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Archives Mensuelles: mars 2018

Les pesticides sont bien l’une des causes du déclin des oiseaux

Des bécasseaux sanderling sur un rocher de la baie de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor).

L’information n’est pas passée inaperçue. La semaine dernière, la publication des résultats de deux études sur le déclin de nombreuses espèces d’oiseaux a connu un écho médiatique important (dont la « une » du Monde datée 21 avril). Rapidement, le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, a une fois de plus appelé à changer les pratiques agricoles pour « inverser la tendance » et réduire l’utilisation de pesticides.

Cette annonce, fruit de deux réseaux d’étude gérés par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), a cependant soulevé de vives critiques sur le rôle que jouent les pesticides dans ce déclin inquiétant, et notamment dans une chronique de vérification des faits diffusée sur Europe 1, mercredi 28 mars. Mais celles-ci ont commis plusieurs erreurs graves.

CE QUI A ÉTÉ DIT :

« Les chercheurs n’ont pas démontré le lien de causalité avec les pesticides. »

POURQUOI C’EST TROMPEUR

Les travaux de suivi des populations d’oiseaux ne cherchent pas les causes des variations d’abondance de cette faune, il est donc normal qu’ils n’apportent pas directement de « preuves » de la responsabilité des pesticides et de l’agriculture intensive, ni d’ailleurs de tout autre facteur. Par exemple, une étude épidémiologique relevant la proportion de fumeurs touchés par un cancer du poumon ne permet pas, en elle-même, d’établir un lien de causalité entre la cigarette et la maladie. Mais cela ne signifie pas que ce lien de causalité n’existe pas.

Un ensemble d’indices concordants pour un éventuel lien de causalité

De fait, il est très rare qu’une étude unique permette d’établir un lien de causalité entre deux phénomènes : chaque étude documente un fait précis (dans le cas présent, le déclin des oiseaux des champs) et c’est un ensemble d’indices concordants, apportés par une diversité d’autres travaux, qui fondent un éventuel lien de causalité avec un autre phénomène. Affirmer que les pesticides ne sont pas les premiers responsables du déclin des oiseaux parce qu’une étude non destinée à chercher des liens de causalité n’a pas mis en évidence de lien de causalité est une erreur logique.

En revanche, d’autres études établissent un lien fort entre pesticides et déclin de la faune aviaire. Une étude publiée en 2014 dans la revue Nature a montré que la chute des populations d’oiseaux insectivores était bien liée à la concentration d’insecticides néonicotinoïdes dans l’environnement (aux Pays-Bas en l’occurrence). Ce lien est d’ailleurs mis en évidence à des niveaux de contaminations minuscules, de l’ordre de quelques milliardièmes de gramme — ou nanogrammes — de pesticide par litre d’eau de surface prélevée dans l’environnement. « A des concentrations d’imidaclopride [une molécule de la famille des néonicotinoïdes] supérieures à 20 nanogrammes par litre, les populations d’oiseaux ont eu tendance à diminuer de 3,5 % en moyenne par an, écrivent les auteurs. Des analysescomplémentaires ont révélé que ce déclin spatial n’est apparu qu’après l’introduction de l’imidaclopride aux Pays-Bas, au milieu des années 1990. »

Des chercheurs de l’Office national de chasse, de la forêt et de la faune sauvage (ONCFS) ont, de leur côté, documenté l’existence d’intoxications directes d’oiseaux granivores, qui meurent de la consommation de semences enrobées de ces pesticides.

Ce ne sont là que deux études parmi les très nombreuses publiées dans la littérature scientifique et montrant que ces nouvelles générations de pesticides, utilisées depuis le milieu des années 1990, ont des effets délétères sur de nombreux compartiments de la biodiversité. Dont les oiseaux, directement ou indirectement.

Les faibles doses de pesticides sans impact ?

CE QUI A ÉTÉ DIT :

« De faibles doses de pesticides ont peu d’impact et ces intrants pèsent trois à quatre fois moins dans le déclin des oiseaux que la modification de leur habitat. »

POURQUOI C’EST FAUX

L’étude sur laquelle s’appuie cette affirmation est celle menée par des chercheurs du Centre d’écologie et de sciences de la conservation, qui a porté sur 199 champs observés dans trois régions françaises. Elle n’a pas suivi ces parcelles sur une « longue période » mais seulement entre 2009 et 2011. Un suivi temporel aussi bref ne permet pas de mesurer les effets sur la biodiversité des changements de pratiques introduits au milieu des années 1990 avec l’introduction de nouvelles générations d’insecticides systémiques.

En outre, la pondération citée (« ces intrants pèsent trois à quatre fois moins dans le déclin des oiseaux que la modification de leur habitat ») est calculée en comparant des exploitations entre elles : c’est une donnée relative qui ne permet pas de mesurer les responsabilités partagées du déclin des oiseaux constaté depuis plusieurs décennies.

Au total, il existe plusieurs centaines d’études publiées dans la littérature scientifique montrant sans ambiguïté les effets délétères des néonicotinoïdes sur des invertébrés non ciblés. Dix-huit chercheurs d’une dizaine de nationalités ont passé en revue l’ensemble de cette littérature et en ont publié, en 2015, une longue synthèse dans la revue Environnemental Science and Pollution Research. Leur conclusion :

« Malgré d’importantes lacunes dans les connaissances et des incertitudes, il existe suffisamment de connaissances pour conclure que les niveaux actuels de pollution par les néonicotinoïdes et le fipronil, résultant des utilisations actuellement autorisées, dépassent souvent les plus faibles concentrations auxquelles des effets nocifs sont observés. Ils sont donc susceptibles d’avoir des impacts biologiques et écologiques négatifs à grande échelle et ce sur une vaste gamme d’invertébrés non ciblés, dans les habitats terrestres, aquatiques, marins et benthiques. »

Dans la même revue, trois autres chercheurs ont publié, la même année, une synthèse de près de cent cinquante études montrant la toxicité directe de ces substances pour les mammifères, les oiseaux, etc.

