Par Tyler Durden

Alors que le nouveau gouvernement italien soulève une fois de plus – quoique timidement pour l’instant – la question épineuse de la redénomination monétaire au sein de la zone euro et, par implication, l’échec de l’euro et son retour à ses monnaies constitutives, nous avons pensé qu’il serait bon de rappeler aux lecteurs pourquoi avant tout l’euro existe. La réponse la plus brève possible : s’assurer que le Deutsche Mark disparaisse.

Comme le montre le graphique ci-dessous – qui montre la performance de chacun des 12 pays de l’UE par rapport au DEM allemand dans chaque décennie des années 1950 au début de l’Euro en 1999 – à part une petite réévaluation des pays centraux dans les années 90, chaque pays a dévalué au profit de l’Allemagne à chaque décennie entre les années 1950 et le début de l’euro. Autrement dit, le Deutsche Mark s’est apprécié en valeur contre tous ses pairs européens pendant 5 décennies consécutives, une tendance qui, si elle restait inchangée, aurait conduit à une crise économique et commerciale.

DEM relative value 1.jpg

Et en bonus, voici les mêmes données (avec l’ajout des États-Unis et du Royaume-Uni) depuis la fin du système de Bretton Woods en 1971 jusqu’au début de l’euro (dévaluation de la lire -82% par rapport au DM allemand) et pendant les années 1990 (dévaluation de -24%) – la décennie qui a immédiatement précédé le début de l’euro. Comme on peut le constater, l’Italie est parmi les pays les moins performants par rapport au DM allemand au cours de ces périodes et a montré une dynamique qui a existé au cours de la période précédant le début de l’euro.

DEM relative value 2.jpg

Et tandis que l’échange fixe de l’euro pour les pays européens a permis à l’industrie exportatrice allemande de se surpasser, l’absence de possibilité de dévaluation externe, c’est-à-dire monétaire, a obligé l’Italie à tout faire en s’engageant dans une dévaluation interne c’est-à-dire des salaires plus bas, un chômage plus élevé et une augmentation du déficit de sa balance des comptes courants, ce qui est cependant rendu pratiquement impossible étant donné la détérioration de la démographie italienne. C’est ce que Jim Reid de DB a dit de l’avenir potentiel de l’Italie.

Pour l’avenir, il ne sera pas facile pour l’Italie de sortir de ses problèmes car elle fait face à l’un des pires ensembles démographiques des pays du G20. La taille de la population a atteint un pic (selon les Nations Unies) et devrait décliner jusqu’en 2050. Sa population en âge de travailler (15-64 ans) devrait chuter de 24% au cours de la même période, et est à nouveau l’une des moins bien placées du G20.

On comprend presque pourquoi l’Italie est plutôt en colère contre l’euro : comme le résume Reid, l’Italie est coincée dans un « taux de change fixe avec l’un des pays les plus compétitifs au monde ces derniers temps ». Les niveaux d’endettement, les niveaux élevés de chômage des jeunes et la démographie montrent les difficultés qui nous attendent aussi ».

Source : https://www.zerohedge.com/news/2018-06-04/reason-why-euro-was-created-one-chart

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr