meyssan montre qu’il n’en est rien : loin d’avoir abandonné son idéal de paix, le président des États-Unis hurle et bombarde, tout en faisant attention à ne rien commettre d’irréversible.

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Le changement radical de rhétorique du président Trump sur l’ensemble de sa politique extérieure s’est accompagné du bombardement de la base syrienne de Cheyrat et de celui d’une montagne afghane.

Le monde a tremblé devant ce déploiement de force : 59 missiles Tomahawks en Syrie et une méga-bombe GBU-4/B3 en Afghanistan. Pourtant, la base de Cheyrat était à nouveau opérationnelle dès le lendemain, tandis que « la mère de toutes bombes » a certes provoqué l’effondrement de trois sorties d’un tunnel naturel, mais n’a pas détruit les kilomètres de passages souterrains creusés avec le temps par les rivières dans la montagne. Bref, beaucoup de bruit pour rien.

Ces deux opérations étaient manifestement destinées à convaincre l’État profond US que la Maison-Blanche soutenait à nouveau la politique impériale. Elles ont eu l’effet escompté sur l’Allemagne et la France. La chancelière Angela Merkel et le président François Hollande ont applaudi leur suzerain et appelé à en finir avec la Syrie. La surprise est venue d’ailleurs.

Le Royaume-Uni ne s’est pas contenté de suivre le mouvement. Son ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, a proposé de prendre des sanctions contre la Russie, complice selon lui des « crimes » syriens, et responsable d’une manière ou d’une autre de la résistance afghane et de bien d’autres choses.

Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, Johnson a annoncé l’annulation de son déplacement à Moscou et a invité tous ses partenaires à rompre leurs relations politiques et commerciales avec la Russie. Ces derniers, tout en approuvant l’initiative britannique, se sont prudemment tenus en retrait. Rex Tillerson, le secrétaire d’État états-unien, a quant à lui, clairement écarté cette folle proposition et a maintenu son voyage à Moscou. Avec aplomb, Johnson a alors déclaré que les Européens auraient mandaté Tillerson pour faire entendre raison aux Russes.

Alors que le protocole international prévoit la réception d’un ministre par son homologue et non par le chef d’État local, la presse atlantiste présentait l’accueil de Tillerson par Lavrov comme un refroidissement des relations américano-russes. Avant qu’il ait eu le temps de saluer son hôte, Sergey Lavrov fut interrompu par une journaliste de Washington qui le prit à partie. La rappelant à la politesse, le ministre russe refusa de lui répondre et écourta les présentations.

L’entretien, à huis clos, dura plus de quatre heures, ce qui paraît bien long pour des gens qui n’auraient rien à se dire. En définitive, les deux hommes demandèrent audience au président Poutine qui les reçut deux heures supplémentaires.

À l’issue de ces rencontres, les ministres délivrèrent une conférence de presse. Ils assurèrent sans rire avoir exclusivement pris note de leurs divergences. Sergey Lavrov mit en garde les journalistes devant le danger que cette rupture faisait courir au monde.

Cependant le lendemain, le même Lavrov, s’adressant à la presse russe, indiquait avoir conclu un accord avec son hôte. Washington se serait engagé à ne plus attaquer l’armée arabe syrienne et la coordination militaire entre le Pentagone et l’armée russe pour la circulation aérienne dans le ciel syrien aurait été rétablie.

En apparence, l’administration Trump hurle sa puissance et bombarde, mais en réalité, elle veille à ne rien commettre d’irréparable. Le pire et le meilleur sont donc possibles.

Source: Al-Watan (Syrie)

via Voltaire.net

 

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Les Américains aiment la guerre ! La cote de Trump grimpe à 50 %, la plus forte hausse

Les Américains aiment la guerre ! La cote de Trump grimpe de 50 %, la plus forte hausse

Il semble que si vous voulez être aimé par le public américain, faites la guerre. Après un plongeon non-stop vers le record des côtes les plus basses pour un nouveau président, les données les plus récentes de Rasmussen montrent que l’opinion en faveur du président Trump pendant ces deux mois a atteint des sommets depuis qu’il commencé à faire entendre les tambours de guerre dans le monde.

Les sondages quotidiens Rasmussen Reports sur le suivi présidentiel de ce lundi montrent que 50% des électeurs américains approuvent l’action du président Trump. Cinquante pour cent (50%) la désapprouvent. C’est la première fois que le taux global d’approbation du président revient dans les 50 % en à peu près un mois. Juste après son investiture, l’approbation de l’action de Trump a atteint un pic de 59% et est resté dans ces eaux tous les jours jusqu’au début mars. Depuis, elle était descendu jusqu’à 42%. Les derniers chiffres pour Trump montrent que 30% sont fortement en accord avec la façon dont Trump mène son action, alors que 39% sont fortement en désaccord. Cela lui donne un indice d’approbation présidentielle de -9.

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Cependant, alors que ce dernier comportement guerrier a rehaussé la côte de Trump, un récent sondage Gallup dit que la majorité de la population ne croit plus qu’il tiendra ses promesses

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Il y avait eu des évaluations plus positives sur Trump en février au moment où il avait commencé sa présidence avec une vague de décrets et de nominations de son Cabinet. Qu’ils en soient d’accord ou non, les Américains semblaient y voir la preuve que Trump maintenait ses engagements lors de sa campagne de modifier fondamentalement le mode de fonctionnement du gouvernement fédéral.

Pendant les deux mois, cependant, Trump semblait s’éloigner de l’abrogation de la Loi sur les soins abordables (Affordable Care Act) après l’échec des républicains à se mettre d’ accord sur le texte de remplacement sur les soins de santé présenté par Trump. Les amis politiques, comme les ennemis, se sont plaints que Trump ne tient pas les promesses qu’il a faites lors de la campagne. Les partisans ont exprimé leur mécontentement que ce qui a été fait sur les impôts et l’immigration n’était pas suffisant, en plus des soins de santé. Les opposants disent qu’il ne protège pas la classe moyenne et les travailleurs américains.

Comme le conclut  Gallup, dès le début de sa présidence, la majorité du public a cependant cru en Trump, pour tenir ses promesses et être un président qui pourrait apporter des changements nécessaires. Maintenant beaucoup se sont détournés de ces points de vue, peut-être à cause de l’échec du GOP (le parti républicain américain) à réaliser sa promesse de longue date d’abroger l’Obamacare. En conséquence, la majorité ne croit plus qu’il ait les qualités pour cela. Ces points de vue peuvent encore changer, en fonction des actions de Trump au cours de sa présidence. Mais pour l’ instant, Trump a perdu beaucoup de terrain avec un public qui, il y a deux mois, pensait qu’il détenait l’une des principales caractéristiques d’un bon président.