Un gramme d’imidaclopride peuttuer autant d’abeilles que 7,3 kilogrammes de DDT

En ce qui concerne les néonicotinoïdes, les doses utilisées ne sont pas « essentielles ». En effet, ils sont principalement utilisés de manière systématique et préventive, en gainage des semences mises en terre. Or certains d’entre eux, en particulier l’imidaclopride, sont très persistants et s’accumulent d’année en année dans l’environnement. Au point que dans des régions agricoles du Royaume-Uni, les fleurs sauvages sont également contaminées et forment une source d’exposition importante pour les abeilles domestiques, ainsi que l’ont montré des chercheurs britanniques.

En outre, ces pesticides sont les plus puissants jamais synthétisés et agissent à très faibles doses : un gramme d’imidaclopride peut tuer autant d’abeilles que 7,3 kilogrammes du célèbre DDT. Un gramme de thiaméthoxame équivaut à 5,4 kg de DDT et un gramme de clothianidine compte autant que 10,8 kg de DDT.

« Pourtant, les populations d’oiseaux diminuent aussi en ville »

CE QUI A ÉTÉ DIT :

« Il faut noter qu’en ville, les populations d’oiseau ont aussi baissé d’un tiers. »

POURQUOI C’EST TROMPEUR

L’affirmation sous-entend assez clairement que le rôle des pesticides n’est pas aussi important qu’entendu car des baisses similaires sont enregistrées en ville. Pourtant, la baisse des oiseaux nichant dans le bâti peut être liée à d’autres facteurs. Elle n’est pas l’indice que les pesticides ne seraient pas un déterminant majeur du déclin des oiseaux des champs. C’est là encore une erreur de logique.

De manière générale, les pesticides ne sont certainement pas la seule cause du déclin des oiseaux.

D’autres paramètres non étudiés ?

CE QUI A ÉTÉ DIT :

« La cause de la disparition des insectes reste mystérieuse, les auteurs de ce constat n’ont pas intégré ni étudié l’effet des pesticides, des changements climatiques ou d’autres facteurs. »

POURQUOI C’EST FAUX

Les travaux d’une équipe internationale de biologistes, publiés en octobre 2017 dans la revue PLoS One, ont au contraire étudié un grand nombre de paramètres (changement du climat au cours du temps, de l’habitat, de l’utilisation des terres). Aucun ne permet d’expliquer le déclin observé des insectes volants en Allemagne — un déclin de 76 % en moins de trois décennies, qui atteint même 80 % au cours des mois d’été.

« Nous montrons que ce déclin est manifeste quel que soit le type d’habitat et que les changements des conditions météorologiques [températures, précipitations et vitesse du vent], l’utilisation des terres et les caractéristiques de l’habitat ne peuvent expliquer ce déclin global », concluent ainsi les chercheurs. Les auteurs n’ayant pas eu accès dans les régions étudiées aux changements d’utilisation de produits phytosanitaires par les agriculteurs, ils n’ont pu corréler le déclin observé aux pesticides.

Mais leur travail permet d’écarter les principales causes possibles sans lien avec l’agriculture. Les changements de pratique de celle-ci sont donc les causes les plus plausibles car, écrivent-ils, « l’intensification de l’agriculture, incluant la disparition des marges et les nouvelles méthodes de protection des cultures [c’est-à-dire l’enrobage des semences par les nouvelles générations d’insecticides systémiques] est associée à un déclin global de la diversité des plantes, des insectes, des oiseaux et d’autres espèces communes ».

Les auteurs de ces travaux ont d’ailleurs peu de doutes sur l’implication des néonicotinoïdes dans le déclin de la biodiversité en général. « Il faut adopter des restrictions internationales sur l’utilisation des néonicotinoïdes sans attendreet empêcher leur remplacement par des produits tout aussi dangereux », écrivent ainsi des chercheurs ayant participé à cette publication, dans une tribune publiée dans Le Monde.

Lire aussi :   Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une « vitesse vertigineuse »

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Publié par le 30 mars 2018 dans Climat - Environnement, général

 

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La Russie alerte sur un Plan US d’un faux attentat chimique en Syrie pour justifier un bombardement !

Plan US d’un faux attentat chimique en Syrie pour justifier un bombardement…
… La Russie prévient qu’elle réagira

« La grave circonstance que nous décrivons semble être sans précédent, et pourrait aboutir à une confrontation directe entre les puissances nucléaires » 

Les événements en Syrie ressemblent de plus en plus à une confrontation directe entre grandes puissances plutôt qu’à une guerre par procuration. Les paroles de M. Lavrov, prononcées il y a quelques jours, révèlent la phase critique des relations internationales que le monde traverse, avec un conflit potentiellement dévastateur prêt à s’enflammer dans la région du Moyen-Orient.

Un avertissement alarmant de Sergueï Lavrov et du chef de l’état-major général russe, Valery Gerasimov, a été annoncé par l’intermédiaire de Russia Today (RT) et de plusieurs médias russes. Le contenu est explosif et mérite la plus large diffusion possible. Gerasimov a affirméque Moscou avait « des informations fiables selon lesquelles les combattants [djihadistes] se préparent à mettre en scène l’utilisation par les troupes gouvernementales d’armes chimiques contre la population civile ». Il a allégué que les États-Unis avaient l’intention d’accuser les troupes de Assad d’utiliser des armes chimiques contre des civils, puis de « bombarder » Damas. Gerasimov a averti que la Russie« engagerait des mesures de rétorsion » si les États-Unis ciblaient des zones où ses forces armées sont situées dans la capitale syrienne. « Des conseillers militaires russes, des représentants du Centre pour la réconciliation, et des membres de la police militaire se trouvent actuellement dans la capitale syrienne » a indiqué M. Gerasimov, ajoutant que les forces armées russes réagiraient, en cas de danger pour la vie des militaires russes, à la fois contre les « missiles » et leurs « lanceurs ». Quelques heures plus tôt, Lavrov a critiqué les propos de l’émissaire américain à l’ONU, Nikki Haley, au sujet de la disposition de Washington à « bombarder Damas et même le palais présidentiel de Bachar Assad, indépendamment de la présence des représentants russes là-bas »« C’est une déclaration absolument irresponsable » a ajouté le diplomate russe.

