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Archives du 2 septembre 2018

L’État peut-il résister aux banques ?

Une guerre sans merci est actuellement en cours.Grosso modo,cette guerre oppose les« Wasp américains »– qui se sont enrichis par le système de Bretton Woods, lequel a instauré le dollar américain comme monnaie mondiale – aux banquiers qui tiennent la City. Ces derniers sont en train d’instituer ce que Keynes voulait instituer dès 1944 : le Bancor, qui est un panier de monnaies, en tant que monnaie mondiale aujourd’hui appelé Droits de Tirage Spéciaux (DTS). Les enjeux de cette guerre monétaire invisible sont considérables, ils expliquent à eux seuls tous les troubles géopolitiques actuels.

Première partie : qu’est-ce que l’État ?

S’interroger sur les forces respectives de l’État et des banques nécessite, au préalable, de s’intéresser à la signification profonde du pouvoir au sens politique du terme. Que signifie le pouvoir politique, que représente-t-il et quelle est sa justification ? Ce sont des questions qui sous-tendent toute l’architecture juridico-politique, c’est-à-dire toute l’organisation socio-politique de l’État. Pour avoir une juste appréciation du concept d’État, il faut donc avoir une juste compréhension du concept de pouvoir politique. Donner un sens au concept de« pouvoir politique »(I) permettra de donner un sens à celui« d’État »(II), par une chaine de causalité, il sera ensuite possible de déterminer clairement ce qu’est la souveraineté et à qui elle doit fonctionnellement échoir afin de respecter les concepts ci-dessus énoncés (III).

Qu’est-ce que le pouvoir politique ?

Le mot« politique »vient du grec« polis »qui signifie« Cité »; la politique recouvre donc l’idée du« vivre ensemble », d’organiser la«vie en commun».

Au sens propre, la politique consiste donc à organiser la vie en commun à l’intérieur d’un espace géographiquement délimité.

Organiser la vie en commun suppose l’identification, la délimitation, d’un intérêt commun à tous les membres du groupe géographiquement déterminé par la« Cité ».

Cet intérêt commun, propre à la« politique », suppose lui-même que la« politique »ne consiste pas à affirmer et imposer un intérêt catégoriel, ou d’ordre privé, mais au contraire consiste à identifier et à faire prévaloir l’intérêt commun sur la somme des intérêts particuliers qui émanent de ladite Cité, et qui sont consubstantiels à son existence. En effet, aucune Cité n’existe dans un parfait concordat : la vie en commun suppose la confrontation incessante d’une multitude d’intérêts privés ou catégoriels.

Afin de rendre cette vie en commun supportable, il faut donc instituer une sorte« d’arbitre »dont le rôle va consister à trancher entre les différents intérêts contradictoires de façon à instituer unstatu quode nature à apaiser les conflits. Pour être supportable, et donc suivi, cestatu quodoit être perçu comme« juste », ou du moins perçu comme le« plus juste possible en l’état actuel de la situation ».

La politique consiste donc, si les mots en un sens, à arbitrer entre des conflits de façon à rendre possible la vie en commun sur un espace géographiquement délimité.

Élément fondamental de l’organisation sociale, le terme« politique »est donc synonyme d’arbitrage, de justice. À partir de là, il devient possible de discerner le sens primitif du« pouvoir politique ».

En effet, sémantiquement,« pouvoir »signifie« avoir la capacité », c’est-à-dire les moyens concrets, de faire, de réaliser, quelque chose. Appliqué au concept politique, le pouvoir signifie donc la capacité d’imposer l’intérêt commun aux différents intérêts privés ou catégoriels. En d’autres termes, si la politique consiste à déterminer un intérêt commun en opérant des arbitrages perçus comme justes, le pouvoir politique sera le pouvoir de faire matériellement appliquer ces arbitrages, au besoin par la contrainte.

Qu’est-ce que l’État ?

Dans l’ordre interne : une entité juridique incarnant l’intérêt commun.

Pour que des arbitrages de nature sociologiques et politiques soient effectivement mis en œuvre, y compris, si nécessaire, par la force, il faut que le« pouvoir politique »soit incarné par une institution juridique dotée d’une réalité politique, ce à quoi répond précisément, en interne, la notion juridique« d’État ».

La justification de l’État est également sa raison d’être, c’est-à-dire son signifiant : elle est entièrement comprise dans la notion d’intérêt commun, d’équilibre des forces en présence sur un territoire donné et d’arbitrage dans le sens de la« justice ».