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Publié par le 18 avril 2017 dans général, International, Politique

 

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Volte-face de Trump sur l’OTAN : l’Alliance deviendra «plus expansionniste que défensive»

 Volte-face de Trump sur l’OTAN : l'Alliance deviendra «plus expansionniste que défensive»

En dépit de sa rhétorique électorale, Donald Trump soutient le déploiement de l’OTAN en Europe de l’Est. Au lieu de dissuader la Russie, cela ne fera que réduire la sécurité en Europe, estime Martin Sieff du Global Policy Institute.

Mercredi le 12 avril, le président américain, Donald Trump, a rencontré pour la première fois le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, à Washington.

Il a admis avoir changé de position sur l’OTAN, en qualifiant l’Alliance de «rempart pour la paix et la sécurité internationale».

Cependant, sa volonté d’entretenir des relations pacifiques avec la Russie existe toujours, et Jens Stoltenberg prétend le soutenir dans ce sens.

«Ce serait formidable, comme nous l’avons discuté plus tôt, si l’OTAN et notre pays pouvaient s’entendre avec la Russie. A l’heure actuelle, nos rapports avec la Russie ne sont pas bons. On peut même dire qu’ils sont à leur plus bas niveau historique. C’est le résultat d’une longue période de temps. Mais on verra ce qui arrivera. Poutine est le leader de la Russie. La Russie est un pays puissant. Nous sommes un pays très, très fort. Nous allons voir comment tout cela fonctionnera», a déclaré Donald Trump.

Martin Sieff, du Global Policy Institute, estime que le changement de rhétorique du président américain est «décourageant», mais en même temps «prévisible».

Trump n’a pas fait les mêmes efforts que dans le secteur économique pour désigner les hauts fonctionnaires capables de mettre en œuvre les politiques déclamées au cours de sa campagne électorale

«Le président Trump n’a pas d’expérience dans le domaine de la politique étrangère. Il n’a pas fait les mêmes efforts que dans le secteur économique pour désigner les hauts fonctionnaires capables de mettre en œuvre les politiques déclamées au cours de sa campagne électorale. Au lieu de cela, il se laisse influencer par les opinions de l’establishment», explique l’expert.

Effectivement, selon Martin Sieff, Donald Trump a fait un pivot à 180 degrés dans sa politique otanienne.

«Il a répété à l’envi au cours de sa campagne que l’OTAN était obsolète, qu’elle devait être restructurée. Maintenant, il dit qu’elle ne l’est pas», explique-t-il. «S’il change radicalement l’OTAN, il semble qu’il la rendra plus expansionniste que défensive et stabilisatrice. C’est exactement le contraire des positions prises systématiquement pendant sa campagne.»

En prenant la parole le 12 avril, le leader américain a encore soulevé la question des dépenses.

«La répartition équitable des coûts a été ma priorité depuis ma prise de fonctions. Un tournant décisif a maintenant eu lieu», a annoncé le président.

Martin Seiff explique néanmoins que même si les pays d’Europe concernés augmentent leur participation en faveur de l’OTAN, cela ne fera aucune différence en termes pratiques.

En Allemagne et en France, émergent des forces politiques puissantes qui ne veulent ni augmenter les dépenses militaires, ni aggraver les tensions avec la Russie

«Aujourd’hui, à Washington, le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg – et il est un faucon sur ces questions-là – s’est montré confiant concernant une augmentation allant jusqu’à 3,8% du pourcentage de PIB consacré aux dépenses otaniennes. Il a précisé que 10 milliards de dollars supplémentaires avaient ainsi été affectés aux dépenses militaires dans l’OTAN. Mais on constate qu’en 2016, seuls cinq pays membres ont contribué à l’OTAN à hauteur de 2% de leur PIB, le minimum requis par Stoltenberg , ainsi que par Trump. Stoltenberg affirme que deux ou trois autres nations parviendront à ce niveau au cours des deux prochaines années. Cela inclut de très petits pays : la Roumanie, un grand pays sur le plan géographique, mais qui a une base économique très faible ; et la Lettonie, qui est vraiment un très petit pays», pointe l’expert.

Il poursuit en disant que, en Allemagne et en France, émergent des forces politiques puissantes qui ne veulent ni augmenter les dépenses militaires, ni aggraver les tensions avec la Russie.

«Cette année, se déroulent en France des élections. Dans quelques jours, ce sera le premier tour de la présidentielle. Au mois de septembre, il y aura les élections fédérales en Allemagne. Si la situation n’évolue pas selon le scénario américain, alors tous les espoirs de Donald Trump d’augmenter les dépenses de l’OTAN s’effondreront. Cela n’arrivera pas», considère Martin Sieff.

La réévaluation de l’OTAN par Trump pourrait également avoir un impact sur les relations des Etats-Unis avec la Russie, assure l’analyste.

Le peuple russe a souffert plus que quiconque. Cette préoccupation, ces souvenirs historiques sont profondément enracinés chez les Russes

«A court terme, les signaux n’invitent pas à l’optimisme. Sous le mandat du président Obama et du Secrétaire général de l’OTAN Stoltenberg, l’OTAN s’est renforcé en Europe de l’Est, prétendument pour contenir l’agression russe. Cela aura un effet inverse. C’est la Russie qui a été envahie et dévastée par l’Europe occidentale lors de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Le peuple russe a souffert plus que quiconque. Cette préoccupation, ces souvenirs historiques sont profondément enracinés chez les Russes. Même les déploiements de l’OTAN, bien que relativement modestes, notamment dans les pays traditionnellement très antirusses – des pays petits comme la Lettonie, ou des plus grands tels que la Pologne – suscitent de vives inquiétudes en Russie», raconte-t-il.

«Sans renforcer la sécurité de l’OTAN et de ses membres orientaux, ces déploiements que Stoltenberg souhaite, de concert avec le président américain, ne feront que réduire la sécurité en Europe, et sont au contraire susceptibles de provoquer des catastrophes, de menacer la paix et la sécurité, ce qu’ils aspirent pourtant à défendre», conclut ainsi Martin Seiff.

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Publié par le 18 avril 2017 dans général, International, Politique

 

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Aux Etats-Unis, la présidentielle en France est jugé plus dangereuse que la victoire de Trump

Avec l’élection française se joue l’avenir de l’Union européenne, alertent les grands quotidiens outre-Atlantique.

Les Américains ne connaissent que deux courants politiques, républicain et démocrate. Que les deux plus grands partis français puissent être éliminés au premier tour de la présidentielle suffit donc déjà à les émouvoir. Le magazine « Foreign Affairs », une référence chez les diplomates, parle de l’élection « la plus extraordinaire de la Vème République ». Le « Wall Street Journal », qui incarne la droite libérale, n’y voit rien de bon. Il dénonce une campagne qui oscille entre « farce et tragédie » , avec un François Fillon plombé par les affaires et un Benoît Hamon incarnant les « pires instincts étatistes » du Parti socialiste. Le quotidien anticipe ni plus ni moins qu’un « tremblement de terre ». « Si les sondages se confirment, deux partis n’ayant jamais exercé le pouvoir s’affronteront au second tour », en la personne de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron, remarque-t-il.

