RSS

Archives du 4 septembre 2018

Un laboratoire digne de Jurassic Park va ouvrir

Près de 6 millions de dollars devraient être investis dans la création d’un laboratoire de pointe en Sibérie qui tentera notamment de ramener à la vie mammouths et autres espèces préhistoriques disparues. Le projet sera dévoilé ce mois-ci à l’occasion du 4e forum économique de l’Est.

UN LABORATOIRE DE POINTE UNIQUE EN SON GENRE

Ce centre paléogénétique de pointe aura pour mission d’étudier et de cloner les cellules d’animaux préhistoriques emblématiques, comme le mammouth et le rhinocéros laineux, le lion des cavernes ainsi que plusieurs races de chevaux disparues depuis longtemps. Ce projet ambitieux sera présenté par l’Université Fédérale de Iakoutsk, qui travaille déjà sur le clonage en collaboration avec des scientifiques nord-coréens.

Ainsi, Evgenia Mikhailova, recteur de l’Université, prévoit la création d’un « centre paléogénétique de classe mondiale » dont le financement sera en partie assuré par la région de Iakoutie. En effet, près de 80 % des échantillons d’ADN d’animaux ayant vécu au Pléistocène et à l’Holocène ont été découverts dans cette région, conservés pendant des dizaines de milliers d’années dans le pergélisol.

 

RANIMER DES ESPÈCES DISPARUES À LA VIE ET ÉTUDIER LES MALADIES GÉNÉTIQUES RARES

Cet impressionnant projet impliquerait la création de laboratoire « enterrés » dans le pergélisol sibérien afin de pouvoir traiter l’ADN de ces nombreuses espèces préhistoriques dans des conditions optimales. Selon Lena Grigorieva, scientifique qui supervise la création de ce laboratoire de clonage : « Il n’existe nulle part ailleurs dans le monde de telles installations ».

À l’heure actuelle, l’Université de Iakoutsk collabore étroitement avec le Centre de Recherche Biotechnique de Corée du Sud, et son projet d’envergure n’aura pas uniquement pour but d’étudier les animaux du Pléistocène, puisqu’il cherchera également à mieux comprendre comment le nord-est de la Russie a été colonisé par les humains : les groupes ethniques vivant dans le Nord du pays possèdent en effet une structure génétique unique en son genre.

Ces études devraient également permettre de mieux comprendre les maladies génétiques rares, afin de mieux les diagnostiquer et les prévenir.

source

Publicités
 
 

Étiquettes : , , ,

En refusant de dévoiler les cellules souches d’un virus mortel, la Chine met le monde en danger de pandémie

virus

Malgré un accord conclu par l’Organisation mondiale de la Santé, les autorités sanitaires chinoises n’ont toujours pas envoyé d’échantillons de grippe aviaire H7N9 à leurs homologues américains. Et ça dure depuis plusieurs mois.

Selon le New York Times, la Chine n’a pas transmis d’échantillons de souche de la grippe H7N9 aux autorités sanitaires américaines depuis plus d’un an. Un échange d’informations pourtant nécessaire pour développer traitements et vaccins. « La mise en péril de l’accès des États-Unis aux agents pathogènes étrangers et aux thérapies pour les contrer affecte la capacité de notre nation à se protéger contre les infections qui peuvent se répandre dans le monde entier », déplore dans les colonnes du NYT le docteur Michael Callahan, de la Harvard Medical School. Et lorsque l’on parle de prochaine pandémie mondiale, le virus H7N9 se présente comme le parfait candidat.

Implanté en Chine en 2013, le virus s’est propagé dans les élevages de volailles et a en effet infecté les humains de 2016 à 2017 (766 cas signalés), d’où l’intérêt des Américains à vouloir étudier l’évolution du virus. Mais pour ce faire, des échantillons sont nécessaires. Les États-Unis se retrouvent ainsi exposés à une potentielle pandémie. Si la souche n’est pas contenue, elle pourrait en effet très facilement se propager dans le monde entier, et demeurer insensible aux traitements et vaccins actuellement proposés. « La grippe pandémique se propage plus vite que toute autre chose, explique Rick A. Bright, directeur de la Biomedical Advanced Research and Development Authority. Il n’y a rien pour le retenir. Chaque minute compte ».

