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Archives du 19 août 2018

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ? (RT)

On reste dans le domaine monétaire, et vous allez le constater une fois de plus, c’est la clef qui ouvre toutes les portes . Voilà pourquoi ce qui se passe actuellement en Turquie et qui se propage chez les émergents est important et à surveiller de prés … La « monnaie » est l’outil de domination ultime. (le dollar n’est que du simple papier qu’on imprime à volo, il n’a pas tous les attributs d’une monnaie, comme être une réserve de valeur par exemple) Qui maîtrise l’argent maîtrise le monde .  Z 

L’attaque de Trump contre la livre turque, combinée aux récentes mesures de la Réserve fédérale pour réduire drastiquement l’offre de dollars, entrainent le monde vers une crise monétaire identique à celle de 1997. C’est peut-être exactement le but recherché.

Vendredi dernier, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre la Turquie, notamment le doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium qu’il avait introduits plus tôt cette année. La monnaie turque était déjà en difficulté, mais ces nouvelles sanctions ’ sont la goutte qui fait déborder le vase ’, selon Edward Park de la société de gestion britannique Brooks Macdonald.

Le même jour, la livre turque est tombée à plus de 6 face au dollar, pour la première fois, atteignant un nouveau bas historique de 7,21 par rapport au dollar, dimanche. Après que la Turquie a mis des plafonds aux swaps de devises, la livre a repris un peu de sa valeur perdue, et elle s’échangeait à 6,12 mercredi, toujours bien en dessous des 4,75 pour un dollar qu’elle valait la semaine dernière.

La réaction turque a eu un certain effet, mais ça ne suffira pas : interdire simplement le commerce de la livre au-dessus d’un certain niveau, comme la Turquie a fait, n’est guère un moyen pérenne de revaloriser la monnaie ; et selon le Financial Times, les investisseurs ’ continuent d’augmenter leurs paris contre la Turquie à travers d’autres moyens, comme les swaps de défaut qui garantissent le paiement de la dette en cas de défaut ’. Les actions des banques turques sont aujourd’hui à leur plus bas niveau depuis 2003.

La vulnérabilité de la monnaie vient surtout du fait que le pays a d’énormes dettes en dollars. Les entreprises turques doivent aujourd’hui près de 300 milliards de dollars de dettes libellées en devises, un chiffre qui représente plus de la moitié de son PIB. Comment cela s’est-il produit et pourquoi cela est-il soudainement devenu un problème ?

Pendant l’ère de l’assouplissement quantitatif (QE), la Réserve fédérale américaine a inondé les institutions financières américaines avec 3500 milliards de dollars de nouveaux dollars, dont une grande partie a afflué sur les marchés dits ’ émergents ’ comme la Turquie. Tant que l’orchestre jouait, tout allait bien – des taux d’intérêt presque nuls, combinés à la faiblesse du dollar, rendaient ces dettes abordables. Mais depuis que la Réserve fédérale a mis fin à son programme d’assouplissement quantitatif l’an dernier – et qu’elle a ensuite commencé à l’inverser en vendant les actifs financiers qu’elle avait achetés (et donc en retirant des dollars du système financier) – la valeur du dollar a recommencé à augmenter, ce qui augmente de prix de la dette.

Cette appréciation du dollar a été aggravée par deux hausses successives des taux d’intérêt de la Réserve ; mais elle a également été aggravée par les décisions de Trump. Paradoxalement, les guerres commerciales de Trump ont conduit à une nouvelle hausse du dollar, car les investisseurs ont considéré ce dernier comme un ’ refuge’ par rapport à d’autres monnaies jugées moins capables de résister aux turbulences aléatoires qu’il a déclenchées. Même le yen et le franc suisse, traditionnellement considérés comme ’ aussi solides que l’or ’, se sont affaiblis face au dollar, comme d’ailleurs face à l’or lui-même.

Comme l’a dit Aly-Khan Satchu, fondateur et PDG de Rich Management, ’le dollar américain a été transformé en arme – soit délibérément, soit à dessein’ (y a-t-il une différence ?), ajoutant que d’autres pays subiront le même traitement ’ s’ils s’entêtent dans la même politique qu’Erdogan ’.