Les journaux multiplient les parallèles avec l’élection américaine  : le rejet des partis en place, la peur des immigrés, les scandales qui frappent François Fillon et Marine Le Pen sont autant d’éléments qui nourrissent le populisme. Le site « Breitbart news » – la référence de l’extrême droite- veut croire que le «patriotisme économique» de Marine Le Pen remportera le même succès que le «nationalisme économique» de Donald Trump.

 L’élection de Marine Le Pen serait bien plus grave, note le « Wall Street Journal », car c’est la survie de l’euro qui est en jeu. « Cela fait de l’élection française le plus important combat jamais observé entre nationalistes et mondialistes », fait-il valoir. C’est même l’avenir de l’Union européenne toute entière qui se joue ces prochaines semaines, si l’on en croit le « Washington Post » : « Exciser la France de l’Europe reviendrait à prélever la moitié d’un coeur -le reste de l’organisme n’y survivrait pas longtemps ». Les journaux transatlantiques s’étonnent aussi de la bienveillance française à l’égard de l’extrême-gauche. Le « New York Magazine » ne voit guère de différence entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, qu’il décrit comme un « rêveur utopique ». Des pages entières ont été accordées récemment à Philippe Poutou, un « héros du peuple (…) en tee-shirt, mal rasé » selon le « New York Times ».

Les développements de l’affaire Fillon ont donné lieu à quelques articles assassins sur la classe politique française. Plutôt francophile, le « New York Times » s’est fendu d’un édito intitulé : «Il y a quelque chose de pourri dans la politique française». Il évoque une « culture politique de l’immunité et des privilèges (…) héritage de la culture monarchique du pays ». Le magazine « Foreign Policy » titre lui aussi : «Pourquoi la France est-elle si corrompue?» : il y rappelle que la loi américaine interdit les élus d’embaucher leurs proches, ce qui n’est pas le cas en France. Les Etats-Unis sont certes mal placés pour dénoncer le népotisme, le président ayant embauché sa fille et son gendre à la Maison Blanche. Mais ceux-ci ne reçoivent aucun salaire, s’empressent d’ajouter les médias américains.

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Publié par le 18 avril 2017 dans général, International, Politique

 

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Volte face de Trump sur la Chine et la FED

Les propos de Donald Trump sur le billet vert et la Fed ont fait chuter les rendements des emprunts d'Etat américains et la devise américaine.

Les propos de Donald Trump sur le billet vert et la Fed ont fait chuter les rendements des emprunts d’Etat américains et la devise américaine. (Crédits : Jason Lee)

La série de Volte faces de Trump vs son discours de campagne continue : Les Chinois « ne manipulent pas leur monnaie », affirme désormais Trump . En outre Il n’exclu plus de reconduire Yellen à la fin de son mandat en février 2018 .

Le président américain a estimé dans une interview au Wall Street Journal qu’il n’était pas justifié d’accuser Pékin de manipuler le yuan. Pendant sa campagne, Donald Trump n’avait cessé de répéter que la Chine sous-évaluait le yuan afin de doper ses exportations et avait assuré que la Chine serait officiellement mise à l’index « au premier jour » de sa présidence.

Revirement sur une promesse emblématique de campagne. Le président Donald Trump ne veut plus désigner la Chine comme un pays sous-évaluant sa monnaie, indique-t-il dans un entretien au Wall Street Journal. Quelques jours après avoir reçu son homologue chinois Xi Jinping dans sa villa de Mar-a-Lago, Floride, il a ainsi affirmé que  les Chinois « ne manipulent pas leur monnaie ».

Pendant sa campagne, Donald Trump n’avait cessé d’accuser Pékin de sous-évaluer le yuan afin de doper ses exportations et avait assuré que la Chine serait officiellement mise à l’index « au premier jour » de sa présidence. Une telle désignation aurait ouvert la voie à de possibles sanctions contre Pékin, au risque de déclencher une guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales. Depuis son arrivée à la tête des États-Unis, le ton de Donald Trump s’est toutefois nettement adouci.

Selon le Wall Street Journal, qui paraphrase le président américain, Donald Trump a changé d’avis sur cette question à la fois parce que Pékin n’a pas agi sur le yuan depuis des mois et parce que de qualifier la Chine de manipulateur de taux de changes en ce moment est susceptible de mettre en péril les discussions avec le gouvernement chinois concernant la menace nord-coréenne. La dernière fois que les Etats-Unis avaient qualifié la Chine de manipulateur de taux de change remonte à 1994.

Chute du dollar sur les marchés

Dans cet entretien, le président des Etats-Unis a par ailleurs réaffirmé que le niveau du dollar était, selon lui, trop élevé, pénalisant les entreprises américaines. « Je pense que notre dollar devient trop fort et c’est en partie de ma faute parce que les gens ont confiance en moi », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il était « compliqué de rivaliser » avec les entreprises étrangères. Le président prend ainsi le contre-pied du message traditionnel des autorités américaines selon lequel un dollar fort est une bonne chose. « Il y a de bons côtés dans le fait d’avoir un dollar fort mais en règle générale, la meilleure chose c’est que ça a de l’allure », a-t-il ironisé.

Donald Trump a par ailleurs indiqué être favorable à de faibles taux d’intérêt, mettant ainsi la pression sur la banque centrale américaine (Fed) qui est engagée dans un resserrement monétaire après des années des années de politique de taux zéro.

« J’aime beaucoup une politique de taux faible, je dois être honnête avec vous », a-t-il lancé alors qu’il avait durement critiqué la Fed pendant sa campagne en l’accusant de faire le jeu des démocrates. Cible de ses attaques, la présidente de la Fed Janet Yellen semble désormais trouver grâce aux yeux de M. Trump. « Je l’apprécie, je la respecte », a-t-il assuré, n’excluant plus de la reconduire dans ses fonctions à la fin de son mandat en février 2018.

Les propos de Donald Trump sur le billet vert et la Fed ont fait chuter les rendements des emprunts d’Etat américains et la devise américaine, qui abandonne près de 0,7% face à un panier de référence, l’indice mesurant son évolution face à six autres grandes monnaies revenant tout près du seuil des 100 points, au plus bas depuis le 30 mars.

