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Archives du 18 juin 2018

François Asselineau revient sur l’actualité de ces derniers jours

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Publié par le 18 juin 2018 dans général, International, Politique, Vidéos (Toutes)

 

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La décomposition de l’UE

La décomposition de l’UE

L’Union européenne se décompose. Très clairement, la question des « migrants » a joué le rôle d’un détonateur. Sur cette question s’additionnent les erreurs politiques, un discours à prétention moral qui s’avère être fondamentalement moraliste, et une énorme hypocrisie.

On en a la preuve avec le cas de l’Aquarius, ce navire affrété par l’ONG SOS-Méditerranée. Mais, sur le fond, cette question n’a fait que refléter les contradictions internes qui se sont développées au sein de l’UE. En un sens, on peut penser que rares sont les dirigeants qui « croient » encore en une UE fédérale.

 Cette décomposition pourrait aboutir à diverses solutions, et même si le nom « Union Européenne » devait survivre, il est clair que ce ne serait plus l’UE telle qu’elle fut imaginée et mise en pratique depuis le vote du fameux « Acte Unique » de 1986. Nous assistons à l’écroulement de plus de trente années de « construction européenne ».

Un contexte chargé

Il y a eu tout d’abord le Brexit, voté en 2016, et que d’aucuns espéraient voir inverser par on ne sait quel traquenard « légal ». Or, avec le vote récent au Parlement britannique où Mme Theresa May l’a emporté sur la fraction pro-UE, il est clair que le BREXIT aura bien lieu. Le Royaume-Uni quittera donc bien l’Union Européenne (UE). Les élections générales de ces 6 derniers mois, en Hongrie, en Autriche, mais aussi en Slovénie, ont porté (ou maintenu) au pouvoir des gouvernements clairement eurosceptiques, souhaitant une modification profonde des règles de l’UE. Enfin, l’action de l’actuel gouvernement italien, résultant d’une coalition entre le M5S et la Lega a aboutit à mettre en lumière ces contradiction.

La décision du Ministre de l’intérieur Italien, M. Matteo Salvini, de refuser au navire Aquarius, le droit de débarquer les migrants recueillis a causé un scandale. Les bonnes âmes se sont élevées contre cette décision. Mais, celle-ci a respecté d’une part le droit international maritime, et le fait que l’ONG en question n’ait pas attaqué le gouvernement italien en témoigne, et d’autre part les cas d’urgences humanitaires ont été respectés. En dépit de déclarations souvent fracassantes, M. Salvini a accepté que les femmes enceintes et les personnes gravement malades soient débarquées, et les Garde-Côtes italiens continuent leurs missions de sauvetage. L’Aquarius est escorté par un navire des Garde-Côtes italiens, ce que reconnaît l’ONG SOS-Méditerranée elle même.

Hypocrisies franco-allemandes

Ce qui est donc en cause, c’est une politique caractérisée par un aveuglement au réel et une immense hypocrisie de l’UE, mais aussi de l’Allemagne et de la France. C’est cette hypocrisie en particulier qui a fait porter à l’Italie le poids presque exclusif de l’accueil des « migrants » depuis ces trois dernières années.

La reculade du Président français, M. Emmanuel Macron, qui — après avoir dénoncé l’attitude de l’Italie en des termes de morale plus que de politique — a été obligé de baisser de ton est significative. Il est revenu à une position plus raisonnable, mais au prix d’une humiliation internationale. Les deux dirigeants ont affiché une entente d’autant plus cordiale que l’on sait que l’on était passée au bord de la crise.

 Mais, cette crise s’est invitée en Allemagne où Angela Merkel a été obligée de composer avec son propre Ministre de l’intérieur M. Horst Seehofer. Ce dernier, soutenu par une majorité des députés de la CDU-CSU, souhaite que l’Allemagne passe un accord avec la Grèce et l’Italie sur la question des migrants, un accord qui permettrait à l’Allemagne de rejeter tous migrants non préalablement enregistrés. On apprenait une réunion des trois ministres de l’intérieur de l’Allemagne, de l’Autriche et de l’Italie sur la question de l’immigration illégale. Cela montre la volonté des gouvernements de se coordonner. Mais, et cela n’aura échappé à personne, il s’agit d’une coordination inter-gouvernementale entre des Etats souverains, coordination qui contourne allègrement les procédures et les habitudes de l’UE et qui, probablement, mettra en cause ses règles. Signe des temps?