Car il faut bien considérer que les arbitrages qui seront rendus ne seront, à terme, respectés par les justiciables dudit État que s’ils apparaissent globalement justes. Autrement dit, le rôle de l’État ne sera accepté par tous que s’il remplit la fonction qui justifie son existence, celle pour laquelle il existe : garantir le respect d’un équilibre des forces en présence sur le territoire sur lequel il a juridiction.

L’on peut également élargir la perspective et aller chercher le rôle et la fonction de l’entité dénommée« État »dans un ordre juridique externe.

Dans l’ordre international européen : l’État est, depuis lestraités de Westphaliedu 24 octobre 1648, la recherche d’un équilibre géopolitique des forces.

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À titre préliminaire, il faut définir le cadre dans lequel s’inscrit le débat.

Si le concept d’État tel que décrit ci-dessus s’est développé dans le monde entier, à mesure que s’imposait l’ordre juridique et politique occidental au reste du monde, il n’en reste pas moins que ce concept est profondément de nature européenne, c’est-à-dire que son signifiant est entièrement compris dans la culture gréco-latine propre à ce que fut l’Europe. Il est donc indispensable, afin de conserver une cohérence au signifiant (le concept d’État), d’en apprécier la réalité externe dans le contexte culturel européen.

Les traités dits de Westphalie (pourparlers de Münster d’un côté et d’Osnabrück de l’autre), signés le 24 octobre 1648, et auxquels ont participé toutes les puissances occidentales à l’exception notoiredu tsar Russe, du roi d’Angleterre et du sultan ottoman, a déterminé les principes des États européens.

Le fondement principal de ces traités internationaux, a été la recherche d’un équilibre des puissances politiques qui s’exerçaient en Europe à cette époque : aucun État ne devait être plus puissant quetous les autres réunis.

Jusqu’à la disparition, en 1806, du Saint Empire romain germanique les traités de Westphalie ont géré l’équilibre des forces géopolitiques en Europe. L’Empire a été morcelé en trois cent cinquante petits États, sonnant le glas de la puissance des Habsbourg. Les grands gagnants de ce traité avaient été la Suède, les Pays-Bas et la France.

Contrairement à ce qu’en ont dit certains, le concept de l’État westphalien n’est pas mort au XXesiècle. Ou plutôt : s’il est mort en apparence, son signifiant a survécu car la paix qui s’est installée en Europe au sortir de la Seconde Guerre mondiale doit tout au concept d’équilibre des forces mis en œuvre par les traités de Westphalie. C’est en effet sur ce principe de l’équilibre des forces que fut fondée la paix qui a suivi la seconde guerre mondiale, due à l’équilibre de la terreur nucléaire qui existait entre les blocs de l’Ouest dirigé par les États-Unis et de l’Est communiste dirigé par l’Union soviétique. Ce ne sont bien entendu pas les instances européennes, pas encore nées ou balbutiantes, qui ont généré la paix en Europe depuis 1945 mais bien l’équilibre de la terreur ; équilibre des forces qui avait déjà prévalu lors des traités de Westphalie. La forme change mais le signifiant perdure.

Au sens géopolitique européen du terme, l’État doit donc être une entité disposant d’une autonomie suffisante pour garantir la sécurité de ses ressortissants ; cette entité doit, selon les principes westphaliens, être capable de se mesurer, seule ou avec ses alliés, à des voisins plus puissants.

Notons qu’aujourd’hui, la taille géographique ne semble plus être le critère déterminant qu’il fut à l’origine. Les capacités techniques ont pris de telles proportions dans tous les domaines, militaires mais aussi énergétiques, biologiques, que les États seront davantage ceux capables de développer des idées techniques et technologiques créatrices que ceux détenant des matières premières ; même s’il est évident que la détention de matière premières reste un avantage comparatif très important. Mais cet avantage n’est plus discriminant, il peut aujourd’hui être compensé par des échanges, de type« bien contre service », entre États.

La capacité créatrice et l’ingéniosité des ressortissants d’un État peuvent à eux seuls garantir que l’État en question sera en mesure d’assurer la sécurité intérieure et extérieure dudit État.

Qu’est-ce que la souveraineté, et à qui échoit-elle ?

Si l’on part des présupposés de l’État décrits ci-dessus, la souveraineté ne peut appartenir, formellement, qu’à l’État. Le vocabulaire juridique décrit en effet la souveraineté comme étant le caractère suprême d’une puissance qui n’est soumise à aucune autre.

