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Archives du 17 novembre 2017

Faut-il vraiment limiter la population mondiale pour sauver la planète ?

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La question revient fréquemment dans les débats sur le changement climatique : l’augmentation de la population constituerait l’une des principales menaces pour l’équilibre planétaire. Les pays pauvres, et particulièrement l’Afrique avec sa forte croissance démographique, sont implicitement visés. Pourtant, un Africain pollue vingt fois moins qu’un Nord-américain. Si la question démographique se pose à long terme, elle risque d’être utilisée pour évincer les vraies priorités et responsabilités : une meilleure gestion et répartition des ressources et une remise en cause du modèle consumériste.

C’est une alerte solennelle qui permet de remettre l’urgence climatique au cœur des débats. Le 13 novembre, plus de 15 000 scientifiques de 184 pays ont publié un cri d’alarme sur l’état de la planète pointant la « trajectoire actuelle d’un changement climatique potentiellement catastrophique » et un « phénomène d’extinction de masse » [1]. Si ce texte, largement relayé par les médias, souligne l’échec des gouvernements à réévaluer le rôle d’une économie fondée sur la croissance, il met surtout l’accent sur « la croissance démographique rapide et continue » perçue comme « l’un des principaux facteurs des menaces environnementales et même sociétale ». Qu’en est-il vraiment ?

Un Nord-américain pollue vingt fois plus qu’un Africain

Quels sont les pays visés lorsque l’on aborde la question démographique ? En quinze ans, la population mondiale est passée de 6 milliards à 7,5 milliards d’humains. Selon les données 2016 de la Banque mondiale, ce sont principalement les pays de l’Afrique subsaharienne (Guinée équatoriale, Niger, Angola, Ouganda…) qui connaissent actuellement les taux de croissance démographique les plus élevés du monde. Selon les projections des Nations-Unies, l’Afrique représenterait 54 % de l’augmentation de la population mondiale entre 2015 et 2050 et 83 % de l’augmentation entre 2015 et 2100 [2].

https://donnees.banquemondiale.org/share/widget?end=2016&indicators=SP.POP.GROW&start=1960&view=map&year_high_desc=trueSi la population africaine se retrouve dans le viseur, sa contribution aux émissions de gaz à effet de serre (GES) est pourtant très faible. Dans leur étude « Carbone et inégalité : de Kyoto à Paris » publiée en novembre 2015, les économistes Lucas Chancel et Thomas Piketty rappellent que chaque consommateur nord-américain émet en moyenne 22,5 tonnes d’équivalent CO2 (tCO2e) par an, soit presque deux fois plus qu’un habitant d’Europe de l’Ouest (13 t), trois fois plus qu’un résident du Moyen-Orient (7,6 t), et quatre fois plus qu’un Chinois (6 t). A l’inverse, les habitants d’Asie du Sud et d’Afrique émettent environ 2 tonnes d’équivalent CO2, bien en dessous de la moyenne mondiale qui s’établit à 6,2 tCO2e par habitant, et vingt fois moins qu’un Nord-Américain ! [3]

Les 10 % les plus riches sont responsables de la moitié des émissions de CO2

Or, de nombreuses inégalités subsistent à l’intérieur des pays. Pour en rendre compte, Lucas Chancel et Thomas Piketty se sont penchés sur les 10 % des individus les plus émetteurs au niveau mondial : comme le montre leur schéma ci-dessous, 40 % des émissions de CO2 satisfont les besoins des nord-américains, 20 % des européens et 10 % des chinois. A l’autre bout de la pyramide, les individus les plus pauvres du Mozambique, du Rwanda et du Malawi émettent environ 0,1 tonnes d’équivalent CO2 par an. Soit 2000 fois moins que les 1 % les plus riches américains, luxembourgeois, singapouriens et saoudiens, avec des émissions annuelles par personne supérieures à 200 tonnes.

