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Archives du 2 juillet 2018

Notre Galaxie est pleine de “graisse”, révèlent des chercheurs

Une équipe d’astronomes révèle que l’espace interstellaire est imprégné d’une fine brume de molécules ressemblant à de la graisse. L’étude fournit aujourd’hui l’estimation la plus précise de la quantité de « graisse spatiale » dans la Voie lactée : 10 milliards de milliards de milliards de milliards de tonnes, soit assez pour contenir 40 trillions de milliards de milliards de mottes de beurre.

La matière organique contient du carbone, un élément considéré comme essentiel à la vie. Il y a aujourd’hui une réelle incertitude quant à son abondance dans l’espace, seulement la moitié du carbone attendu se trouve entre les étoiles dans sa forme pure. Le reste est chimiquement lié sous deux formes principales : aliphatique et aromatique. Une équipe d’astronomes a récemment créé des analogues de poussière interstellaire en laboratoire et utilisé leurs résultats pour estimer la quantité de molécules aliphatiques (semblables à de la graisse) trouvées dans notre Galaxie.

« La combinaison de nos résultats de laboratoire avec des constatations d’observatoires astronomiques nous permet aujourd’hui de mesurer la quantité de carbone aliphatique entre nous et les étoiles », explique le professeur Tim Schmidt, de l’Université de Nouvelle-Galles-du-Sud (Australie) et co-auteur de l’étude. Il y aurait alors environ 100 atomes de carbone graisseux pour chaque million d’atomes d’hydrogène, ce qui représente entre un quart et la moitié du carbone disponible. « Dans la Voie lactée, cela représente environ 10 milliards de milliards de milliards de tonnes de matière grasse, soit assez pour 40 trillions de milliards de milliards de mottes de beurre ».

Le pare-brise d’un futur vaisseau spatial traversant l’espace interstellaire pourrait alors voir se former une sorte de revêtement collant. « Entre autres choses, il y aura de la poussière interstellaire, partiellement grasse, de la suie et de la poussière siliceuse comme du sable », poursuit-il, ajoutant que la « graisse » est balayée dans notre propre système solaire par le vent solaire.

Ces découvertes rapprochent les scientifiques de la quantité totale de carbone – essentiel à la vie – dans l’espace interstellaire, qui alimente la formation des étoiles et des planètes. L’équipe prévoit maintenant de s’attaquer à la naphtaline, ce qui impliquera plus d’expériences en laboratoire.

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Publié par le 2 juillet 2018 dans Espace, général, Sciences

 

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Impérialisme, sionisme et wahhabisme, un réel danger pour les peuples

Impérialisme, sionisme et wahhabisme, un réel danger pour les peuples

par Mohamed BELAALI

« J’annonce aujourd’hui que les Etats-Unis se retirent de l’accord nucléaire iranien » déclarait Donald Trump mardi 8 mai 2018 (1). Le président des Etats-Unis a rétabli du même coup les sanctions contre la République Islamique d’Iran. Israël et l’Arabie Saoudite annoncent en même temps leur soutien absolu à la décision américaine. L’État sioniste a même tiré des missiles sur les positions iraniennes en Syrie avant de commettre un nouveau massacre à Gaza le jour de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem (2).

L’impérialisme, le sionisme et le wahhabisme se trouvent ainsi unis dans un même combat contre « la menace iranienne ». Cette situation et son éventuelle évolution sur le plan militaire est pour le moins inquiétante. Car il y a trop de pétrole dans cette région et la moindre étincelle risque d’embraser tout le Moyen-Orient. Mais pour maintenir et perpétuer leurs intérêts économiques et stratégiques, l’impérialisme américain et ses supplétifs israéliens et saoudiens, ne reculent devant aucun moyen y compris le plus abject, la guerre.

L’Arabie Saoudite, par exemple, mène depuis 2015 une véritable guerre au Yémen faisant des milliers de morts principalement des civils et détruit une partie importante de l’héritage culturel et architectural yéménite qui est en même temps patrimoine mondial de l’humanité. Ces massacres se poursuivent inlassablement dans l’indifférence quasi-générale (3).

Précisons également que l’Arabie Saoudite reste un soutien financier et idéologique (le wahhabisme) décisif des nombreuses organisations djihadistes réactionnaires qui opèrent en Irak, en Syrie et un peu partout dans le monde. La cruauté et la barbarie de ces groupes terroristes s’inspirent directement de celle de leur maître.

Pour comprendre la violence et la brutalité qui caractérisent le régime saoudien, il faut revenir au XVIIIe siècle et plus exactement à l’époque de Mohammad Ibn Abdel Wahhâb (1703-1792), prêcheur fanatique, et le « mithaq » (pacte) qu’il a conclu en 1744 avec Mohammad Ibn Saoud, un émir qui rackettait ses propres sujets et ambitionnait de soumettre les autres tribus à son autorité.

La violence de l’ultra-dogmatisme d’Ibn Abdel Wahhâb se manifestait non seulement dans ses discours (inégalité homme/femme, rigorisme des rapports sociaux etc.), mais surtout dans les châtiments corporels : lapidation à mort de l’adultère, amputation des voleurs, exécutions publiques, etc. Il s’agit à la fois d’une doctrine et d’une pratique. Les sanctions découlent directement des normes et préceptes avancés par Abdel Wahhâb. Cette mise en pratique des prêches et les effets des châtiments cruels ont effrayé les chefs religieux. Contraint de quitter son oasis natale, Abdel Wahhâb se réfugia dans les bras d’Ibn Saoud, émir de la province de Najd.

