C’est un mythe qui a la vie dure que cette politique monétaire « nationale indépendante ». Ça n’existe pas une politique monétaire nationale« indépendante ». La source du pouvoir provient de l’instance économique qui contrôle l’instance politique c’est-à-dire l’appareil d’État, y compris l’appareil juridique, ainsi que l’arsenal militaire et l’appareillage monétaire. C’est dans les cathédrales boursières – apatrides et mondialisées – que les décisions importantes se trament, puis elles sont répercutées dans l’ensemble de la superstructure politique, étatique et idéologique (universitaire, religieuse, culturelle et médiatique). Et pour que la populace continue de croire aux mascarades électorales, les petits-bourgeois ont pour mission de dissimuler cette hiérarchisation des pouvoirs afin que les pèquenots continuent d’espérer que de voter pour un saltimbanque, en remplacement du précédent, engendre une différence importante.

Ainsi, à propos de la politique monétaire « nationale » l’indépendance de l’État des riches se résume à imprimer de l’argent via une banque centrale, soumise au joug des marchés internationaux; ou à faire émettre ces liquidités par les banques privées mondialisées, soumises aux lois des marchés internationaux. Aucune échappatoire n’est envisageable, les lois de l’économie politique capitaliste sont imparables. Le reste n’est que folklore pseudodémocratique que nous avons abondamment décrit dans notre ouvrage sur La démocratie aux États-Unis (2).

De ce qui précède il découle que le gouvernorat des banques n’a pas extorqué le pouvoir des États quelles avaient temporairement astreint à cette mission d’émission fiduciaire. L’évolution des marchés de la finance internationale se délitant et la concurrence s’exacerbant les banques en arrivèrent à la constatation (aux USA en premier parce que c’était l’économie la plus avancée) qu’il fallait impérativement changer les règles du jeu monétaire et partager le privilège de battre monnaie-crédit entre l’État aliéné (accumulant la dette souveraine) et les institutions financières souveraines (accumulant la dette-crédit à la consommation). Les lois furent donc modifiées afin d’ajuster les mécanismes financiers aux lois du marché mondialisé.

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L’instance juridique et ses lois libres-échangistes

Il faut se rappeler que les lois – l’instance juridique – ne sont que la cristallisation des règles déjà établies par l’économie. Ainsi, les lois et les traités de libre échange par exemple ne surviennent qu’après que le marché ait appliqué le libre-échange ou qu’il se soit buté aux difficultés des barrières douanières qu’il a cherché à contourner et qu’il finit par règlementer autrement, sans les abolir cependant. En effet, rien n’est plus règlementé que les échanges libéraliser, parlez-en à Donald Trump le libre-échangiste.

Car, en aucun cas Donald Trump n’est un « isolationniste » – ou un apostat du commerce mondial, au contraire, c’est un excellent représentant du grand capital américain en matière d’échange commercial, c’est la mission que lui a confié le capital qui l’a propulsé au Capitole. Ce que le « dompteur de lions » cherche à réaliser en renégociant les traités déjà signés c’est d’extirper de nouvelles concessions à ses alliés et concurrents (3). Des avantages que la machine de production américaine ne parvient pas à arracher aux ouvriers par une productivité augmentée. Pour ce faire, Trump a le mandat de faire saigner le prolétariat américain qui sera celui qui paiera le lourd tribut dans cette phase de la guerre commerciale tous azimuts. L’énigme est bien de comprendre comment le prolétariat américain serait dupe de cette fourberie appelée « America first » dont il fait les frais. À moins que la fourberie des médias soit de faire croire à cette duperie ? (4) Ainsi, l’Allemagne est prise à parti par le capital des États-Unis, car le prolétariat allemand est plus productif (exploité) que le prolétariat d’Amérique. Seuls les GAFTAM, contre lesquels se braquent leurs concurrents internationaux, ont atteint une très forte productivité, mais la donne risque de changer. (5)