Ainsi, le coup porté par les Etats-Unis à la Turquie est quadruple – hausses de taux d’intérêt et tarissement des dollars de la Fed ; tarifs douaniers et sanctions de Trump. Il en résulte une perte de près de 40 % de la valeur de la livre depuis le début de l’année.

Les effets se font déjà sentir bien au-delà des frontières de la Turquie ; le rand sud-africain est tombé, lundi, à son plus bas niveau depuis deux ans, et la roupie indienne, le peso mexicain et la rupiah indonésienne ont tous été durement touchés. Cela n’est pas surprenant, car le gonflement de la dette libellée en dollars – de 2 000 milliards de dollars il y a 15 ans à 9 000 milliards aujourd’hui, en grande partie par les pays du Sud – combiné à l’inversion de l’assouplissement quantitatif, sont les ingrédients d’une crise qui ne demande qu’à éclater. Toutes les conditions qui avaient précédé la crise monétaire de 1997 en Asie de l’est sont désormais réunies. Il ne manquait qu’un petit coup de pouce – et Trump vient de le donner.

Tout cela est expliqué dans tous les manuels d’économie, ou plutôt ça devrait l’être si les manuels reflétaient la réalité (ce qui est loin d’être le cas). Les dix dernières années sont pratiquement le replay exact de la décennie qui a précédé la crise de 1997. Si la dévaluation du dollar de l’Accord de Plaza de 1985 n’était pas exactement du quantitative easing, elle avait le même but et les mêmes résultats – un flot d’argent et de dettes en dollars bon marchés, et donc une dépendance et une vulnérabilité mondiales croissantes au dollar et à la politique monétaire et économique des États-Unis.

Cette vulnérabilité a ensuite été effectivement ‘encaissée’ lorsque l’accord de Plaza a été ‘inversé’, 10 ans plus tard, (par l’accord du Louvres, ndt), un renversement qui à l’instar du renversement actuel de l’assouplissement quantitatif, étrangle le crédit et fait monter les taux d’intérêt, rendant les marchés plus instables et les faillites plus probables.

Le déclencheur a finalement été l’effondrement du baht – la monnaie d’un pays (la Thaïlande) qui avait un PIB deux fois moins élevé que celui de la Turquie – qui a provoqué une crise qui s’est étendue à toute l’Asie, sabotant le développement du continent et permettant aux entreprises américaines d’acheter certaines des usines industrielles les plus avancées du monde pour une fraction de leur valeur.

Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi Trump et la Fed pourraient vouloir déclencher une telle crise aujourd’hui. Plus les monnaies des pays endettés en dollars dégringolent, plus ils doivent céder de biens et de services réels aux Etats-Unis pour payer les intérêts de leurs dettes en papier-dollars aux États-Unis – et ceux qui ne peuvent pas suivre seront avalés pour trois sous.

Cependant, au-delà du profit purement économique, il y a aussi l’impératif géopolitique de maintenir et d’étendre la domination américaine en écrasant ses rivaux. Trump ne fait rien d’autre, après tout, que d’utiliser toute la puissance dont il dispose pour détruire ses adversaires. Mettre les pays les uns après les autres au bord de la faillite – et donc à la merci du FMI – est un moyen de transformer la dépendance à l’égard du dollar accumulée au cours de la dernière décennie en pouvoir pur et dur.

On peut facilement imaginer ce que les États-Unis pourraient exiger en échange de leur soutien pour obtenir le renflouement du FMI – mettre fin aux importations de pétrole en provenance de l’Iran, cesser de participer à la Route de la soie chinoise… le potentiel est énorme. On entend déjà des menaces directes contre la Turquie pour qu’elle fasse ‘ce qu’elle doit faire’ pour ‘rassurer les marchés’ – le Times de mardi, par exemple, exige que ’ Erdogan mette fin à son différend avec l’Occident s’il veut éviter une crise plus profonde… sa ligne de conduite devrait être claire : il devrait relever les taux d’intérêt[c’est-à-dire promettre aux spéculateurs internationaux des coupures plus importantes dans l’économie turque], tenir compte des économistes compétents, garantir explicitement l’indépendance de la banque centrale [c’est-à-dire la soustraire au contrôle démocratique], et se réconcilier avec le président Trump’ – car, après tout, ’le soutien des États-Unis sera nécessaire si le FMI ou la Banque mondiale doit intervenir’.