Ensemble ils ont créé le wahhabisme. Mais Ibn Saoud a su mettre le talent, la ferveur et l’énergie d’Abdel Wahhâb au service de ses ambitions personnelles : la religion au service de la politique. Le prêcheur du désert est devenu le serviteur exclusif de l’émir et donne ainsi une justification et une couverture religieuse aux ambitions politiques de son protecteur. Le wahhabisme est la rencontre entre le fanatisme religieux et le cynisme politique. Le régime saoudien actuel est né de cette alliance confessionnelle et politique.

La découverte du pétrole dans les années trente n’a fait que renforcer cette instrumentalisation de la religion. L’Islam est utilisé comme idéologie de légitimation pour perpétuer le pouvoir et les privilèges du clan des Al Saoud.

A la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, la mainmise américaine sur le pétrole saoudien est totale avec la création d’Arabian American Oil Company (Aramco). Pour parachever leur domination et protéger les puits de pétrole saoudiens, une base de l’US Air Force est créée à Dhahran dans l’est du pays.

Les richesses pétrolières enfouies sous le sable de l’Arabie, le rôle de défenseur des intérêts impériaux de l’impérialisme américain font de cet État féodal un « ami » de toutes les bourgeoisies occidentales et l’ennemi de tous les peuples qui aspirent à se débarrasser de leurs dirigeants qui les oppriment et les maintiennent dans la misère et la souffrance. Cette complicité des bourgeoisies américaines et européennes a conduit, entre autres, à l’intervention saoudienne à Bahreïn le 14 mars 2011 pour mater ces « chiites manipulés par l’Iran » afin de sauver une autre dynastie, celle des Al Khalifa, au pouvoir depuis des siècles (4). Ce sont les gouvernements et les classes dominantes américaines et européennes qui ont permis à l’Arabie Saoudite de briser le soulèvement populaire à Bahreïn et de maintenir une véritable dictature au pouvoir.

Récemment, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et le Koweït ont apporté une aide substantielle (2,5 milliards de dollars) à la Jordanie pour étouffer le soulèvement populaire qui secoue en ce moment le royaume hachémite : « la rapidité et la vigueur avec laquelle les États du Golfe ont répondu est un témoignage très clair de leur inquiétude et de leur détermination à étouffer dans l’œuf l’agitation en Jordanie. […] Ils font tout ce qu’ils peuvent pour empêcher un nouveau printemps arabe à leur porte » (5).

Dans cette guerre menée contre les aspirations à la démocratie et à la dignité des masses arabes opprimées, l’Arabie Saoudite joue un rôle majeur. Elle est le rempart contre tout changement démocratique et progressiste dans le monde arabe. Elle est l’incarnation de la contre-révolution.

Face au « péril perse », l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe s’activent pour créer un climat propice à la normalisation des relations entre les pays arabes et Israël au mépris de la volonté des peuples concernés. « Nous avons parfaitement conscience que le véritable danger pour la région tout entière, c’est la République d’Iran, avec son parti, ses masses et ses milices. Tous ses actes confirment la nécessité de contenir et d’éliminer ce danger » disait le ministre bahreïni des affaires étrangères Khaled Ben Ahmad Al-Khalifa.

Les tentatives de cette « normalisation » prennent souvent la forme de rencontres sportives, culturelles et par des visites réciproques des personnalités politiques et militaires (6). Dans la presse saoudienne et ses antennes, le discours anti-israélien a totalement disparu à la grande satisfaction d’Israël « Les pays arabes de la région ne voient plus Israël comme un ennemi mais, de plus en plus, comme un allié »(7).

Après avoir détruit l’Irak et la Libye, l’impérialisme et ses alliés locaux sont en train de dévaster la Syrie et le Yémen. Demain sera peut-être le tour de l’Iran. Car ils n’ont jamais accepté ni supporté la disparition de la dynastie des Pahlavi et la naissance de la République islamique d’Iran en 1979. Le fait que cette République religieuse nationalise ses richesses pétrolières et gazières a suffi pour placer l’Iran sur l’« Axe du Mal » parmi les « États voyous ».

L’Irak, la Libye et la Syrie, trois régimes laïcs faut-il le rappeler, sont aujourd’hui des pays dévastés et divisés et ne peuvent donc jouer aucun rôle au niveau régional. Reste l’Iran avec sa population nombreuse, son vaste territoire et ses richesses énergétiques, qui présente aux yeux des américains, des israéliens et des saoudiens un danger pour leurs intérêts. Car il y a trop de pétrole dans cette partie tourmentée du monde ! Il faut que les puissances impérialistes puissent accéder sans trop de contraintes ni d’entraves à cette richesse indispensable à leur économie et, partant, aux profits de leurs bourgeoisies.

La création de l’État d’Israël dans cette région répond d’abord à cette impérieuse nécessité. Ce n’est pas un hasard si cet État est la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient et dont les grands médias n’en parlent (du nucléaire israélien) pour ainsi dire jamais. Ce qui est permis à Israël est interdit aux autres ! Aucun autre pays de la région ne peut développer un programme nucléaire même civil sans qu’Israël et les pays impérialistes, grands et petits, ne réagissent violemment. Le réacteur Osirak (sans charge nucléaire) par exemple a été détruit partiellement le 7 juin 1981 par Israël et totalement par l’armée américaine lors de la guerre du Golfe en 1991 (8).