Des tensions commerciales récentes – la taxation des produits d’importation de l’administration Trump – pourraient expliquer ce manque de communication bilatérale, relève le New York Times. Problème : Les États-Unis dépendent de la Chine non seulement pour les échantillons de grippe H7N9, « mais aussi pour les fournitures médicales, telles que les gouttes à gouttes en plastique pour les solutions salines intraveineuses, ainsi que pour certains ingrédients utilisés en oncologie et en anesthésie », peut-on lire. « Il n’y a pas de stocks », et « les hauts responsables commerciaux des deux gouvernements considèrent les échantillons viraux comme n’importe quel autre produit de laboratoire, et ne connaissent peut-être pas leur rôle essentiel dans la sécurité mondiale ».

Source

via SP

 
Poster un commentaire

Publié par le 4 septembre 2018 dans général, Santé - nutrition, Sciences

 

Étiquettes : , , , , , , , , ,

Comment l’administration de l’Onu organise la guerre

N’oubliez pas que la semaine dernière Lavrov a évoqué une « directive secrète » empêchant l’ONU de participer à la reconstruction de la Syrie   (voir video) Ce qui est énorme comme déclaration venant d’un personnage si haut placé !  L’ONU serait officiellement devenue une organisation au service des intérêts de la coalition américaine et de ses amis. Dans ce cas, quel intérêt présente-t-elle encore, puisqu’en prenant parti elle n’est plus apte à remplir son rôle d’arbitre international. Z

Le document interne des Nations Unies que nous venons de publier atteste que l’administration de l’Organisation travaille contre les buts de celle-ci. La gravité de cette situation appelle à une explication du secrétaire général, António Guterres, a exigé le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Faute de quoi les États-membres pourraient remettre l’Onu en cause.

par Thierry Meyssan

Le 2 juillet 2012, l’ancien assistant d’Hillary Clinton, Jeffrey Feltman devient le numéro 2 des Nations Unies. Il prête serment devant le secrétaire général, le très corrompu Ban Ki-moon, sur la Charte de l’Organisation

Le 2 juillet 2012, l’ancien assistant d’Hillary Clinton, Jeffrey Feltman devient le numéro 2 des Nations Unies. Il prête serment devant le secrétaire général, le très corrompu Ban Ki-moon, sur la Charte de l’Organisation

En octobre 2017, le sous-secrétaire-général des Nations unies pour les Affaires politiques, Jeffrey Feltman, rédigeait secrètement des instructions à toutes les agences de l’Onu sur le comportement à adopter par rapport au conflit en Syrie.

Jamais les États-membres de l’Organisation, ni même ceux du Conseil de sécurité, ne furent informés de l’existence de ces instructions. Jusqu’à ce que le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, les révèle le 20 août dernier [1].

Nous venons de nous en procurer une copie [2].

Ce document trahit la Charte des Nations Unies [3] dont il inverse les priorités. Alors que celle-ci a pour but principal de « maintenir la paix et la sécurité internationales », il place au-dessus de ce but le « respect des droits de l’homme ». De la sorte, ces droits deviennent un instrument contre la paix.

L’expression « droits de l’homme » existait bien avant de trouver un sens juridique (c’est-à-dire avant d’être opposable dans un tribunal). Le ministère britannique des Affaires étrangères en fit un grand usage, au XIXème siècle, pour justifier certaines de ses guerres. C’est pour les défendre, assurait-il, qu’il était prêt à batailler contre l’Empire ottoman. En réalité, il s’agissait uniquement d’un choc entre l’Empire britannique et la Sublime porte. Jamais les peuples prétendument « libérés » par Londres furent plus heureux sous ce maître que sous un autre. Au XXème siècle, les « droits de l’homme » furent d’abord la marque de fabrique des ONG « sans frontières », puis le slogan des trotskistes ralliés à la CIA, les néo-conservateurs.

