Deux experts ont prédit une guerre majeure au Moyen-Orient avec, comme principaux protagonistes, Israël, l’Iran et le Hezbollah.

Un rapport du major général de l’armée israélienne Nadaf Ben Hor et de l’expert militaire Michael Eisenstadt, actif au sein du think tank Washington Institute for Near East Policy, indique que « les tensions croissantes sur la frontière nord d’Israël [les territoires occupés palestiniens, NDLR] font craindre le déclenchement d’un conflit entre Israël et le Hezbollah ou une guerre entre Israël et l’Iran en Syrie ».

Les experts ont attribué ces tensions d’une part aux « efforts du Hezbollah et de la Syrie — avec l’aide de l’Iran — pour produire des missiles de haute précision au Liban et en Syrie, qui pourraient paralyser les infrastructures vitales d’Israël et y rendre la vie insupportable et, de l’autre, aux tentatives de l’Iran de faire de la Syrie une tête de pont des opérations militaires contre Israël et une plate-forme pour mettre en évidence sa puissance au Levant ».

Le rapport ajoute que depuis 2013, Israël a effectué plus de 130 frappes en Syrie contre « des convois d’armes à destination du Hezbollah » et élargi ses attaques, depuis la fin de 2017, pour inclure « les installations militaires iraniennes en Syrie ».

Les deux experts ont mis en garde contre la possibilité d’une « guerre sur de multiples fronts et dans des lieux éloignés, au sol, dans les airs et en mer, dans le domaine de l’information et du cyberespace ».

Le rapport a également suggéré qu’une telle guerre serait « le résultat d’une escalade involontaire, suite à une autre action iranienne contre Israël depuis la Syrie ou à la suite d’une frappe israélienne au Liban ou en Syrie, par exemple contre des installations de production de missiles ».

Le rapport a également prévu la possibilité d’une guerre au Moyen-Orient « à la suite d’un conflit qui commencerait dans le golfe Persique, mais qui atteindrait les frontières d’Israël [les territoires occupés palestiniens, NDLR] ».

Les experts ont avancé plusieurs scénarios pour une telle guerre, qui devrait éclater en 2019, le premier étant une « guerre entre Israël et le Hezbollah au Liban », impliquant des Iraniens et des combattants étrangers.

Le second scénario est une guerre contre « le territoire syrien entre les forces israéliennes et les forces iraniennes » et les militants pro-Téhéran, « probablement des éléments de l’armée syrienne ».

Le troisième scénario, une guerre sur deux fronts « au Liban et en Syrie entre les forces israéliennes et les forces iraniennes » et des groupes armés fidèles à l’Iran.

Le quatrième scénario prévoit le déclenchement d’une guerre régionale qui semble peu probable, mais dont les conséquences seraient très profondes en cas de déclenchement. Ce scénario implique l’Arabie saoudite et peut-être aussi les Émirats arabes unis.

Dans ce scénario, les deux experts imaginent qu’« Israël réagisse aux attaques visant ses infrastructures vitales par des frappes aériennes ou des cyberattaques contre le secteur pétrolier iranien ou même les installations nucléaires de Téhéran — grâce au soutien logistique des États arabes du Golfe [Persique, NDLR] ».

« En réaction aux attaques israéliennes, l’Iran pourrait lancer des attaques à la roquette, des opérations subversives ou des cyberattaques contre des installations pétrolières des pays arabes dans tout le golfe Persique. Cela pourrait entraîner une escalade et peut-être même une intervention militaire des États-Unis ».

Le rapport prédit que les adversaires d’Israël essaieraient, dans un tel scénario, d’utiliser des forces terrestres pour s’infiltrer dans les territoires occupés palestiniens et s’emparer de certains villages et de petits sites militaires. Ils auraient probablement recours à une guerre électronique pour soutenir les opérations destinées à perturber les systèmes de défenses israéliens, voire pour viser les infrastructures vitales d’Israël.

Photo: Un soldat israélien sur un char Merkava lors d’un exercice militaire sur le plateau du Golan, le long de la frontière avec la Syrie, le 8 août 2018. ©AFP

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