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Les banques voyous préparent la prochaine crise financière mondiale

19 Juin

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Les hauts responsables institutionnels qui n’ont pas vu venir la crise de 2008 et n’ont pas su en tirer les leçons ni les mesures concrètes de prévention, multiplient ces derniers temps les messages pontifiant trompeurs en vue d’affaiblir la vigilance des citoyens. Patrick ARTUS, économiste de Natixis, s’en est fait l’un des complices le 13-06-2018 dans un hebdomadaire pourtant sérieux sur d’autres sujets graves (notamment le martyre d’AFRINE envahie et saccagée avec aval de la Russie et de l’OTAN). Face à la tempête financière mondiale qui s’annonce, cette propagande type « tout va bien madame la Marquise » ou « Oyez citoyens, tout est calme, dormez en paix » accumule tellement de contrevérités et d’omissions qu’elle mériterait une enquête au pénal pour complicité de concussion, au vu des terribles conséquences déjà vécues et surtout à venir sur le portefeuille des citoyens. Car là, à l’instar de notre Bernard Tapie national, également victime d’un « complot de banquiers »), nous assistons à un immense remake de l’énorme « escroquerie financière en bande organisée » de 2008.

 

Ces borborygmes médiatiques « mainstream » occultent soigneusement la gigantesque dette actuelle des USA et de nombreux pays, mais aussi les milliers de milliards de billets imprimés par les banques centrales reposant sur un massif rachat de dettes des banques. Peut-on vraiment parler d’économie US « solide » avec un déficit budgétaire qui approche les 1000 milliards de dollars, une dette de 22 000 milliards, un déficit commercial de 500 milliards, alors que le dollar a perdu 97 % de sa valeur depuis 1970 ? Financièrement, les USA et l’Europe sont devenus des « colosses au pied d’argile ». La France, l’Amérique et nombre de pays de l’OCDE consomment plus qu’ils ne produisent, grâce à un endettement gigantesque, ce qui implique une balance commerciale déficitaire chronique. Même la Chine est aussi en danger, puisque possédant une énorme partie de la dette américaine. De plus, la croissance chinoise ralentit ; son marché immobilier s’est très fragilisé ; quelques secteurs industriels devenus obsolètes sont maintenues en vie artificielle ou licencient ; et un important échafaudage « domino » de crédits privés chinois est menacé d’effondrement. Sans oublier les difficultés des pays « sanctionnés » (comme la Russie et l’Iran), « périphériques » (comme la Turquie) ou « émergents » (comme le Venezuela ou l’Algérie), dont la solvabilité ne cesse de décroitre. Les trois quart des pays sont en constante difficulté. Oui, le tableau économique général s’est amélioré, mais il est loin d’être euphorique.

 

La crise américano-américaine de 2008 dite des « subprimes » a été la plus importante depuis celle de 1929, avec des conséquences terribles sur tous les continents. Les causes demeurent. Aggravées par d’autres causes. Certes, les banques US avaient ensuite payé des amendes faramineuses pour échapper aux procès. Mais peu de sanctions en Europe et presque toutes ont conservé leur comportement imprudents sur les produits financiers spéculatifs à risque. Des règles prudentielles strictes auraient du être prises, mais elles ont été et sont systématiquement combattues par les politiciens complices des banques des deux côtés de l’Atlantique.

 

N’oublions jamais que ce sont les États, donc les contribuables, donc nous, qui avons payé avec nos impôts pour réparer les sinistres bancaires. Les Etats n’auront plus les capacités de s’endetter comme en 2008 pour renflouer les banques car l’endettement des pays développés a explosé. Et le taux de prélèvement obligatoire sur les foyers et sur le travail (devenu en France le plus élevé du monde à l’avènement de la présidence Macron), ne peut plus augmenter sans explosion sociale et politique.

Malgré cette situation et nos avertissements répétées, en cynique contradiction avec les engagements électoraux, une nouvelle hausse de taxes sur l’alcool, le tabac et les produits de luxe a été annoncée (Richard Ferrand veut même surtaxer la fragile industrie nautique française). En sus de la hausse de la CSG, des ponctions sur les retraites, de la diminution des APL, sont médiatiquement annoncées des baisses de minima sociaux et de protections sociales. De nouvelles hausses d’impôts, de taxes foncières sur la résidence secondaire et de TVA risquent de passer en douce pendant l’été 2018 ou en 2019. En continuant à prélever encore plus d’argent dans la poche des français qui n’en peuvent plus, nos dirigeants jouent avec le feu. Incroyable circonstance aggravante : tout en épargnant systématiquement les activités spéculatives toxiques.