Si la Charte des Nations unies emploie six fois l’expression « droits de l’homme », elle n’en fait pas un idéal en soi. Leur respect ne peut advenir qu’en temps de paix. La guerre, faut-il le rappeler, est une période de troubles durant laquelle les droits individuels sont occultés. C’est une situation terrible où, pour sauver un peuple, on doit se résoudre à en sacrifier une partie.

C’est pourquoi on distingue la police de l’armée. La police protège des droits individuels, tandis que l’armée protège des droits collectifs. La police doit respecter les « droits de l’homme », tandis que l’armée peut les ignorer. Il semble que nos contemporains, engoncés dans leur confort, ont perdu le sens de ces distinctions élémentaires.

Si le « droit-de-l’hommisme » était initialement un habillage de conquêtes territoriales, poussé à l’extrême, il est devenu l’idéologie de la destruction des structures étatiques nationales. Pour que nos droits soient respectés, nous devons être « citoyens du monde » et accepter une « société ouverte », « sans frontières », administrée par un « gouvernement mondial ».

C’est faire fi de l’histoire et de la culture de chacun de ces « citoyens du monde », leur imposer ce qui nous semble être le meilleur pour nous… et donc pour eux.

Dans ce nouveau document de Jeffrey Feltman, les « droits de l’homme » sont encore une fois un prétexte. Cette personnalité a participé au gouvernement de l’Iraq au sein d’une société privée conçue sur le modèle de la Compagnie des Indes, la mal-nommée Autorité provisoire de la Coalition [4], montrant ainsi le peu de respect qu’elle avait pour les droits des Iraquiens. Il a exprimé son véritable but à propos de la Syrie dans une série de documents connus comme le « Plan Feltman » [5]. Il s’y propose d’abroger la souveraineté du peuple syrien et d’instaurer, comme en Iraq, une gouvernance étrangère.

Avec aplomb, il écrit : « Le Plan d’action humanitaire doit rester humanitaire afin de garantir que l’ONU puisse mener à bien les activités humanitaires essentielles pour sauver des vies et assurer les besoins essentiels des populations. Les activités de développement ou de reconstruction en dehors de cela devront être reflétées dans d’autres cadres qui, par nature, seront des négociations plus longues avec les gouvernements. Cela est essentiel compte tenu des questions juridiques et politiques complexes en cause ». En d’autres termes, donnez à manger aux réfugiés, mais ne combattez pas la famine qui les ronge ; qu’elle reste pour nous un argument lors des négociations avec l’État syrien.

Les Jordaniens, les Libanais, les Turcs et les Européens seront surpris de lire : « L’ONU ne favorisera pas le retour des réfugiés et des personnes déplacées, mais soutiendra les rapatriés en vue de garantir le caractère sûr, digne, informé, volontaire et durable du retour et de la réintégration, ainsi que le droit des Syriens de chercher asile ». Reprenant à son compte la théorie du professeur Kelly Greenhill [6], Feltman ne souhaite pas aider les exilés à revenir dans leur pays, mais entend utiliser leur exode pour affaiblir leur patrie.

« L’assistance des Nations Unies ne doit pas aider les parties qui auraient commis des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité », précise-t-il, interdisant à titre conservatoire toute aide à quelque pouvoir que ce soit.

Il pose que : « Ce n’est que lorsqu’une transition politique véritable et inclusive sera négociée par les parties que l’ONU sera prête à faciliter la reconstruction ». On est bien loin de l’idéal de la Charte.

 Thierry Meyssan    

[1] “Sergey Lavrov news conference with Gebran Bassil”, by Sergey Lavrov, Voltaire Network, 20 August 2018.

[2] « Paramètres et principes de l’assistance des Nations Unies en Syrie », par Jeffrey D. Feltman, Réseau Voltaire, 3 septembre 2018.

[3] « Charte des Nations unies », Réseau Voltaire, 26 juin 1945.

[4] « Qui gouverne l’Irak ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 mai 2004.