Les mots de Gerasimov sont encore plus graves, puisqu’il explique comment les États-Unis et leurs alliés préparent le terrain pour justifier une attaque contre la Syrie. Selon des informations, des terroristes stationnés à Al-Tanf – une base militaire américaine illégale en Syrie – ont reçu vingt tonnes de chlore gazeux et des détonateurs, camouflés en cartouches de cigarettes, pour attaquer dans une zone densément peuplée de civils sous le contrôle des terroristes. Ce qui se passerait alors est déjà évident, avec les Casques blancs – i.e. al-Qaïda – et les médias usuels prêts à diffuser les images des victimes de l’attaque, abusant les sentiments des spectateurs occidentaux ignorants de la conspiration en cours. Les efforts pour cibler la Russie ont déjà atteint les niveaux d’alerte les plus élevés, avec l’empoisonnement sous faux-drapeau de l’espion russe au Royaume-Uni. Il semble que les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne déploient des efforts considérables pour provoquer une confrontation militaire avec Moscou.

Comment pouvons-nous interpréter autrement les menaces de Macron de frapper Damas, ainsi que ses sinistres conseils aux journalistes étrangers de ne pas aller à Damas dans les prochains jours et, pour ceux qui sont déjà là-bas, de quitter la capitale immédiatement ? Il y a même eu des bavardages dans les cercles diplomatiques qui suggèrent que le personnel de l’ONU quitte Damas. Cela pourrait être une guerre psychologique ou un prélude à la guerre. Avec des enjeux si élevés, nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer les détails, même s’il s’agit de désinformation. L’attaque américaine semble imminente, avec des signes croissants de mouvements de navires de guerre américains et russes en Méditerranée en formation d’attaque.

Les représentants militaires russes ont réitéré qu’en cas d’attaque, ils répondront en frappant à la fois les missiles et les navires à partir desquels les missiles sont  lancés. Les choses deviennent très dangereuses et le risque d’une confrontation directe entre les États-Unis et la Fédération de Russie augmente à chaque heure qui passe. Le transfert de nombreux avions américains d’Incirlik, en Turquie, à Al-Azrak, en Jordanie, est une autre indication de la préparation d’une attaque, puisque les forces déplacées en Jordanie sont proches de la base d’Al-Tanf. La stratégie proposée pourrait impliquer une attaque contre la ville de Daraa, dans le but de sécuriser les frontières entre la Syrie, la Jordanie et Israël.

Les avertissements de Lavrov et Gerasimov semblent sans précédent, étant donné qu’ils détaillent un plan déjà en cours, manifestement approuvé aux plus hauts niveaux et visant à provoquer et à justifier une attaque contre la Syrie, attaque qui engloberait les forces russes en Syrie. Les tensions continuent de croître, suite à la destruction, par la Russie, d’un drone par deux missiles sol-air lancés depuis sa base aérienne de Hmeimim. Moscou a même déployé en Méditerranée la frégate Admiral Grigorovich Admiral Essen et la frégate anti-sous-marine de classe Krivak II Pytivyy. Les deux sont préparées pour des opérations anti-navires et anti-sous-marins. Des sources affirment que ce déploiement a été planifié il y a quelque temps et fait partie d’une routine de la marine russe. Mais pendant un moment si délicat, il vaut la peine de se concentrer sur les détails. Sans recourir à un alarmisme excessif, si Lavrov a déclaré que « les mouvements des navires de guerre des États-Unis et de leurs alliés en Méditerranée semblent compatibles avec la stratégie d’utiliser cette attaque chimique pour justifier une frappe contre l’armée arabe syrienne et les installations gouvernementales » il est alors raisonnable de spéculer sur la question de savoir si les navires russes se déplacent dans la zone pour contrer toute provocation.

Il y a deux défauts fondamentaux dans le raisonnement des décideurs politiques et de l’establishment militaire américains. Ils sont convaincus qu’une démonstration de force américaine (impliquant un grand nombre de missiles de croisière lancés contre la Syrie par le biais d’une participation significative de porte-avions et de bombardiers) étourdirait la Russie en la paralysant. De plus, les généraux militaires américains sont convaincus que la Syrie et la Russie n’ont pas la capacité de se défendre pendant une longue période. Ils semblent se leurrer avec leur propre propagande. Comme leurs collègues israéliens l’ont déjà appris, une telle hypothèse est erronée. Alors que l’idée qu’une puissance de feu élevée pourrait rencontrer un certain succès, la possibilité d’une riposte des forces syriennes et russes demeure. Et cette possibilité ne semble pas avoir été suffisamment prise en compte par les États-Unis et leurs alliés.

Comment l’armée américaine et la présidence de Trump réagiraient-elles si un navire de guerre américain était coulé par des missiles anti-navires ? Cela ne ferait que démontrer la vulnérabilité des forces navales américaines face à de telles armes avancées. Cela représenterait un choc énorme pour l’armée américaine, probablement le plus grand choc depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Que feraient Trump et les généraux en charge ? Ils réagiraient en bombardant davantage les forces russes, s’offrant eux-mêmes à une réaction russe dévastatrice. Le conflit pourrait s’intensifier en l’espace de quelques minutes, menant à une situation où il n’y aurait pas de gagnant possible.

