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Aveu officiel : le retraitement des déchets nucléaires n’existe pas, c’est un leurre produit par l’industrie de l’atome…

12 Août

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Dans un document récent de présentation du « Cycle du combustible » français en 2018 le Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire fait un aveu de taille : le retraitement des déchets nucléaires n’existe pas vraiment et les piscines d’entreposage frisent la saturation. Moins de 1% des déchets des centrales atomiques est « recyclé », et en un produit de fission encore plus dangereux et hautement radioactif que l’uranium. La terminologie utilisée par l’industrie nucléaire -notamment Areva-Orano – induit la population en erreur.

Le récent rapport du Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN)* daté du 27 juillet 2018 est un pavé dans le marigot de la nucléocratie. Remis au ministre de la pseudo transition écologique, ce rapport sur le cycle du combustible français en 2018, et les flux et stocks de matières et de déchets radioactifs dans le cadre de l’utilisation à des fins civiles de matières radioactives, fustige la rhétorique utilisé par l’industrie nucléaire du (pseudo) recyclage des matières radioactives.

Le parc nucléaire français utilise en premier lieu du combustible nucléaire dit « à l’uranium naturel enrichi » obtenu à partir de l’enrichissement d’environ 7 800 tonnes d’uranium naturel par an extraites de 10 fois plus de tonnage de terre au Niger, Canada et Kazaksthan. Cette opération d’enrichissement, précédée d’une étape de transformation chimique de l’uranium naturel en hexafluorure d’uranium (UF6) dite de conversion (ou fluoration), génère par ailleurs environ 6 720 tonnes d’uranium appauvri chaque année. (1)

« Recyclage » : moins de 1%

Alors que 1200 tonnes de produits de fission atomique (« combustibles ») sont chargées chaque année dans les 58 réacteurs  nucléaires de France (avec tous les risques et atteintes à la santé que cela représente), 120 tonnes sont du MOX (Mélange d’Oxydes du terrifiant plutonium et d’uranium appauvri) fabriqués à partir de 10,8 tonnes de plutonium recyclé annuellement. Autrement dit la quantité de déchets des produits de fission irradiés réellement recyclée est inférieure à 1% (10,8 t de matières recyclées / 1200 t de matières totales chargées). Un pseudo-recyclage. Pire : un bricolage d’apprenti-sorcier et de menteurs. Car tout le reste, les 99% sont des déchets radioactifs bruts qui restent sur les bras**.

Et ce foutu Mox est ce que les nucléocrates ont conçu de pire après la bombe atomique. Hautement radioactif, une fois usé après son passage dans les réacteurs de 22 réacteurs de 900 MWe du parc électronucléaire français, ce mélange toxique doit être suffisamment refroidi dans d’immenses bacs d’eau (piscines de refroidissement) puis évacué par la route et en convois ferroviaires pour aller être entreposé à La Hague dans l’usine d’Orano-Areva. Fin 2016, le Mox entreposé là atteignait les 1.330 tonnes. Toujours pas retraitées à ce jour car ceux qui se présentent comme les meilleurs ingénieurs de la planète ne savent pas vraiment faire et que ça coûte de plus en plus cher.

Saturation (à vomir) de déchets atomiques

Les chiffres du rapport du HCTISN parlent d’eux-mêmes : au 31 décembre 2016, près de 13 770 tonnes de déchets atomiques (combustibles usés) étaient entreposées un peu partout en France dans les périmètres des centrales nucléaires, en attente d’un retraitement de compactage et de mise en fûts hypothétiques. Hypothétique car les matières radioactives non encore retraitées et déjà stockées sur le site Areva-Orano de la Hague (Manche) frôlent les 9.800 tonnes de métal lourd (tML) pour une capacité maximale de stockage de 14 000 tML. Le calcul est simple : d’ici quelques années, 2030 au plus tard, toutes les piscines d’entreposage seront saturées du Nord au Sud, de l’Est au Centre. Ça dégueule de partout.

Face à cette autre catastrophe conçue par la nucléocratie pour toutes les générations à venir, l’industrie nucléaire et son Etat bricolent et foncent dans le mur. EDF ne voit plus qu’une option suicidaire : construire une immense piscine centralisatrice quelque part sur le territoire (pour commencer car d’autres viendront) et, de son côté, Areva-Orano veut trouver des débouchés pour ses matières radioactives en accroissant le recyclage du recyclage et le ré-enrichissement de l’enrichissement. Une centrale nucléaire sert de cobaye : Cruas-Meysse*** en Ardèche. Là les quatre réacteurs de 900 MW sont gorgés d’uranium de retraitement enrichi (URE) fabriqué à partir d’uranium de retraitement (URT). La connerie n’a pas de limite. Les incidents et arrêt d’urgence non plus.

Et EDF surenchérit en envisageant de reprendre à partir de 2023 le recyclage de l’uranium de retraitement dans certains de ses réacteurs afin d’utiliser au mieux les matières nucléaires issues du traitement des combustibles UNE et de stabiliser puis réduire à terme le stock d’uranium de retraitement actuellement entreposé sur le site Areva-Orano du Tricastin. Malgré le fait que, comme le précise le HCTISN  : « Dans les conditions d’utilisation actuelle du parc nucléaire français, le recyclage du plutonium contenu dans les combustibles MOX usés n’est pas réalisé car ce plutonium présente un potentiel énergétique moindre que celui du plutonium extrait des combustibles UNE usés. »

Du côté du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique) on focalise sur le recyclage des produits de fission au plutonium MOX usés au sein de nouveaux réacteurs atomiques de « quatrième génération » à neutrons rapides (RNR) qu’il serait chouette d’implanter un peu partout. Le projet de démonstration est sur les tables à dessin depuis 2010 et porte le doux nom d’Astrid. Les gouvernements successifs lui ont accordé des millions d’euros au détriment des politiques sociale-éducative-culturelle-de santé. Et il faudra encore d’autres centaines de millions d’euros si l’idiotie se poursuit. C’est en 2019 que la poursuite ou pas du projet-démoniaque sera décidée par la macronie. D’ici là p’tétes ben que le MOX pourrait être introduit dans les réacteurs de 1.300 MW, 1.450 MW et aussi dans l’EPR (1.600 MW). Les fanatiques de l’atomisme y pensent sérieusement.