« Ce changement de position va certainement apaiser certaines inquiétudes sur la position protectionniste de l’administration Trump, qui devrait bénéficier aux marchés émergents dans leur ensemble », estime James Woods, analyste chez Rivkin à Sydney, dans une note. « Toutefois, cela continue de susciter des doutes sur la capacité de cette administration à tenir ses promesses de campagne, qui incluent l’engagement clé d’une réforme fiscale. » (source)

 
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Publié par le 13 avril 2017 dans général, International, Politique

 

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F. Asselineau, mécontent, s’exprime sur les frappes de Donald Trump – réactions de Mélenchon et Nicolas Dupont Aignan, et Zemmour

Décryptage du programme de François Asselineau par Sapir :

Jean-Luc Mélenchon réagit à l’attaque chimique en Syrie :

Nicolas Dupont Aignan réagit à Trump qui bombarde la Syrie :

 

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Trump et la Syrie – Les crises du monde multipolaire, par Jacques Sapir

Il est aujourd’hui clair que l’érosion de l’hyperpuissance américaine a permis l’émergence d’un monde multipolaire, ce monde multipolaire que le Général de Gaulle appelait de ses vœux. Il est aussi clair que cette émergence n’implique nullement que les Etats-Unis aient perdu toute capacité d’intervention militaire dans le monde. La frappe sur la Syrie qui a eu lieu dans la nuit du 6 au 7 avril le démontre. Elle démontre aussi les impasses de l’unilatéralisme américain.

Cette émergence n’est pas le fruit du hasard mais de changements importants qui ont pris place dans l’ordre des nations depuis maintenant une trentaine d’années, de la rencontre de projets politiques convergents, et en particulier ceux de la Russie, de la Chine, de l’Inde, mais aussi de l’Iran et de puissances régionales, tout comme elle résulte d’erreurs qui ont été commises dans la politique américaine, que ce soit lors de la Présidence Clinton ou de celle de George W. Bush. J’avais montré, dans un ouvrage de 2009, la logique de ce processus[1]. Les événements de ces dernières heures nécessitent de revenir sur ces points.

La dégénérescence de l’hyperpuissance américaine

La forme prise par cette émergence du monde multipolaire doit donc aussi beaucoup à l’entêtement des Etats-Unis qui se sont refusés avec constance à ce que cette émergence se fasse de manière consensuelle et coordonnée. C’est l’origine de l’idéologie que l’on nomme le « néo-conservatisme », une idéologie qui trouve son origine dans le ralliement d’une partie de la « gauche » américaine à des positions traditionnelles de la « droite impérialiste », mais qui leur a données une autre présentation[2]. Le « néo-conservatisme » ou « néocon » est en réalité une manière de justifier les pires positions impérialistes au nom des « droits de l’homme ». En fait, toutes les conditions pour l’émergence d’un « siècle américain », sur le modèle de ce que l’on a appelé le « siècle britannique », de la fin des guerres Napoléoniennes au début du XXème siècle semblaient réunies dans la première moitié des années 1990. Les élites européennes en avaient pris acte dans leur grande majorité et se plaçaient délibérément au sein du cadre idéologique développé par l’hyperpuissance, un terme qui avait été créé par Hubert Védrine[3]. La rapide et facile victoire dans la guerre du Golfe de 1991, en réponse à l’invasion du Koweït par l’Irak, avait eu immédiatement des effets sur les représentations américaines. Le président de l’époque, George H. Bush, l’avait bien compris qui aurait déclaré : « Par Jupiter, nous avons balancé le Syndrome du Vietnam cette fois pour toujours[4]. »

Pourtant, en quelques années, ce « siècle américain » qui s’annonçait s’est défait. L’une des raisons a été bien entendu les problèmes internes aux Etats-Unis, et les différentes crises économiques que ce pays a connu, de celle des caisses d’épargne américaines (qui coûta sa réélection au père de George Bush) à celles qui ont marqué les deux présidence de son fils (éclatement de la « bulle » internet et crise des « subprimes »). Nous avons désormais sous les yeux une puissance épuisée, une puissance où le problème de la mortalité de la classe moyenne « blanche » de 50 ans se pose tragiquement[5]. Cette puissance a, et on vient de le voir avec la frappe par missiles de croisière en Syrie, toujours des capacités militaires importantes, mais elle a perdu une large part de sa capacité d’influence.

L’une des raisons de cette perte d’influence a été l’instrumentalisation de la question des « droits de l’homme », en particulier en Bosnie, une instrumentalisation qui a largement contribué à créer une nouvelle idéologie dite « droit-de-l’hommiste » qui est en réalité l’exact contraire de la notion des « Droits de l’Homme » telle qu’elle avait émergée de la seconde guerre mondiale et du Tribunal de Nuremberg.

La folie de l’action « humanitaire » armée

Si les conditions d’engagement de la force sont souvent douteuses, et l’on se souvient de comment les Etats-Unis se sont ridiculisés aux Nations Unies avec le discours de M. Colin Powell sur les « armes de destruction massive » en Irak, son efficacité à long terme est tout autant douteuse. L’exemple de la Bosnie mais surtout du Kosovo doit ici être mentionné comme l’un des exemples de ce qu’il convient de ne pas faire. Notons aussi qu’en 2013, le centre d’analyse des armes de destruction massive du MIT avait mis en cause, sans être réfuté, le discours officiel qui faisait du pouvoir Syrien le responsable de l’attaque au gaz de combat dans la banlieue de Damas[6].

La capacité de la « communauté internationale » à intervenir pour des motifs humanitaires, en particulier dans le cas du Kosovo, et à résorber le politique dans l’humanitaire tourna à cette occasion au désastre[7]. L’objectif affirmé initialement, qui était de prévenir des politiques actives de ségrégation ethnique (ce que l’on appelle le « nettoyage ethnique »), et auquel on ne peut naturellement que souscrire, ne fut pas atteint. En réalité, l’intervention de l’OTAN, loin de mettre un terme au nettoyage ethnique que l’on dénonçait, s’est contentée de remplacer celui que les forces serbes étaient censées mener par celui des milices albanophones. De cette vérité, si impropre à la « propagande » médiatique qu’elle fut en France soigneusement cachée, il existe néanmoins de nombreuses preuves irréfutables.