Je fais un raisonnement normal en considérant que la responsabilité de l’annihilation totale sera imputée aux forces spéciales américaines qui ont livré vingt tonnes de chlore gazeux à des terroristes d’al-Qaïda en Syrie en ordonnant l’exécution d’une attaque sous faux-drapeau dans le but de blâmer Damas et Moscou. Si nous relions cet événement à ce qui se passe actuellement au Royaume-Uni, et à l’hystérie aux États-Unis entourant le prétendu piratage russe pendant les élections américaines, nous pouvons comprendre à quel point les relations internationales se sont détériorées. Cette situation rappelle l’Ukraine en 2015. Les forces ukrainiennes ont subi des défaites répétées aux mains de la résistance du Donbass, se laissant encercler par milliers dans différents chaudrons. Au sein du siège de l’OTAN à Bruxelles pendant cette période, il y a eu des discussions ouvertes sur l’envoi d’un contingent pour soutenir les troupes ukrainiennes. Le plan n’a toutefois jamais été réalisé, étant donné la possibilité d’une confrontation directe en Ukraine entre la Fédération de Russie et l’OTAN.

Ces derniers mois, la possibilité d’une guerre dans la péninsule coréenne a également été évoquée, et peut-être en même temps évitée par les conséquences imprévisibles, tant pour Séoul que pour les forces américaines dans la région.

En Syrie, l’approche de Washington et de ses émissaires diplomatiques et militaires semble plus imprudente et moins liée à une chaîne de commandement où la responsabilité revient au président américain. Il semble que l’État profond des États-Unis en Syrie ait un contrôle plus grand et plus occulte sur les forces américaines, sabotant chaque accord conclu entre Moscou et Washington. Nous l’avons vu pendant la présidence d’Obama, où l’armée de l’air américaine a bombardé les troupes gouvernementales syriennes à Deir ez-Zor seulement quelques heures après un cessez-le-feu entre Lavrov et le secrétaire d’État Kerry.

La grave circonstance que nous décrivons semble être sans précédent, et pourrait aboutir à une confrontation directe entre les puissances nucléaires. Hélas, dans de telles circonstances, nous ne pouvons qu’espérer le meilleur en nous préparant au pire. Nous ne pouvons qu’attendre pour découvrir sur les manchettes des médias grand public la dernière attaque chimique en Syrie. Nous ne pouvons qu’espérer qu’il y a quelqu’un à Washington qui a suffisamment de bon sens pour prendre en compte les conséquences dévastatrices d’une attaque contre Damas et les forces russes dans la région. Jamais auparavant la région n’a été au bord d’une telle explosion comme dans les prochaines heures – en raison des actions typiquement imprudentes des États-Unis.

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Ce que Google et Facebook savent sur vous

Ce que Google et Facebook savent sur vous (Al Jazeera)

Ça fait peur !!! Il faut en finir avec cette espionnage de masse, qui a d’énormes implications et débouchés !! On a déjà certains gouvernements qui nous espionnent, alors si tout le monde s’y met ….. On a plus de vie privée nous !!! A chacun d’agir à son niveau aussi ! Z

Un expert a enquêté sur les données que deux sociétés Internet possèdent et avertit sur l’étendue de l’intrusion dans la vie privée.

Google et Facebook savent presque tout ce qu’un propriétaire de smartphone fait en ligne ou hors ligne et stockent les informations même si le propriétaire supprime les données sur l’appareil, a écrit un consultant technique et développeur web sur son compte Twitter.

« Vous voulez vous faire peur ? », a écrit Dylan Curran. « Je vais vous montrer le nombre d’informations que Facebook et Google stockent sur vous sans que vous ne vous en rendez compte. »

 

Voici une sélection de points de la liste de Curran :

Google enregistre votre position (si vous l’avez activé) chaque fois que vous allumez votre téléphone, et vous pouvez voir une chronologie à partir du premier jour où vous avez commencé à utiliser Google sur votre téléphone.
https://www.google.com/maps/timeline

    [Courtoisie de Dylan Curran]

[Courtoisie de Dylan Curran]

  • Google stocke l’historique de recherche sur tous vos appareils sur une base de données séparée, donc même si vous supprimez votre historique de recherche et l’historique de votre téléphone, Google stocke toujours tout jusqu’à ce que vous y alliez et supprimiez tout, et vous devez le faire sur tous les appareils. https://myactivity.google.com/myactivity
  • Google crée un profil publicitaire basé sur vos informations, notamment votre lieu de résidence, votre sexe, votre âge, vos loisirs, votre carrière, vos centres d’intérêt, votre statut relationnel, votre poids éventuel (besoin de perdre 4kilos en une journée ?) et votre revenu. https://adssettings.google.com/authenticated
  • Google stocke des informations sur chaque application et extension que vous utilisez, à quelle fréquence vous les utilisez, où vous les utilisez, et avec qui vous les utilisez pour interagir (avec qui vous parlez sur facebook, avec quels pays, à quelle heure vous parlez, à quelle heure vous allez dormir). https://myaccount.google.com/permissions?pli=1
  • Google stocke tout votre historique YouTube, de sorte qu’ils savent si vous serez bientôt un parent, si vous êtes un conservateur, si vous êtes un progressiste, si vous êtes juif, chrétien ou musulman, si vous vous sentez déprimé ou suicidaire, si vous êtes anorexique. https://www.youtube.com/feed/history/search_history
  • Google offre une option pour télécharger toutes les données qu’il stocke sur vous, « J’ai demandé à le télécharger et le fichier est grand de 5,5 Go, ce qui représente environ trois millions de documents Word. google.com/takeout« 
  • Facebook offre une option similaire pour télécharger toutes vos informations, la mienne était d’environ 600 Mo, soit environ 400 000 documents Word.
  • Cela comprend tous les messages que vous avez envoyés ou qui ont été envoyés, tous les fichiers que vous avez envoyés ou qui ont été envoyés, tous les contacts de votre téléphone et tous les messages audio que vous avez envoyés ou qui ont été envoyés.
(c) Dylan Curran