La rhétorique du recyclage comme abus de langage et mensonge envers la population

La fuite en avant du retraitement enrichi, encore plus mortel, est nommé par les fous de la destruction atomique  »cycle » idéalement  »fermé ». Les produits de fission usés qui restent sont des déchets que les dirigeants du lobby nucléaire veulent stocker sous terre dans une poubelle géante (Cigeo Bure). C’est déchets se voient qualifiés de « cycle ouvert ». Pour le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) l’usage de ces termes et notamment  »cycle fermé » est de nature à induire le public en erreur d’autant qu’ainsi le retraitement des déchets nucléaires reste illisible et incompréhensible par le grand public.

Ainsi quarante ans après le premier « déchargement » des produits de fission mortels issus des réacteurs à eau pressurisée d’EDF plus du tiers n’est toujours pas retraité. Et chaque mois de nouveaux tonnages sont déchargés. La terminologie «cycle ouvert» pour qualifier l’absence de cycle frise le ridicule.

Le Haut comité considère que la moindre des choses serait que le Gouvernement soit explicite sur ces sujets et présente au grand public les grandes orientations prévues, en particulier ce fameux-fumeux « cycle du combustible ». D’autant que les informations et les documents mis à disposition du public par les différents protagonistes de la destruction atomique sont souvent loin de favoriser une claire compréhension des processus mis en œuvre réellement.  »L’interprétation des éléments de communication sur le caractère «cyclique» du retraitement laisse parfois croire en effet à la mise en œuvre de procédés de valorisation immédiate de l’ensemble des matières issues du traitement des combustibles usés » précise le rapport. Ce qui n’est pas le cas.

Et comme les éléments distillés au public ne permettent pas de saisir l’échelle de temps immense (des ères géologiques, des centaines de milliers d’années) que la production de déchets radioactifs entraîne il serait plus que judicieux d »’anticiper dès à présent le maintien et la transmission de la mémoire à long terme des connaissances et des données sur les opérations de gestion des matières radioactives, quelles que soient les décisions qui seront prises pour le devenir de la filière nucléaire française ».

Et pour les plus lucides et rationnels : d’arrêter immédiatement cette saloperie.

Lire et télécharger le rapport du Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire

__

* Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire C/O DGPR – 92055 La Défense Cedex Tel : 01 40 81 89 75 / Fax : 01 40 81 20 85 / hctisn@gmail.com / http://www.hctisn.fr . Groupe de travail dédié composé d’une parlementaire, d’associations de protection de l’environnement, de responsables d’activités nucléaires, d’organisations syndicales, de représentants des commissions locales d’information, de personnalités choisies pour leur compétence scientifique et de représentants de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et de services de l’État. Il s’est réuni à cinq reprises entre janvier et juin 2018  pour procéder à ce nouvel état des lieux du « cycle du combustible » et à son analyse

(1) la quantité d’uranium appauvri générée peut varier sensiblement en fonction de la teneur résiduelle en uranium 235

** Les déchets ultimes issus du traitement des combustibles usés appartiennent à deux catégories :  • Les produits de fission et les actinides mineurs, produits à hauteur de 43,2 tonnes par an. Ils sont  calcinés et incorporés dans une matrice de verre conditionnée dans des Conteneurs Standards de Déchets Vitrifiés (CSD-V). 147 m3 de déchets de Haute Activité (HA) radioactives sont générés chaque année. Par ailleurs 370 tonnes de déchets des structures métalliques des assemblages des produits de fission atomique (combustible) de moyenne activité à vie longue (MA-VL) sont générés chaque année. Ils sont compactés sous forme de galettes, qui sont ensuite conditionnées dans des Conteneurs Standards de Déchets Compactés (CSD-C) a raison de 706 « colis » représentant 123 m3 de déchets annuels.

*** De 1994 à 2013, mais depuis 2013 cet uranium de retraitement (URT) obtenu à l’issue du retraitement des produits de fission usés n’est plus mis en œuvre car pas rentable, difficile à maîtriser et particulièrement nocif pour l’environnement.

Auteur Jean pour la Coordination antinucléaire du Sud-Est

Voir aussi :

Arrêt en urgence du réacteur 3 de Cruas-Meysse : des rejets d’iode radioactif131 se sont produits et ont été tus

Canicule ? Niveau du Rhône insuffisant ? Débit inférieur au minima requis ? Problème technique ? Perte de réseau ? Edf n’en sait rien mais toujours est-il que le réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse s’est mis en « arrêt d’urgence » (Scram)* ce dimanche 5 août 2018 vers 18h. Rejets d’iode radioactif131 et contamination à la clef. Le Rhône et son affluent Isère présentent une situation très critique pour les installations nucléaires et la santé des habitants, la pollution radiologique par insuffisante dilution des rejets.

 

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Publié par le 12 août 2018 dans Climat - Environnement, général

 

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