 

Une des racines de la crise de 2008 était l’absence quasi-totale de régulation au sein des banques. Elles ne se comportaient plus comme des services publics (privatisés ou non) mais comme des entités spéculatives prédatrices sans cahier des charges éthiques ni aucune moralité. Par nos impôts, nos gouvernements de mollusques et d’incompétents les ont renflouées sans rien demander en échange. Conséquence, cette crise de régulation des banques se poursuit encore. Car les responsables physiques de cette catastrophe de 2008 n’ont jamais été sanctionnés, sont toujours en place, et certains même installés à la tête des observatoires soit disant chargés d’anticiper les crises futures : « Des renards chargés de la sécurité au sein même du poulailler » ! (voir l’excellent documentaire hélas incomplet « Inside job » de Charles Ferguson).

 

Résultat de cette « gestion par les prédateurs pour les prédateurs » : Leur première mesure a été de limiter la future responsabilité financière des banques coupables, ripoux ou mal gérées (ou les trois) au dépend des intérêts des citoyens victimes. Les dépôts dépassant 100.000 € seront confisqués pour renflouer les banques. Cette mesure scandaleuse a été discrètement ratifiée (sans véritable débat) par la totalité des Gouvernements et Parlements de l’OCDE. Tous les citoyens ont reçu dans leur courrier bancaire en 2018 cet « avis de saisie automatique en cas de crise ». Par conséquent, le silence radio des partis politiques parlementaires (pour soit disant ne pas alarmer inutilement le public) n’est plus défendable. Ce silence complice est en fait très révélateur de l’absolue crédibilité de cette crise à venir et de la future spoliation ouvertement légalisée. Il est aujourd’hui clair que les crises financières ne pourront jamais disparaitre tant que les banquiers voyous (personnes morales et physiques comprises) ne subiront pas de sanctions et tant que le pouvoir protégera ouvertement la corruption et l’incompétence des régulateurs.

 

Autre résultat de cette incurie gouvernementale généralisée sur tout le système bancaire, de nombreuses bulles financières se développent. Rien à voir avec les inquiétudes légitimes pour les prêts étudiants aux USA ou pour le marché de l’investissement immobilier en Chine. La création de liquidités au profit de la spéculation est devenue faramineuse : le seul total des dollars qui circulent dans le monde dépasse les 600 000 milliards, alors que le total des échanges commerciaux est évalués à… 5 600 milliards. 100 fois plus que les vrais besoins.

 

Ajoutons à cela que les transactions financières opaques (appelées shadow banking) ne sont pas soumis aux règles prudentielles déjà insuffisantes. Gonflées par le contexte d’incompétence gouvernementale et d’anarchie spéculative (avec la complicité active de tout le système bancaire dérégulé), elles représentent 96 000 milliards de dollars, soit 150 % du PIB mondial.

 

Si l’on observe le marché des produits financiers spéculatifs appelés « dérivés », la situation est dantesque. En 2016, la somme totale des produits dérivés se monte à 1,2 « Quadrillion », soit 1.200.000.000.000.000.000 dollars. Largement plus que l’ensemble des pièces, billets et comptes de dépôt cash de l’ensemble de la planète, estimés à 81.000.000.000.000 dollars (81 « Trillions »). Aujourd’hui, la valeur totale des produits dérivés représente plus de 1000 fois la valeur de l’or détenu par l’ensemble des banques centrales dans le monde ( 1400 milliards $). Dans cette monstrueuse affaire, les grandes banques mondiales sont en première ligne et impliquées jusqu’aux narines : leurs fonds propres ne représentent plus qu’entre 0,15 % et 0,6 % de leurs engagements sur ces produits dérivés. Cette énorme bulle spéculative déconnectée de l’économie réelle (donc objectivement de type « Ponzi ») s’accroit de manière exponentielle.

 

Imaginez qu’une taxe française ou européenne se mette enfin en place avant l’effondrement. Un prélèvement identique à celui sur le travail ? (où 1.500 à 2.000 € de salaire entraînent en France 1.500 à 2.000 € d’aberrantes charges avant impôt et taxes diverses !). Ou bien plutôt comme une petite taxe légère de 1%. Ou alors comme notre fameuse mini taxe « sociétale » (faussement appelée taxe Tobin) de 0,1% déjà proposé en… 1988. Voire une microbienne ponction indolore de 0,01%. Mais non, les banques pourtant parfaitement informatisées ne veulent rien connecter au fisc, ne veulent rien mettre dans une réserve de sécurité et ne veulent rien lâcher au peuple qui vient pourtant à chaque fois à leur secours. Pourquoi ? Par principe suprême du profit capitalistique dérégulé. La goinfrerie au maximum. A la Fillon and co démultipliée à l’infini. Et pourquoi les politiciens demeurent silencieux ? Parce qu’ils ont besoin de l’aide des banques pour arriver au pouvoir et pour s’y maintenir, autant qu’ils en ont besoin pour combler les déficits budgétaires nationaux et locaux.

