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Big Pharma, l’emprise de l’industrie pharmaceutique sur la santé publique et les institutions

24 Nov
Il y a de quoi s’inquiéter car tel un « Dracula économique », l’industrie pharmaceutique ne peut vivre et prospérer que « dans l’ombre et l’opacité. C’est donc un devoir de vérité sur l’industrie pharmaceutique, ses dérives et son emprise sur les pouvoirs publics que nous souhaitons répondre, afin que l’intérêt général prévale de nouveau et que nous redevenions maîtres d’un secteur clé : notre santé » – nous préviennent Michèle Rivasi, Serge Rader, Marie-Odile Bertella-Geffroy, auteurs de l’ouvrage : 

« Le racket des Laboratoires Pharmaceutiques et comment en sortir »2 dont voici de larges extraits.

1/ Liste des Médicaments dangereux et inutiles, dressée par des professionnels de la santé, devant la multiplication des scandales3 liés à ces médicaments.

  • Médiator : (+ de 1300 décès),
  • Le Vioxx ( 35 000 décès),
  • L’Avianda ( plus de 83 000 infarctus),
  • Statines, responsable de (myopathie, cataracte, insuffisance rénale),
  • Actos-antidiabétique (cancers de la vessie et hépatites),
  • Champix – Zyban (médicaments anti-tabac).

2015 : scandale dit des « bébés Dépakine »

– (anti-épileptique – laboratoires Sanofi- à l’origine d’anomalies anatomiques chez environ 10 % des enfants nés des mères ayant pris le traitement – conséquences : retard moteur et intellectuel chez 30 % à 40 % d’entre-eux, soit 30 000 enfants en France).

Principe actif du Dépakine : le Valproate de Sodium. Ce médicament a été lancé depuis 1980, mais il faut attendre 2015 pour que l’ANSM – Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de santé en interdise sa prescription aux femmes en âge de procréer.

Ce sont des « remèdes toxiques » : l’avertissement de Bernard Debré et de Philippe Evin est pourtant clair. Ils comparent le marché du médicament à un « grand quatre-quart composé de :

25 % de remèdes indispensables,

25 % de médicaments parfois utiles,

25 % de médicaments occasionnellement utiles,

25 % de remèdes totalement inefficaces et parfois dangereux.

Dans l’Union Européenne, au total, on estime à 200 000, le nombre de décès liés à des accidents médicamenteux.

20 000 morts identifiés, .10 000 cas non recensés, du fait de « carences du système de pharmacovigilance. Important : entre 6 et 9 fois plus que les victimes d’accidents de la route !

Mais revenons sur les profits faramineux de « Big Pharma ».

Aux USA :

– Pfizer, puissant laboratoire américain, a vu son bénéfice net bondir de 51 % en 2013, pour atteindre 22 milliards de dollars.

– Sanofi – 2013 – 6,69 Milliards d’Euros.

Les taux de profits des principaux groupes mondiaux . Ils dépassent tous les 30 % en 2009

– Astra Zeneca 35 %

– Bayer 38 %

– Roche 36 %

– Sanofi.4 41 %

2015 : Sanofi nomme comme Directeur Général Olivier Brandicourt ( ancien haut responsable de Bayer ) – « suite au débarquement de l’ancien Directeur Général et aux révalations dénonçant les pratiques de Sanofi pour favoriser son antidiabétique Lantus aux USA ».

Pour avoir une idée de la rémunération du Directeur Général de Sanofi, voici des chiffres, à donner le tournis :

– Rémunération fixe brute : 1,2 million d’Euros.

– Rémunération variable « cible » de 150 % de la rémunération annuelle fixe (et susceptible d’atteindre 250%)

– Rémunération en actions consistant en l’attribution annuelle de 220 000 options de souscription actions

– 45 000 actions de performance.

– Prime de bienvenue de 2 millions d’Euros payable à sa prise de fonction, renouvelable, s’il reste dans l’entreprise en 2016,

– 66 000 actions sous conditions de performance.

 

« Comment ne pas voir dans cette rémunération indécente, le sentiment d’immunité éprouvé par ce lobby ? »

Les dérives financiaristes.

Cette financiarisation s’opère à la façon d’une marée noire, qui ne peut s’expliquer que par une « panne d’innovation réelle dans ce microcosme si prospère ».

En effet, selon l’OMS en 2012, « sur les 700 nouveaux médicaments mis en vente par les majors – de 2001 à 2011 -, seuls 4 % présentent un intérêt essentiel ».

Mais, une lueur d’espoir, tout de même, parallèlement à Big Pharma, « la recherche à but non lucratif progresse ».5

Dérives de la politique du médicament en France et liaisons dangereuses entre les pouvoirs publics et l’industrie pharmaceutique.

Lorsqu’en 2015, paraît cet ouvrage, il y a donc deux ans, les auteurs ont l’espoir d’un

« sursaut de l’ensemble des acteurs pour que les autorités publiques incitent les laboratoires à retrouver leur juste fonction : celle de guérir et non de nourrir abusivement leurs actionnaires… car la « marchandisation de la santé détourne des moyens du juste soin ».

Il faut sortir du « business is usual », car nous entrons depuis, dans la « pharmaco-délinquance ». Mais ces espoirs, sont loin deux ans après d’être entendus.

Les dérives.

