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Archives du 17 juin 2018

Bons ou mauvais médias : des députés veulent « labelliser » la presse !

La loi "fake news" voulue par Macron semble avoir ouvert une boîte de Pandore à amendements...

La loi « fake news » voulue par Macron semble avoir ouvert une boîte de Pandore à amendements… 

La loi « fake news » contre la manipulation de l’information risque d’être fort dangereuse pour certaines de nos libertés les plus fondamentales si elle est votée, créant un véritable ministère de la vérité – voir pire,  ici il s’agit de l’idée absurde  de « labellisation » des médias ce qui montre un peu l’ambiance, mais nul ne sait ce qui va sortir du chapeau ni où ce projet de loi va nous mener … Z 

Dans les deux propositions de loi contre la manipulation de l’information, discutées ce jeudi 7 juin au Parlement, plusieurs amendements proposent une « labellisation » ou « certification » des médias par l’Etat. Entre excès de zèle et amateurisme, certains députés semblent bien décidés à apposer un sigle sur les sites Internet français…

« Information 100% certifiée par l’Etat français« . L’éventualité de ce label vous interroge, où vous met carrément mal-à-l’aise ? L’énoncé est évidemment provocateur, mais il semble que les parlementaires LREM et MoDem souhaitent souscrire à une formule de ce type. Car la loi contre les fausses informations, examinée à partir de ce jeudi au Parlement, est truffée d’amendements prônant la « labellisation » ou la « certification » des sources d’informations. Comme lorsqu’un label est présent pour indiquer la provenance d’un fromage, les députés souhaiteraient pouvoir doter les sites Internet et autres organes de presse d’un sigle permettant leur identification. Faire la part des choses, en somme, entre les sites d’informations fiables, qui diffusent de vraies infos, et les autres. Selon certains députés, ce label devrait être distribué par rien de moins… que l’Etat lui-même.

Ces amendements sont multiples : au moins cinq d’entre eux tentent d’inscrire l’existence d’un label dans la loi. Un groupe issu de la majorité La République en marche réclame ainsi la création d’une « obligation de signalétique » qui doit permettre d’identifier quels sont « les sites de confiance » et ceux « de moindre crédibilité« . Ces bons et mauvais points devraient être distribués selon des « modalités » et des « critères » qui « seront définis par décrets« , c’est-à-dire directement… par la puissance publique ! Pour compléter ce contrôle, les députés proposent même une « procédure de labellisation certifiée » qui serait « confiée au Conseil supérieur de l’audiovisuel » (CSA). Actuellement, le rôle de cet organisme est de garantir l’exercice de la liberté de communication à la télévision et à la radio.

Derrière la « bonne intention »…

Si cet amendement était adopté, il reviendrait donc à l’Etat de déterminer quel site d’actualité – et donc qu’elle information – est suffisamment fiable pour obtenir son label. Il n’en a pas fallu davantage pour que, sur Twitter, plusieurs journalistes s’indignent, en appelant à la douloureuse figure de Big Brother, ou d’un nouveau ministère de la Vérité. « C’est un problème, vous ne pouvez pas confier un impératif de certification au CSA, déplore Patrick Eveno, président de l’Observatoire de la déontologie de l’information. Dans un état libre de droit, il ne lui revient pas de trancher ce qui est fiable de ce qu’il ne l’est pas en matière d’informations sur Internet« .

Pour contrer cette critique, d’autres députés se défendent de vouloir labeliser l’information… tout en proposant de délivrer « une signalétique visible et appropriée des contenus publiés par des services de presse en ligne« . « Ce n’est pas un label. Il s’agit simplement d’un signe qui pourrait permettre aux lecteurs de s’y retrouver dans les sites qu’ils visitent et qui serait valorisant pour les journalistes« , se défend auprès de Marianne la députée MoDem Sophie Mette, assurant aussitôt « avoir eu une très bonne intention » en proposant ce texte.

… un label indirectement remis par l’Etat

Avant même l’ouverture des discussions au Parlement, son amendement d’origine a été directement escamoté. En cause, la présence d’un élément particulièrement saisissant, qui avait déjà suscité l’ire, indique-t-on au MoDem, de « plusieurs personnes, plusieurs journalistes« . Dans cette première version, les députés centristes proposaient que cette fameuse « signalétique » soit délivrée par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP). Aujourd’hui, cette dernière a un rôle essentiellement fiscal : elle reconnaît quelles publications bénéficient des avantages postaux et fiscaux attribuées à la presse. C’est elle, aussi, qui attribue leur carte presse aux journalistes français. Bien qu’elle constitue une autorité administrative indépendante, son président et certains de ses membres sont nommés par un arrêté du ministre chargé de la Communication.