 

Certes, direz-vous, la bourse est au beau fixe. Pourquoi se plaindre ? Le Dow Jones monte depuis 8 ans et demi… Il est passé de 6.000 points en 2009 à 25.000 en 2018. 400% de hausse. Mais n’oublions pas que la plus longue hausse boursière de l’Histoire n’a duré que neuf ans. Et c’était entre 1920 et 1929. La hausse spéculative ne pourra jamais grimper à l’infinie. Un prochain krach est inéluctable. Un krach d’au moins 50% sur les actions, l’équivalent de celui de 1929. Reste à savoir quand il aura lieu. La logique mathématique la plus élémentaire indique une fourchette maximum d’une à deux année.

 

Ajoutons aussi à cette sombre prédiction que les taux d’intérêts vont fatalement augmenter un jour. Le taux d’intérêt immobilier moyen actuel en France est de 1,7%. Aux USA, il est déjà de 4,6% (taux directeur de la FED à 2%)… Le prochain krach sera donc triplement alimenté via… les dettes d’état. La dette étatique mondiale officielle a atteint 250.000 milliards $. Idem pour les engagements non provisionnés dans les bilans bancaires. Les produits dérivés des banques dans le monde ont aujourd’hui dépassé le montant faramineux de 1.500.000 milliards de dollars. Ce qui, en cas de krach, représente un passif théorique global de 2 millions de milliards de dollars. Soit environ 2500 fois le PIB mondial (évalué à 80.000 milliards $ en 2018) !

Avec ses 2300 milliards de dette (environ 100% du PIB), si l’intérêt monte à 4% (le double de la croissance maximale française), la France sera mathématiquement acculée à la faillite. Comme la majeure partie des pays dit « riches ».

 

Conclusion adressée au gouvernement par le think tank « En Marge » et par les « Bouledogues de la République » de tous partis :

 

Messieurs les ENArques de la haute administration, du Parlement et du Gouvernement, attention.

Nous avons soutenu activement un jeune banquier novice en campagne électorale et fait basculer nombre de circonscriptions en ballotage incertain.

pour procéder à un vaste dégagisme politique.

Parce que nous soutenions globalement son programme électoral (bien qu’insuffisant).

Dans l’espoir que ce programme sera complété un jour avec notre douzaine de propositions compatibles et indispensables. Et aussi

dans l’objectif que ce nouveau Président de la république soit capable de comprendre et donc de réformer les rouages du système bancaire en perte de boussole. Qu’il puisse leur parler dans leur langue financière sans se faire manipuler et rouler dans la farine comme ses prédécesseurs. Qu’il puisse même, éventuellement, leur faire le coup que Poutine à fait aux oligarques en Russie (ils l’avaient choisi, croyant avoir à faire à un « pion docile »).

 

Mais nous vous alertons que la colère froide des citoyens ne s’est pas estompée. Nous la sentons puisque nous la cotoyons au quotidien. Elle continue de monter à cause des dossiers « orphelins » non traités. Et à cause des mesures gouvernementales récessives non prévues dans le programme électoral initial. En cas d’inaction présidentielle et gouvernementale sur ce dossier bancaire explosif, la phase de « dégagisme électoral  » pourrait se poursuivre au-delà du nécessaire. Avec des conséquences imprévues (près une majorité des pays de l’Europe de l’Est, l’Italie vient d’en montrer l’exemple).

Par conséquent, démontrez votre volonté de changer les choses en commençant déjà par

alléger d’urgence et fortement les charges sur le travail pour aider la création d’emplois.

offrir enfin un contexte de concurrence loyale aux entreprises françaises, tant sur le marché domestique qu’à l’exportation.

prendre l’argent nécessaire dans la poche des prédateurs et spéculateurs, notamment sur les produits financiers toxiques appelés « dérivés » (qui devront être un jour légalement interdits, comme le seront un jour les crédits arnaques à taux variables abusifs qui ont notamment grugé et ruiné en toute impunité 8.000 communes françaises).

 

Faites enfin le boulot que les autres ont refusé de faire depuis des décennies. Œuvrez à mettre de l’ordre dans le système bancaire européen et mondial, en arrêtant d’emmerder fiscalement et bureaucratiquement les citoyens. Oui, foutez la paix aux français ! Y compris aux retraités. Y compris aux mal-logés. Y compris aux investisseurs. Y compris aux chômeurs créateurs de leur micro-entreprise. Y compris aux agriculteurs et artisans épuisés par le système de prélèvement confiscatoire le plus aberrant de la planète.

 

Comme nous le réclamons depuis 30 ans, aussi bien pour le dossier bancaire que pour les nombreux autres dossiers, nous voulons « une Europe des Nations et des projets concrets, pour une future France forte au sein d’une future Europe forte ». La mobilisation réformiste de la classe dirigeante doit se faire au niveau national ET être négociée au niveau européen. Rapidement. Avec des avancées expérimentales internationales pragmatiques, concrètes, sans attendre l’unanimité des 27 membres. Sous peine de prochaines « élections dégagistes carnassières ».

 

Ronald REMY

Animateur du think tank « En Marge » et des « Bouledogues de la République ».

source

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Publié par le 19 juin 2018 dans économie, général, International

 

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