1992 – Démission du professeur B. Régnier de l’Hôpital Bichat de l’AMM – commission d’autorité de mise sur le marché).

Il déclare :

« L’évaluation des médicaments est réalisée dans des conditions proches de l’indigence. Il est clair que ce sont les industriels qui mènent la barque ».

2006 – Rapport Sénat – F. Autain, Secrétaire d’État :

« L’industrie pharmaceutique exerce sur la Communauté médicale au sens large et les autorités sanitaires de notre pays, une emprise qui, évidemment, porte atteinte à leur indépendance… ».

En Grande-Bretagne ( car le phénomène s’amplifie au niveau européen ),

« les grandes firmes se sont de plus en plus focalisées sur le marketing, plus que la recherche, et elles exercent une influence envahissante et persistante, non seulement sur la médecine et la recherche amis aussi sur les patients, les médias, les administrations, les agences de régulation et les politiques », selon le rapport sur l’industrie pharmaceutique en 2006 – Chambre des Communes britanniques. Le réquisitoire est sans appel.

En France, il en est de même, l’industrie pharmaceutique influence directement, voire détermine les « programmes et la pratique médicale, les objectifs de recherche des médicaments ».

Elles n’ont d’autre priorité que de nouveaux marchés à ouvrir.

2008, un rapport de l’Agence Générale de l’ONU – Organisation des Nations Unies déclare :

« Les grandes firmes devraient assurer leur responsabilité à l’égard de la Santé Publique et pas seulement à l’égard de leurs actionnaires. Et, ce n’est pas aujourd’hui le cas, en particulier en ce qui concerne leur politique de recherche, de développement, leur acceptation des politiques anti-corruption et anti-lobbying et l’éthique des essais chimiques ».

 

Commentaire : Bla bla bla habituel de l’ONU

Les Affaires :

L’Affaire du Médiator – C’est une héroïne ordinaire, le Docteur Irène Frachon qui en 2010, alerte. Que déclare-t-elle ? :

« Des gens se noient devant moi, personne ne les voit, sauf moi, et cela fait 30 ans » !

Le constat est simple :

« On s’aperçoit que notre système sanitaire est incapable de protéger nos concitoyens de la violence prédatrice d’un laboratoire privé ». Depuis 2007, cette pneumologue bretonne constate plusieurs cas de valvulopathie. C’est une pathologie grave qui peut entraîner la mort. Elle détruit les valves cardiaques. « Tous ont été traités par le Médiator, en médicament des laboratoires Servier présenté comme antidiabétique mais largement détourné comme coupe-faim ».

2009 – L’agence française de sécurité sanitaires des produits de santé ( Afssaps ) enlève le Médialor du marché, suite aux résultats de l’étude épidémiologique d’Irène Frachon6. Ce qui confirme bien les doutes sur la dangerosité du médicament.

Le Médiator, sa composition :

 Dérivé amphétaminique.

 Substance active : le Benfluorex

− Il est commercialisé depuis 1976 pour les diabétiques et les personnes en surpoids.

  • Utilisé à « 70 % comme coupe-faim donc hors-indication de l’autorisation de mise sur le marché. Or, toutes les amphétamines ont été retirées du marché le 15 septembre 1977, en raison d’hyper-tension artérielle, pulmonaire et valvulopathies consécutives. Toutes…. sauf le Médiator qui a bénéficié de protections politiques injustifiables jusqu’en novembre 2009, date de son retrait ».7

Il faut préciser que tous les pays l’avaient ôté du marché en 2006. Sauf en France, au Portugal, à Chypre.

2011 : l’Igas – Inspection Générale des Affaires Sociales dénonce une « incompréhensible tolérance » à l’égard du Médiator. Ce médicament en effet est recommandé pour ses vertus « hypolipémiantes et hypoglycémiques » : baisse du taux de glucose dans le sang et de cholestérol.

2012 : 350 plaignants demandent réparation aux laboratoires Servier. « 1320 décès seraient imputables aux Médiator »8

2011 – Déclaration de Michèle Rivasi

Eva Joly et moi-même en tant que députée européenne, faisons une saisine de l’Office européen de lutte anti-fraude ( Olaf ) qui ouvre une enquête sur les conflits d’intérêts au sein de l’Agence européenne des médicaments ( EMA ) dans l’affaire du Médiator.

L’Olaf après enquête, empêchera la nomination d’experts permanents auprès de l’EMA, en raison de conflits d’intérêt.

Le volet pénal et l’instruction : Les conclusions du rapport d’expertise scientifique sont accablantes pour Servier. Elles valident de fait le mensonge et la dissimulation des victimes.

Les chefs d’accusation – procès 2015-2016 :

 Tromperie aggravée,

– Escroquerie

– Homicide

– Trafic d’influence

– Prise illégale d’intérêt.

L’affaire du Médiator a un grand retentissement médiatique dans le pays et constitue un « séisme » dans le monde opaque des grands laboratoires.

« Il fallait mettre fin au règne de la collusion entre le monde politique et le monde pharmaceutique, et établir d’urgence un cordon sanitaire ».

source

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Une réponse à “Big Pharma, l’emprise de l’industrie pharmaceutique sur la santé publique et les institutions

  1. polo

    24 novembre 2017 at 8:57

    Heureusement que nous avons de super médias. Le bon jt du 20h.

     

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