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La prochaine crise viendra-t-elle des pays émergents ?

06 Sep

La crise monétaire turque n’était que le début – comme je l’avais reporté a l’époque, ça c’est bel et bien propagé . Et ce n’est pas fini, l’Europe commence à être touchée aussi !! La volatilité des monnaies des pays émergents est proche des plus hauts enregistrés dans la foulée de la crise financière de 2008 . Nous voyons peut être ici le début d’une énorme crise monétaire mondiale … Z 

Les monnaies des pays émergents sont toujours en déroute face au dollar. Leurs marchés d’actions commencent à être contaminés. Cette tempête encore très localisée peut-elle provoquer une crise financière globale?

Il y a bien une épidémie mondiale qui gangrène les économies des pays émergents. Des Philippines à la Turquie en passant l’Indonésie ou l’Afrique du sud, l’Argentine étant le cas le plus dramatique, tous ces pays voient depuis quelque temps leur monnaie flancher face au dollar. Toutes sont confrontées au même problème. Le billet vert étant, selon la maxime chère aux Américains, «la monnaie des Etats-Unis et le problème des autres pays». Un problème très aigu depuis que la Réserve fédérale, la banque centrale des Etats-Unis a décidé de relever ses taux d’intérêts. Les investisseurs se sont donc remis à acheter des valeurs américaines et cela a propulsé le dollar.

Pourquoi cette hausse du dollar est-elle particulièrement néfaste dans les pays émergents?

La plupart de ces pays ont financé leur croissance ultra rapide en empruntant en dollar. Quand le dollar grimpe face à leur monnaie qui se déprécie, le remboursement de leur dette leur coûte de plus en plus cher et cela alimente la tendance baissière. Et leur dette a considérablement gonflé depuis la crise de 2008 ; elle a plus que doublé en dix ans, passant de 2 800 à 6 400 milliards de dollars pour un ensemble de 21 pays émergents. Enfin, dernier point commun à pas mal de ces pays, ils accusent souvent un déficit de leur compte courant: quand le dollar monte, leurs importations de pétrole ou d’autres biens facturés en billet vert deviennent là aussi beaucoup plus coûteuses.

Ces pays considérés comme très prometteurs peuvent-ils résister à cette tempête monétaire?

Comme l’a dit très justement le nouveau ministre égyptien des Finances oui mais jusqu’à une certaine limite. La plupart de ces pays en train de sortir du sous-développement sont en bien meilleure forme aujourd’hui qu’il y a dix, voire vingt ans. Mais chacun d’entre eux a ses propres fragilités. En Afrique du Sud le rand s’affaiblit à cause de la récession et de la déception causée par les choix économiques du nouveau président Ramaphosa ; en Turquie, Recep Tayyip Erdogan avec son discours et sa politique monétaire fantasque est en grande partie responsable de la chute de la lire, tandis que le peso argentin souffre de la défiance historique des Argentins à l’égard de leur propre monnaie. Toutes ces vulnérabilités, les investisseurs les ont longtemps négligées, mais maintenant que le marché américain est redevenu très attractif, ils ne voient plus que ce qui va mal.

Il y a une soudaine crise de confiance dans tous ces pays?

Une crise qui se réplique d’un pays à l’autre. Et que Donald Trump exacerbe avec son discours de va-t-en guerre contre la mondialisation qui leur a souvent profité. Mais ce n’est pas un virus qui se propage sur les marchés financiers comme les subprimes en 2008. Pour certains analystes, les émergents sont en train d’apprendre à se passer de l’argent facile qu’ils ont connu depuis dix ans. Ce sevrage est violent et il malmène donc leur monnaie mais cela n’a rien à voir avec la crise asiatique déclenchée à la fin des années 90. Les risques de contagion sont toutefois bien réels. Hier, mercredi, les bourses européennes étaient orientées à la baisse, en partie à cause des craintes suscitées par ces émergents. Parce que les Européens exportent beaucoup dans ces pays-là.

►En bref,

Les crypto-monnaies comme le bitcoin dégringolent

Et cette fois le dollar n’est pas responsable. La banque américaine Goldman Sachs a déclenché cette tendance baissière en annonçant qu’elle reportait l’ouverture d’un bureau dédié aux transactions de ces nouvelles monnaies. Résultat : -12% pour le bitcoin, qui a entraîné les autres monnaies cryptées dans sa chute.

En mer Rouge, un navire marchand éthiopien a accosté hier dans le port érythréen de Massawa et c’est un évènement historique.

Cela n’a l’air de rien mais c’est une première depuis vingt ans. Un nouveau signe tangible du réchauffement des relations entre les deux voisins est-africains. Le bateau est venu charger une cargaison de zinc érythréen destiné à la Chine.