(c) Dylan Curran

  • Facebook stocke également ce qu’il pense vous intéresser en fonction de ce que vous avez aimé et de ce dont vous et vos amis parlez.
  • Un peu inutilement, ils stockent aussi tous les stickers que vous avez envoyés sur Facebook.
  • Ils enregistrent également chaque fois que vous vous connectez à Facebook, où vous vous êtes connecté, à partir de quelle heure et à partir de quel appareil.
  • Et ils stockent toutes les applications que vous avez jamais eues connectées à votre compte Facebook, « alors ils peuvent deviner que je suis intéressé par la politique et le web et le design graphique, que j’étais célibataire entre X et Y période avec l’installation de Tinder, et que j’ai eu un téléphone HTC en novembre ».
  • A noter que si vous avez Windows 10 installé, il s’agit d’une image des options de confidentialité avec 16 sous-menus différents, qui ont toutes les options activées par défaut lors de l’installation de Windows 10.
  • Cela inclut le suivi où vous êtes, quelles applications vous avez installées, quand vous les utilisez, à quoi elles servent, l’accès à votre webcam et microphone à tout moment, vos contacts, vos e-mails, votre calendrier, l’historique de vos appels, les messages que vous envoyez et recevez.
  • Cela inclut le suivi où vous êtes, quelles applications vous avez installées, quand vous les utilisez, à quoi elles servent, l’accès à votre webcam et microphone à tout moment, vos contacts, vos e-mails, votre calendrier, l’historique de vos appels, les messages que vous envoyez et recevez.
  • Les fichiers que vous téléchargez, les jeux auxquels vous jouez, vos photos et vidéos, votre musique, votre historique de recherche, votre historique de navigation, et même les stations de radio que vous écoutez.
  • C’est l’une des choses les plus folles de l’ère moderne, nous ne laisserions jamais le gouvernement ou une entreprise nous mettre des caméras ou des micros dans nos maisons ou des trackers de localisation sur nous, mais nous sommes allés de l’avant et l’avons fait nous-mêmes parce que je veux regarder des vidéos de chiens mignons.
  • Voici le document de l’historique de recherche, qui contient 90 000 entrées différentes, montrant même les images que j’ai téléchargées et les sites Web que j’ai consultés (j’ai montré la section ThePirateBay pour montrer les dommages que cette information peut causer).
  • « Voici mon calendrier Google décomposé, montrant tous les événements que j’ai ajoutés, si j’y ai assisté et à quelle heure (cette partie est celle à laquelle je suis allé pour une entrevue pour un emploi en marketing, et à quelle heure je suis arrivé).
  • « C’est mon disque dur Google, qui inclut les fichiers que j’ai explicitement effacés, y compris mon CV, mon budget mensuel, et tous les codes, fichiers et sites Web que j’ai créés, et même ma clé privée PGP, que j’ai effacée, que j’utilise pour crypter les courriels.
  • « C’est mon Google Fit, qui montre toutes les étapes que j’ai prises, toutes les fois que j’ai marché n’importe où, et toutes les fois que j’ai enregistré les méditations/yoga/entraînements que j’ai faits (j’ai effacé ces informations et révoqué les permissions de Google Fit).
(c) Dylan Curran

(c) Dylan Curran

  •     « Voici toutes les photos prises avec mon téléphone, ventilées par année, avec des métadonnées sur le moment et l’endroit où j’ai pris les photos. »
  • « Et maintenant mon activité Google, il y a des milliers de fichiers, alors je vais faire un bref résumé de ce qu’ils ont. »
  • « Tout d’abord, toutes les annonces Google que j’ai vues ou sur lesquelles j’ai cliqué, toutes les applications que j’ai lancées ou utilisées et quand je l’ai fait, tous les sites Web que j’ai visités et l’heure à laquelle je l’ai fait, et toutes les applications que j’ai installées ou recherchées « .
  • « Chaque image que j’ai cherchée et sauvegardée, chaque lieu que j’ai cherché ou sur lequel j’ai cliqué, chaque article de presse que j’ai cherché ou lu, et chaque recherche Google que j’ai effectuée depuis 2009 ».
  • « Et enfin, toutes les vidéos YouTube que j’ai cherchées ou visionnées depuis 2008 ».

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Pétrodollar : changement de donne…

Pétrodollar : changement de donne…

La Chine prépare le grand retour de l’or dans le système monétaire international  (et la fin du dollar), et ça commence par le lancement du petro Yuan . C’est indéniable !!!! Un énorme tremblement de terre se dessine ……. Z 

Le marché à terme du pétroyuan a ouvert ses portes . Dix milliards de yuans négociés dés la première heure.

Après la préparation et toutes les attentes, les pom-pom girls et les prédictions d’apocalypse, les contrats à terme sur le pétrole brut – INE Crude Oil Futures – libellés en yuan chinois, ont commencé à se négocier à Shanghai, et cela semble bien démarrer avec plus de 10 milliards de yuans négociés dans la première heure.

Jusqu’à présent, il a bien accompagné les contrats à terme WTI (en $US), se négociant avec une prime d’environ 2 dollars par rapport WTI (en dollars US).

Graphique comparatif des cotations du WTI ($US) et du INE (Yuan)

Graphique comparatif des cotations du WTI ($US) et du INE (Yuan)

Plus de 23 000 contrats ont été négociés au cours de la première heure pour un volume de négociation théorique de plus de 10 milliards de yuans, soit plus de 1,5 milliard de dollars… ce qui indique une demande importante.

Le Offshore Yuan évolue en phase avec les contrats à terme pétroyuan – le WTI ayant tendance à suivre le $US.

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Comme nous l’avons noté assez récemment, après de nombreux faux départs au cours de la dernière décennie, le pétroyuan est maintenant en place et la Chine va tenter de défier le pétrodollar pour la suprématie. Adam Levinson, directeur associé en charge des investissements chez Graticule Asset Management Asia (GAMA), a déjà averti, l’année dernière, que le lancement par la Chine d’un contrat à terme sur le pétrole en yuan allait choquer les investisseurs qui n’y ont pas prêté attention.