L’appel des scientifiques invite à « réexaminer nos comportements individuels, y compris en limitant notre propre reproduction et en diminuant drastiquement notre consommation par tête de combustibles fossiles, de viande et d’autres ressources ». Là encore certains comportements sont bien plus irresponsables que d’autres. Une infographie de l’ONG Oxfam souligne le rôle prépondérant du consumérisme. Dans son rapport de décembre 2015, l’ONG estime que les 10 % les plus riches sont responsables de 49 % des émissions mondiales liées à la consommation !

« Non seulement les habitants les plus pauvres de la planète (moins de 4,40 dollars par jours) sont les moins responsables du changement climatique, mais ils sont en général les plus vulnérables face à ses conséquences et les moins préparés pour l’affronter », rappelle également Oxfam. Parmi les exemples de la carte ci-dessous, le cas du Bangladesh est emblématique. Figurant parmi les pays les plus pauvres et les plus densément peuplés au monde, il est régulièrement frappé par des cyclones et inondations dévastatrices alors même que son empreinte carbone est minime.

90 entreprises sont à l’origine de 50 % de la hausse de la température

Se concentrer sur la question démographique c’est prendre le risque d’évincer la responsabilité des plus grandes entreprises dans l’aggravation du réchauffement climatique. Une étude publiée en octobre 2017 par l’ONG américaine Union of Concerned Scientists (UCS), pointe les 90 principales entreprises productrices de pétrole, gaz, charbon et ciment. Elles sont à l’origine de 57 % de la hausse de la concentration atmosphérique en CO2, de près de 50 % de la hausse de la température moyenne mondiale, et d’environ de 30 % de la hausse du niveau moyen des mers observées depuis 1880 [4]. Depuis 1980, les principaux responsables de la hausse des températures sont Saudi Aramco et Gazprom, suivis par ExxonMobil, National Iranian Oil Company, BP, Chevron, Pemex et Shell. Le français Total arrive en 17e position, juste derrière la Sonatrach algérienne.

Autre secteur pointé du doigt : les industriels de la viande et des produits laitiers. Un nouveau rapport souligne que les vingt plus grandes entreprises de viande et de produits laitiers ont émis en 2016 « plus de gaz à effet de serre que toute l’Allemagne »« Si ces entreprises étaient un pays, elles seraient le 7ème émetteur de gaz de serre », insistent les auteurs. Ils préconisent une transition vers des systèmes alimentaires qui reposent sur les petits producteurs, l’agroécologie et les marchés locaux.

Mieux gérer les ressources, plus efficace que limiter la démographie

La surpopulation est une thématique qui revient régulièrement dans les débats, s’appuyant notamment sur l’héritage de Thomas Malthus. Dans son Essai sur le principe de population (1798), le pasteur anglais justifie la restriction démographique par la disponibilité alimentaire : la population croît plus vite que les ressources disponibles conduisant à des famines. Un argument que réfute le paysan-philosophe Pierre Rabhi. « Un cinquième de l’humanité consomme les 4/5e des ressources produites. Ce serait très pernicieux d’invoquer la démographie pour dire qu’on ne va pas s’en sortir. Non ! Plusieurs milliards d’humains ne s’en sortent déjà pas »confiait-ilà Basta !. Avant de se préoccuper de limiter la population mondiale si les ressources disponibles le nécessitent, il serait bon de s’intéresser à leur meilleure préservation et répartition.

Plusieurs scénarios, à l’horizon 2050, s’accordent pour conclure qu’il est possible de nourrir une population de 9 ou 10 milliards d’habitants à l’horizon 2050, tout en réduisant les impacts environnementaux [5]. La réduction de moitié des pertes et gaspillages alimentaires permettrait une économie de 12 % de la consommation d’eau [6]« La transformation de nos modes de production et d’organisation économique est porteuse de progrès majeurs en ce qui concerne toutes les limites planétaires », relève l’économiste Sandrine Paillard. Pour elle, ces transformations seraient « porteuses de progrès environnementaux beaucoup plus considérables qu’une réduction de la pression démographique sans modification de nos modes de vie, de production et d’organisation » [7].