Aujourd’hui, il est insupportable pour Israël que l’Iran devienne à son tour une puissance nucléaire. Il veut garder, vaille que vaille, le monopole sur cette terrible arme conformément aux seuls intérêts des bourgeoisies des pays impérialistes et leurs alliés locaux. Détruire les installations nucléaires iraniennes est devenu l’obsession des dirigeants israéliens. Benyamin Netanyahou en fait même la mission de sa vie. Il répète souvent cette phrase à qui veut l’entendre : « Je vais répéter une vérité immuable : Israël ne permettra pas à l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire » (9).

Le 30 avril 2018 dans un show médiatique, le premier ministre israélien affirmait détenir des « preuves concluantes » que l’Iran dispose d’un plan secret lui permettant de se doter de la bombe atomique. Ce mensonge de plus n’avait d’autres objectifs que de hâter la sortie des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. Effectivement, une semaine plus tard, Trump annonce son retrait de cet accord (10).

Il est peut-être utile de rappeler, pour comprendre cette obsession du premier ministre israélien, que les idées politiques de Netanyahou sont intimement liées à celle de son père Bension Netanyahou. Lui-même adepte de l’extrémiste Vladimir Jabotinsky (11) dont il était le secrétaire personnel (12).

Les Netanyahou, père et fils, ont toujours mis en exergue dans leurs rhétoriques le fait que « le peuple juif », quoi qu’il fasse, est toujours et partout soumis à l’antisémitisme et à l’extermination. Selon les époques et les circonstances les ennemis changent mais la menace, elle, reste malgré la création de l’Etat d’Israël et de sa puissante armée.

Pour eux, comme pour toute l’extrême droite israélienne, Israël est constamment menacé. « We are very simply in danger of extermination today. Not just existential danger, but truly in danger of extermination. They think the extermination, the Holocaust, is over, it isn’t, it goes on all the time. I have always said that a necessary condition for the existence of any living body, and for a nation, is the ability to identify a danger in time, a characteristic which our nation lost in the Diaspora » (13).

Israël doit donc en permanence inventer et fabriquer des ennemis pour mieux assurer la paix sociale à l’intérieur et servir ses intérêts stratégiques à l’extérieur. Aujourd’hui ce ne sont plus les arabes mais les perses qui incarnent ce danger mortel pour l’État hébreu. Il faut donc, vaille que vaille, empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

Le premier ministre israélien ne cesse d’exercer des pressions sur l’Iran et sur la communauté internationale. Il instrumentalise la Shoah et présente dans sa rhétorique les dirigeants iraniens comme des fanatiques irrationnels ne cherchant, à travers leur programme nucléaire, qu’à détruire l’Etat d’Israël. L’Iran est associé à l’Holocauste et l’ancien président iranien Ahmadinejad est comparé à Hitler (14). La diabolisation de l’Iran sert ainsi de justification et de légitimation à une éventuelle intervention militaire.

L’arrivée au pouvoir de Hassan Rohani en 2013 et la signature de l’accord sur le nucléaire iranien en 2015 qui, rappelons-le, a mis un terme à près de trois décennies de sanctions économiques imposées par l’impérialisme américain, n’ont pas empêché Israël de continuer à diaboliser l’Iran sans réel succès. Il fallait attendre l’arrivée de Donald Trump au pouvoir en janvier 2017 pour voir les positions israéliennes se renforcer considérablement : « Il n’y a pas de meilleur soutien du peuple juif et de l’Etat juif que le président Donald Trump » disait le premier ministre israélien (15).

Netanyahou a réussi à obtenir à peu près tout ce qu’il voulait du président américain : négation du droit du peuple palestinien sur sa terre spoliée par Israël, transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, encouragement à la poursuite de la colonisation dans les territoires occupés (16), retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien etc. etc.

Ainsi l’impérialisme américain et le sionisme sont sur la même ligne et sur le même front pour combattre la République islamique d’Iran.

Jamais le Moyen-Orient n’a été aussi explosif qu’aujourd’hui. Avec leurs déclarations, leurs manœuvres et leurs actes, les États-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite risquent à tout moment d’embraser cette région du monde. Le wahhabisme et le sionisme ont grandi et prospéré sous l’aile protectrice des États-Unis. Leur alliance sous l’égide de l’impérialisme américain constitue un véritable danger non seulement pour le Moyen-Orient, mais pour les peuples et les travailleurs du monde entier qui n’ont nul besoin des guerres. Ils ont plutôt besoin d’un monde débarrassé de l’impérialisme et de ses rejetons wahhabite et sioniste. Seule leur entente fraternelle mettra un terme à l’hégémonie impérialiste et à sa politique criminelle.

Mohamed Belaali

(1) https://www.huffingtonpost.fr/2018/05/08/accord-sur-le-nucleaire-iranien-donald-trump-annonce-le-retrait-des-etats-unis-et-retablit-les-sanctions-contre-liran_a_23429640/

(2) http://www.belaali.com/2018/05/un-nouveau-massacre.html

(3) http://www.belaali.com/2016/09/les-guerres-profanes-de-l-arabie-saoudite-au-yemen.html

(4)http://www.belaali.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html

(5) http://www.france24.com/fr/20180611-jordanie-arabie-saoudite-koweit-emirats-arabes-unis-aide-milliards-crise-chomage

(6) https://orientxxi.info/magazine/glissement-des-pays-du-golfe-vers-israel,2171

(7)https://www.lorientlejour.com/article/1059016/quel-rapprochement-possible-entre-israel-larabie-saoudite-et-abou-dhabi-.html

(8) https://www.persee.fr/doc/afdi_0066-3085_1981_num_27_1_2435)

(9)https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/06/04/nucleaire-iranien-netanyahou-a-l-offensive-en-europe_5309245_3218.html