Toutefois, cette analyse est insuffisante car il faut encore déterminer comment la souveraineté est exercée et comment sera garanti le fait que la souveraineté sera échue à un État représentant effectivement l’intérêt commun de ses membres. Autrement dit, une fois établi que l’État est l’objet de la souveraineté, il faut encore analyser le sujet de cette souveraineté.

« L’État »décrit ci-dessus est composé d’individus vivant sur un territoire délimité et qui acceptent de se doter d’institutions chargées d’organiser leur vie en commun. Dans ce sens, le« sujet »de la souveraineté est la population vivant sur le territoire en question. Nous retrouvons ici l’idée politique de« peuple souverain »qui a émergé à la Révolution française mais n’a, en pratique, jamais été mise en œuvre jusqu’à ce jour.

En interne, c’est-à-dire du point de vue intérieur à l’État, la souveraineté est« le caractère d’un organe qui n’est soumis au contrôle d’aucun autre et se trouve investi des compétences les plus élevées »(cf. Vocabulaire juridique Gérard Cornu). Mettre en œuvre l’idée selon laquelle le peuple est le sujet de la souveraineté suppose de transcrire dans les institutions une exigence de mandat impératif, qui s’oppose radicalement à l’idée de mandat représentatif que nous connaissons actuellement et depuis 1789. Il faut également considérer que le système parlementaire hérité de la Révolution de 1789 a été directement importé d’Angleterre. Ce système établit un organe constitutionnel immuable dont le seul rôle, la seule fonction, est de créer des« lois ». Or tous les gens ayant travaillé sur les« organisations »savent que ces dernières, une fois créées, n’ont de cesse que de faire du zèle pour justifier leur existence. Il en résulte fatalement que l’établissement constitutionnel d’un« Parlement »à la façon anglaise génèrera à terme une surabondance de textes. Cette inflation législative nuit à la sécurité juridique et matérielle des ressortissants de l’État. Le parlement à l’anglo-saxonne est en lui-même une institution qui est antinomique avec la notion politique« d’État ».

Voter, à intervalle régulier, pour des« élus »censés les représenter au sein d’un parlement, ne permet aucunement aux électeurs de maîtriser ou canaliser, qualitativement autant que quantitativement, les lois qui seront votées par lesdits« élus »lors de leur mandat. Le vote pour les prétendus« représentants du peuple »n’est pas« libre »mais encadré par la cooptation préalable des« élus »par les partis politiques. Les électeurs ne maîtrisent pas réellement les gens pour qui ils sont sommés de voter car ces derniers sont présélectionnés, en amont et selon nombres de tractations opaques, par des partis politiques. Cette présélection des élus garantira, de façon fonctionnelle, beaucoup plus la loyauté des élus envers le parti duquel ils sont issus, et qui se chargera de financer leur élection, qu’envers des électeurs anonymes.

Le régime parlementaire à la mode britannique et le mandat représentatif qu’il sous-tend ne permettent aucunement de mettre en œuvre la souveraineté populaire. Ce type d’institution est totalement disqualifié pour asseoir le principe de l’autodétermination des peuples car la souveraineté ainsi comprise est captée par des organismes intermédiaires, les partis politiques. Or ces partis politiques ne dépendent pas tant des électeurs que des créanciers qui leur permettent de financer les incessantes élections leur permettant de conserver le pouvoir politique formel ; formel car ce pouvoir politique apparent est dénué de sens politique réel, capté par les détenteurs de capitaux, il est devenu, par là-même, une coquille vide de tout signifiant politique réel.

Il faut donc revenir – car en la matière tout à déjà été inventé – à des institutions permettant de mettre effectivement, institutionnellement en œuvre, les différents intérêts des différents membres et catégorie socio-professionnelle d’une population installée sur un territoire déterminé.

Nous évoquons ici deux principes essentiels. Le premier principe est celui de l’instauration de« corps intermédiaires »pour chaque catégorie sociale, de nature économique mais aussi non économique, comme le sont toutes les activités visant à créer du lien social, de l’instruction, des soins etc. Le second principe est que les représentants de chacun de ces« corps intermédiaires »devra être régi par un mandat impératif, qui garantira la loyauté et la transparence du représentant vis-à-vis de ses mandataires (qui sont également ceux qui l’auront élevé à sa charge de représentation).

Une fois que seront dûment représentés tous les intérêts sociaux des différentes catégories sociales, les instances étatiques, représentées par un« gouvernement »dirigé par un chef, pourront effectivement remplir le rôle qui leur est imparti : à savoir trancher entre les intérêts divergents issus de la population qu’ils ont à régir, en d’autres termes, assurer la viabilité et la pérennité de la« vie en commun »sur un territoire déterminé.