Le poids de l’économie dans cette décomposition

On pourrait croire que la question des « migrants » épuise l’ordre du jour de l’UE. Ceci est loin d’être le cas. Le gouvernement italien, toujours lui, vient d’annoncer qu’il proposerait au Parlement de na pas ratifier le CETA, ce traité de Libre-Echange signé entre le Canada et les pays de l’UE. Une décision qui pourrait bien provoquer à terme l’annulation de ce traité. Cette décision du gouvernement italien, contradictoire avec la volonté de la Commission Européenne de décider, en lieu et place des Etats, sur les questions commerciale, réaffirme le rôle premier, et fondateur, de la souveraineté des Etats. De même, le gouvernement italien a laissé entendre qu’il pourrait s’opposer au renouvellement des sanctions contre la Russie. Ici encore, on est en présence d’une décision prise au consensus. Si un pays brise ce consensus, d’autres suivront.

Les questions économiques, et commerciales, tiennent donc une place importante dans le processus de décomposition de l’UE. Un processus qui a été mis en exergue par la décision de l’Allemagne de refuser la plus grande partie des propositions faites par le Président Français, Emmanuel Macron. La publication récente par l’OFCE d’un texte sur le rôle délétère de l’Euro vis-à-vis des économies tant françaises qu’italiennes le confirme (1). De fait, on constate que le « couple franco-allemand » n’existe pas, si ce n’est dans les délires des éditocrates français. Les formes prises par les « récits » de la crise engendrée par l’Italie, au premier lieux desquels les scandaleuses « unes » de la presse allemande mais aussi les lots extrêmement blessants qu’Emmanuel Macron avait utilisés, sont à la fois un symptôme de la décomposition de l’Union Européenne, mais en constituent aussi une de ses causes.

De la souveraineté des Nations

Cette décomposition de l’UE est cependant un processus de long terme. Dans ce contexte, le geste de Matteo Salvini à propos de l’Aquarius, que l’on l’approuve où non, a provoqué une césure importante. Il a démontré qu’un pays pouvait s’affranchir des règles de l’UE et démontrer tout à la fois l’inexistence de la « souveraineté européenne », ce mythe si cher à Emmanuel Macron et l’existence de sa propre souveraineté.

Ce geste aura des conséquences. Il contribue à redonner aux italiens une confiance dans le gouvernement de leur pays et dans les capacités de ce dernier. Mais, ce geste est aussi important pour les autres pays de l’Union Européenne. Car, si l’Italie peut recouvrer sa souveraineté, peut dans un moment de crise décider que c’est elle qui fixe l’ordre du jour des problèmes à traiter tout autant que la nature des solutions, ce qui est une définition de la souveraineté, alors d’autres pays retiendront la leçon.

Jacques Sapir

(1) Villemot S., Ducoudré B., Timbeau X., « Taux de change d’équilibre et ampleur des désajustements internes à la zone euro », in, Revue de l’OFCE, n°156 (2018)

 
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Publié par le 18 juin 2018 dans général, International, Politique

 

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Crise politique en Allemagne : Merkel pourrait être évincée dès la fin de la semaine

Le gouvernement allemand est au bord du chaos. Angela Merkela refusé l’ultimatum que son ministre de l’Intérieur venait de lui formuler. Dirigeant de la CSU -l’allié bavarois de son parti la CDU- Horst Seehofer avait donné deux semaines à la Chancelière pour trouver une solution européenne à la crise migratoire sans quoi il prendrait un décret pour fermer les frontières de l’Allemagne.

« Nous nous en tenons à notre position, dans le cas où ça ne réussirait pas (le sommet européen de Bruxelles, ndlr), qu’il soit possible de refouler immédiatement (les migrants) à la frontière », a affirmé le ministre. Angela Merkel a assuré pour sa part qu’il n’y aurait aucune fermeture « automatique » de l’Allemagne aux demandeurs d’asile, même en cas d’échec au niveau européen.

Cette crise politique qui pourrait déboucher sur un limogeage du ministre allemande et une explosion de la coalition qui dirige le pays depuis quelques mois intervient à la veille d’un conseil des ministres franco-allemand lors duquel la question migratoire sera une priorité.

Dimanche, un nouveau palier avait été été atteint. « Je ne peux plus travailler avec cette femme », avait déclaré le ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer, à propos d’Angela Merkel .

Lundi 18 juin En début d’après-midi, l’aile droite de la coalition gouvernementale allemande, réunie à Munich, avait fixé un ultimatum de deux semaines à Angela Merkel pour négocier une solution européenne au défi migratoire.

Faute d’accord européen, le président de l’Union chrétienne-démocrate (CSU) et ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, menace de fermer les frontières de l’Allemagne, au risque de provoquer une crise nationale et en Europe.

Le parti bavarois souhaite refouler à la frontière tous les migrants qui ont déjà été enregistrés dans un autre pays de l’Union européenne, le plus souvent l’Italie ou la Grèce. Cela correspondrait à la quasi-totalité des demandeurs d’asile arrivant en Allemagne.

La chancelière centriste s’y oppose, redoutant que procéder tel un cavalier seul ne crée le chaos et n’obère toute chance d’une solution européenne négociée et d’un système d’asile partagé. « Il s’agit d’un défi européen qui nécessite une réponse européenne », a-t-elle dit ce week-end, prévenant que la « cohésion de l’Europe » était en jeu.