(10) https://fr.timesofisrael.com/netanyahu-liran-a-menti-et-sacrement/

(11) Vladimir Jabotinsky, leader du Parti révisionniste, a toujours réclamé un Etat juif sur les deux rives du fleuve Jourdain incluant l’actuelle Jordanie. Par rapport aux autres leaders sionistes, il avait au moins la franchise de ses idées. C’est lui qui disait « La colonisation sioniste, même la plus restreinte, doit ou bien cesser ou bien être menée contre la volonté de la population indigène. Par conséquent, cette colonisation ne peut continuer et se développer que sous la protection d’une force indépendante de la population locale, d’un mur d’acier que la population locale ne peut forcer. Telle est in toto, notre politique envers les arabes. La formuler d’une autre manière relève de l’hypocrisie ». Cité dans Lotfallah Soliman « Pour une histoire profane de la Palestine », Ed. La Découverte, page 35.

(12) https://www.haaretz.com/1.5218143

(13) https://www.haaretz.com/1.5218143

(14) https://www.haaretz.com/opinion/1.5219758

(15) http://elnetwork.fr/rencontre-entre-donald-trump-benyamin-netanyahou-5-points-a-retenir

(16)https://www.20minutes.fr/monde/2006419-20170201-israel-depuis-investiture-trump-colonisation-reprend-plus-belle-cisjordanie

source:http://www.belaali.com/2018/06/imperialisme-sionisme-et-wahhabisme-un-…

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Un rapport de la Banque de France prédit une nouvelle crise

Les révélations contenues dans cette publication sont très importantes pour comprendre tout le jeu politique et économique des prochaines années.

Si l’on sait lire entre les lignes, il ressort deux grandes idées de ce rapport : premièrement, une nouvelle crise se prépare ; deuxièmement, les banquiers ont déjà inventé une narration pour se dédouanner de toute responsabilité

Tous les 6 mois, la Banque de France émet une publication qui évalue les risques du système financier français. Nous allons parler du document publié le 18 juin.

Les révélations contenues dans cette publication sont très importantes pour comprendre tout le jeu politique et économique des prochaines années.

Si l’on sait lire entre les lignes, il ressort deux grandes idées de ce rapport : premièrement, une nouvelle crise se prépare ; deuxièmement, les banquiers ont déjà inventé une narration pour se dédouanner de toute responsabilité.

Depuis plus d’un an, la réserve fédérale américaine remonte ses taux directeurs. Or, la baisse des taux directeurs des banques centrales du monde entier avait été l’une des mesures prises après la crise de 2008 pour empêcher un effondrement économique mondial.

Le fait est qu’à chaque fois que les banques centrales augmentent leur taux directeurs, une crise se produit peu de temps après.

« Si la survalorisation des marchés d’actions américains semble être davantage la conséquence des taux d’intérêt anormalement bas que de comportements spéculatifs de la part des investisseurs comme lors des précédents épisodes de bulles spéculatives, il n’en reste pas moins qu’un faisceau d’indicateurs semble indiquer qu’un retournement ou une correction de la valorisation du marché d’actions américain apparaît de plus en plus probable. »

 

« Notre indicateur avancé de retournement du marché d’actions, qui a pour objectif de signaler le risque d’entrée dans une phase de retournement ou de correction, agrège un ensemble de variables macroéconomiques (taux d’utilisation des capacités de production), de prévisions d’activité (PMI manufacturier), de variables monétaires (pente de la courbe destaux), de variables macrofinancières (croissance cumulée sur trois ans des prix immobiliers et du crédit bancaire) et de variables financières (PER ajusté du cycle). L’indicateur Indicateur de retournement du marché boursier américain est calculé depuis 1955 comme la moyenne des centiles de chaque variable. Depuis 1955, nous identifions six épisodes de retournement (bear market) du marché boursier (partie rouge de la courbe S&P sur le Graphique 1), lesquels se caractérisent par 18 mois de baisse continue (indépendamment de l’amplitude de la baisse), ainsi que six épisodes de correction (partie jaune), lesquelles se caractérisent par des baisses d’une durée inférieure à 18 mois. Les phases de retournement et de correction sont reconnaissables aux bandes bleues sur le Graphique 1.

Depuis 2009, la probabilité de retournement est passée de 10 % à 60 %, soit un niveau d’alerte élevé. Une révision Indicateur de probabilité de retournement (échelle de droite) des anticipations quant à la vitesse de la normalisation de la politique monétaire américaine ou une réévaluation brutale de la maturité du cycle économique américain pourraient impliquer une correction des primes de risques et donc augmenter la probabilité de correction. Ainsi, une hausse du taux sans risque de 100 pb impliquerait un potentiel de baisse d’environ 15 % 1 du marché boursier américain, toutes choses égales par ailleurs. Au vu de la récente hausse du niveau des interconnexions financières (cf. supra), cette correction aurait certainement des effets de débordements sur les marchés mondiaux. Ainsi, selon nos estimations, la correction sur le marché américain pourrait entraîner une baisse du CAC40 2 comprise entre – 8,0 % et – 12 % 3 , toutes choses égales par ailleurs.

1 : Estimations à partir du modèle de Gordon-Shapiro utilisé dans la section 3.1 b pour l’indicateur de rendement relatif (IRR). 2 : En prenant en compte le niveau de l’indice DY au 20 avril 2018. Estimations à partir du modèle SVAR présenté dans la partie précédente. 3 : Somme de l’ impulse response function sur deux semaines d’un choc affectant le marché boursier américain sur le marché français pour les parties supérieures et inférieures de l’intervalle de confiance à 95 %. »

Mais cette publication ne nous apprend pas seulement que nous sommes à la veille d’une nouvelle crise (dont il est loin de dévoiler l’ampleur). Il nous donne également quelques indices sur la narration que les banquiers nous serviront à travers les médias pour expliquer la crise, et surtout, ne pas apparaître comme les responsables.