Aujourd’hui, ce rôle ne peut fonctionnellement pas être rempli par les pouvoirs exécutifs qui sont des émanations du pouvoir économique caché. Les intérêts privés des grands capitalistes qui prévalent actuellement sans partage emportent définitivement le concept d’État dans les oubliettes de l’histoire.

En conclusion, il faut retenir que« la séparation des pouvoirs »conjuguée avec« le principe parlementaire britannique », qui éclate les responsabilités et donne le pouvoir aux partis politiques, est une organisation politique structurellement inapte à mettre en œuvre le principe de l’autodétermination des peuples.

Deuxième partie : qu’est-ce que« les banques »?

Techniquement, une banque est une« entreprise privée »qui prend différentes formes en fonction de l’État dans lequel elle est implantée. Les grandes banques à implantation internationale sont économiquement contrôlées par des personnes physiques dont le grand public ignore, la plupart du temps, le nom.

Au fil du temps, le système bancaire s’est intégré à différents niveaux : d’une part, il s’est internationalisé et d’autre part il s’est consolidé au niveau de chaque État. Historiquement, sur le territoire de chaque État, les propriétaires de certaines banques privées se sont associés pour créer une« banque centrale ». Cette banque centrale a été vendue aux autorités politiques en mettant en avant les immenses services qui seront ainsi rendus à l’État en question. Ces banques centrales ont été présentées au public sous la forme de banques d’État alors que la détention capitalistique desdites banques restait dans des mains privées. Dès lors, les entités juridiques, de droit public, dénommées États se sont portées garantes des capitaux privés investis dans ces« banques centrales ».

La banque est une entreprise privée de nature internationale

Il en découle que la banque est une organisation détenue par des personnes privées qui restent, le plus souvent, anonymes.

L’organisation des banques en groupes d’entreprises bancaires et financières, qui forment un nuage capitalistique, est un moyen essentiel,« capital », pour rendre anonymes les véritables détenteurs de capitaux de ces entités tentaculaires. En effet, il est parfois très difficile, même pour des services d’État, de remonter aux associés décisionnaires des groupes d’entreprises en raison du nombre de sociétés, de leur imbrication dans de multiples États et de la multiplicité des formes sociales juridiquement disponibles. Il faut évidemment ajouter à cela que certains États, vivant sous la coupe du droit anglo-saxon, organisent eux-mêmes l’anonymat des détenteurs de capitaux de certaines structures juridiques utilisées à des fins professionnelles, tels les trusts anonymes.

Cette pratique des groupes d’entreprises permet aux détenteurs actifs des capitaux de prendre, au niveau mondial, un poids économique et politique de plus en plus important tout en restant dans l’ombre, c’est-à-dire à l’abri de toute responsabilité politique.

La banque consolidée dans un système de« banques centrales »

Les« banques centrales »sont nées sous le signe de l’imposture : présentées comme des banques d’État, elles disposaient à ce titre de la garantie de l’État – c’est-à-dire des contribuables de l’État – alors que ses capitaux restaient dans des mains privées. L’appropriation par des intérêts privés est le vice initial du concept de banque centrales. C’est ainsi que la banque d’Angleterre (1694), la Banque de France (1800), la FED (1913), la Banque des règlements internationaux (BRI/BIS 1930), le système européen de banques centrales (dit SEBC, décidé par le Traité de Maastricht en 1992 et entré en vigueur en 1999) reflètent toutes un désengagement des instances politiques de l’État dans la gestion centralisée des masses monétaires en circulation.

Aujourd’hui, la distinction institutionnelle fallacieuse entre gestion monétaire et gestion politique est entrée dans l’inconscient collectif comme une« normalité »; tout le monde estime normal que les banques centrales soient« indépendantes »du pouvoir politique. Personne ne se pose plus la question de savoir pourquoi doivent-elles, impérativement, être« indépendantes »?

Dès que vous évoquez la question politique de la dépendance de la banque centrale vis-à-vis du gouvernement, les âmes qui se croient éclairées vous répondent immanquablement : souvenez-vous de Weimar ! Mais à la vérité, l’épisode de Weimar est une mauvaise réponse car l’hyper inflation de cette époque a été le résultat d’une politique elle-même très largement sous domination capitalistique.