La question du consumérisme des classes moyennes

Dans son livre La nature est un champ de bataille (2014), le sociologue Razmig Keucheyan rappelle également que « la crise environnementale est liée au capitalisme et aux inégalités qu’il génère » [8]. A ses yeux, quatre caractéristiques du capitalisme – productivisme, prédation, dépendance aux énergies fossiles, consumérisme – en font un système néfaste pour l’environnement. « Le problème est donc fondamentalement lié à la dynamique du capitalisme et à ses effets sur l’environnement et les inégalités », résume t-il.

Pour autant, que se passera-t-il si les classes moyennes asiatiques – puis africaines – en croissance démographique se mettent à consommer comme leurs homologues européennes ou américaines ? Dans son dernier ouvrage Dire non ne suffit plus, la journaliste canadienne Naomi Klein rappelle l’importance d’affirmer et de défendre des alternatives démocratiques, solidaires, écologiques et sociales. « Après 40 ans passés dans cet univers néolibéral, le plus grand obstacle est la crise de nos propres imaginaires », explique t-elle. Elle invite donc à bâtir sans relâche l’alternative. « Certaines communautés, notamment les peuples indigènes, essaient depuis longtemps de maintenir vivant un mode de vie qui ne se fonde ni sur la propriété de la terre, ni sur la quête incessante du profit », illustre t-elle.

En finir avec la domination des hommes sur les femmes

Parmi les préconisations de l’appel des 15 000 scientifiques figure la volonté de « déterminer à long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement défendable ». Cet objectif d’une stabilisation du nombre d’individus sur Terre a été clairement explicité lors de la Conférence mondiale sur la population au Caire en 1994. « N’est-ce pas là un vœu pieux ? », interroge Jacques Véron, démographe et directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques [9]. Chaque pays contribuant à la croissance globale est en effet souverain. Et « les pays membres des Nations unies connaissent par ailleurs des situations si différenciées que leurs intérêts immédiats divergent souvent », note t-il.

Si les questions démographiques ont été largement débattues depuis 1946 au niveau international, il semble que la stabilisation de la population mondiale ne soit plus aujourd’hui un objectif affiché par les instances onusiennes davantage préoccupées par les migrations internationales. Une chose demeure établie : la plupart des femmes choisissent d’avoir moins d’enfants quand elles peuvent en décider librement. Ce qui suppose l’amélioration de leur statut, l’accès de toutes à l’éducation et la mise à disposition des moyens modernes de contraception. (source)

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Publié par le 17 novembre 2017 dans général, Nouvel ordre mondial, société

 

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Supercalculateurs : la Chine devient la première puissance informatique du monde

La Chine est devenue le pays qui a la plus importante puissance de calcul avec le parc le plus important de supercalculateurs !

“Selon Top 500, qui liste tous les trois mois les supercalculateurs les plus puissants du monde, la Chine est devenu le numéro 1 mondial en puissance de calcul cumulée.”

Si cela fait deux ans que l’empire du Milieu peut se targuer d’avoir l’ordinateur le plus puissant du monde, c’est la première fois que la Chine passe devant les États-Unis dans la puissance de calcul disponible, et en plus elle détient plus de supercalculateurs que les États-Unis avec 202 pour Pékin contre 143 seulement pour les USA.

Plus surprenant, la progression de la Chine est fulgurante car il y a 6 mois, les Américains détenaient 169 supercalculateurs contre 160 pour les Chinois. En quelques mois, le rapport de force s’est totalement inversé.

Cela veut dire que la montée en gamme de la Chine vient de connaître un nouveau tournant, et s’imaginer que les Allemands n’ont rien à craindre de l’industrie chinoise est une chimère, d’ailleurs c’est assez symptomatique de voir le télescopage de ces deux informations.

Siemens licencie massivement au moment où la Chine devient le leader de la puissance de calcul.

Charles SANNAT.

Source Challenges ici

 
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Publié par le 17 novembre 2017 dans général, International, Sciences

 

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Les États membres de l’UE font un pas important vers une armée européenne

Les États membres de l’UE font un pas important vers une armée européenne
L’Union Européenne a fait un pas important vers le développement de la capacité de faire la guerre à l’avenir indépendamment et, si nécessaire, contre les États-Unis.