Les massacres intercommunautaires ne se sont pas arrêtés avec le départ des troupes serbes, mais ont continué après le 12 juin 1999, preuve que ces massacres n’étaient pas le seul produit de la présence militaire serbe. En l’espace d’un mois, plus d’un millier de Serbes et de Roms ont ainsi « disparu » dans le territoire pourtant sous contrôle des forces de l’ONU[8], et devant les yeux horrifiés des militaires des pays qui avaient constitué le contingent de l’ONU (la KFOR). Les enlèvements, assassinats et de manière générale les actes de violence en bandes organisées commis par les milices de l’UCK, la principale milice albanophone, se sont étendus à d’autres populations pendant l’été 1999. Ont ainsi été visés les musulmans parlant d’autres langues que l’albanais, les minorités croate et turque présentes au Kosovo. Ces exactions ont conduit plus de 150 000 personnes à fuir soit vers la Serbie soit vers la Macédoine dans les six semaines qui suivirent le déploiement des troupes de la KFOR au Kosovo[9]. Outre ces déplacements, on estime qu’environ 100 000 autres personnes se sont réfugiées dans les enclaves serbes du nord du Kosovo dans la même période. Ainsi, on a assisté à un véritable nettoyage ethnique mené par les milices de l’UCK, alors que la KFOR était supposée contrôler le territoire pour assurer la « paix ethnique ».

Ces exactions ne se sont, hélas, pas limitées aux quelques semaines qui ont suivi le départ des troupes serbes et le déploiement de la KFOR internationale. Alors que les combattants de l’UCK entraient massivement dans le Kosovo Protection Corps qui avait été établi sous l’égide de l’ONU, les attaques ethniques ont pris une autre tournure, celle de viols collectifs visant prioritairement les femmes de la communauté rom[10]. L’organisation Human Rights Watch, qui a accumulé de très nombreux témoignages sur ce point, note aussi que ces exactions ont pu prendre pour cible des albanophones dont les positions plus modérées étaient contraires à celles de l’UCK[11].

Loin de conduire à une situation de « paix ethnique », qui était l’objectif affiché, l’intervention de l’OTAN n’a donc fait qu’amplifier et déplacer vers d’autres cibles le mouvement d’épuration ethnique et de massacres de populations civiles. Le Kosovo est resté, sous administration de l’ONU, une zone de non-droit. On peut ici, à bien des égards, parler de « contre-modèle » en ce qui concerne l’appui militaire apporté à une cause dite humanitaire. Les conditions de gestion par l’ONU du Kosovo, en particulier sous le mandat exercé par Bernard Kouchner dont la responsabilité est ici directement engagée, se sont révélées problématiques. Si l’on en croit les témoignages et le reportage publié dans un grand quotidien britannique en mars 2000, l’engagement connu de Kouchner en faveur de l’UCK a probablement facilité les dérives, observées et dénoncées par un rapport des Nations unies, du comportement de la force de police, la KPC, établie par le mandat de l’ONU au Kosovo.

Les bases de la position russe

De 1997 au discours tenu par Vladimir Poutine lors de la conférence de Munich sur la sécurité internationale le 10 février 2007[12], discours qui marque de manière claire l’affirmation de ce monde multipolaire c’est à l’échec du monde tel qu’il semblait logiquement devoir sortir de 1991 que l’on a assisté.

Il faut rappeler que la politique de Vladimir Poutine par rapport aux États-Unis au début de son premier mandat présidentiel (2000-2004) n’était pas une politique de confrontation[13]. Cette politique a été une prise de risques calculés. Le choix du président russe, alors que la Russie était isolée après son opposition à l’intervention de l’OTAN au Kosovo, n’était pas simple. D’un autre côté, les États-Unis, à partir de 2001, démantelaient unilatéralement un certain nombre d’accords qui avaient garanti la stabilité durant la guerre froide et en particulier le traité ABM, dont l’importance pour la Russie ne doit pas être sous-estimée[14]. Dans le même temps, ils menaient une politique pour le moins complaisante vis-à-vis du régime des Talibans en Afghanistan, en dépit des informations qui permettaient de prouver que ce pays était devenu une des bases arrière du terrorisme islamiste et de la déstabilisation de l’Asie centrale. Cette complaisance était largement dictée par la volonté des États-Unis de pénétrer vers les régions pétrolières d’Asie centrale.

Vladimir Poutine avait, pour sa part, immédiatement compris que le choc, symbolique et émotionnel, du 11 septembre 2001 pouvait amener les États-Unis à réviser leur politique. Son soutien immédiat à la réaction américaine visait à les convaincre de s’engager dans une démarche multinationale de lutte contre le terrorisme et ses racines, tout en permettant à la Russie de sortir de son isolement. En favorisant l’implantation de forces militaires américaines en Asie centrale, point sur lequel il s’opposait à ses propres responsables militaires dont les réticences étaient publiques, Vladimir Poutine a cherché à créer les conditions d’une action conjuguée et coordonnée pour stabiliser cette partie du monde, en soulignant la communauté d’intérêts entre les différents acteurs, y compris la Chine et l’Europe, sur ce point. La réponse américaine à cette main tendue a été décevante. Loin de comprendre l’importance d’une action multilatérale coordonnée, insérée dans la légitimité de résolutions à l’ONU, le président américain s’est engagé dans une voie inquiétante du point de vue russe, celle d’un aventurisme militaire. Les actions américaines ouvertement hostiles à la Russie, que ce soit en Ukraine ou dans le Caucase, se sont multipliées. À la main tendue de Vladimir Poutine, les États-Unis ont répondu, à partir de 2003, par des pratiques de guerre froide. Ce faisant, ils ont confirmé les dirigeants russes dans leurs craintes initiales et ils se sont montrés incapables de s’adapter au nouveau monde[15].

Les fondements de l’opposition entre la Russie et les Etats-Unis

L’arrivée de Primakov au pouvoir en 1998 puis celle de Poutine en 2000 avaient relancé aux États-Unis le débat sur la « perte de la Russie[16] ». Le retour à une rhétorique et à des actions dignes de la guerre froide, comme on le voit aujourd’hui avec le projet d’installation de systèmes antimissiles américains dans des pays comme la Pologne et la République tchèque, signe la fin des tentatives d’intégration. La création de l’Organisation de coopération de Shanghai en 2001 et surtout son élargissement avec l’accession au statut d’observateur de la Mongolie en 2004, puis de l’Inde, de l’Iran et du Pakistan en 2005, furent ici des tournants importants[17]. Les manœuvres militaires sino-russes de 2005, qui ont vu des unités de chaque pays opérer depuis le territoire du partenaire pour tester ce que l’on appelle l’interopérabilité, manœuvres marquées par la présence des observateurs indiens et iraniens, ont été une manifestation très significative de la montée en puissance de cette institution. L’OSC s’est affirmée comme la colonne vertébrale des BRICS, et elle a vu son rôle s’élargir à la coopération politique et économique. Elle est aujourd’hui l’expression la plus tangible de l’affirmation d’un monde multipolaire.