En effet, c’est là qu’on voit toute l’hypocrisie de la soi-disant opposition entre les ‘mondialistes’ et les ‘nationalistes économiques’ de la Maison Blanche Trump – et du pays dans son ensemble – apparaître au grand jour, une fois de plus. Lorsqu’il s’agit de pousser les pays du Sud à la faillite, leurs intérêts sont absolument les mêmes. Les communiqués de Goldman Sachs qui décrient les tarifs douaniers de Trump sont de l’enfumage, la vérité, c’est que la guerre commerciale est la cerise sur le gâteau de la politique de la Fed dont le but est d’écraser les ‘marchés émergents’.

Wall Street dépend précisément du type d’instabilité financière que les guerres commerciales de Trump ont déclenchée. Comme l’a noté Peter Gowan, ’l’économie américaine dépend… de la reproduction constante des crises monétaires et financières internationales ’. Wall Street en particulier ’dépend de l’instabilité chaotique des systèmes financiers des marchés émergents’. Mais on dissimule la vraie nature de ces décisions en les drapant dans l’étendard du ‘nationalisme’ et en les présentant comme des solutions aux pseudo-chocs de la ‘mondialisation’. Les pays du sud se trouvent maintenant au bord du précipice – et les ‘libéraux de l’establishment’ et les ‘insurgés nationalistes’ attendent en ligne le moment de les y pousser.

Dan Glazebrook

Dan Glazebrook est un écrivain politique indépendant dont les articles passent sur RT, Counterpunch, Z magazine, le Morning Star, le Guardian, le New Statesman, l’Independent et Middle East Eye, entre autres. Son premier livre, ’Divide and Ruin : The West’s Imperial Strategy in an Age of Crisis’ a été publié par Liberation Media en octobre 2013. Il contenait un recueil d’articles écrits à partir de 2009 examinant les liens entre l’effondrement économique, la montée des BRICS, la guerre contre la Libye et la Syrie et l’’austérité’. Il fait actuellement des recherches sur l’utilisation par les États-Unis et le Royaume-Uni d’escadrons de la mort à caractère sectaire contre des États indépendants et des mouvements de l’Irlande du Nord et de l’Amérique centrale dans les années 1970 et 1980 jusqu’au Moyen-Orient et à l’Afrique d’aujourd’hui.

Traduction : Dominique Muselet

https://www.rt.com/op-ed/436206-turkey-crisis-trump-financial/

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Publié par le 19 août 2018 dans économie, général, International

 

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Le jour où les Etats-Unis ont fait défaut – reviendra !

Le jour où les Etats-Unis ont fait défaut – reviendra!

Et il s’approche à grand pas  …

Les géostratèges, les experts militaires, les analystes politiques, les reporters, les économistes en tout genre font mines de ne pas comprendre la relation de dépendance qui relie l’économie, la politique, la diplomatie et les forces militaires. L’article qui suit clarifie les relations de causalité nécessaire qui attache ces différentes variables.

Ainsi, quand le Président américain Roosevelt a – au nom des banquiers Étatsuniens – décrété qu’il n’allait pas honoré la colossale dette américaine, mais plutôt dévaluer le dollar, flouant de la sorte tous les détenteurs de billets verts de 69% de leur fortune, qu’est-ce qui a empêché tous ces milliardaires frustrés ainsi que les travailleurs petits-porteurs de s’en prendre aux USA afin de forcer ce voleur à rembourser ? La marine et l’armée américaine furent les défenseurs de cette arnaque sans qu’il y ait de guerre pourtant. C’est un peu comme dans un village  du Far West où le maire pillait la banque et le shérif le couvrait, puis  banquier, maire et shérif se partageaient le butin.

En réalité, la prochaine fois il n’y aura même pas de butin à partager car la nono-convertibilité du dollar en or a déjà été abolie en 1971. Reste à fixer la nouvelle convertibilité du dollar en or. Vous comprenez maintenant pourquoi il fallait Donald Trump aux commandes du « tank » Maison-Blanche. Comme d’habitude, les  économistes sont tout juste capable de décrire le passé (article ci-dessous), et nullement habilité à anticiper l’avenir.  Bonne lecture.