Certains rétorquerons que la banque de France a été« nationalisée », mais là encore, il faut s’entendre sur les termes : que signifie réellement une banque« nationalisée» par un État lui-même entièrement (cf. la première partie ci-dessus détaillée) sous dépendance des principaux propriétaires de capitaux… ?

Troisième partie : réponse à la question« l’État peut-il résister aux banques »

Un constat : l’État actuel est entièrement dominé par le système bancaire

« La main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit »– Napoléon

De façon fonctionnelle, l’État n’a, sans les banques, aucun moyen financier propre pour atteindre les objectifs étatiques qu’il se fixe. En abandonnant dans des mains privées sa fonction régalienne de battre monnaie, l’État s’est volontairement placé dans une position d’infériorité par rapport aux détenteurs du« fait économique ».

Or, les banquiers ne recherchent pas l’intérêt commun aux citoyens, ce qui est le rôle de l’État en tant qu’entité politique, ils recherchent le développement de leur intérêt privé, qui est donc de nature catégorielle ; cet intérêt privé consiste aujourd’hui à asseoir leur domination politique par l’élaboration d’un gouvernement mondial qu’ils contrôleraient définitivement. L’abandon volontaire, par l’État, de la gestion monétaire a pour conséquence directe de priver l’État de toute substance politique. L’État est devenu un simple outil de pouvoir aux mains des banquiers anonymes.

Cette appropriation du phénomène politique par les principaux propriétaires d’organismes bancaires s’est produite par le biais du contrôle intégral du phénomène économique par lesdits« banquiers »(propriétaires des grandes banques). Ce contrôle s’est réalisé par deux moyens principaux, le contrôle des monnaies et l’anonymat des capitaux. L’anonymat a permis aux banquiers d’organiser un accaparement discret des biens tangibles de cette terre, sans soulever la juste indignation des masses populaires que n’aurait pas manqué de le faire une appropriation officielle par quelques personnes, aussi violente eut elle été.

Le contrôle des masses monétaires en circulation a permis le contrôle, par corruption, du phénomène politique et le développement des moyens légaux d’appropriation discrète des biens. C’est ainsi que l’État a lui-même organisé l’anonymat des capitaux qui permet aux propriétaires contrôlant les grandes banques de rester anonymes, ce qui favorise et rend possible le phénomène d’accaparement généralisé des biens, par une combinaison de moyens légaux (optimisation fiscale) et de moyens détournés, faisant l’objet d’un consensus international, tels que l’organisation des Paradis fiscaux.

Une lueur d’espoir pour l’avenir : la domination des États par les banques n’est pas inéluctable:« Ce que la main de l’homme a fait, l’homme peut le défaire »

« Ce que la main de l’homme a fait, l’homme peut le défaire », mais il y a des conditions à ça : une condition de forme et des conditions de fond.

La première condition de forme est une conditionsine qua non: elle est que les ressortissants des États prennent conscience de leur entière dépossession du phénomène politique. Ce qui signifie qu’ils devront politiquement s’organiser de façon à se donner les moyens concrets de reprendre le contrôle de leur destin collectif. Il me semble que telle est, précisément, l’ambition de votre association« Terre et Famille ».

La seconde condition est en réalité plurielle, elle est liée à la validité et à la viabilité sur la durée de la reprise en main du phénomène politique par les ressortissants des États. Il faudra, impérativement à peine d’ineffectivité de la reprise en main politique, réhabiliter le concept même de« droit »de façon à rendre ce dernier compatible avec l’existence d’une civilisation. Techniquement parlant, il faudra revenir aux concepts juridiques issues du droit continental et, corrélativement, abandonner le droit du plus fort qui prend la forme de la réglementation à la façon anglo-saxonne.

Nous sommes, sur le continent européen, en cours d’abandon définitif de notre droit continental traditionnel issu du droit romain, lui-même modelé et repris au fil des siècles par des préceptes de droit canon, au profit de ce droit anglais, dont l’essor date des« Lumières », dominé par le principe de la loi du plus fort.

Lacommon lawanglaise est un système juridique dont les règles sont principalement édictées par les tribunaux au fur et à mesure des décisions individuelles. Si l’on parle du droit anglais, il faut aussi parler du système de«l’Equity»selon lequel le« prince », c’est-à-dire au début le roi puis le Chancelier, se sont accordé le droit de juger en fonction de préceptes moraux les cas qui n’étaient pas abordés par lacommon law. Les principes de« l’Equity »ainsi conçu ne méconnaissent pas lacommon law, ils s’y adaptent. Tout cet arsenal juridique anglo-saxon a pris une ampleur considérable en même temps que se développait le commerce maritime, lequel commerce a toujours été contrôlé par les banquiers commerçants qui ont leur quartier général à la City de Londres.