Il était une fois une économie en pleine reprise après la crise de 2008. Soudain, la méchante menace populiste déstabilise cette fragile petite reprise et déclenche une nouvelle crise économique.

Voilà à peu près quel genre de narration sera servi au peuple pour détourner l’attention des banquiers.

« La reprise de l’activité mondiale semble se confirmer, avec une croissance de 3,8 % en 2017 puis de 3,9 % en 2018 et en 2019, selon les projections du Fonds monétaire international (FMI). Les perspectives d’activité pour la zone euro dans son ensemble demeurent également favorables. La croissance pour 2018 est prévue à 2,1 % après avoir atteint 2,6 % en 2017, dans un contexte de nette amélioration du marché du travail et de demande mondiale soutenue.

Dans ce contexte international mieux orienté, la croissance française est repartie et s’est établie à 2,3 % en 2017. Selon les projections de la Banque de France finalisées fin mai 2018, la croissance du PIB français resterait robuste en 2018, à 1,8 %. Elle se réduirait ensuite légèrement à 1,7 % en 2019 et 1,6 % en 2020, tout en demeurant au-dessus des estimations actuelles de croissance potentielle. L’inflation augmenterait temporairement à 2,0 % en moyenne annuelle en 2018, avant de se replier à 1,5 % en 2019. Elle se situerait en 2020 à 1,8 %.

Les aléas semblent équilibrés pour la projection du PIB réel. Les réformes en cours et à venir en France pourraient se traduire par un supplément de croissance potentielle avant la fin de la période de projection. À l’inverse, la situation politique internationale constitue un aléa négatif. En particulier, les incertitudes politiques ont très significativement augmenté en Italie. La politique commerciale des États-Unis pourrait aussi affecter la demande adressée à l’Europe et la France en particulier, et donc la capacité de rebond de nos exportations. Ces risques seraient en partie contrebalancés par la possibilité d’une politique budgétaire expansionniste dans certains pays de la zone euro ayant des excédents budgétaires, comme l’Allemagne, qui n’est pas intégrée dans nos projections à ce stade. Cependant, à moyen terme, les risques pesant sur la croissance économique sont alimentés par des poches de vulnérabilités financières observables à un niveau global y compris en Europe, telles que la hausse de l’endettement privé et l’appétit pour le risque, la persistance des incertitudes politiques et économiques au niveau mondial et par la montée du protectionnisme. »

Le mensonge de ce scénario est évident pour quiconque est un peu informé de la situation réelle. En réalité, la reprise économique mondiale est très largement surévaluée. Il ne serait pas étonnant que les chiffres de la croissance soient complètement faussés.

De la même manière, ceux qui suivent un peu l’actualité économique savent que le chômage américain n’est pas de 5% mais de 20%, si on sait lire entre les lignes des statistiques officielles, ce qui signifie que les Etats-Unis ne se sont pas remis de la crise de 2008. La classe moyenne américaine a été lessivée.

Au final, l’élection de Trump et la montée du populisme est bien la preuve que la reprise est un mensonge.

Quelle est l’utilité de ce mensonge ? Premièrement il sert à faire oublier la crise économique. Deuxièmement il servira à créer un contraste entre les résultats des gouvernements passés et ceux des gouvernements populistes, qu’on désignera comme responsables de la prochaine crise.

Les responsables sont déjà désignés : Trump avec sa guerre commerciale et l’Italie avec son opposition à l’UE.

Conclusion : une nouvelle crise économique mondiale se prépare, et tout sera fait pour faire diversion sur les responsables de cette crise.

Source : http://proletaire.altervista.org/marxisme/actualite/6-jui-2018.php

D’autres analyses : http://proletaire.altervista.org

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Publié par le 2 juillet 2018 dans économie, général

 

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Nous sommes dans la phase terminale de la plus grande bulle de dette de l’histoire mondiale

Chaque fois que les médias grand public parlent de « nouveaux formidables chiffres économiques, » ça me fait grincer des dents. Certes, il est vrai que ça s’est légèrement amélioré depuis que Donald Trump est à la Maison Blanche, mais le tableau économique florissant décrit constamment par les médias grand public, est tout à fait absurde. Comme vous allez le découvrir, si les vraies données étaient prises en compte, tous les aspects économiques majeurs seraient absolument catastrophiques . Nouspouvons bien sûr espérer voir les États-Unis se redresser économiquement sous Donald Trump, mais nous n’en sommes pas encore là. L’économiste John Williams deshadowstats.com recalcule depuis de nombreuses années ce que seraient les chiffres clés de notre économie si les vraies statistiques étaient prises en compte, et il a acquis la réputation d’être très précis. Selon lui, l’économie étasunienne est en récession et/ou en dépression depuis très longtemps. 

Commençons par le chômage. On nous raconte que le taux de chômage aux États-Unis est actuellement de ‘3,8%’, et que ce serait le taux le plus bas depuis ‘près de 50 ans’.

Pour étayer ce racontar, les médias grand public pondent sans cesse des articles évoquant le merveilleux de la situation. Par exemple, voici ce qu’on trouve dans un article récent du New York Times, intitulé Les mots nous manquent pour décrire à quel point les chiffres de l’emploi sont bons :

En analysant les chiffres d’emplois de mai publiés vendredi, la vraie question est de savoir s’il y a assez de synonymes de « bon » dans un dictionnaire en ligne pour les décrire correctement. 

