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L’Italie sème la panique sur les marchés, Soros averti que « le monde pourrait être au bord d’une nouvelle crise financière dévastatrice »

30 Mai

Au palais de Quirinal à Rome, le 28 mai. Carlo Cottarelli, un ancien du Fonds monétaire international, a été chargé de créer un gouvernement technique en Italie mais les investisseurs ne croient pas que ce dernier obtiendrait la confiance du Parlement et tablent sur de nouvelles élections.

C’est le grand retour de la peur. Wall Street, Tokyo, Paris, Milan… mardi 29 mai, l’ensemble des places financières mondiales ont terminé en baisse, tandis qu’en Europe, les taux souverains des pays du Sud se sont tendus un peu plus encore – en particulier ceux de l’Italie. Mercredi l’incertitude dominait toujours.

Une angoisse comparable à celle de 2012 saisit les investisseurs et aiguise l’appétit des fonds spéculatifs : celle de voir la zone euro sombrer dans une crise existentielle majeure, dans le sillage des incertitudes politiques italiennes. A Rome, le torchon brûle entre le président Sergio Mattarella d’une part, et les populistes de la Ligue et du Mouvement 5 Etoiles d’autre part. De nouvelles élections se profilent. Pour la première fois de l’histoire, la troisième économie européenne pourrait être dirigée par les eurosceptiques. D’ici là, un été agité s’annonce sur les marchés…

Par ailleurs, Dans un discours prononcé mardi à Paris, le chantre du mondialisme George Soros a averti que le monde pourrait être au bord d’une nouvelle crise financière dévastatrice , alors que les crises de la dette réapparaissent en Europe et que les rivaux américains émergent.

« Ce n’est plus une figure de style de dire que l’ Europe est en danger existentiel, c’est la dure réalité … le monde pourrait être au bord d’une nouvelle crise financière dévastatrice »  a-t-il entre autres déclaré .

L’Italie sème la panique sur les marchés

La crise politique en Italie a provoqué hier un vent de panique sur les marchés européens, ils ont tous terminé la séance en baisse. Les pays de la zone euro craignent de revivre une crise de la dette, cette peur est-elle justifiée ?

La violence des mouvements observé hier sur les marchés ravive effectivement les mauvais souvenirs des années 2011/2012, quand l’Europe a basculé dans la crise de la dette. Les taux d’emprunts italiens ont subi les revers les plus inquiétants. Le taux à deux ans qui était en territoire négatif il y a quinze jours a subitement grimpé jusqu’à +2,7%, un plus haut pas vu depuis 2013. Le taux à dix ans a même dépassé brièvement la barre des 3%. Cette tension sur la dette italienne a plombé toutes les bourses. Milan, Paris, Londres ou Francfort. Même Wall Street a été contaminé et ce matin les marchés asiatiques ont ouvert en baisse en partie à cause de la crise italienne.

Ce sont les banques qui ont le plus souffert

Les banques italiennes parce qu’elles détiennent une bonne part de la dette de leur pays, mais on a vu aussi reflué la cote de la française BNP, de l’espagnole Santander ou encore de l’allemande Commerzbank. Là encore cela rappelle le scénario noir qu’a connu la zone euro, car c’était déjà les banques qui étaient en première ligne. Pourtant la situation économique de l’Italie comme celle de toute la zone euro est bien meilleure qu’au début de la décennie. C’est ce que répètent sur tous les tons ceux qui cherchent à ramener le calme sur les marchés. Et c’est vrai. Tous les pays de la zone euro ont assaini leurs finances et ils poursuivent leurs efforts, ils ont renoué avec la croissance, et le chômage globalement régresse.

Mais la reprise ne pèse plus grand chose quand réapparait le risque politique

Effectivement c’est l’incertitude sur le sort de l’Italie qui sème la panique. La situation politique est totalement inédite, imprévisible. La perspective d’un gouvernemen technique dirigé par Carlo Cotarrelli, un partisan de l’austérité, a d’abord rassuré. Et puis elle a été apréhendé par les investisseurs comme un facteur négatif. Celui qu’on surnomme Mr Ciseau en Italie pourrait cristalliser le vote anti système. Les prochaines élections qui auront lieu cet automne, on dit même qu’elles pourraient être organisées dès le mois de juillet, sont désormais perçu comme un référendum pour ou contre l’euro. Une éventuelle sortie de l’Italie de la zone euro parait hautement improbable mais le fait que la question soit posée est en soi une calamité pour les finances de la péninsule comme pour toute la zone euro. Car une fois encore l’existence même de de la monnaie unique est remise en question.

Et cette perspective sème la zizanie à Bruxelles

Le commissaire allemand Gunter Ottinger a déclenché le courroux des Italiens en laissant entendre que les marchés pourraient envoyés un signal aux électeurs italiens leur enjoignant de ne pas choisir les populistes. Il a retiré ses propos mais le mal était fait. Pour désamorcer le président de la commission Jean-Claude Juncker a très vite affirmé le contraire: les marchés d’après lui ne sauraient dicter le vote des Italiens. Au moment où l’Europe s’apprête à réformer ses institutions, on voit que la crise italienne fait ressurgir les antagonismes toujours profondément ancrés dans la zone euro, et qu’elle les attisent même. Entre d’un côté les partisans de la mutualisation du risque, comme la France, et de l’autre, les croisés de l’orthodoxie budgétaire, comme l’Allemagne, plus que jamais hostiles à l’idée de renflouer les plus endettés.

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Publié par le 30 mai 2018 dans économie, général, International

 

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