À l’opposé, le droit continental traditionnel était un droit de régulation fait pour organiser la« vie de la Cité »; alors que le droit anglais était un droit édicté par et pour les tenanciers du commerce international. Ce droit continental répondait à des règles strictes conçues autour du respect de la personne humaine comprise comme une partie d’un tout formé par la collectivité. Le«droit des gens»lui-même, qui était (assez grossièrement) la partie du droit romain qui organisait les peuples vaincus, était conçu autour des idées centrales de la personne et de l’organisation de la vie en commun.

La supériorité du droit continental sur le droit anglo-saxon provient non seulement de son expérience historique mais aussi et surtout de sa vocation : il est globalement, contrairement au droit anglo-saxon, mis au service de la collectivité et non à celui de quelques élites auto-proclamées.

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Paul Craig Roberts – Les provocations finissent souvent par des guerres

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La guerre peut-elle être évitée et la planète sauvée ?

Le gouvernement russe et le président Poutine sont soumis à une forte pression. C’est une pression qui ne vient pas des sanctions américaines, qui sont très bénéfiques pour la Russie puisqu’elles poussent la Russie à l’indépendance ; elle vient des patriotes russes qui sont fatigués des réponses polies de Poutine aux insultes et provocations militaires incessantes de Washington. Les patriotes russes ne veulent pas la guerre, mais ils veulent défendre l’honneur de leur pays, et ils pensent que Poutine ne le fait pas. Certains d’entre eux accusent même Poutine d’être un atlantiste qui vénère l’Occident.

La désillusion engendrée par Poutine chez les patriotes, ainsi que l’approbation par Poutine du relèvement de l’âge de la retraite pour les pensions de retraite, un piège que lui ont tendu les économistes néolibéraux russes, ont nui à sa popularité au moment précis où il va à nouveau être confronté aux provocations de Washington en Syrie.

Dans mes articles, j’ai défendu Poutine contre l’accusation selon laquelle il n’est pas assez russe. Poutine veut éviter la guerre, parce qu’il sait que ce serait une guerre nucléaire, dont les conséquences seraient désastreuses. Il sait que les États-Unis et leurs alliés impotents de l’OTAN ne sont pas en mesure de mener une guerre conventionnelle contre la Russie ou la Chine, et encore moins contre les deux. Poutine sait également que les sanctions portent préjudice aux vassaux européens de Washington et que cela pourrait peut-être contraindre les États européens vassalisés à reprendre leur indépendance, ce qui limiterait la belligérance de Washington. La Russie a mis au point de nouvelles super-armes, qui donnent probablement à Poutine la capacité de détruire la totalité du monde occidental en causant peu ou pas de dommages à la Russie, mais Poutine ne voit pas l’intérêt d’une telle destruction, d’autant plus qu’on ne peut pas en prévoir les conséquences. Une telle guerre pourrait causer un hiver nucléaire ou d’autres catastrophes qui rendraient la planète inhabitable.

Par conséquent, comme je l’ai expliqué dans de nombreux articles, Poutine agit intelligemment. Il s’efforce d’agir sur le long terme tout en protégeant le monde d’une guerre dangereuse.

J’approuve la stratégie de Poutine et j’admire son sang-froid car il ne se laisse jamais guider par l’émotion, mais il y a néanmoins un problème. Les dirigeants de l’Occident avec qui il traite sont des idiots qui n’apprécient pas ses qualités d’homme d’État. Et donc, chaque fois que Poutine tend l’autre joue, comme on dit, le niveau d’insultes et de provocations monte.

Prenons l’exemple de la Syrie. L’armée syrienne, avec l’aide d’une toute petite partie de l’armée de l’air russe, a nettoyé tout le territoire syrien à l’exception d’une zone qui est occupée par des forces financées et équipées par les Américains et envoyées par Washington pour renverser le gouvernement syrien.

Ce qui reste des forces américaines par procuration est sur le point d’être éliminé. Afin de les sauver et de garder un pied en Syrie,  Washington pourrait essayer de relancer la guerre en organisant une nouvelle « attaque chimique » sous faux drapeau, dont les médias occidentaux aux ordres accuseront Assad. Le conseiller à la sécurité nationale du président Trump, un néoconservateur enragé, peut-être même fou, a dit à la Russie que Washington ne verra pas d’un bon œil l’utilisation d’armes chimiques par les Syriens et les Russes contre le « propre peuple d’Assad ».

Les Russes sont pleinement conscients qu’une attaque chimique serait une attaque sous faux drapeaux orchestrée par Washington par l’intermédiaire des mercenaires qu’il a envoyés en Syrie pour renverser le gouvernement. D’ailleurs, l’ambassadeur de Russie aux États-Unis l’a clairement expliqué hier au gouvernement américain.

Il est clair que c’est pour prévenir l’attaque orchestrée par Washington que Poutine a demandé à son ambassadeur de parler de cette éventuelle mise en scène aux responsables américains qui l’orchestrent.

La stratégie de Poutine montre qu’il croit que les fonctionnaires du gouvernement américain ont une conscience morale et de l’intégrité. Ce n’est absolument pas le cas. J’ai passé 25 ans avec eux. Ils ne savent même pas ce que ces mots veulent dire.

Que ce serait-il passé, si à la place, Poutine avait déclaré publiquement au monde entier que toute force, où qu’elle se trouve, qui serait responsable d’une attaque contre la Syrie serait annihilée ? Personnellement je pense, comme le  patriote russe Bogdasarov,  qu’un ultimatum de ce genre venant du dirigeant d’un pays capable de faire ce qu’il dit, refroidirait les ardeurs guerrières des russophobes de Washington. Il n’y aurait pas d’attaque contre la Syrie.

Bogdasarov et moi avons peut-être tort. Les forces russes déployées autour de la Syrie avec leurs missiles hypersoniques sont plus qu’à la hauteur des forces américaines rassemblées pour attaquer la Syrie. Cependant, l’arrogance des Etatsuniens peut les amener à faire fi de la réalité, auquel cas il faudra que Poutine détruise les plateformes d’où partent les missiles. En n’annonçant pas ce qu’il va faire, Poutine conserve sa liberté d’action. Washington pourrait vouloir attaquer la Syrie uniquement pour sauver la face, comme la dernière fois qu’il a frappé la Syrie. Néanmoins, tôt ou tard, la Russie devra répondre plus fermement aux provocations.

Je suis un Américain. Je ne suis pas un Russe, encore moins un nationaliste russe. Je ne veux pas que le personnel militaire américain soit victime de la volonté délétère de Washington de maintenir son hégémonie sur le monde, et encore moins s’il s’agit de servir les intérêts d’Israël au Moyen-Orient. La raison pour laquelle je pense que Poutine doit s’opposer davantage à Washington, c’est que, comme on le voit dans l’histoire, une attitude conciliante encourage les provocations, et il arrive toujours un moment où il faut se rendre ou se battre. Il vaut beaucoup mieux arrêter l’escalade avant qu’elle n’atteigne ce dangereux niveau.

Andrei Martyanov, qui vient d’écrire un livre dont j’ai parlé sur mon site, a récemment défendu Poutine, comme Le Saker et moi l’avons fait dans le passé, contre ceux qui disent que Poutine est trop passif face aux agressions. Comme je l’ai déjà dit, je ne peux qu’applaudir Martyanov et le Saker. Là où nous différons peut-être, c’est sur l’idée qu’accepter sans cesse des insultes et des provocations encourage leur escalade jusqu’à ce que la seule alternative soit la reddition ou la guerre.

Donc, voilà les questions que je pose à Andrei Martyanov, au Saker, à Poutine et au gouvernement russe : Combien de temps faut-il tendre l’autre joue ? Faut-il tendre l’autre joue jusqu’à ce que votre adversaire ait réduit à zéro votre avantage dans la confrontation ? Faut-il tendre l’autre joue jusqu’à perdre le soutien de la foule des patriotiques qui pense que vous ne défendez pas l’honneur du pays ? Faut-il tendre l’autre joue jusqu’à être finalement contraint de choisir entre la guerre ou la soumission ? Faut-il tendre l’autre joue jusqu’à qu’une guerre nucléaire soit inévitable ?

Je pense que Martyanov et le Saker seront d’accord pour dire que ma question est légitime. Tous les deux mettent l’accent, dans leurs écrits très instructifs, sur le fait que l’histoire est écrite par et pour les vainqueurs. Réfléchissons un instant. Napoléon et Hitler étaient tous les deux à leur apogée, ils n’avaient connu aucune défaite militaire. Puis ils sont entrés en Russie et ont été complètement annihilés. Pourquoi ont-ils fait ça ? Parce que leurs succès les avaient rendus follement arrogants et sûrs de leur « exceptionnalisme », le mot dangereux qui résume la foi de Washington en sa puissance hégémonique.