Ainsi, par exemple, ‘splendide’ et ‘excellent’ font l’affaire. Ce sont les termes appropriés lorsque l’économie des États-Unis ajoute 223.000 emplois par mois, malgré neuf ans de développement, alors que le taux de chômage tombe à 3,8%, un nouveau creux depuis 18 ans.

Cela n’a-t-il pas l’air génial ? Ce le serait si les données prises en compte étaient honnêtes.

La vérité est bien évidemment que le pourcentage de la population employée a remonté à peine depuis les profondeurs de la dernière récession. D’après John Williams, si les bons chiffres étaient utilisés, le taux de chômage serait en réalité de 21,5% aujourd’hui.

Mais quelle est donc la raison de cet écart ? [de 17,7% quand même, ils n’y vont pas de main morte ! NdT]

Comme je l’explique maintes fois depuis des lustres, le gouvernement transvase tout bonnement des gens de la catégorie ‘chômeurs officiels’ dans la catégorie ‘population inactive’. 

Si nous prenons les chiffres du gouvernement, il y a près de 102 millions de gens en âge de travailler qui n’ont pas d’emploi en ce moment. Ce chiffre est le plus important de la dernière récession.

Nous sommes manipulés. J’ai un ami dans le sud de l’Idaho, ingénieur informatique hautement qualifié, qui est sans emploi depuis deux ans. Si le taux de chômage est vraiment de 3,8%, pourquoi ne peut-il pas trouver un emploi décent ?

Au fait, si vous vivez dans la région de Boise et que vous connaissez un poste d’ingénieur informatique libre, merci de me le faire savoir pour que je l’en informe.

Bien, passons maintenant à l’inflation.

D’après Williams, la façon dont l’inflation est calculée dans ce pays a été modifiée plusieurs fois au cours des décennies :

Williams affirme qu’aux États-Unis, les organismes de statistiques surestiment les données du PIB en sous-estimant les données de l’inflation qu’ils utilisent dans le calcul.

Manipuler le taux de l’inflation, affirme Williams dans son commentaire sur la mesure de l’inflation publique, sert aussi au gouvernement à truquer l’ajustement au coût de la vie, afin de moins débourser pour les retraités.

L’ironie veut que cette manipulation se pratique maintenant au grand jour depuis des lustres, les administrations républicaine et démocrate successives apportant des‘améliorations’ dans la façon de calculer les données.

Si l’inflation était encore calculée comme elle l’était en 1990, son taux serait aujourd’hui de 6% au lieu d’environ 3%.

Et si l’inflation était encore calculée comme elle l’était en 1980, son taux serait d’environ 10% aujourd’hui.

N’avez-vous pas l’impression que ces chiffres correspondent à la réalité ? Nous avons tous vu la manière dont les prix du logement, de la nourriture et des soins de santé ont grimpé ces dernières années. Après examen de ce qui s’est passé dans votre vie, croyez-vous que les taux officiels de l’inflation de 2% et 3% dont on nous bassine ces dernières années, sont proches de la réalité ?

Comme l’inflation est très fortement sous-évaluée, la répercussion est aussi énorme sur les chiffres de notre PIB.

Si les vrais chiffres de l’inflation étaient pris en compte, nous serions encore en récession en ce moment.

En fait, John Williams insiste sur le fait que nous serions toujours dans la récession où nous tombâmes en 2004.

Et il n’y a aucun doute. Toute une série d’autres indicateurs plus indépendants vont aussi dans ce sens. Ce qui suit est tiré d’un excellent article de Peter Diekmeyer :

Les conclusions de Williams, bien que controversées, corroborent diverses autres données. Les salaires moyens stagnent depuis des décenniesLe taux d’activité aux États-Unis est coincé au plus bas niveau depuis plusieurs décennies. Même notre joyeux Big Mac déflationniste laisse supposer que l’économie étasunienne se déprime.

Une autre piste est d’évaluer l’économie étasunienne exactement comme celle d’un pays du tiers monde, dont on ne fait pas confiance à leurs données. Les économistes le font en recourant à des chiffres qui sont difficiles à truquer.

Là aussi, grâce à diverses mesures, allant de la consommation pétrolière à la production de biens de consommation, en passant par l’activité du transport de marchandises, l’économie étasunienne ne semble guère s’être améliorée, voire pas du tout, depuis le début du millénaire.

En fin de compte, tout ce qu’il suffit de faire, c’est tout simplement d’ouvrir les yeux et de regarder ce qui se passe. Nous sommes dans la pire année de fermetures de magasins de détail de l’histoire des États-Unis, et cette ‘apocalypse commerciale’ touche les régions rurales plus durement que partout ailleurs :

Le magasin Target de cette ville a fermé. Tout comme Kmart, MC Sports, JCPenney, Vanity et bientôt le grand magasin Herberger’s. 

« Le centre commercial est plutôt lugubre, » explique Amanda Cain, une enseignante et mère. « Dès que Herberger’s sera fermé, nous n’aurons plus de point d’attache où aller. » 

Environ les deux tiers du centre commercial Quincy Place d’Ottumwa seront vides avec la disparition de Herberger’s. 

Il n’y a évidemment pas que l’économie étasunienne qui aille mal.

Nous sommes dans la phase terminale de la plus grande bulle de dette de l’histoire mondiale. De nombreux pays font déjà l’expérience d’un ralentissement économique très marqué, et notre planète est littéralement en train de mourir.