Starbucks ouvre aujourd’hui en Italie sa première boutique, dans la ville de Milan. Oser proposer un café long au royaume de l’expresso, c’est un pari risqué et c’est le nouveau défi que la chaîne américaine s’apprête à relever.*

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1 commentaire

Publié par le 6 septembre 2018 dans économie, général, International

 

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Une réponse à “La prochaine crise viendra-t-elle des pays émergents ?

  1. NJ

    7 septembre 2018 at 1:53

    Les pays dits « émergents » sont des pays qui ont été conquis par le dollar après la seconde guerre mondiale, lorsque la monnaie américaine est devenue l’étalon monétaire international garantie par l’or de la FED et que ces pays ont été abreuvés de prêts par les banques américaines, afin de s’insérer dans un modèle économique intégré au niveau mondial sous l’égide des organisations internationales. Autant dire que leur monnaie nationale n’est qu’un leurre destiné à donner le change en ce qui concerne leur prétendue souveraineté qui n’a jamais été qu’un doux rêve, étant donné que ces pays ont toujours été incapables de se gérer indépendamment des puissances tutélaires qu’étaient l’Union soviétique, les Etats-Unis et secondairement l’Europe anciennement colonisatrice de ces pays.

    Ce sont les idéologies matérialistes du communisme et du libéralisme qui ont fini de déblayer le terrain de ce qui leur restait en matière d’indépendance culturelle et intellectuelle par rapport à un Occident corrompu. L’insertion dans le commerce international leur interdit aujourd’hui toute espèce de souveraineté monétaire, du fait de la prépondérance du dollar dans les échanges internationaux. Tous les efforts pour s’en passer sont restés lettre morte car l’attractivité pour les monnaies fortes reste plus grande que celle des monnaies de singe qui sont sujettes à l’hyperinflation en raison de la séduction exercée par la planche à billets pour des gouvernants incapables de faire confiance à leur population pour générer de la vraie valeur économique comme contrepartie de l’émission de la monnaie nationale par l’Etat.

    Dans l’esprit des politiques la monnaie sert à financer les dépenses pas à thésauriser de la valeur générée par les acteurs économiques nationaux soucieux de conserver une capacité d’investissement hors du contrôle de l’Etat. Ce n’est pas pour rien si tous les gouvernants des pays émergents sont keynésiens. Ils ont été formés et sélectionnés pour appliquer un certain type de politique correspondant à un modèle économique et social déterminé par les organisations internationales dont la vision synarchiste et structuraliste est foncièrement hostile à l’initiative privée, sauf quand cette initiative provient de banques ou de multinationales.

    On ne s’étonnera donc pas que leur monnaie soit des dérivés du dollar qui libelle la contrepartie des échanges internationaux qui représente l’essentiel de la valeur économique créée dans ses pays. Ce qui reste de l’économie qui n’a pas été soumis aux banques et aux multinationales a été progressivement éliminé, sous couvert de lutte contre la fraude ou de non-respect des réglementations internationales qui sont devenues incontournables dans les domaines de l’alimentation, de la santé, de la pharmacie, des transports, de l’agriculture, etc. Il ne peut donc y avoir d’indépendance monétaire qu’u prix de la sortie de tous les traités internationaux et de l’éviction des banques étrangères remplacées par la banque centrale nationale.

    Et encore celle-ci doit être sévèrement encadrée de manière à ne pas servir de moyen de colonisation monétaire aux banques commerciales recyclant la monnaie primaire offerte par leur banque centrale. Normalement c’est l’Etat qui émet la monnaie en fonction des besoins estimés de sa population tout en étant encadré par un étalon intangible de manière à interdire toute espèce de manipulation monétaire. Il va s’en dire que ce modèle n’arrange pas les banquiers, qui n’aiment rien tant que de financer des besoins artificiels d’une population privée de ses moyens de subsistance indépendants des corps constitués réglementés par l’Etat, depuis que celui-ci s’est arrogé tous les droits de l’homme qu’il est censé garantir. C’est la raison pour laquelle il faut parallèlement rendre son indépendance à la société civile en lui donnant les moyens de vivre par elle-même sous la protection de ses « privilèges » permettant aux corps intermédiaires de vivre librement.

    Notre époque est suffisamment gratifiée de nouvelles technologies dans tous les domaines pour que le quidam puisse se débrouiller tout seul quitte à créer des communautés de subsistance dotées des moyens ad hoc pour produire son énergie, sa nourriture, ses vêtements, etc. Après tout, ce modèle a fait ses preuves pendant des siècles. Pourquoi ne pas revenir à un modèle similaire, moyennant quelques arrangements pour tenir compte des nouvelles habitudes de vie qui devront de toute façon évoluer sous la pression d’un nouvel ordre mondial en pleine décomposition ?

     

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