Mais la CSU, qui se prépare à de difficiles élections régionales en Bavière en octobre, perd patience. Elle accuse la chancelière et son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), avec lequel elle est alliée depuis 1949, de laxisme.

Le Monde, Huff post

La fin de Merkel ? Un député de la CDU admet que l’Allemagne pourrait avoir un nouveau chancelier « d’ici la fin de la semaine prochaine »

Il semble de plus en plus probable que la chancelière allemande Angela Merkel ait assisté à sa dernière conférence du G-7.

Un jour après que l’euro s’est réveillé sur des rapports contradictoires vantant l’effondrement de la coalition gouvernementale de Merkel, un législateur du propre parti de Merkel a déclaré, lors d’une apparition sur BBC World at One (via Express), que la chancelière pourrait être évincée à la fin de la semaine prochaine. Vendredi, les médias allemands ont rapporté que le partenaire junior de la coalition de Merkel, le CSU, avait annoncé la fin de son alliance avec la CDU de Merkel – bien que cette information ait été rapidement démentie.

Alors que la colère de l’opinion publique allemande à l’égard de la politique de « porte ouverte » de Merkel couve depuis des années, l’instabilité au sein de la coalition au pouvoir – qui comprend une alliance politique vieille de plusieurs décennies entre la CDU et la CSU – s’est intensifiée quand Merkel a décidé ce week-end d’opposer son veto à un plan du ministre de l’Intérieur Horst Seehofer visant à contrôler et à réduire l’immigration clandestine. Le refus de la ministre de reculer a déjà brisé une trêve difficile entre les partisans conservateurs et les opposants à sa politique libérale en matière d’asile.

Le député allemand Kai Whittaker, membre de la CDU, a déclaré que les affrontements de Merkel avec Seehofer – qui exige que la police des frontières allemande ait le droit de refouler les migrants sans papiers d’identité ou qui sont déjà enregistrés ailleurs dans l’Union Européenne – menacent de créer  » une nouvelle situation politique « . Et probablement un nouveau chancelier. »

Comme le souligne astucieusement Whittaker, la crise politique découle du fait que la question de l’immigration est devenue  » une question de pouvoir « .  L’AfD, qui a surpassé les attentes lors des élections d’automne en Allemagne, doit en grande partie son ascension à sa position anti-asile. Et alors que le chaos s’installe, Whittaker a expliqué que les législateurs allemands sont largement dans l’ignorance quant à ce qui se passe avec les dirigeants.

« Nous sommes dans une situation grave parce que la question de la crise migratoire s’est transformée en une question de pouvoir…. la question est de savoir qui dirige le gouvernement ? Angela Merkel ou Horst Seehofer ? Tout le monde semble tenir bon et c’est le problème.« 

 […]

Il existe un plan directeur pour résoudre la crise migratoire, qui consiste en 63 idées de Horst Seehofer.

Wittaker a également souligné que les affrontements entre Seehofer et Merkel pourraient être liés aux prochaines élections locales en Bavière, où le parti conservateur est soucieux de conserver une majorité.

« Cela doit être lié à la prochaine élection en Bavière, car il est vital pour les conservateurs de remporter une majorité globale, parce que c’est grâce à ça qu’ils ont une importance nationale. »

« Ce genre d’épisodes a le potentiel de diminuer l’autorité de Merkel et de Horst Seehofer et il se pourrait bien qu’à la fin de la semaine prochaine nous ayons une nouvelle situation, probablement un nouveau chancelier. « 

Merkel est opposée à ce qu’elle considère comme une approche autoritaire de Seehofer envers l’immigration, et a tenu des réunions avec les membres de son parti à la recherche de soutien pour sa politique d’asile défaillante, qui a amené plus de 1 million de migrants en Allemagne en 2015, conduisant à une hausse des agressions violentesCependant, beaucoup d’alliés de Merkel exigent même des changements à sa politique de « porte ouverte » concernant les migrants. Le plan de M. Seehofer remplacerait une règle existante de l’UE, qui permettrait à l’Allemagne de renvoyer les demandeurs d’asile dans le premier pays de l’UE dans lequel ils sont entrés. Pour l’instant, l’accord de coalition est toujours en place. Mais si le gouvernement allemand s’effondre, ou semble se diriger vers cette voie, attendez-vous à une plus grande volatilité de l’euro – et par extension, à un renforcement du dollar américain (et à des difficultés pour les marchés émergents ).

Source:https://www.zerohedge.com/news/2018-06-16/cdu-lawmaker-says-germany-could-have-new-chancellor-end-next-week

Via RI

 
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Publié par le 18 juin 2018 dans général, International, Politique

 

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L’ACTU VUE PAR OLIVIER BERRUYER, SANS CONCESSION

 

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