Aussi, merci de ne pas croire le matraquage médiatique.

Nous espérons certes que les choses aillent mieux, mais la vérité est que l’économie étasunienne va mal depuis très, très longtemps.

The Economic Collapse, Michael Snyder

Original: theeconomiccollapseblog.com/archives/the-real-economic-numbers-21-5-percent-unemployment-10-percent-inflation-and-negative-economic-growth
Traduction Petrus Lombard

 
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Publié par le 2 juillet 2018 dans économie, général, International

 

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Or : la croix de la mort a fait son apparition, qu’en conclure ?

Cours de l'or sur support pourrait rebondir

L’or teste une oblique haussière de long terme qui vient chercher le plus bas de 2015 et 2017

Une croix de la mort, il n’y a pas de quoi faire un fromage … c’est juste que l’or est à un carrefour niveau graphique . Dans l’absolu cela peut certes signaler un retournement de tendance et un marché baissier à long terme, mais ce n’est en aucun cas le cas pour l’or , il n’y a aucune raison fondamentale, l’or devrait même monter en ce moment . Mais il baisse sans aucune explication rationnelle . Je suis d’accord avec Fiorentino sur le « dérèglement climatique des marchés avec un dysfonctionnement des corrélations classiques » contraire à toutes les règles élémentaires de trading  . Les experts n’y comprennent pas grand chose … Mais comme écrit plus bas, il arrive parfois qu’on n’ait pas d’explications à se mettre sous la dent …

D’un point de vue de l’analyse technique, Le cours de l’or consolide depuis ce matin à son plus bas de 6 mois à 1250$. Néanmoins, en plus de l’or sur support, l’indice dollar US (DXY) teste une résistance majeure à 95 points, qu’il ne réussit pas à franchir pour la deuxième fois en deux semaines, ce qui peut signaler un essoufflement du momentum haussier.

Nous retrouvons le prix et le momentum de l’or sur support. Le prix est sur son seuil psychologique à 1250$ et le momentum teste le bas de son canal baissier. En plus du support à 1250$, le prix teste également une oblique haussière de long terme qui vient chercher le plus bas de 2015 et 2017, ce qui renforce cette zone de support.

Les shorts sont toujours au contrôle et la dynamique est certes négative pour le moment sur le marché de l’or, mais il pourrait même descendre encore un peu plus bas ça ne me poserait pas encore trop de problèmes, mais c’est vrai que ce marché est vraiment un peu poussif depuis un certain temps déjà il faut l’admettre . Bien malin est celui qui peut dire ce que nous prépare le métal jaune dans ce contexte où il devrait monter . Pour le moment nous sommes en fin de cycle macroéconomique et le marché est déréglé, mais le marché retombe toujours sur ses pieds . Sur le long terme au vu de la situation globale actuelle, je ne me fais aucun soucis … Z

Or : la croix de la mort a fait son apparition, qu’en conclure ?

La tendance baissière qui règne sur le marché de l’or ne semble pas s’essouffler malgré les attentes positives pour le métal jaune en raison des guerres commerciales et des tensions géopolitiques grandissantes entre les États-Unis et ses partenaires commerciaux.

C’est d’autant plus intrigant que la fameuse croix de la mort vient d’apparaître sur le graphique de l’or. D’un point de vue technique, cela n’augure rien de bon dans un avenir proche pour le métal jaune.

La croix de la mort se présente lorsque la courbe de la moyenne mobile à 50 jours passe en dessous de la courbe de la moyenne mobile à 200 jours, ce qui vient de se produire. Les analystes techniques pensent que cette configuration augure un déclin prolongé pour le métal précieux. C’est la première fois depuis 2016 qu’une croix de la mort apparaît sur le graphique de l’or.

Pour ne rien arranger, la baisse a lieu malgré la faiblesse des grands indices des marchés actions. L’or ne serait apparemment pas une assurance solide contre la baisse des titres. Le S&P 500 a baissé de 1,43 % durant les 5 dernières sessions, tandis que le Dow Jones a reculé de 1,7 %. Le Nasdaq, qui rassemble les technologiques, a été le plus touché avec son recul de 2,1 % enregistré durant cette période.

Le dollar est le coupable de la baisse de l’or

Mais pourquoi l’or baisse-t-il alors que l’appétit pour le risque en fait de même ? Les États-Unis ont réitéré leurs menaces de guerre commerciale envers la Chine et l’Union européenne. Le président Trump a notamment menacé Bruxelles de droits de douane de 25 % sur les importations de voitures du Vieux continent. L’UE est l’exportateur mondial numéro 1 de voitures vers les États-Unis. Dans des circonstances normales, une telle menace aurait augmenté la demande pour le métal jaune.

Les investisseurs dans l’or peuvent largement blâmer le dollar pour la baisse. Le billet vert s’est en effet fortement apprécié par rapport à ses rivaux durant ces dernières semaines.

Durant les 3 derniers mois, les contrats à terme sur le dollar ont progressé de 6,3 % pour effacer le recul enregistré durant le début de l’année 2018 alors que la FED poursuit sa politique agressive sur le front des taux, ce qui soutient la valeur de la devise américaine. (…)

Historiquement, le dollar dispose d’une corrélation inversée avec l’or. Elle fut particulièrement prononcée en mai, juste avant le relèvement des taux de la FED de juin. (…)

Croix de la mort or : une posture contrarienne qui paie

Si la croix de la mort n’augure traditionnellement rien de bon, cela ne garantit pas pour autant un marché baissier prolongé de l’or. Notamment parce que la corrélation négative entre l’or et le dollar s’est considérablement affaiblie depuis mai. Elle s’élève actuellement à 0,08, ce qui signifie qu’elle est quasi inexistante. Cela pourrait dire que le dollar a perdu de son influence sur le métal.