Là encore, en proposant que le choix d’un sigle revienne à la CPPAP, les députés MoDem suggéraient donc, en somme, que l’Etat français identifie quelles sources d’informations étaient crédibles, et quelles autres ne l’étaient pas. « Ça a été mal perçu mais il s’agissait bien d’une maladresse, indique-t-on. Nous l’avons rectifiée en indiquant simplement qu’il fallait une signalisation. Nous voyons bien le problème que proposerait une attribution d’un sigle par l’Etat« . Et au MoDem d’ajouter, très mal-à-l’aise : « On vous assure que nous n’avons jamais eu l’intention de labelliser l’information« . De quelle manière serait alors défini le fameux sigle de bonne conduite médiatique, si aucun organisme public ne s’en mêle ? « Nous n’y avons pas encore vraiment réfléchi, concède Sophie Mette, un peu confuse. Peut-être que l’amendement ne sera pas adopté, alors il est encore trop tôt pour y penser ! »

« Nous n’y avons pas encore vraiment réfléchi« , concède la députée à l’origine du texte

Un label pour « exercer un vrai contrôle déontologique »

Après quelques hésitations, la députée finit par lâcher une idée, celle d’une commission extérieure à l’Etat, constituée de professionnels des secteurs des médias : « Rien n’est encore écrit, précise-t-elle. Tout est encore possible et ouvert, en tout cas en ce qui concerne cette proposition ! » Une idée qui rejoint notamment celle de Reporters sans frontière, qui réclamait, début avril, la création d’un label européen pour faire le tri entre les vraies et les fausses informations : « Ce serait une bonne idée pour permettre une certification des méthodes production de l’information« , se réjouit Paul Copin, juriste de l’association. RSF imagine pour sa part un système de labellisation qui rejoindrait celui des autres industries, passant par exemple par l’Association française de normalisation (AFNOR) : « Cela nous d’avoir permettrait une garantie de fiabilité« , poursuit-il.

Mais pour Patrick Eveno, aucune des solutions proposées aujourd’hui en matière de certification ne fait l’affaire : « On est en train de construire une vraie usine à gaz, regrette-t-il. Les propositions de Reporters Sans Frontières ou celle des députés ne sont pas les bonnes, pour la simple raison qu’elles demandent d’exercer un contrôle a priori, sur un contenu qui n’a pas encore été produit. C’est absurde ! »

LE VOTE DE LA LOI POURRAIT ^TRE REPOUSSÉ EN JUILLET 

Alors que son adoption devait intervenir le jeudi 7 juin, la loi sur les « fake news » a finalement été repoussée à plus tard et devrait probablement être votée en juillet. Après huit heures de discussion dans un hémicycle assez clairsemé, la séance a été levée à 1 heure du matin. Il reste encore une centaine d’amendements à étudier dans les deux textes qui constituent ce nouvel arsenal législatif (une loi ordinaire, et une autre organique, portant sur la période présidentielle). Ce dernier vise à contrecarrer la diffusion d’une « fausse information« , terme dont la définition a cristallisé les critiques cette semaine.

La rapporteuse de la loi, Naïma Moutchou (La République en marche) a ainsi fait voter une nouvelle définition ce jeudi : « Toute allégation ou imputation d’un fait, inexacte ou trompeuse, constitue une fausse information« . Preuve du manque de consensus dans la majorité, la ministre de la Culture, François Nyssen, qui juge cette définition trop générale, a expliqué espérer que la navette avec le Sénat permettrait une définition « plus satisfaisante« .

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Publié par le 17 juin 2018 dans Education - information, général, Politique

 

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Le nombre d’insectes diminue de manière spectaculaire et cela devrait vous inquiéter

Le nombre d'insectes diminue de manière spectaculaire et cela devrait vous inquiéter

C’est un phénomène mondial très inquiétant, et à force, le déclin de la biodiversité pourrait bien annihiler l’humanité …  Z 

Depuis la fin des années 80, la quantité d’insectes diminue fortement, indique une étude de scientifiques de Radboud University aux Pays-Bas, sur base de l’analyse d’insectes volants collectés au sein de plus de 60 réserves naturelles en Allemagne.