[5] “Draft Geneva Communique Implementation Framework”, “Confidence Building Measures”, “Essential Principles”, “Representativness and Inclusivity”, “The Preparatory Phase”, “The Transitional Governing Body”, “The Joint Military Council and Ceasefire Bodies”, “The Invitation to the International Community to Help Combat Terrorist Organizations”, “The Syrian National Council and Legislative Powers during the Trasition”, “Transitional Justice”, “Local Governance”, “Preservation and Reform of State Institutions”, “Explanatory Memorandum”, “Key Principles revealed during Consultations with Syrian Stake-holders”, “Thematic Groups” (documents non publiés). « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[6] “Strategic Engineered Migration as a Weapon of War”, Kelly M. Greenhill, Civil War Journal, Volume 10, Issue 1, July 2008.

source

 
 

Étiquettes : , , , ,

Les Russes prépareraient « une frappe préventive contre l’agression en voie de préparation » en Syrie, selon un général Syrien

Un général syrien révèle le véritable objectif des exercices russes en Méditerranée

Les exercices navals d’envergure lancés par la Russie en Méditerranée ont pour mission de prévenir une agression de certains pays contre la Syrie, d’après le général syrien Ali Maqsud interrogé par Sputnik.

La Russie a lancé des manœuvres importantes en Méditerranée, qui dureront jusqu’au 8 septembre, pour empêcher que la Syrie ne soit attaquée, a déclaré à Sputnik le général de brigade syrien à la retraite Ali Maqsud.

«La véritable raison des exercices russes en Méditerranée est de porter une frappe préventive contre l’agression en voie de préparation. Pour organiser et mener des manœuvres, la Russie doit collaborer avec ses alliés aux niveaux politique et diplomatique», a estimé le général.

À l’heure actuelle, l’armée gouvernementale syrienne et ses alliés mènent une offensive contre les terroristes dans le sud du pays et se préparent à une grande bataille dans le gouvernorat d’Idlib. Selon le général syrien, cela ne convient pas ni aux radicaux ni à leurs parrains qui chercheront à tout faire pour arrêter l’avancée des troupes gouvernementales. Des pays occidentaux préparent notamment une frappe contre la Syrie.

D’après Ali Maqsud, les exercices russes permettront de garantir la stabilité dans la région au moment où des forces régionales et internationales mènent une guerre contre la Syrie.

«Les Casques blancs et les organisations similaires ne pourront pas organiser de provocations avec l’emploi d’armes chimiques. Les pays de la région ont amélioré leurs relations et coordonnent mieux leurs efforts. L’Iran a confirmé, par le biais de médiateurs russes, qu’il œuvrerait pour le rétablissement de la stabilité et de la paix dans la région», a expliqué Ali Maqsud.

Il a ajouté que les États-Unis avaient déjà vraisemblablement renoncé à leur projet offensif initial.

«Les Américains ont déployé des radars sur leur base d’Al-Chaddadeh, dans le gouvernorat d’Hassaké, qui ont des fonctions défensives. Ces systèmes sont destinés à protéger la base contre des raids aériens. Je crois qu’ils se préparent à se défendre», a noté le général.

Les manœuvres navales lancées par les Forces aérospatiales et la Marine russes en Méditerranée engagent 26 navires et 34 aéronefs dont plusieurs avions à long rayon d’action, d’après le commandant en chef de la Marine russe Vladimir Korolev, qui dirige les exercices.

source

 

Étiquettes : , , , , , , , , ,

Syrie – Les Russes se préparent intervenir …

Les Russes se préparent clairement à la intervenir en Syrie  en mobilisant d’importantes forces en Méditerranée … Il ne laisseront pas tomber Assad . Et ils ne laisseront pas les US agresser la Syrie . Quelques chose se trame par les américains du coté de la Syrie, une fausse attaque chimique selon le ministère russe de la défense . Les Russes tentent de prendre les devants en accroissant leur présence militaire . En outre La Russie prépare son opinion à une nouvelle bataille – « le statu quo ne peut pas durer indéfiniment » selon Lavrov.

Les déclarations ministérielles et les reportages diffusés à la télévision russe ne laissent aucun doute : le Kremlin prépare l’opinion publique avant l’offensive que le régime de Damas veut lancer à Idlib, dernière région syrienne échappant au contrôle des forces gouvernementales. Une offensive qui sera appuyée par les forces russes.