Suite et fin

L’or va mal : pourquoi les experts n’y comprennent pas grand-chose

L’or n’est pas en grande forme, alors qu’avec toutes ces tensions politiques et économiques, le métal jaune aurait dû grimper! Amid Faljaoui, notre chroniqueur éco, nous dit pourquoi ce n’est pas le cas, et pourquoi les experts n’y comprennent pas grand-chose.

Il y a ce qu’on apprend à l’université et puis, il y a la réalité. Parfois, pour ne pas dire souvent, il y a un divorce.

Prenez le cas de l’or. Tous les manuels de finance nous disent qu’en cas de tensions géopolitiques, qu’en cas de crise politique, l’or est une valeur refuge. Autrement dit, quand tout va mal, l’or grimpe.

Avec les tensions avec la Corée du Nord, l’Iran, la crise politique en Italie, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et le reste du monde, le métal jaune aurait normalement dû prendre des couleurs. Mais ce n’est pas le cas. Depuis le début de l’année, l’or a même perdu 4%.

Ce n’est pas une chute fatale bien entendu, mais c’est bizarre. Comme toujours dans ces cas, il y a des âmes charitables pour nous expliquer le pourquoi du comment.

Il n’y a qu’à se baisser pour lire la presse économique à ce propos. L’un dit que c’est normal: comme le dollar grimpe, c’est normal que l’or baisse car les deux sont corrélés inversement. D’autres disent que c’est normal vu que les taux d’intérêt aux Etats-Unis sont en train de remonter, alors que l’or par définition ne rapporte aucun intérêt.

Quand tout va mal, l’or prend normalement de la valeur, mais ce n’est pas le cas

C’est ce qu’on appelle des explications a posteriori. Mais je rejoins aussi les commentaires de Marc Fiorentino, un ancien trader parisien, reconverti dans le conseil financier.

Tous ces arguments ne sont pas convaincants. Il y a autant d’arguments à l’inverse qui pourraient expliquer la hausse de l’or a posteriori. Et donc, oui, il arrive parfois qu’on n’ait pas d’explications à se mettre sous la dent.

En attendant, d’autres valeurs continuent de jouer leur rôle de valeur refuge en ces temps de nervosité boursière. C’est le yen japonais, et les obligations d’Etat allemandes et américaines.

Il y a quelques semaines encore, l’indice Nasdaq, -c’est-à-dire l’indice des valeurs technologiques- servait aussi de valeur refuge, car les investisseurs partaient du principe que des valeurs comme Amazon, Facebook ou Netflix sont insensibles à l’évolution des taux d’intérêt ou à la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis.

Mais comme cet indice des valeurs technologiques a plongé de 2% lundi dernier, même le Nasdaq n’est plus considéré comme une valeur refuge. Cela me fait penser à ce que me disait l’un de mes mentors : investir en Bourse, c’est croire que l’on peut prédire l’avenir, mais quelle arrogance !

Voici ce qu’en pense Fiorentino en détail :

L’or valeur refuge ?

L’or continue à glisser. Et c’est une des grandes surprises sur les marchés de ce premier semestre. Il est à son plus bas niveau depuis 6 mois. Depuis le début de l’année il est en chute de 4%.

L’OR NE JOUE PLUS SON RÔLE

C’est une surprise car l’or doit normalement jouer son rôle de valeur refuge. Or, nous sommes en pleine guerre commerciale, en pleine tension géopolitique avec des pays émergents sous pression et en pleine crise politique en Europe. Et pourtant l’or n’en profite pas. C’est contraire à toutes les règles élémentaires de trading.

QU’EST-CE QUI EXPLIQUE LA BAISSE DE L’OR ?

On trouve comme d’habitude, des explications a posteriori, mais comme d’habitude aussi, elles sont guère convaincantes. La hausse du dollar pèse sur l’or, la hausse des taux d’intérêt américains, qui rend l’or qui lui n’a pas de rendement moins attractif, l’inflation qui certes rebondit mais reste sous contrôle et même parfois trop basse dans certaines zones économiques comme le Japon ou l’Europe par exemple. Mais je vous avoue franchement que j’ai autant d’arguments à l’inverse qui pourraient expliquer la hausse de l’or a posteriori. Ce qui est certain c’est que les grands fonds spéculatifs, les hedge funds, sont totalement sortis du marché de l’or et on le voit avec des positions ouvertes sur le Comex, le principal marché à terme sur l’or, au plus bas depuis 2016.

QUELLES SONT LES AUTRES VALEURS REFUGE ?

Si l’or ne joue plus son rôle de valeur refuge, quels sont les autres marchés qui jouent ce rôle ? À chaque évènement majeur, et notamment récemment à chaque surenchère sur la guerre commerciale, ce sont toujours les mêmes actifs qui montent : le yen, grosse valeur refuge, les emprunts d’état américains et les emprunts d’état allemands et jusqu’à la semaine dernière le Nasdaq et les valeurs technologiques. On assiste depuis quelques semaines néanmoins à un dérèglement climatique des marchés avec un dysfonctionnement des corrélations classiques. On le voit avec l’or. C’est souvent le signe annonciateur d’une hausse de la volatilité. À suivre donc de très près cet été.

 
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Publié par le 2 juillet 2018 dans général, or et argent métal

 

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