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Alerte générale, tous les indices annoncent un nouveau krach boursier !!

12 Déc

Actuellement, les indices boursiers ne cessent de battre des records.

Pour savoir si nous sommes ou non dans une bulle boursière, le Prix Nobel d’économie Robert Shiller a développé un indice, le CAPE (cyclically adjusted price to earnings), dit aussi PER de Shiller, qui correspond à la capitalisation boursière rapportée aux bénéfices, ajustés de l’impact du cycle économique. En fait, pour obtenir l’indicateur, il faut diviser la valeur boursière des marchés d’actions américains par la moyenne sur 10 ans des bénéfices annuels.

Sachez que ce ratio se situe aujourd’hui à 32,17, il a donc pulvérisé le niveau qu’il avait atteint juste avant le krach de 1929. Robert Shiller explique que la valeur moyenne de l’indicateur se situe normalement à 17. On a bien affaire à une GIGANTESQUE bulle boursière. Certains gérants de fonds s’amusent à dire qu’on peut aller bien plus haut comme en 2000, cela étant, l’endettement actuelle est SANS PRÉCÉDENT et sans commune mesure avec ce qui était mesuré en 2000.

Voici donc cet incroyable titre de Slate – Alerte générale, tous les indices annoncent un nouveau krach boursier :

Il est peut-être temps de commencer à paniquer. Ou du moins, de changer de politique monétaire et vite. Explications.

Et si cela allait de nouveau arriver? Et si, après la crise des subprimes de 2008, les économies occidentales allaient de nouveau subir un terrible ralentissement du système? Et si le chômage allait de nouveau augmenter, la croissance chuter et la confiance s’écrouler?

C’est en tout cas la prédiction lancée par l’indice Shiller, outil analytique fondé par Robert Shiller, prix Nobel d’économie en 2013 et spécialiste d’économétrie financière. Cette donnée, construite au début des années 1990 pour répondre à une demande du secteur immobilier américain de prédire l’évolution du prix des actifs, confronte la valeur moyenne des cours boursiers avec les bénéfices totaux des entreprises cotées étalés sur 10 ans.

L’équilibre des cours

Autrement dit, l’indice de Shiller étudie l’existence probable ou non de bulles financières. Il compare la valeur d’usage d’un actif, à quel prix est-il échangé sur le marché en fonction de l’offre et de la demande, et sa valeur réelle, déterminée par le montant des bénéfices créé par l’entreprise.

Il faut bien comprendre que, en théorie, la valeur d’un actif est directement corrélée avec les potentiels bénéfices redistribués. Par exemple, lorsque nous possédons une action, nous sommes en partie propriétaire d’une entreprise et, à ce titre, nous touchons, chaque année, une part proportionnelle des bénéfices, les dividendes. Si nous sommes propriétaires de 3% de l’entreprise, nous toucherons 3% de son profit tous les ans.

La valeur du titre dépend donc de la valeur du bénéfice que nous pourrons toucher. Si l’entreprise est largement bénéficiaire, elle peut redistribuer abondement et les investisseurs vont alors se ruer sur ses titres. Et, du fait d’un excès de demande, ces derniers vont prendre de la valeur: le cours augmente.

Annonciateur de bulles financières

Seulement, il arrive que le cours des actifs, sur les marchés, dépasse sa valeur réelle. Parce que les agents spéculent et sont influencés par les rumeurs collectives, ils vont injecter trop de liquidités et provoquer un dépassement de la valeur du titre, supérieure à ce qu’il devrait réellement coûter, compte-tenu de sa marge bénéficiaire. C’est le principe des bulles financières.

À la fin de l’année, si les agents économiques s’aperçoivent que finalement, malgré une action très chère, le gain en dividendes est faible, ils vont vendre en masse et les cours vont s’écrouler. C’est précisément ce que semblerait indiquer l’indice Shiller.

Ce dernier, calculé depuis les années 1890, est un déterminant des bulles financières. Il confronte la valeur moyenne des titres en bourse et la valeur moyenne des bénéfices des entreprises. Plus l’indice augmente, plus le prix des actifs financiers croît plus rapidement que la marge, un synonyme de bulle.