Robert Bibeau, Éditeur.  http://www.les7duquebec.com

***

Par David Frum. Sur Le Temps.

Le refus par Roosevelt de respecter les engagements des Etats-Unis sur leur dette, en juin 1933, puis sa décision de dévaluer le dollar font l’objet d’un livre de référence. L’épisode pourrait-il se reproduire aujourd’hui ?

Amnésie collective ? Les Américains, pour qui les contrats sont sacrés, ont oublié le moment où leur président a rompu les engagements américains, écrit le professeur Sebastian Edwards, dans American Default – The Untold Story of FDR, the Supreme Court, and the Battle over Gold (Princeton, 252 p., 2018). Les faits sont-ils trop douloureux? Ils ne sont en tout cas plus enseignés à l’université.

C’est «une histoire fascinante aux leçons éternelles», selon le Financial TimesMême la dette américaine n’est pas sûre, rappelle le journal britanniqueGreg Mankiw, auteur du principal manuel d’économie aux Etats-Unis et ancien conseiller à la Maison-Blanche, loue cet ouvrage et estime sur son blog que l’affaire a été très controversée à l’époque et le serait encore aujourd’hui si elle se renouvelait.

Fermeture des banques

Les faits: entre 1929 et 1932, la Grande Dépression s’est traduite par une chute de l’emploi de 50% et une baisse moyenne des salaires de 67%. Lors de son entrée en fonction, le 4 mars 1933, le président Roosevelt (FDR) affronte une crise bancaire si aiguë qu’il doit fermer les banques plusieurs jours (Banking Holiday). Les Etats-Unis subissent toutefois de fortes sorties d’or.

Le 5 avril 1933, le gouvernement oblige les particuliers et les entreprises à vendre leur or à la Fed au prix de 20,67 dollars l’once, sous peine d’amende (jusqu’à 10 000 dollars) et de prison (jusqu’à 10 ans). Le répit n’est que provisoire. Le 20 avril, les Etats-Unis finissent par abandonner l’étalon-or, provoquant une baisse du dollar. L’objectif de FDR est alors d’augmenter les prix, en particulier agricoles, pour enfin sortir le pays de la crise.

Le rôle de la clause or

L’or joue un autre rôle clé. La plupart des contrats de dette, privée et publique, comprenaient une clause or, prévoyant un remboursement en or qui protégeait l’investisseur d’une baisse de la valeur du dollar. Un montant considérable de la dette, 120 milliards de dollars, soit 180% du PIB, était doté de cette clause. Avec la dévaluation du dollar par rapport à l’or, les débiteurs allaient-ils être remboursés en fonction du cours du billet vert ou du métal jaune? Le 5 juin 1933, le Congrès annule toutes les clauses or des contrats, même passés. Un coup de tonnerre dans un pays réputé pour le respect de ses engagements.

Le 31 janvier 1934, Roosevelt dévalue le dollar de 69% en fixant le cours de l’or à 35 dollars. Immédiatement, les investisseurs au bénéfice d’une clause or font appel jusqu’à la Cour suprême.

FDR a cherché à se justifier en arguant que les épargnants qui avaient acheté des obligations connaissaient les limites de leur protection. En effet, l’or détenu par les Etats-Unis ne dépassait pas 3 à 4 milliards de dollars. Une goutte d’eau face aux montants d’endettement avec clause or.

Violation des contrats

Pour beaucoup d’avocats, de banquiers et de politiciens, la dévaluation du dollar et l’abrogation de la clause or constituaient une «violation des contrats et un transfert majeur de richesse du créancier au débiteur».

Après de multiples pressions présidentielles, les juges décident le 18 février 1935, par cinq contre quatre, en faveur du gouvernement. S’ils avaient décidé l’inverse, la dette se serait accrue de 69%. La Cour suprême a décidé que l’abrogation de la clause or était anticonstitutionnelle, mais que le plaignant, en l’occurrence John Perry, n’avait pas subi de préjudice en termes de pouvoir d’achat. En somme, il n’y avait pas de conséquence économique à passer cette loi pourtant anticonstitutionnelle. La nouvelle loi n’était pas annulée. FDR pouvait poursuivre sa politique comme si elle était constitutionnelle.