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de 23 des 28 États membres de l’UE ont signé lundi à Bruxelles un document-cadre sur une politique de défense commune. Avec la Grande-Bretagne, qui quittera l’UE en 2019, seuls quatre petits pays – le Danemark, l’Irlande, Malte et le Portugal – n’ont pas signé l’accord. Cependant, ils peuvent encore le faire à tout moment.

Avec l’accord sur la Coopération structurée permanente (CSP), les États de l’UE se sont engagés à coopérer étroitement dans le développement et l’achat d’armes, et à mettre à disposition des troupes et du matériel pour des interventions militaires conjointes.

« La CSP est un cadre juridique européen ambitieux, contraignant et inclusif pour l’investissement dans la sécurité et la défense du territoire et des citoyens de l’UE », indique le document. La question clé est de rendre l’Europe plus efficace, capable d’agir et plus rapidement, a déclaré un représentant du ministère allemand de la Défense.

L’accord signifie une escalade du militarisme européen. La première des 20 conditions auxquelles toutes les parties doivent s’engager est une augmentation régulière des dépenses militaires. Au moins 20 % de ce montant doit être affecté à l’achat de nouvelles armes. Pour sa part, l’UE a l’intention de contribuer à hauteur de 500 millions d’euros par an et 1 milliard d’euros après 2021 à des projets d’armement conjoints.

Des détails concernant la forme de coopération seront élaborés au cours des prochaines semaines. Il y a actuellement 47 propositions de projets communs. Il s’agit notamment d’un corps d’intervention conjoint, de la création d’unités de combat multinationales, d’un « centre d’excellence » commun pour les missions de formation européennes, de plans de précaution pour des interventions militaires dans diverses régions du monde, d’une zone militaire Schengen, qui permettrait le déploiement rapide de troupes et d’armements lourds sans obstacles bureaucratiques, de reconnaissance par satellite conjointe, d’un commando médical européen et de centres logistiques communs. Dix de ces 47 projets doivent être lancés en décembre.

Les moteurs de la CSP sont l’Allemagne et la France. Ces derniers mois, Berlin, Paris et Bruxelles ont promu le projet en organisant six ateliers. Dans un discours prononcé à l’Université de Paris – Sorbonne en septembre, le président français Emmanuel Macron a déclaré : « Au début de la prochaine décennie, l’Europe doit disposer d’une force d’intervention commune, d’un budget de défense commun et d’une doctrine commune d’action. »

La ministre allemande de la Défense, Ursula Von der Leyen, a déclaré que la signature de la CSP était « un grand jour pour l’Europe ». Les parties faisaient « un pas de plus vers une armée pour l’Europe. »

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a qualifié cet accord d’« historique ». Il s’agissait d’un « grand pas vers l’indépendance et le renforcement de la politique de sécurité et de défense de l’UE ». Il s’attendait à ce que la CSP ait comme résultat une croissance majeure des capacités militaires.

L’Europe dépense actuellement la moitié de l’argent que les États-Unis consacrent à leurs forces armées, a-t-il dit, mais n’en atteint qu’une capacité de 15 % de celle de ce pays. Une coopération plus étroite pourrait entraîner une amélioration.

Berlin, Paris et Bruxelles cherchent à montrer que la coopération militaire de l’UE est complémentaire de l’OTAN plutôt qu’en opposition à elle. L’accord CSP lui-même stipule : « La capacité militaire renforcée des États de l’UE sera également utile à l’OTAN. Il en renforcera le pilier européen et servira à répondre aux demandes répétées d’un partage plus important de la charge transatlantique. »

Von der Leyen a également cherché à nier toute opposition à l’OTAN. L’alliance transatlantique serait toujours responsable de la défense nationale et collective, tandis que l’UE, avec sa « sécurité en réseau », exécuterait des tâches qui ne font pas partie du mandat de l’OTAN, comme « l’aide » aux États africains.