La valeur moyenne, sur un siècle, de l’indice Shiller est de 16,80. Il a atteint 30 le 29 octobre 1929, lors du «Black Tuesday», le plus grand krack boursier du XX° siècle, qui provoqua dépression, faillite et crise. Dans les années 2000, lors de la bulle d’internet, il a atteint le pic historique de 45.

Une future crise nous pend au nez

À combien est-il actuellement? 31,98 au 1er décembre 2017. Soit un niveau supérieur à celui de 1929 et la tendance haussière est continue. Depuis 2015, l’indice de Shiller ne cesse d’augmenter, sans que les autorités financières ou politiques ne s’en préoccupent. Pour le journaliste économique Pascal Riché, «il y a une petite odeur de krack dans l’air».

«Dans le monde merveilleux des boursicoteurs, une courbe s’échange d’e-mail en e-mail, promettant le grand plongeon. C’est celle de « l’indice Shiller », qui reflète le rapport prix/bénéfice des entreprises. Quand il grimpe trop, il faut s’inquiéter. « Pour la seconde fois en un siècle, cet indice dépasse le niveau qu’il avait atteint juste avant le krach de 1929 », s’alarme le message. Vendez touuuuuuuut!»

Mais comment expliquer ce phénomène? Pour l’économiste Przemyslaw Radomski, spécialiste de finance de marché, cela s’expliquerait par l’action des banques centrales américaines et européennes, à la fin des années 2000 et au début des années 2010, qui auraient pratiqué une politique de relance monétaire trop importante sans que les agents économiques et les intermédiaires bancaires ne suivent cette action expansionniste.

Que font les banques?

Dès 2009, avec la volonté interventionniste de Barack Obama et de Ben Bernanke, la Federal Reserve System (FED), la banque centrale américaine, a injecté une quantité très importante de liquidités afin de relancer une économie exsangue. Côté européen, la BCE a suivi une politique non-conventionnelle, le quantitative easing, fait de taux directeur bas et de rachat abondant de titres, dès 2015. Ce ne sont pas moins de 500 milliards d’euros qui ont été déversés auprès des banques commerciales afin que ces dernières puissent financer investissements et consommations des agents.

Pourtant, d’après Przemyslaw Radomski, «les politiques expansionnistes des banques centrales n’ont pas entraîné une reprise de la croissance. […] Mais l’excès de liquidité engendré a été utilisé par les banques pour acheter des actifs financiers, et donc contribuer à créer des bulles financières».

Cité par l’économiste Jérôme Gautié, de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, dans son cours «Monnaie et Finance», le blogueur Captain Economics va dans ce sens.

«Depuis le début de la crise, les banques n’utilisent pas les liquidités supplémentaires pour relancer la machine à crédit. […] Le montant des crédits n’augmentent pas. L’excès de liquidité étant réinvestit directement par les banques sur les marchés financiers. […] Cet excès peut avoir un impact sur le prix des actifs financiers et faciliter l’apparition de bulles.»

Cercle vicieux

D’après lui, par manque de confiance, les banques ne prêtent plus aux agents économiques, ou alors à des taux prohibitifs, ce qui empêche tout relance de l’économie, par un soutien de l’investissement et de la consommation. À l’inverse, ces intermédiaires financiers, par peur de l’avenir, par peur d’une nouvelle crise, préfèrent placer leurs liquidités abondantes sur les marchés financiers, quitte à provoquer un excès de demande, responsable d’une inflation galopante des titres.

On aboutit à une double problématique: les marges bénéficiaires des entreprises ne décollent pas puisqu’il n’y a aucun soutien réel de l’économie (croissance molle et consommation faible) et les valeurs des titres financiers grossissent artificiellement du fait d’un excès de liquidités. L’indice de Shiller se met donc à grossir de manière inconsidérée jusqu’à atteindre un niveau supérieur à celui de 1929.

Nous serions donc aux prémices d’une prochaine grande crise économique, directement créée par les banques et les autorités monétaires. De nouveau, chômage, dépression et marasme nous attendraient. Si cela est vrai, ne serait-il pas temps, enfin, de changer de modèle?

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Publié par le 12 décembre 2017 dans économie, général, International

 

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