Le principal argument était celui de la «nécessité». Sans abrogation de la clause or, la dette se serait fortement accrue.

«La Constitution comme beaucoup d’entre nous l’ont comprise et l’instrument qui signifie tant pour nous, est morte», a commenté James Clark McReynolds, l’un des juges minoritaires.

Reprise économique

Mais en annulant la clause or avec effet rétroactif, le fardeau de la dette américaine a chuté. Pour Ben Bernanke et Milton Friedman, c’est cette décision qui a marqué le début de la reprise économique et la fin de la Grande Dépression.

Les Etats-Unis sont perçus comme un pays sûr qui honore ses contrats parce que le défaut de l’époque était «excusable». Le gouvernement a agi par «nécessité». Les marchés financiers comprennent que la restructuration de la dette et la dévaluation de 1933 étaient nécessaires pour assurer une reprise économique.

Les événements américains de 1933 à 1935 peuvent se reproduire, selon l’auteur. En cas de nécessité, les gouvernements peuvent restructurer et modifier les contrats. Mais deux facteurs clés ont changé. L’étalon or a disparu, remplacé par les taux de change flottants. Et les problèmes ne sont plus purement domestiques. Si un gouvernement modifie les contrats, une cour internationale risque de devoir prendre une décision.

Voyez dans ces derniers arguments l’économiste s’y prend  pour couvrir ce système économique décadent:
A) L’étalon or n’a nullement disparu sur les marchés boursiers (même si non officialisé) et l’or fluctue quotidiennement à la bourse et tous les gouvernements puissants de ce monde se disputent comme des chiffonniers pour récupérer leur OR au nom de leurs financiers et de leurs banquiers paniqués. La FED joue l’or à son plus bas afin de le revaloriser après la dévaluation anticipé du dollar USD. La prochaine étape de l’arnaque en préparation.
B) L’auteur  menace les USA des sanctions d’une cour internationale (sic). Mais  monsieur qu’elle armée – quelle porte-avion ira à Washington, faire exécuter la décision de cette cour internationale ?  Vous comprenez maintenant  l’importance d’avoir une armée qui coûte 600 milliards USD par année aux payeurs de taxes américains.

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Publié par le 19 août 2018 dans économie, général, International

 

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L’argent et la réforme monétaire en cours

Nous allons inexorablement vers un nouveau système monétaire, où les MP auront un rôle central . Le système de devises papier actuel qui n’est qu’une pyramide de ponzi géante ne peut perdurer, il va s’effondrer comme toujours à travers l’histoire .  Voyez se qui se passe en turquie ou au Vénézuela … Certains pays comme la Chine , la Russie, ou encore l’inde prennent les devants en augmentant leurs réserves de MP, d’autres les rapatrient comme l’Allemagne . Quand aux banksters, ils sont évidemment bien conscients de ce qui se trame, ce sont eux les maîtres du jeu  … Z

 

Stephen Leeb a 72 ans. Il est gérant de fortune, rédacteur de lettres d’investissement, auteur de huit livres économiques, dont plusieurs Best-Sellersdu New York Times. Dans son dernier livre « Red Alert » publié en 2012, il met en exergue le fait que « les Chinois comprennent la notion de rareté des ressources bien mieux que les Occidentaux. De ce fait, leur accumulation de ressources vitales pourrait mettre l’Occident dans une position presque intenable dans les dix ans à venir. » Il écrit encore : « Les produits de base essentiels à notre vie quotidienne et considérés comme abondants sont extrêmement limités. Les Chinois font ce qu’ils peuvent pour monopoliser les ressources mondiales en diminution. »

C’est un fait, les réserves d’argent en sol seront épuisées dans une douzaine d’années. La Chine en tient compte et entasse des réserves depuis plusieurs années. Cette politique a été clairement énoncée le 1 février 2011 par Xia Bin, l’un des responsables de la Banque centrale chinoise: « La Chine doit renforcer ses réserves d’or et d’argent. » ; « Les départements concernés devront acheter dans les creux sur une très longue période ». Je vais démontrer ci-après que c’est bien ce qu’ils ont fait et font encore tous les jours.