Si les US interviennent aussi, ça risque de chauffer fort ! Z

La Russie a mobilisé d’importantes forces navales et aériennes en Méditerranée, au large de la côte syrienne, sous le commandement du commandant de la marine russe, l’amiral Vladimir Korolov. Pas moins de 25 navires de guerre et 30 avions participent à des manœuvres d’envergure : bombardiers Tu-160, Tu-142, II38 de lutte anti-sous-marine, SU-33, SU-30M et autres appareils. Ces exercices ont été annoncés au lendemain du sommet de Téhéran réunissant les présidents Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan et Hassan Rouhani, afin de décider du sort et de l’issue de la bataille d’Idlib. Cela pourrait indiquer que la Russie s’apprête à déployer une puissance de feu énorme en appui à l’offensive syrienne contre le djihadistes au nord de la Syrie, en créant du même coup un bouclier pour dissuader toute attaque tactique possible des USA contre Damas.

Des sources proches des responsables du commandement en Syrie n’ont aucun doute que la bataille d’Idlib aura lieu, peu importe les menaces des USA. Elle se divisera en plusieurs étapes. Le premier objectif est d’assurer la sécurité de la base militaire russe de Hmeimim sur la côte syrienne, qui a subi plusieurs attaques de drones armés lancées par le front al-Nosra, alias Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), ex Al-Qaeda en Syrie, comme l’a affirmé la Russie. La région rurale de Lattaquié devient ainsi le premier objectif, qui sera suivi par la région rurale d’Idlib. La Turquie a fourni des renseignements substantiels qui s’ajoutent à ce que les services du renseignement syriens et russes ont déjà recueilli. On a pu ainsi établir une banque d’objectifs contre HTS, Tanzim Hurras al-Deen (THD) et tous les autres djihadistes et combattants étrangers dans la ville et ses régions rurales.

Selon les sources, Jisr al-Choghour, Khan Cheikhoun, Saraqeb et Sahl al-Ghab sont les objectifs initiaux favoris de l’armée syrienne et des Russes pour déloger et éliminer les djihadistes s’y trouvant, avec l’assentiment des Turcs.

La Turquie a officiellement désigné HTS comme une organisation terroriste. Cependant, elle tente toujours de convaincre son chef, Abou Mohammed al-Joulani, un ancien émir du groupe armé « État islamique » (Daech), de dissoudre son groupe et de se joindre, lui et ses 12 000 à 15 000 hommes, aux groupes proturcs au nord. La Turquie a également demandé à Joulani de se détacher de tous les combattants étrangers afin d’épargner Idlib de l’assaut, étant donné la volonté ferme de Damas de reprendre chaque centimètre du territoire syrien, y compris Idlib.

Les relations turco-syriennes sont passées d’un état critique à une période moins belliqueuse. Le ministre des Affaires étrangères Walid al-Mouallem a d’ailleurs dit que « Damas n’a pas l’intention d’affronter la Turquie ». C’est la première affirmation non belliqueuse d’un dirigeant syrien envers la Turquie en sept ans de guerre imposée à la Syrie. Même ceux qui ont financé, facilité et soutenu la guerre (c.‑à‑d. l’Arabie saoudite) s’éloignent de leurs positions initiales. Mouallem a envoyé un signal positif à son homologue saoudien Adel al-Joubeir, qui a inlassablement répété pendant toutes ces années qu’« Assad devrait être déposé pacifiquement ou par des moyens militaires ». Tous les signaux indiquent que la Syrie récupère et sort lentement de son état de guerre. Seules de petites poches subsistent dans le nord, ce qui correspond à environ le tiers du territoire syrien, mais où vivaient moins de 10 % de la population totale estimée de la Syrie avant la guerre.

De plus, Ankara a confirmé à la Russie son intention de se retirer de la Syrie une fois qu’une solution politique sera offerte à ceux qui ont combattu contre l’armée syrienne et qui sont maintenant sous mentorat turc. Moscou et Damas ont été informés des intentions turques et apprécient les efforts d’Ankara pour faciliter l’élimination de tous les djihadistes dans le nord. Ankara est prêt à laisser aller ces djihadistes, à les forcer à partir ou à les abandonner à leur sort.