Cela pourrait être un coup mortel pour un dollar américain déjà affaibli, et la hausse du yuan comme devise mondiale dominante.

Mais ce n’est pas seulement un nouveau « feu de paille » dans les infos d’actualité qui va tourner court dans quelques jours.

Un avertissement pour les investisseurs depuis 2015

Retour en 2015, lors de la première des nombreuses attaques de la Chine contre le pétrodollar. Gazprom Neft, le troisième producteur de pétrole en Russie, a décidé de s’éloigner du dollar au profit du yuan et d’autres devises asiatiques.

L’Iran a emboîté le pas la même année, utilisant le yuan et une foule d’autres devises pour le commerce, y compris son pétrole.

Au cours de la même année, la Chine a également développé sa Route de la soie, tandis que le yuan commençait à établir une plus grande domination sur les marchés européens.

Mais le pétrodollar américain avait encore une chance de se battre en 2015 parce que les importations de pétrole de la Chine étaient erratiques. À l’époque, Nick Cunningham de OilPrice.com a écrit :

Bien que comptant pour une grande part dans la croissance mondiale de la demande au XXIe siècle, les importations de pétrole de la Chine ont été assez erratiques au cours des derniers mois. En avril, la Chine a importé 7,4 millions de barils par jour, un record, et assez pour en faire le plus grand importateur de pétrole au monde. Mais un mois plus tard, les importations ont chuté à 5,5 millions de barils par jour.

Ce problème a depuis disparu, signalant la montée de la Chine vers la domination du pétrole…

La pente glissante vers le petroyuan commence ici

Le pétrodollar est soutenu par les bons du Trésor, de sorte qu’il peut aider à alimenter les dépenses déficitaires des États-Unis. Supprimez ce mécanisme, et les États-Unis sont en difficulté.

On dirait que le moment est venu…

Un coup mortel qui a commencé en 2015 et a de nouveau frappé en 2017 quand la Chine est devenue le premier consommateur mondial de brut importé…

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Maintenant que la Chine est le premier consommateur mondial de pétrole, Beijing peut exercer un réel pouvoir sur l’Arabie saoudite pour payer le brut en yuan. On soupçonne que c’est ce qui motive les autorités chinoises à faire un effort important pour renégocier leur accord commercial.

Donc, pour en revenir à aujourd’hui, le coup final au pétrodollar pourrait bien avoir été asséné. Nous avions laissé entendre cette possibilité dès septembre 2017

… Les grands exportateurs de pétrole ayant enfin un moyen viable de contourner le système des pétrodollars, l’économie américaine pourrait bientôt se trouver dans des eaux gravement perturbées.

Tout d’abord, la valeur du dollar dépend massivement de son utilisation en tant que moyen de règlement du pétrole. Lorsque cela disparaîtra, nous assisterons probablement à une baisse forte et régulière de la valeur du dollar.

Quand les marchés pétroliers seront à la hausse, le yuan aura la possibilité de devenir la monnaie mondiale dominante dans son ensemble. Cela va encore affaiblir le dollar.

La chute du pétrodollar pourrait être un ascenseur pour l’or

Parmi tous les problèmes à venir pour le dollar, il y a aussi de bonnes nouvelles. Les États-Unis ont peut-être abandonné l’étalon-or dans les années 1970, mais avec l’or qui fait un retour à la première page des médias… nous pourrions voir une résurgence.

Pour la première fois depuis que notre nation a abandonné l’étalon-or il y a des décennies, l’or physique est réintroduit dans le système monétaire mondial de façon massive. Rien que cela est une incroyablement bonne nouvelle pour les propriétaires d’or.

La réintroduction de l’or dans l’économie mondiale pourrait entraîner une hausse notable de son prix. Il est raisonnable de supposer que les exportateurs sont plus susceptibles de choisir un instrument financier adossé à l’or plutôt qu’un instrument [le dollar] créé à partir de rien, selon les besoins du moment.

Bientôt, nous pourrons voir de plus en plus de nations prendre le train en marche, ce qui entraînera une hausse substantielle du prix de l’or.

Tyler Durden

Source ZeroHedge

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

via:http://lesakerfrancophone.fr/petrodollar-changement-de-donne

 

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Finalement, les usagers ne pourront pas refuser l’installation des compteurs Linky

Hé bien c’est perdu ! Nous aurons tous linky de gré ou de force . On va continuer à chercher mais apparemment Aucun recours possible … Quelle plaie ! Z

Le Sénat a finalement retiré deux amendements relatifs au projet de loi sur la protection des données. Ils auraient permis aux usagers le souhaitant de refuser l’installation des compteurs intelligents. Plusieurs communes continuent de s’opposer au déploiement de ces appareils sur leur territoire.

La grogne des anti-Linky ne risque pas de faiblir. Mercredi 21 mars, les sénateurs ont rejeté deux amendements au projet de loi sur le Règlement général de la protection des données personnelles. Proposés par la sénatrice de Gironde Florence Lassarade, ils prévoyaient de donner la possibilité aux usagers de refuser l’installation des compteurs Linky d’Enedis, ex ERDF. Dans la région de la parlementaire, en Nouvelle-Aquitaine, plusieurs communes, parmi lesquelles Marmande, Bayonne ou encore Saint-Macaire, continuent de demander que les habitants puissent refuser l’installation des fameux compteurs s’ils le souhaitent.