Ça n’a pas de sens. Les commentateurs sont généralement d’avis que deux événements clés ont encouragé la mise en œuvre de plans longuement discutés mais frustrés à plusieurs reprises pour une armée européenne : l’élection de Donald Trump et le Brexit.

Une première tentative de fonder une Communauté européenne de défense échoua en 1954 face à l’opposition française. Aucune autre tentative n’a été faite depuis plusieurs décennies. Au tournant du nouveau siècle, les efforts pour établir une coopération militaire plus étroite ont échoué en raison de la résistance de Londres, qui, en tant qu’allié le plus proche de Washington, voulait empêcher l’émergence d’une organisation concurrente de l’OTAN.

La politique de « L’Amérique d’abord » de Trump a accentué les tensions entre les États-Unis et l’Europe. La politique américaine au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est est perçue à Berlin et à Paris comme une attaque contre leurs intérêts, et l’Amérique, l’Europe et la Chine se battent entre elles pour l’influence en Afrique. Ce n’est que dans les préparatifs de la guerre avec la Russie que les puissances européennes et les États-Unis coopèrent étroitement par l’intermédiaire de l’OTAN. Mais même ici, il existe des différences tactiques sur la portée du conflit.

En même temps, le Brexit a retiré de l’UE l’opposant le plus important à une armée européenne.

L’accord CSP ne signifie pas que tous les conflits à l’intérieur Europe aient été surmontés, et que l’Allemagne et la France vont dorénavant suivre la même ligne. Même avant l’accord, de fortes divergences ont émergé.

Alors que Paris souhaitait restreindre l’accord à un petit groupe exclusif d’États disposant de grandes armées capables d’intervenir de manière décisive dans une situation de crise, Berlin prônait le plus large éventail possible de participants, avec un large éventail de tâches. C’est l’Allemagne qui a prévalu.

Des décisions unanimes étant nécessaires, le mécanisme de la prise de décision sera difficile. Mais Berlin craignait que les États d’Europe de l’Est, de plus en plus dominés par le sentiment nationaliste et anti-UE, ne s’alignent sur les États-Unis.

L’énorme hausse des dépenses militaires liée à la PESCO va exacerber les tensions de classe en Europe. Les élites dirigeantes répondent déjà aux tensions de classe dans tous les pays européens avec un renforcement important de l’appareil de répression étatique. C’est ce qui encourage les forces de droite et nationalistes, et qui déchire l’UE.

En dernière analyse, les tensions croissantes entre les États-Unis et l’Europe « ne sont pas simplement le produit des politiques nationalistes extrêmes de l’occupant actuel de la Maison Blanche », a écrit le World Socialist Web Site dans sa Perspective du 2 juin 2017 intitulée « Le grand écroulement : la crise de l’ordre politique mondial ».

L’éditorial se poursuivait : « En fait, ces tensions proviennent de profondes contradictions entre les grandes puissances impérialistes, qui deux fois au siècle dernier ont provoqué des guerres mondiales

« Les réactions au voyage de Trump en Europe témoignent non seulement d’une crise de l’impérialisme américain, mais du capitalisme mondial. Aucun des rivaux de Washington – l’UE, haïe pour sa politique d’austérité ; le régime de droite, économiquement moribond, au Japon ; on l’oligarchie capitaliste post-maoïste au Chine – n’offre une alternative progressiste.

« Quelqu’un qui affirmerait qu’une coalition de ces puissances pourra stabiliser le capitalisme et bloquer l’émergence de conflits commerciaux et de guerres inter-impérialistes, parierait gros contre l’Histoire. »

Le réarmement de l’Europe le confirme. Seule la construction d’un mouvement international anti-guerre fondé sur la classe ouvrière et luttant pour un programme socialiste et le renversement du capitalisme peut éviter la catastrophe d’une autre guerre mondiale.