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Le chaos fomenté par les « illuminatis » du complot

Notre correspondant reprend : « relançant avec véhémence et par tous les moyens l’exigence du profit (…) Y a-t-il une intention maligne derrière tout cela ou tout simplement la bêtise ? Se sont-ils simplement hypnotisés avec la magie de leurs joujoux, où est-ce un projet défini de créer le chaos? Au profit de qui? Peut-être ne le saurons-nous jamais. » (6)

C’est ici que s’applique la démarcation entre la petite-bourgeoisie gauchiste ou droitiste utopistes-idéalistes et nous matérialistes scientifiques. Les capitalistes ne relancent pas « l’exigence du profit » comme s’ils avaient oublié ou négligé le profit. Le mode de production capitaliste est construit comme une machine fonctionnant selon des lois économiques et politiques impératives. Ainsi un moteur à explosion a-t-il le loisir d’oublier ou de négliger de bruler du carburant ? Non évidemment. Si une telle anomalie survenait, le moteur calerait et il serait assigné à l’atelier non pas pour lui offrir une alternative, ou pour le « réformer », mais pour lui faire accomplir sans tarder ce qu’il doit faire – bruler l’essence et propulser le véhicule. Il en est de même pour la mécanique capitaliste – elle valorise le capital et produit du profit, ou alors elle est déclarée défectueuse et elle doit être réparée si la chose est avantageuse. C’est ce qui nous oppose aux utopistes-réformistes-opportunistes-gauchistes-populistes de tout acabit. Nous matérialistes affirmons sans ambages qu’il n’y a aucune conspiration, ni aucune intention maléfique, ni aucune bêtise humaine pour expliquer le « chaos » et le dysfonctionnement de la machine capitaliste qui a atteint sa date d’obsolescence programmée, son seuil critique et il est impossible de réparer cette mécanique qui flanche de plus en plus souvent à la bourse ou autrement.

Une dernière chance pour le moribond?

Il est vrai que l’État des riches et la classe capitaliste s’accrochent à ce vieux rafiot rapiécé de bric et de broc, car ils ne peuvent imaginer un autre mode de fonctionnement que celui dans lequel ils ont engrangé leurs profits – pas par manque d’imagination ou malédiction – mais parce que ce n’est pas leur fonction que d’imaginer un mode de production sans capital, sans salarié et sans propriété.

Que fera la classe prolétarienne dans ce grand bouleversement, passant du mode de production capitaliste obsolète – décadent – à un nouveau mode de production communiste-prolétarien ? Cette classe sociale n’aura pas le choix – l’effondrement du capitalisme signifiera sa disparition en tant que classe – ce ne sera pas un choix à s’imposer pour le prolétariat que de renverser le capitalisme – ce mode de production se sera effondré entrainant avec lui la destruction des moyens de production (infrastructure), des forces productives prolétariennes et des rapports de production bourgeois (superstructure). Le prolétariat devra imposer sa solution stratégique réellement démocratique et libératrice des forces productives sociales pour lesquelles nous devrons imaginer les nouveaux rapports sociaux de production.

democratie-183x300NOTES

  1. les7duquebec.com/7-au-front/reve-americain-la-fin-du-chemin/#comment-215875
  2. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-democratie-aux-etats-unis-les-mascarades-electorales/
  3. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/donald-trump-le-dompteur-de-lions/
  4. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/arabie-saoudite-etats-unis-israel-axe-de-paix-ou-axe-de-guerre/
  5. http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/bourse-facebook-a-perdu-118-milliards-en-une-seance/ et http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/twitter-perd-un-million-dutilisateurs-laction-plonge-en-bourse/  et aussi http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/google-condamne-a-une-amende-record-de-43-milliards-deuros-par-lunion-europeenne/
  6. les7duquebec.com/7-au-front/reve-americain-la-fin-du-chemin/#comment-215875

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