Une question de liberté individuelle

Pour Florence Lassarade, «on ne peut pas installer de manière autoritaire les compteurs chez des personnes qui ne le désirent pas». À l’heure où le débat sur la protection des données personnelles est plus que jamais d’actualité, «il faut être attentif», prévient la parlementaire. «Ces compteurs permettront une analyse fine de vos habitudes énergétiques. Il faut donner la possibilité aux gens de s’y opposer, c’est une question de liberté individuelle», explique-t-elle. «Je suis pour l’apaisement, les usagers doivent être considérés, après tout, ce sont eux qui payent», conclut l’élue. Le financement du déploiement des appareils est notamment l’un des points qui cristallisent la grogne. Pourtant, si un compteur coûte 130 euros, pose comprise, ce coût est supporté par Enedis, qui en retour ne répercute pas cette somme sur les factures mais rentabilisera cet investissement sur 20 ans. En revanche, les économies réalisées par Enedis ne viendront pas, à terme, diminuer la facture des consommateurs.

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Seconde Guerre froide : May n’écarte pas des «ripostes militaires» contre Moscou

Seconde Guerre froide: May n’écarte pas des «ripostes militaires» contre Moscou

Poutine ne lâchera rien . Il va donc y avoir du remous dans les mois à venir .  Escalade dangereuse , on ne sait pas où ça peut mener . On voit ici le début d’un remake de la guerre froide, qui avait failli conduire le monde à sa perte . Z

La Première ministre britannique a définitivement une dent contre Moscou. Après avoir convaincu ses alliés de se joindre à sa campagne d’expulsion de diplomates, Theresa May a assuré que Londres utiliserait «tous les moyens à [sa] disposition» pour lutter contre la Russie, quitte à déclencher une nouvelle Guerre froide, voire pire.

Jusqu’où Theresa May poussera-t-elle l’affaire Skripal? 26 pays occidentaux viennent de déclarer persona non grata près de 150 diplomates russes, mais la Première ministre britannique a d’ores et déjà annoncé son intention d’aller plus loin. Attaquant la Russie de manière à peine voilée, elle déclarait le 27 mars:

«Tant que nous défendrons nos intérêts et que nous affirmerons nos valeurs, il y aura ceux qui chercheront à nous déstabiliser et à nous attaquer. Mais ces personnes ne devraient avoir aucun doute quant au fait que nous utiliserons tous les moyens à notre disposition pour les vaincre.»

Le porte-parole de Theresa May s’est par la suite chargé de clarifier que la Russie était bel et bien visée. Dans des propos recueillis par Reuters, il assurait que le Royaume-Uni travaillait «avec ses partenaires internationaux sur une réponse à long terme au problème posé par la Russie».

Dans la foulée, le gouvernement britannique annonçait qu’un rapport sur les capacités pour la sécurité nationale serait publié le lendemain pour faire face à la fois au terrorisme islamiste et au «comportement inacceptable et dangereux de la Russie», placés au même rang de menaces pour le pays.

Cette nouvelle doctrine de fusion assurera que nous faisions meilleur usage de toutes nos capacités pour assurer la défense de notre sécurité intérieure: depuis les leviers économiques jusqu’aux ripostes militaires, en passant par notre influence diplomatique et culturelle.»

Le Royaume-Uni semble déterminé à poursuivre sa campagne antirusse. Le porte-parole de la Première ministre expliquait que Londres comptait bien associer plusieurs autres pays à ce durcissement de ton. Une possibilité réelle d’après lui, puisque ces derniers n’agiraient, selon ses propres mots, «pas seulement par solidarité, mais aussi parce qu’ils ont reconnu la menace».

Sébastien Cochard, ancien diplomate et conseiller au Parlement européen, apparenté FN, ne partage pas cet avis et estimait au contraire que:

«Il s’agit visiblement de faire preuve de solidarité avec le Royaume-Uni —solidarité entre guillemets puisqu’on ne peut pas dire que le Royaume-Uni ait été attaqué. On ne sait pas si c’est un gouvernement étranger qui a commandité cette attaque.»

Au sein de l’appareil diplomatique russe, le comportement agressif et belliqueux de la Première ministre britannique suscite différents types de réactions. D’une part, ceux qui considèrent que non seulement Londres s’enfonce, mais qu’elle entraîne avec elle l’ensemble des pays du «bloc occidental», à l’image de l’ambassade de Russie à Londres qui observait qu’il serait difficile de convaincre au-delà des alliances traditionnelles du Royaume-Uni sans apporter la preuve des accusations portées contre Moscou.

«C’est l’opinion de près de 160 pays qui n’appartiennent pas au bloc occidental. Il est évident que personne, dans un monde plus large [que le seul Occident], ne croirait les Britanniques sur parole», déclarait l’attaché de presse de l’ambassade de Russie à Londres.

D’autre part, un nombre croissant de diplomates s’inquiète de la véhémence des propos de Theresa May, car cela participe à la détérioration des liens entre Moscou et les capitales occidentales, minée par les accusations d’ingérence —toujours non prouvées- dans plusieurs élections et pourrait aboutir à terme à une seconde Guerre froide, voire à une guerre réelle par «somnambulisme».

«L’Ouest doit comprendre que la campagne antirusse n’a aucun avenir […] Si cela continue, nous serons entraînés dans une situation de Guerre froide», déclarait Grigory Logvinov, l’ambassadeur russe en poste à Canberra.

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Publié par le 29 mars 2018 dans général, International, Politique

 

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La Chine prend le long chemin pour résoudre le puzzle du pétro-yuan

La Chine prend le long chemin pour résoudre le puzzle du pétro-yuan
Un certain nombre de pièces doivent être mises en place avant que le pétrodollar ne passe à la deuxième place

Par PEPE ESCOBAR

Peu de changeurs de jeu géoéconomiques sont plus spectaculaires que les contrats à terme sur le pétrole brut libellés en yuan – surtout lorsqu’ils sont mis en place par le plus grand importateur de brut de la planète.

Pourtant, la stratégie médiatique de Pékin semble avoir consisté à minimiser substantiellement le lancement officiel du petro-yuan au Shanghai International Energy Exchange.

Pourtant, une certaine euphorie était de mise. Le Brent a grimpé à 71$ le baril pour la première fois depuis 2015. Le West Texas Intermediate (WTI) a atteint son plus haut niveau depuis trois ans à 66,55 $ le baril, puis a reculé à 65,53 $.