Les principes de gestion d’un monde multipolaire

Dès lors, ce monde multipolaire pourrait être géré dans un esprit de coopération entre les diverses puissances, si les Etats-Unis consentaient à abandonner leurs prétentions d’imposer à la place du droit international le droit des Etats Unis. Il convient donc de relire avec attention le discours prononcé en 2007 par Vladimir Poutine. Il constitue une définition précise de la représentation russe des relations internationales. Deux points importants s’en dégagent, la constatation de l’échec d’un monde unipolaire et la condamnation de la tentative de soumettre le droit international au droit anglo-américain : « J’estime que le modèle unipolaire n’est pas seulement inadmissible pour le monde contemporain, mais qu’il est même tout à fait impossible. Non seulement parce que, dans les conditions d’un leader unique, le monde contemporain (je tiens à le souligner : contemporain) manquera de ressources militaro-politiques et économiques. Mais, et c’est encore plus important, ce modèle est inefficace, car il ne peut en aucun cas reposer sur une base morale et éthique de la civilisation contemporaine »[18].

Ce passage montre que la position russe articule deux éléments distincts mais liés. Le premier est un doute quant aux capacités d’un pays (ici, les États-Unis sont clairement visés) à rassembler les moyens pour exercer de manière efficace son hégémonie. C’est un argument de réalisme. Même le pays le plus puissant et le plus riche ne peut à lui seul assurer la stabilité du monde. Le projet américain dépasse les forces américaines. C’est un constat sur lequel il y a peu à redire. Mais, il y a un second argument qui n’est pas moins important et qui se situe au niveau des principes du droit.

Vladimir Poutine affirme qu’il n’existe pas de normes qui pourraient fonder l’unipolarité. Dans son ouvrage de 2002, Evgueni Primakov ne disait pas, en réalité, autre chose[19]. Le « discours de Munich » de 2007 s’inscrit ainsi dans la continuité de la pensée du monde par les dirigeants russes. Cela ne veut pas dire que les différents pays ne puissent définir des intérêts communs. Cela ne veut même pas dire qu’il n’y ait des valeurs communes. Le discours de Poutine n’est pas « relativiste ». Il constate simplement que ces valeurs (ce qu’il appelle la « base morale et éthique ») ne peuvent fonder l’unipolarité, car l’exercice du pouvoir, politique ou économique, ne peut être défini en valeur mais doit l’être aussi en intérêts. Ceci revient à refuser la thèse d’une dépolitisation des relations internationales, qui devraient se réduire, dans l’esprit de ceux qui soutiennent cette dépolitisation, aux droits de l’homme et aux « lois » de l’économie. Si les relations internationales ne sont pas de la « technique » (la simple mise en œuvre de normes communes) mais de la politique (la gestion d’intérêts différents et potentiellement conflictuels) y compris dans les relations économiques, alors toute aspiration à l’hégémonie devient immorale. Le second point se trouve donc exprimé dans le paragraphe suivant : « Nous sommes témoins d’un mépris de plus en plus grand des principes fondamentaux du droit international. Bien plus, certaines normes et, en fait, presque tout le système du droit d’un seul État, avant tout, bien entendu, des États-Unis, a débordé de ses frontières nationales dans tous les domaines, dans l’économie, la politique et dans la sphère humanitaire, et est imposé à d’autres États[20]. »

L’argument suit ici celui que l’on a évoqué ci-dessus. Faute d’une base morale et éthique permettant de faire disparaître le politique des relations internationales, ces dernières ne peuvent être gérées que par le principe fondamental du droit international, soit la règle d’unanimité et de respect des souverainetés nationales. Or, constate le président russe, les États-Unis tendent à transformer leur droit interne en droit international alternatif. C’est ce qui rend l’affrontement inévitable.

C’est donc la raison qui explique largement que, pour l’instant, la confrontation l’emporte sur la coopération. Notons que, dans cette confrontation, la Russie peut compter sur l’appui de la Chine, une puissance dont le PIB a dépassé il y a peu celui des Etats-Unis. Dans cet affrontement, le « camp occidental », expression typique de la guerre froide, apparaît à la fois fracturé, mais aussi en perdition face à la montée des nouvelles puissances. Mais, si les Etats-Unis revenait vers une philosophie plus « westphalienne » des relations internationales, alors rien n’empêcherait la coopération de prendre le pas sur la confrontation.

Notes

[1] Sapir J., Le Nouveau XXIè Siècle, le Seuil, Paris, 2008.

[2] Fukuyama F., After the Neocons. America at the Crossroads, New Haven, Conn., Yale University Press, 2006 ; trad. fr. de Denis-Armand Canal, D’où viennent les néoconservateurs ?, Paris, Grasset, 2006.

[3] Voir H. Védrine, Les Cartes de la France à l’heure de la mondialisation, Paris, Fayard, 2000.

[4] « By Jove, we’ve kicked the Vietnam syndrome once and for all » : propos rapportés in Michael R. Gordon et Bernard E. Trainor, The General’s War : the Inside Story of the Conflict in the Gulf, Boston, Little, Brown, 1995.

[5] Burke A., « Working class white Americans are now dying in middle age at faster rates than minority groups », Brookings Institution, 23 mars 2017 et Case A et Deaton A., Mortality and morbidity in the 21st century , Brookings Papers on economic activity, 23 mars 2017, https://www.brookings.edu/wp-content/uploads/2017/03/6_casedeaton.pdf

[6] Lloyd R. et Postol T., Possible Implications of Faulty US Technical Intelligence in the Damascus Nerve Agent Attack of August 21, 2013, MIT, Cambridge (Mass.), Janvier 2014.

[7] Pekmez, Juan, The Intervention by the International Community and the Rehabilitation of Kosovo, rapport commandité par le projet « The Rehabilitation of War-Torn Societies », étude coordonnée par le CASIN (Centre for Applied Studies in International Negotiations), Genève, janvier 2001.

[8] Human Rights Watch, Under Orders – War Crimes in Kosovo, Genève, 2001, (rapport consultable et téléchargeable sur http://www.hrw.org/reports/2001/Kosovo ) chap. 17. Human Rights Watch note que les pratiques criminelles de l’UCK envers la population civile sont patentes depuis 1998.

[9] Human Rights Watch, ibid. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) considère que 150 000 personnes ont fui ver la Serbie et 30 000 vers la Macédoine après le 12 juin 1999 (UNHCR Refugees Daily, 23 mai 2000).

[10] European Roma Rights Center, « Press statement : The current situation of Roma in Kosovo », 9 juillet 1999 ; UNHCR-OSCE Ad Hoc Task Force on Minorities, « Update on the situation of ethnic minorities in Kosovo », Genève, 31 mai 2000.

[11] Outre les rapports cités, on renvoie ici le lecteur au roman-témoignage écrit par un officier supérieur de l’armée française à partir de son expérience au Kosovo : Julie Armen, Dernière danse à Pristina, Paris, Ramsay, 2007. Cette officier fut mon étudiante et m’alimenta en sources sur ce qui se passait alors au Kosovo.