En 2016, dans un entretien sur KWN, Leeb rapportait différentes anecdotes significatives avec des interlocuteurs chinois. La première était une Chinoise avec de puissantes relations en Chine, qui était directrice générale d’une entreprise de gestion de fonds américaine. Elle espérait que Leeb l’aide à trouver des investisseurs intéressés à mettre de l’argent dans des mines d’or chinoises. Mais Stephen Leeb était alors convaincu, et il l’est encore, que ces mines chinoises extraient un minerai ayant une très faible teneur en or, et donc, que les exploiter ne pouvait pas dégager de profits. Comme il pressait son interlocutrice sur ce point, elle a fini par répondre: « La Chine a besoin de cet or pour garantir sa monnaie. » La Chine, qui ne dispose que de 3% des réserves d’or en sol recensées dans le monde, en produit néanmoins 16%. Pour Leeb, si la Chine exploite aujourd’hui au maximum ses mines d’or, c’est qu’elle est persuadée que l’or aura une tout autre valeur dans le futur. Etant donné la rapidité avec laquelle la Chine a modernisé ses compagnies minières pour devenir le numéro 1 mondial, la Chine a travaillé dans l’urgence, pour un futur qui désormais semble très proche.

Tous les arguments développés par Leeb dans son argumentation sur l’or sont tout aussi valables pour l’argent. La plupart des analystes sont obnubilés par l’or, oubliant que l’argent a été l’étalon monétaire dominant dans le monde bien plus longtemps que l’or, que ce soit en Chine, au Japon, en Europe… et même aux États-Unis avant leur fameux crime de 1873. Or, nous ne sommes qu’à quelques mois d’une réforme monétaire majeure au niveau international, en préparation depuis bientôt dix ans.

La Chine avait annoncé ses souhaits dans un texte que vous pouvez lire in extensosur le site de la BIS. La monnaie des échanges internationaux devrait être une sorte de DTS, garanti par « 30 matières premières ». Je pense personnellement qu’il y en aura sûrement moins, mais l’or et l’argent sont incontournables.

« L’allocation du DTS peut être transférée d’un système purement basé sur le calcul à un système soutenu par des actifs réels, tels qu’un pool de réserves, afin de renforcer la confiance du marché dans sa valeur. »

Toute analyse du marché de l’argent qui ne tiendrait pas compte de la réforme monétaire en cours n’a pour moi aucun sens.

LBMA

Le graphique ci-dessous montre les échanges d’argent sur le LBMA de 2009 à 2010. Malgré le short squeeze de JPM et la forte hausse de l’argent en 2010, le niveau des transferts d’un coffre à l’autre entre les membres du LBMA était alors de seulement 100 Moz par mois.

Les colonnes rouges montrent le nombre de transferts d’un compte à l’autre, les colonnes bleues le total des millions d’onces échangées par mois.

 

Et depuis cette date, le volume des échanges en termes de Moz ont plus que doublé et le nombre de transferts a triplé.

 

Ce n’est pas dû à un doublement de la demande industrielle d’argent, qui a légèrement baissé…

 

Ce n’est pas dû à une demande des ETF occidentaux, dont les stocks ont légèrement baissé par rapport au point haut de 2011…

 

Et ce n’est pas les 20 Moz amassées par JPM annuellement qui ont provoqué cet énorme changement de volume sur le LBMA. Une fois encore, le stock de 144 Moz de JPM est très probablement destiné au Trésor américain, qui doit rendre un prêt d’argent de la Chine. Le Trésor US est actuellement en défaut.

Le graphique ci-dessus montre l’énorme changement des volumes de transactions depuis 2011… date à laquelle la politique de la Chine définie ci-dessus est de renforcer ses réserves d’argent.

En 2009, les échanges d’argent entre membres du LBMA ont été de 1 064 Moz alors qu’en 2017 ils ont été de 2 390 Moz.

En 2018, si le marché continue au rythme des 6 premiers mois, les échanges pourraient totaliser 2 890 Moz.