Au milieu de tous ces préparatifs, l’administration américaine saisit toutes les occasions de menacer le gouvernement syrien, en se rangeant du côté des djihadistes et de la ville d’Idlib, que l’envoyé présidentiel des USA Burt McGurk a déjà décrit comme « la plus grande concentration de militants d’Al-Qaeda depuis le 11 septembre 2001 ». On ne sait trop pourquoi les USA protègent Al-Qaeda, qui est censé être leur ennemi mortel.

Screen-Shot-2018-09-02-at-09.17.50

En effet, le secrétaire d’État des USA Mike Pompeo a déclaré que « Sergueï Lavrov défend l’assaut syrien et russe contre Idlib. Les USA considèrent qu’il s’agit d’une escalade dans un conflit déjà dangereux ». Pompeo a une fois de plus omis de tenir compte du fait que la Syrie est un pays souverain. À ce titre, la Syrie n’a pas l’intention de laisser Al-Qaeda établir un lieu sûr dans son territoire et compte bien enrayer la menace que posent ces idéologues et djihadistes dangereux expérimentés qui cherchent à établir un émirat islamique où, sous leur domination, la laïcité et les autres religions n’auraient aucune place.

Pompeo a également dit qu’Idlib compte « 3 millions de réfugiés syriens », tandis que le conseiller de l’Envoyé spécial pour la Syrie Jan Egeland affirmait pour sa part qu’il y a « 2 millions de personnes dans la ville, dont plus de la moitié sont des personnes déplacées », ce qui comprend les combattants étrangers et leurs familles.

L’affirmation la plus surprenante est venue de l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie Staffan De Mistura, qui a offert « d’escorter personnellement les résidents d’Idlib en lieu sûr » en cas d’attaque. « Il n’y a pas d’autre Idlib, où donc peuvent-ils aller? ». Ce que De Mistura a omis de reconnaître, c’est que dans les faits, les armées syrienne et russe ont établi des couloirs de sécurité qu’empruntent déjà des milliers d’habitants, mais qui sont ensuite bloqués par les djihadistes qui emprisonnent tous les Syriens prêts à se réconcilier avec les forces gouvernementales ou à quitter la ville encore sous contrôle djihadiste. De plus, De Mistura n’a pas clarifié ou indiqué si l’ONU était prête à escorter tous les djihadistes, y compris ceux d’Al-Qaeda, en lieu sûr à l’extérieur de la Syrie. On ne sait pas vraiment si les USA et l’ONU offrent à Al-Qaeda et aux djihadistes et combattants étrangers du même acabit leur protection (en voulant empêcher toute attaque de leur château fort) ou un passage sûr Dieu sait où.

La Russie est résolue à aider la Syrie à éradiquer les djihadistes, comme Walid Mouallem l’a dit, et à les empêcher de retourner chez eux, d’autant plus qu’ils sont nombreux à avoir la nationalité russe. « Il faut crever cet abcès », a déclaré Lavrov. Mouallem a ajouté que « l’armée tentera d’éviter les victimes civiles », un objectif que les USA sont incapables de remplir, comme le prouvent leurs bombardements de précision qui ont tué jusqu’ici environ 6 000 civils en Syrie et en Irak ces dernières années.

Les bombardements américains contre des objectifs syriens ont très peu de chance de changer le rapport de force au Levant. La Russie a la ferme intention de s’opposer à toute agression des USA contre la Syrie, au moment même où son armée cherche à reprendre le contrôle du pays et à éliminer les djihadistes. Nous devons toutefois garder à l’esprit que le président Trump est confronté à une lutte interne qui remet profondément en question sa capacité à diriger le pays. Ainsi, une attaque contre la Syrie qui s’approche dangereusement d’une hostilité guerrière contre la Russie pourrait lui permettre de respirer un peu. Nul ne peut toutefois prédire quelles seront les conséquences ultimes des manœuvres effectuées par deux superpuissances si proches l’une de l’autre avec un appareil militaire imposant dans un tout petit secteur du Moyen-Orient. Mais une chose est sûre : la Syrie reprendra tôt ou tard le contrôle d’Idlib.

Source

 

Étiquettes : , , , , , , , , ,

 
%d blogueurs aiment cette page :