Peter Schwarz

source 

 

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GEAB 119 – Petroyuan et Arabie Saoudite : De la tentation du QE militaire US à la naissance du Moyen Orient

GEAB 119 : Petroyuan et Arabie Saoudite : De la tentation du QE militaire US à la naissance du Moyen Orient
Fin 2017-début 2018, toutes les grandes banques centrales occidentales sortent des politiques monétaires non conventionnelles, les fameux quantitative easing (QE) qui ont permis d’approvisionner en liquidités les banques en manque de confiance mutuelle de l’après-crise des subprimes.

QE fiscaux dans les pays riches

La Banque centrale européenne, la Bank of England et la Bank of Japan s’approchent toutes d’un ralentissement du rachat d’obligations. En Europe, Draghi l’a répété à l’envi [1] : la banque centrale ne peut pas tout et il faut donc des réformes structurelles de la monnaie unique. C’est ainsi qu’on parle de « QE fiscal » [2] (permettant notamment de financer les infrastructures via un renforcement des politiques fiscales au niveau européen) qui servirait l’économie réelle et qui serait le renforcement logique du plan Juncker [3]

La politique annoncée de la BoJ consiste grosso modo en la même stratégie, à ceci près qu’elle n’a pas à consolider une gouvernance pour sa monnaie comme préalable. La victoire électorale récente de Shizo Abe fournit a priori les conditions nécessaires et suffisantes pour enclencher la transition de diminution du rythme des rachats et du montant de leur dette (200 % du PNB) [4].

QE militaire dans les autres

Quant à la BoE, elle n’en est pas encore à annoncer la fin du resserrement de sa politique monétaire, mais les problèmes d’inflation qu’elle rencontre actuellement (3 % malgré une hausse des taux) ne devraient pas tarder à l’y obliger [5]. Il est probable qu’une politique fiscale ne constitue pas une option pour le Royaume-Uni dont les habitants connaissent des problèmes d’endettement importants [6]. Alors, sont-ils susceptibles de s’engager eux aussi dans un QE militaire convaincant ? Ou bien l’Europe constituera-t-elle in fine la seule planche de salut disponible ?

Côté États-Unis, les choses sont un peu différentes : la Fed a mis fin à son QE il y a trois ans déjà et se contentait depuis d’entretenir son stock en réinvestissant systématiquement les montants des obligations qui arrivaient à échéance dans de nouvelles obligations [7]. Or, depuis le mois d’octobre, la Fed a entrepris de diminuer le stock d’obligations qu’elle avait acquises pour soutenir son économie. Cette diminution se fait essentiellement :

  • 1 : en « annulant » les écritures de monnaie créée sur les comptes des banques (pour la partie création monétaire pure) ;
  • 2 : en trouvant pour les émissions ou renouvellement de bons du Trésor de vrais clients puisque la Fed ne jouera plus ce rôle. Problème : dans un monde désormais multipolaire et ultra-concurrentiel, comment créer un fort différentiel positif d’attractivité de l’économie nord-américaine ?

Les bons du Trésor pourraient être vendus aux citoyens américains eux-mêmes, mais encore faudrait-il qu’ils aient de l’épargne. Ce n’est toujours pas le cas… Au contraire, on note actuellement une ré-augmentation de l’endettement des ménages et des défauts de paiement [8]. Cette situation donne deux informations : une politique fiscale n’est pas plus envisageable que la vente des T-Bonds aux Américains, et il n’y a pas de temps à perdre si on veut éviter une nouvelle crise des subprimes. Ce deuxième point montre que la stratégie de relance de l’économie par affaiblissement du dollar (et donc l’enchérissement des produits importés) est une politique de bien trop longue haleine.

De quoi les États-Unis disposent-ils qui présente un potentiel de très forte rentabilité à part leur fameux appareil militaro-industriel ? Pas grand-chose en fait, en tout cas pas grand-chose qui ne soit déjà optimisé. Selon ce qu’on intègre au budget militaire, il représente tout de même entre 700 et 1000 milliards de dollars par an [9]

Budgets militaires 2016 des neuf pays les plus dépensiers. Source : PGPF.

Budgets militaires 2016 des neuf pays les plus dépensiers.
Source : PGPF.