[12].On trouvera une traduction complète et fidèle de ce discours dans la revue La Lettre Sentinel, n° 43-44, janvier-février 2007, p. 24-29.

[13] Sapir J., « L’évolution des relations américano-russes », Les Cahiers du CHEAR, n° 42, printemps 1999, p. 27-44.

[14] Leur intention d’installer des systèmes antimissiles en Pologne et en République tchèque, soi-disant pour protéger ces pays contre une menace iranienne – argument dépourvu de fondements –, participe de la même démarche délibérément provocatrice.

[15] Primakov E., Le Monde après le 11 septembre et la Guerre en Irak, Paris, Presses de la Renaissance, 2003.

[16] En référence à l’important débat des années 1949-1950 sur la Chine (« Who lost China ? »), ce débat a été utilisé par les fractions néoconservatrices pour décrédibiliser la politique de l’administration Clinton et des démocrates.

[17] L’OCS comprend la Chine, la Russie, le Kazakhstan, la Kirghizie, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan. Elle dispose d’un secrétariat à Pékin et d’une structure antiterroriste régionale située à Tachkent.

[18] Voir la revue La Lettre Sentinel, n° 43-44, janvier-février 2007, p. 25.

[19] E. Primakov, Mir posle 11 Sentjabrja, op. cit., p. 138-151.

[20] La Lettre Sentinel, n° 43-44, janvier-février 2007, p. 25 sq.

Source : Jacques Sapir, Russeurope, 7/4/17

 
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Publié par le 9 avril 2017 dans général, International, Politique

 

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Trump : «un homme de paille, une girouette sans substance qui vient de devenir la risée du monde» Selon les Russes …

Les Russes ne sont vraiment pas contents après le revirement de Trump en Syrie.

«Le président Poutine qualifie les frappes américaines en Syrie d’agression contre un Etat souverain, violant la loi internationale en usant d’un prétexte artificiel», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov,  devant des journalistes en commentant l’attaque américaine sur la base syrienne d’Al-Chaayrate.

Dmitri Peskov a souligné que l’armée syrienne ne disposait pas d’armes chimiques et a rappelé que la destruction de tous les stocks d’armes chimiques syriennes «avait été réalisée et confirmée par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, une branche spéciale de l’ONU». «D’après Vladimir Poutine, le fait d’ignorer complètement l’utilisation d’armes chimiques par les terroristes ne fait qu’aggraver la situation», a-t-il ajouté.

«La partie russe suspend le mémorandum signé avec les Etats-Unis sur la prévention des incidents aériens et la sécurité des vols lors des opérations en Syrie», lit-on dans le communiqué publié par le ministère russe des Affaires étrangères sur son site.

Moscou a également appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à convoquer une réunion d’urgence pour résoudre la situation.

Heureusement, les Etats-Unis ont pris soin d’avertir les Russes du raid qu’ils préparaient. Ils ont tout de même pris cette précaution, ce qui signifie qu’ils ont veillé à ne pas rompre avec la Russie. Ils n’ont donc pas pris le risque d’une action qui aurait aussi touché des Russes présents sur cette base militaire syrienne. Le pire a été évité.

Les médias Russes fulminent : Trump : «un homme de paille, une girouette sans substance qui vient de devenir la risée du monde»

Les récentes frappes contre la Syrie ont détruit l’espoir que Trump rejette la politique d’ingérence. Il s’est montré, en réalité, la marionnette l’«Etat profond», explique l’historien John Laughland.

Le revirement de 180 degrés du président Trump sur la Syrie met fin à toute illusion sur sa présidence. Loin de représenter une révolution, son élection l’an dernier n’est que la énième preuve que le processus démocratique est aujourd’hui incapable d’effectuer de vrais changements dans la vie politique des grands Etats, tant les grandes lignes de cette politique sont fixées par un appareil de l’Etat qui, lui, ne change jamais.

En attaquant la Syrie, Donald Trump – un homme dont la confiance en soi frôle la mégalomanie – s’est montré, en réalité, la marionnette de ce qu’on appelle l’«Etat profond». Depuis son inauguration, nous avons observé l’ampleur de l’opposition, y compris au sein de son propre parti, à sa volonté déclarée d’avoir un bon rapport de travail avec Moscou. Cette opposition acharnée tourne au délire, comme en atteste l’obsession avec le fantasme d’une ingérence russe dans les élections américaines en sa faveur.

Avec ses frappes aériennes, le président américain veut sans doute éradiquer ce soupçon qui menaçait d’empoisonner tout son mandat. Comme tous ses prédécesseurs, Trump a recours à la force militaire de son pays pour renforcer sa propre position sur l’échiquier politique interne. Mais en le faisant, il a capitulé sur un élément central de sa campagne, son refus de permettre que l’Amérique soit le gendarme du monde, un refus qu’il avait d’ailleurs réitéré dans son discours devant le Congrès le 1er mars.

La fameuse révolution trumpienne, qui devait mettre fin à de longues décennies d’ingérence américaine, vient de s’évaporer comme la rosée matinale

Au lieu de renforcer sa position, Trump se ridiculise par cette capitulation devant les exigences de ses ennemis. Combien de fois avons-nous entendu de sa bouche l’affirmation que le terrorisme islamiste était l’ennemi principal ? Il l’avait notamment martelé dans son discours inaugural. Ses actes montrent qu’il n’en est rien. Au moment où la paix en Syrie, qui passe par la défaite des islamistes, était à portée de main, Trump vient de redonner de l’espoir aux rebelles qui étaient sur le point de jeter l’éponge. La fameuse révolution trumpienne, qui devait mettre fin à de longues décennies d’ingérence américaine, vient de s’évaporer comme la rosée matinale. Avec le grand coup de pied que Trump vient de donner à la fourmilière syrienne, nous voilà donc repartis pour encore plusieurs années de chaos au Moyen-Orient.

Chaos aussi dans la politique étrangère américaine. Il y a moins d’une semaine, Washington avait déclaré que le départ d’Assad n’était plus une condition ; Paris n’a pas tardé à suivre la nouvelle ligne dictée par les Américains. Maintenant, cette politique est jetée aux oubliettes, tout comme la politique pro-russe que Trump appelait plusieurs fois de ses vœux, et son attitude vis-à-vis de l’OTAN. Sur tous ces sujets, Trump s’est montré d’une incohérence totale. On passe, du jour au lendemain, de la Russie comme «partenaire occasionnel» (Rex Tillerson, 12 janvier 2017) à la Russie comme «concurrent stratégique» (James Mattis, 31 mars 2017) ; de la dénonciation de l’OTAN comme alliance «obsolète»(Trump, le 16 janvier 2017) à l’expression du «soutien fort» à cette même alliance (Trump, le 17 mars 2017). Une telle cacophonie est tout simplement absurde.