Les néo-conservateurs sionistes qui gouvernent à Washington sont capables de commettre la même erreur que Napoléon et Hitler. Ils croient en « la fin de l’histoire », ils croient que l’effondrement soviétique signifie que l’histoire a choisi l’Amérique comme modèle pour les siècles des siècles. Leur orgueil dépasse en fait celui de Napoléon et d’Hitler.

Quand on est confronté à une arrogance aussi idéologique et aussi insensée, le fait de tendre l’autre joue améliore-t-il la situation ou appelle-t-il plus de provocations ?

C’est la question à laquelle le gouvernement russe doit répondre.

Peut-être que le gouvernement russe va comprendre le sens des dithyrambiques éloges funèbres dont l’Establishment a honoré John McCain. Il n’est pas normal qu’un sénateur américain fasse l’objet de tant d’éloges funèbres, surtout un sénateur qui n’a rien fait de remarquable. Ce qui explique ces éloges funèbres, c’est la haine de McCain envers la Russie et son bilan de belliciste. A travers McCain, Washington fait l’éloge de sa propre folie guerrière.

Paul Craig Roberts

Traduction : Dominique Muselet

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Vivre 150 ans et régénérer les organes «pour le prix d’un café» serait possible dès 2020

D’ici 2020, un nouveau traitement anti-âge pourrait permettre aux humains de vivre jusqu’à 150 ans et de régénérer les organes en reprogrammant leurs cellules, le tout «pour le prix d’un café par jour», lit-on dans le quotidien britannique The Daily Mail.

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Une percée anti-âge stupéfiante pourrait permettre à l’Homme de vivre jusqu’à 150 ans et de régénérer ses organes d’ici 2020 “pour le prix d’un café par jour”

Une nouvelle technique anti-âge extraordinaire pourrait permettre à l’homme de vivre jusqu’à 150 ans et de régénérer ses organes d’ici 2020.

Le professeur David Sinclair de Harvard et des chercheurs de l’Université de la Nouvelle-Galles du Sud ont mis au point le nouveau procédé, qui implique la reprogrammation des cellules.

Le Dr Sinclair a dit que la technique pourrait permettre aux gens de régénérer des organes, et même permettre aux paralysés de se déplacer à nouveau, avec des essais sur des humains prévus d’ici deux ans.

Les mêmes chercheurs ont également découvert qu’ils pouvaient augmenter la durée de vie des souris de dix pour cent en leur donnant un comprimé de vitamine B dérivé.

Ils ont également dit que la pilule a conduit à une réduction de la perte de cheveux liée à l’âge, selon The Herald Sun.

Le professeur Sinclair a dit qu’il espère que la pilule sera disponible au public d’ici cinq ans et qu’elle coûtera le même prix qu’une tasse de café chaque jour.

Mais le professeur du département de génétique de la Harvard Medical School a averti les gens de ne pas essayer d’inverser le processus de vieillissement avant que la recherche scientifique n’ait été publiée ou examinée par des pairs.

“Nous ne recommandons pas aux gens de sortir et de prendre des médicaments précurseurs de la NAD, car ils n’ont pas encore fait l’objet de tests officiels de sûreté”, a-t-il dit.

La science qui sous-tend cette nouvelle technique fait intervenir la molécule nicotinamide adénine dinucléotide (NAD), qui joue un rôle dans la production d’énergie dans le corps humain.

Le produit chimique est déjà utilisé comme supplément pour le traitement de la maladie de Parkinson et la lutte contre le décalage horaire.

Le professeur Sinclair, qui se sert de sa propre molécule pour réduire le processus de vieillissement, a dit que son âge biologique a chuté de 24 ans après avoir pris la pilule.

Il a dit que son père, 79 ans, a fait du rafting et de la randonnée en eau vive après avoir commencé à utiliser la molécule il y a un an et demi.

Le professeur a également dit que sa belle-soeur était à nouveau fertile après avoir pris le traitement, bien qu’elle ait commencé à entrer dans la ménopause dans la quarantaine.

Source: Daily Mail, le 1er septembre 2018 – Traduction Nouvelordremondial.cc

 
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Publié par le 2 septembre 2018 dans général, Insolite, Sciences

 

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Publié par le 2 septembre 2018 dans général, INSOLITES Du Dimanche, Vidéos (Toutes)

 

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