On ne prend pas trop de risques en prédisant que l’Intelligence Artificielle (IA) continuera à faire partie des tendances de 2018. Mais les 50 prédictions qui suivent, édictées par des professionnels du secteur, la voient devenir plus pratique et plus utile, jouant un rôle dans l’automatisation de certains emplois, et permettant d’en améliorer d’autres, s’associant au machine learning (ML) et au big data pour de meilleures informations, au milieu d’une prolifération de chatbots au sein des entreprises.

« L’industrie automobile est en pleine révolution, et les OEM et les manufacturiers sont de plus en plus conscients qu’ils doivent adopter l’IA dès que possible pour prendre en compte non seulement l’environnement externe du véhicule, mais aussi pour intégrer ce qui se passe dans l’habitacle. Les véhicules autonomes ou semi-autonomes auront besoin d’une vision numérique alimentée par une IA pour garantir une conduite sûre, un mode automatique sans accrocs pour les passagers, et une expérience de voyage enrichie basée sur le bien-être émotionnel et cognitifs des occupants ». — Dr. Rana el Kaliouby, PDG et co-fondatrice de Affectiva.

« En 2018, je pense que nous verrons beaucoup de nouveautés, comme des systèmes d’IA qui peuvent s’expliquer directement (à la première personne) au lieu d’être évalués par un intervenant externe (à la troisième personne) ; mais aussi un affaiblissement de la neutralité du net, en raison d’un apport de contenu toujours plus personnalisé et optimisé par des IA ; et enfin l’éclatement de la bulle du deep learning. Les startups qui se sont contentées d’appliquer l’IA à un domaine particulier ne seront plus surévaluées.  Celles qui survivront proposeront une évolution conséquente et concrète des possibilités de l’IA. Nous verrons également au moins un accident mortel de plus impliquant les véhicules autonomes sur les routes, avec la réalisation qu’atteindre une conduite autonome du niveau de celle de l’être humain demandera bien plus de temps pour être testée et perfectionnée que les prévisions actuelles un peu optimistes ». — Monty Barlow, responsable du machine learningCambridge Consultants.

« L’IA va se mettre à répondre à la question « Pourquoi ? ». J’ai appris deux choses en observant les interactions des utilisateurs avec les premières IA : 1) Les êtres humains ne supportent de ne pas savoir ce que fait l’IA et 2), les IA ont du mal à expliquer aux humains ce qu’elles font. Les utilisateurs frustrés qui demandent « Pourquoi ? » sont confrontés à la seule explication des IA aujourd’hui : « Parce que je vous le dis ». En 2018, les créateurs d’IA ne pourront pas se satisfaire d’éluder ainsi le besoin des utilisateurs pour plus de transparence en excusant le manque de communication par le fait que la machine traite des milliers de variables par secondes. Afin de convaincre les utilisateurs que le système d’IA travaille à atteindre un objectif qu’ils partagent, les concepteurs vont développer en priorité des formes avancées de comptabilité, de comptes rendus et de systèmes de recherche, qui permettent aux utilisateurs de demander « Pourquoi ? » en réponse à des actions spécifiques ». — Or Shani, PDG de Albert.

« Les prix dynamiques personnalisés. Nous prévoyons une tendance chez les principaux sites d’e-commerce (surtout dans la mode, l’électronique, l’alimentation et la pharmacie) allant vers des prix personnalisés en temps réel. Ce système de prix en ligne et en magasin sera basé sur les comportements, l’offre, la demande et la concurrence. Contrairement aux prix dynamiques actuels, qui changent selon des variables qui ne sont pas liées aux clients, les prix personnalisés seront uniques en fonction de l’acheteur. Les prix changeront fréquemment selon les offres personnalisées. L’expérience en ligne sera concurrencée hors ligne avec les réserves en magasin et leurs étiquettes électroniques. Il y aura un prix affiché sur le site ou en rayon, et un prix personnalisé, une offre unique à chaque client ». — Dan Baruchi, PDG de Personali.

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