Ce que Trump reproche à Obama, en réalité, c’est d’avoir laissé la Syrie aux Russes. Voilà ce qui est insupportable pour l’establishment américain comme pour son président

Elle est absurde par son incohérence mais aussi parce qu’elle fait tomber le masque. Pourquoi, au fond, Trump a-t-il changé d’avis sur la Syrie ? Pour comprendre cela, il faut l’écouter attentivement. Dans sa conférence de presse avec le roi de Jordanie, le 6 avril à la Maison blanche, Trump a accusé le président Obama d’avoir reculé devant une intervention en Syrie en 2013. Pour Trump, cet acte de couardise serait à l’origine de la situation actuelle. C’est un pur mensonge : ce n’est pas Obama qui n’a pas voulu intervenir en Syrie, c’était le Congrès américain dominé par les Républicains. Le Congrès exigeait un vote sur une éventuelle intervention car il n’était pas prêt à la cautionner.

Pour se distancer d’Obama, Trump a plusieurs fois utilisé l’expression «les lignes rouges» qu’Obama aurait permis à Assad de franchir sans réagir. Mais cette accusation, qui est d’un néo-conservatisme pur et qui relève donc de l’idéologie des pires ennemis de Trump, révèle involontairement les vrais enjeux, qui sont géopolitiques. Ce que Trump reproche à Obama, en réalité, c’est d’avoir laissé la Syrie aux Russes. Voilà ce qui est insupportable pour l’establishment américain comme pour son président. Incontestablement, l’intervention russe a augmenté l’influence de Moscou en Syrie et au Moyen Orient : le but des frappes aériennes américaines n’est donc pas de mettre fin au déploiement des armes chimiques, mais seulement de contrer cette nouvelle influence russe afin que les Etats-Unis soient, eux, maîtres du jeu.

Les frappes aériennes sont, une fois de plus, un outil pour donner l’apparence d’une virilité en réalité inexistante

La politique du chaos, qui a caractérisé l’action des présidents Obama, Clinton et Bush fils, va donc continuer, sans interruption, sous Trump. Les frappes aériennes sont, une fois de plus, un outil pour donner l’apparence d’une virilité en réalité inexistante. Avec son attaque intempestive, qui aurait été inspirée par de simples images, l’homme fort de la Maison blanche s’est montré au contraire un homme de paille, une girouette sans substance qui vient de faire de lui la risée du monde. Une fois de plus, aux Etats-Unis comme en France, les électeurs ont été trompés par un homme qui, se présentant comme un révolutionnaire, une fois élu fait le contraire de ce qu’il a promis. Jamais la prédiction lugubre du prince de Lampeduse n’aura été si vraie : il fallait que tout change pour que rien ne change.

 

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Bombardement américain contre la Syrie : comment Donald Trump a été repris en main par l’« État profond »

Le bombardement soudain et massif, le 6 avril, de la base militaire syrienne de Shayrat par les forces américaines pourrait bien marquer un nouveau tournant dans la géopolitique mondiale. Au-delà de la Syrie, c’est naturellement un geste agressif brutal qui est ainsi perpétré contre la Russie. Pour l’heure, celle-ci a réagi avec sang-froid.

À ce stade, trois points méritent d’être notés. D’abord, sans guère de surprise, les pays occidentaux et les médias dominants reprennent sans la moindre réserve la thèse selon laquelle l’attaque chimique contre la ville syrienne de Khan Cheikhoun – attaque qui a servi de prétexte à l’agression américaine – aurait été ordonnée par Damas.

Or, outre le fait qu’on voit mal quel intérêt le pouvoir syrien aurait eu à alimenter contre lui une nouvelle fois toute la propagande occidentale, les experts militaires, notamment français, mettent en doute cette thèse, comme le révélait hier l’hebdomadaire Challenges, peu suspect de sympathie excessive vis-à-vis de Bachar el-Assad. Dès lors, on peut s’interroger sur une hypothèse : le drame de Khan Cheikhoun n’était-il pas une provocation imaginée par des forces, à Washington ou ailleurs, qui voyaient avec angoisse la guerre en Syrie pouvoir s’orienter – enfin ! – vers une issue négociée respectant la souveraineté de ce pays ?

Deuxièmement et surtout, au regard de la campagne électorale atypique que mena le milliardaire qui siège désormais à la Maison-Blanche, la décision de ce dernier de recourir à l’agression militaire met en lumière l’extraordinaire capacité de ce qu’on pourrait appeler « l’État profond » américain à reprendre en main celui qui avait dû son succès à sa rhétorique anti-establishment. Plus significatif encore est le langage employé par Donald Trump, qui n’a pas hésité à renouer avec des accents moralisateurs que n’auraient pas renié les pires néo-conservateurs, et mis à l’honneur par George W. Bush.

Ces dernières semaines déjà, le président américain avait explicitement tourné le dos à des thèmes qui avaient marqué sa campagne

Ces dernières semaines déjà, le président américain avait explicitement tourné le dos à des thèmes qui avaient marqué sa campagne : tonalité brutalement anti-russe (sur la Crimée, en particulier), guerrière contre la Corée du Nord, beaucoup plus amène en ce qui concerne l’OTAN, et plus encore vis-à-vis de l’Union européenne. Alors qu’il n’avait pas de mots assez durs contre celle-ci, il lui a trouvé récemment des charmes « merveilleux ». Bref, les forces qui pilotent vraiment les coulisses du pouvoir américain n’ont eu besoin que de quelques mois à peine pour circonvenir le nouveau locataire de la Maison Blanche.

Enfin, il n’a pas fallu attendre ne serait-ce que quelques heures pour entendre les déclarations de soutien et d’enthousiasme en provenance de Berlin, de Paris et de Bruxelles : enfin l’Oncle Sam revient à la raison, et renoue avec les discours et pratiques virils qui font tout son charme… Nul doute que ces compliments – doublés d’immenses soupirs de soulagement – vont se multiplier du côté des dirigeants de l’Union européenne. Ceux-ci, éperdus de reconnaissance, n’en seront que plus encouragés pour tenir les promesses d’augmentation des dépenses militaires formulées auprès de l’OTAN.

Le 6 avril constitue un tournant dans la stratégie américaine. Mais ce tournant, aussi inquiétant soit-il, illustre également à quel point la géopolitique mondiale est devenue (pour une part) imprévisible et instable. L’aspiration populaire – aux quatre coins de la planète – à un avenir pacifique et de progrès passe plus que jamais par la reconquête de la souveraineté de chaque État, et la mise en place concomitante de véritables coopérations sur une base d’égalité et de respect mutuel.

Et donc par le refus d’intégrations régionales porteuses de logiques de puissance impériale et de rivalités.(source)

 

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