Une série de « premières » du pétro-yuan inclut le fait que c’est la première fois que des investisseurs étrangers ont accès à un marché chinois des matières premières. Il est important de noter que les dollars américains seront acceptés comme dépôt et pour le règlement. Dans un proche avenir, un panier de devises sera également accepté comme dépôt.

Le lancement du petro-yuan représente-t-il l’ultime coup mortel pour le pétrodollar – et la naissance d’un tout nouvel ensemble de règles ? Pas si vite. Cela peut prendre des années et dépend de nombreuses variables, dont la plus importante sera la capacité de la Chine de se plier, d’ajuster et, en fin de compte, de dominer le marché mondial du pétrole.

Alors que le yuan atteint progressivement la pleine consolidation dans le règlement commercial, la menace petro-yuan pour le dollar américain, inscrite dans un processus complexe et à long terme, diffusera le Graal : les contrats à terme sur le pétrole brut dont le prix est fixé en yuan entièrement convertible en or.

Cela signifie que la vaste gamme de partenaires commerciaux de la Chine sera en mesure de convertir le yuan en or sans avoir à conserver des fonds dans des actifs chinois ou à les transformer en dollars américains. Les exportateurs confrontés à la colère de Washington, comme la Russie, l’Iran ou le Venezuela, peuvent alors éviter les sanctions américaines en échangeant du pétrole en yuan convertible en or. L’Iran et le Venezuela, par exemple, n’auraient aucun problème à réorienter les pétroliers vers la Chine pour vendre directement sur le marché chinois – si cela était nécessaire.

Comment contourner le dollar américain

A court et moyen terme, le petro-yuan ne manquera pas de renforcer l’attractivité de la Belt and Road Initiative (BRI), surtout lorsqu’il s’agit de la Maison du Saoud.

On ne sait pas encore clairement à quel titre Pékin fera partie de l’introduction en bourse d’Aramco, mais ce sera un pas décisif vers le moment historique fatidique où Pékin dira – ou obligera – Riyadh à commencer à accepter le paiement du pétrole en yuan.

Ce n’est qu’à ce moment-là que le pétrodollar peut être sérieusement menacé, de même que le dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale.

J’ai déjà souligné comment, lors du sommet BRICS 2017, le président russe Vladimir Poutine n’a pas hésité à soutenir le pétro-yuan, contestant en particulier l’ »injustice » de la domination unipolaire du dollar américain.

La manière de contourner le dollar américain, ainsi que le pétrodollar, fait l’objet de discussions lors des sommets BRICS depuis des années. La Russie est maintenant le plus grand fournisseur de pétrole brut de la Chine (1,32 million de barils par jour le mois dernier, en hausse de 17,8% par rapport à l’année précédente.) Moscou et Pékin ont contourné avec force le dollar américain dans le commerce bilatéral. En octobre de l’année dernière, la Chine a lancé un système de paiement dans les deux monnaies – le yuan et le rouble. Et cela s’appliquera au pétrole russe acheté par la Chine.

Pourtant, tout l’édifice pétrolier repose sur l’OPEP – et la Maison des Saouds – qui fixe le prix du pétrole en dollars américains ; comme tout le monde a besoin de billets verts pour acheter du pétrole, tout le monde a besoin d’acheter la dette (en spirale) des États-Unis. Pékin est prêt à briser le système – quel que soit le temps que cela prendra.

Le pétro-yuan en l’état actuel des choses ne donne pas accès aux marchés pétroliers chinois. Il commence comme une grande affaire surtout pour les entreprises chinoises qui ont besoin d’acheter du pétrole, mais qui préfèrent éviter les oscillations des devises étrangères. Rien ne change pour le reste de la planète dominée par le dollar américain – du moins pour l’instant.

Le jeu commencera vraiment à changer lorsque d’autres pays se rendront compte qu’ils ont trouvé une véritable alternative crédible au pétrodollar, et le passage au yuan en masse déclenchera certainement une crise du dollar américain.

Ce que le pétro-yuan peut provoquer à court terme, c’est l’accélération des prochaines crises des bons du trésor et des marchés obligataires, qui déborderont inévitablement sous la forme d’une crise des marchés monétaires mondiaux.

Ce panier de ressources pan-eurasien

L’aspect qui change la donne, pour l’instant, est surtout lié au timing exquis. Pékin a élaboré un plan à très long terme et a pourtant choisi de lancer la gifle petro-yuan au milieu d’une période de forte détérioration des relations commerciales avec Washington.

La réponse au rébus géoéconomique est forcément The Golden Moment. L’or finira par atteindre un niveau où Pékin – alors qu’il contrôle totalement les marchés physiques de l’or – se sent prêt à fixer un taux de conversion.

Le côté  » pétrolier  » – arabe – de l’équation pétrodollar aurait dû être remplacé il y a longtemps par un panier de ressources paneurasiennes d’une valeur inestimable. C’est ce dont Dick Cheney rêvait – centrer ses rêves sur la richesse énergétique de l’Asie centrale et de la Russie.

Cela ne s’est pas produit. Ce que nous avons à la place, c’est une russophobie criarde et maniaque – plutôt une indication explicite de la précarité de la position des élites bancaires occidentales. En plus, avec le petro-yuan, la Chine déploie l’arme clé, incorporée à la BRI, capable d’accélérer la fin du moment unipolaire.

Pourtant, il ne s’agit là que de la première étape d’un jeu à très gros enjeux. Il faut garder les yeux rivés sur les interpolations entre la connectivité commerciale et les percées technologiques. Le pétrodollar est peut-être en danger, mais il est loin d’être fini.

Source : http://www.atimes.com/article/china-taking-long-road-solve-petro-yuan-puzzle/

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Publié par le 29 mars 2018 dans économie, général, International

 

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