Depuis la demande de la Chine de changer le système monétaire, elle a mis en œuvre un certain nombre d’actions pour maîtriser tous les marchés des métaux ordinaires ou précieux.

En mai 2012, ICBC, qui était déjà un acteur de premier plan dans les échanges d’or en Chine, a déclaré vouloir venir jouer un rôle identique sur les marchés occidentaux.

En juin 2012, le HKEX a acheté le London Metal Exchange (LME), où se traitent 80% des achats de métaux par la Chine et 40% du marché mondial.

En octobre 2013, la Chine a acheté les chambres fortes de JPM Chase à New York.

En janvier 2016, ICBC a acheté à Deutsche Bank les droits sur sa chambre forte à Londres.

En avril 2016, ICBC a été agréée comme « market maker » du LBMA.

En mai 2016, ICBC a acheté à Barclays sa branche de stockage de métaux précieux.

J’ai lu que les Chinois ne s’intéressaient pas à l’argent. C’est faux.

Sur le SGE, depuis le début de 2018, les volumes sur l’argent ont été de 481 659 tonnes, pour seulement 13 307 tonnes d’or. Soit 36 fois plus.

Quant aux livraisons, il y a eu 37 033 tonnes d’argent contre 7 330 tonnes d’or.

 

Mes plus honorables confrères regardent les EFP (Exchange Futures for Physical) comme faisant partie des éternelles manœuvres pour maîtriser le cours de l’argent, accusant l’habituel suspect, JPM, de ces basses œuvres. Mais les acteurs ont changé, et les objectifs aussi. Les banques chinoises ramassent autant d’argent qu’elles le peuvent, tout en pesant sur les prix, sachant que l’argent APRÈS la réforme monétaire sera à un prix très différent. C’est la même démarche qu’exploiter des mines d’or à perte, comme nous l’avons vu plus haut.

L’argent se déplace d’Ouest en Est exactement comme l’or, pour les mêmes raisons monétaires.

 

 CME EFP LBMA TRANSFERTS
Janvier 2018 236 Moz 306 Moz
Février 2018 244 Moz 233 Moz
Mars 2018 236 Moz 198 Moz
Avril 2018 385 Moz 248 Moz
Mai 2018 210 Moz 231 Moz
Juin 2018 345 Moz 229 Moz
TOTAL SUR LES 6 DERNIERS MOIS 1 656 Moz 1 445 Moz

Ces EFP du COMEX et les transferts répertoriés dans les statistiques du LBMA reflètent les mêmes échanges, les premiers vus de New York les autres vus de Londres ; quoi qu’il en soit, les volumes sont devenus énormes.

L’Inde, qui importait 2 667 tonnes entre 1999 et 2010, a importé ensuite une moyenne de 5 375 tonnes, soit 2 700 tonnes par an supplémentaires pendant sept ans. À la fin de 2018, ce trésor pourrait approcher 25 000 tonnes ou 881 Moz. Mais ces 2 700 tonnes importées en Inde ne sont pas nécessairement commandées par les Indiens. Elles ont été très probablement livrées dans l’une des Zones Franches appelées FTWZ (Free Trade Warehousing Zone), qui se sont développées en Inde… et où, justement, les banques chinoises profitent de cette opportunité, pour éviter d’avoir à payer la TVA sur l’argent, qui est de 17% en Chine. Il y a un quota de seulement 4 500 tonnes autorisées à l’export sans TVA (voir cet article). Or, 65% de l’argent importé en Inde en 2017 a été acheté à Shanghai.

Augmentation massive des volumes au LBMA depuis sept ans, augmentation massive des importations en Inde depuis sept ans… Étranges coïncidences, n’est-ce-pas ? Et ce, en pleine phase de mutation vers un nouveau système monétaire. Certaines grenouilles sont restées trop longtemps dans la casserole. Elles n’ont pas vu que la température de l’eau montait lentement mais sûrement.

Quelques années seulement de réserves d’argent en sol, ajouté à une réforme monétaire en cours où la monnaie doit être garantie par du physique, puis à des réserves hors sol ramassées années après années…

Tirez-en vous même les conclusions qui s’imposent. L’argent ne va pas rester longtemps aux cours actuels.

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Publié par le 19 août 2018 dans général, or et argent métal

 

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