Avec cette étude, les entomologistes souhaitent faire comprendre que les insectes sont nécessaires à la survie de l’humanité. « Il s’agit de la chaîne alimentaire classique de troisième catégorie », a déclaré Richard Redak, entomologiste à l’Université de Californie, Riverside, et co-auteur du livre « Bugs Rule! »

« Si vous perdez des insectes, vous avez un problème « 

Une étude antérieure s’était concentrée principalement sur l’influence du changement climatique sur des espèces prises individuellement. Ces expériences avaient suivi des insectes particuliers tels que des papillons, des abeilles ou encore des mites.

Cependant, l’étude des chercheurs des Pays-Bas, de l’Allemagne et du Royaume-Uni a fait quelque chose de totalement différent. Plutôt que de se concentrer sur une seule espèce d’insecte ou de cataloguer différentes variétés de punaises, les scientifiques ont collecté tous les insectes volants de 63 réserves naturelles allemandes de 1989 à 2016.

Les chercheurs de la Radboud University ont fait usage de pièges grâce auxquels toutes sortes d’insectes volants  pouvaient être rassemblés. Les données de cette étude publiées dans la revue PLOS One, ont montré une baisse de 76% de la biomasse des insectes de mars à octobre et un déclin de 82% en plein été, alors que les insectes sont généralement durant cette saison à leur apogée.

Chaîne alimentaire

« L’étude démontre que toutes les espèces d’insectes volants, pas seulement les plus vulnérables, ont rapidement diminué en quelques décennies » explique le responsable de l’étude, Caspr Hallmann, biologiste auprès de la Radboud University. « Des pièges à d’autres endroits ont même été retrouvés presque vides. »

L’analyse a indirectement permis d’avoir une idée de la quantité d’insectes disponibles pour jouer un rôle d’herbivores, de pollinisateurs et de nourriture pour d’autres animaux. « Vous pouvez être sûr que si vous perdez les trois quarts de la biomasse des insectes, une partie importante des animaux qui se trouvent plus haut dans la chaîne alimentaire – les oiseaux, les chauves-souris et les amphibiens – seront affectés », a déclaré M. Hallmann. « Il y aura forcément des conséquences. »

« En fait, l’étude a été inspirée par le déclin de la quantité d’oiseaux aux Pays-Bas, ce qui a mené à étudier les sources de nourriture des animaux » explique Hallmann. « L’hypothèse est que la perte des insectes rend la capture de proies plus difficile pour les oiseaux. »

Pas d’extrapolation

L’étude n’avance pas de cause à ce phénomène, mais des causes traditionnelles, comme le changement  climatique, ne semblent pas avoir joué un rôle. Ces 30 dernières années, l’Allemagne a en effet connu une légère augmentation des températures, ce qui aurait mener à une hausse de la quantité des insectes. Le changement dans la diversité des plantes et dans le paysage naturel ne semble pas non plus avoir eu un impact.

Au lieu de cela, les chercheurs pensent que les insectes des réserves naturelles ont pu être affectés par les terres avoisinantes. Pour Eric Porter, un biologiste du Service américain de la faune et de la pêche ayant eu accès à l’étude, les changements dans les pratiques agricoles peuvent expliquer une grande partie de la perte de biomasse des insectes.

Selon M. Hallmann, cela pourrait inclure des engrais et des pesticides qui s’infiltrent dans les réserves, ou le fait que les insectes quittent les réserves pour des environs proches mais inhospitaliers. L’étude ne spécifie pas si ces résultats concernant la perte de biomasse peuvent être généralisés à d’autres parties du monde.

Les réserves naturelles allemandes sont caractéristiques du nord-ouest de l’Europe, mais ces zones ne ressemblent pas à des parcs naturels plus vastes dans des régions telles que les États-Unis, le Canada ou le Brésil. Cela ne veut pas dire que d’autres régions ne connaissent pas les mêmes baisses, mais cette étude n’a pas réalisé de telles comparaisons.  « Nous ne pouvons pas extrapoler », a déclaré M. Hallmann, « mais la preuve que nous avons est que tous les points vont dans la même direction, et c’est dans le sens du déclin. »

Source

 
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Publié par le 17 juin 2018 dans Climat - Environnement, général, société

 

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