C’est ainsi qu’est apparu à l’esprit de notre équipe le concept de « QE militaire », en écho au « QE fiscal » européen. La question devenant alors : comment les États-Unis pourraient-ils optimiser de manière rapide et significative la rentabilité de ce pan de leur économie ?

Les trois pistes

Trois pistes simples apparaissent alors :

1- Piste européenne  : les États-Unis mettent de l’huile sur les nombreux conflits de la planète, justifiant leur présence qu’ils font payer aux pays concernés. La crise euro-russe de 2014, le déploiement de troupes US-Otan en Europe et l’augmentation des contributions des membres de l’Alliance au budget, sont en fin de compte une première application de cette notion de QE militaire (au moment précis où la Fed arrêtait son QE, d’ailleurs…).

Défauts :

  • en augmentant leurs contributions, les alliés reprennent la main sur les fonctions de commandement et peuvent utiliser cette marge de manœuvre pour calmer les tensions (la Corée du Sud en fournit un bon exemple) ;
  • ça rapporte, mais ça coûte aussi. Même si les alliés contribuent mieux au budget, si le budget total augmente, la part US augmente également ;
  • et si personne ne calme les tensions, il y a aussi des risques de réel embrasement qui ne sont en fait pas l’objectif de l’appareil militaire US : problème de coûts, mise en transparence de l’avantage réel de l’arme US sur les autres, image désastreuse conduisant au déploiement de stratégies de découplage de l’ « allié » US.

2- Piste japonaise  : au lieu de miser sur le « militaro », les États-Unis misent sur l’« industriel » et opèrent une vraie réforme de leur appareil suivant un principe de rationalité économique : diminution des dépenses (bases, hommes, missions, etc.) et optimisation des recettes (vente d’armements). Dans cette logique, il peut toujours y avoir intérêt à attiser les conflits, mais en laissant les pays concernés prendre leur indépendance stratégique (une tendance dont le Japon fournit le parfait exemple [10]).

Défaut : le monde peut devenir un endroit très dangereux, ce qui n’est in fine dans l’intérêt de personne. Aucun dirigeant moderne ne peut ignorer le fait de la globalisation (non pas économique, mais sociétale. Ce qui arrive en un point a des conséquences d’un bout à l’autre du globe.

3- Piste moyen-orientale (?) : les États-Unis misent résolument sur l’explosion des dépenses militaires dans un monde multipolaire pour profiter de ce marché au moment où leur primauté technologique est encore avérée et crédible [11]. Ils recréent la confiance de leurs futurs clients en adoptant une plus grande impartialité dans les conflits, voire en participant à la réduction des tensions. Ils ramènent vers eux une partie des dépenses liées à la mise en place des systèmes de défense des gros acteurs géopolitiques émergents qui commençaient à regarder davantage vers la Russie ou la Chine. Ils dégagent des marges, redonnent de la matière à leur économie, et peuvent même réinvestir une partie des bénéfices dans la recherche pour augmenter à nouveau leurs chances de garder leur avance sur les concurrents (c’est le Moyen-Orient qui inaugure, si l’analyse que nous faisons dans les Perspectives de ce numéro est juste, cette nouvelle stratégie, pensons-nous).

Défaut : même si ces conditions de déploiement du marché de l’armement mondial sont plus rassurantes, le monde peut quand même devenir un lieu dangereux à terme. Sauf si l’évolution est concomitante de la mise en place d’une nouvelle gouvernance multipolaire qui, sur le plan stratégique notamment, fonde la confiance de ses partenaires sur des systèmes militaires de défense et non d’attaque.

En chiffres…

Livrons-nous alors à un petit exercice mental… Le pays n’a plus les moyens de maintenir les 800 bases militaires qu’il possède à l’étranger et qui lui coûtent de l’ordre de 160 milliards de dollars par an [12].

Bases militaires US à l’étranger, 2015. Source : Politico.

Bases militaires US à l’étranger, 2015.
Source : Politico.

Si les États-Unis abandonnaient la moitié de leurs bases étrangères, les économies s’élèveraient à environ 65 milliards par an [13]. Par ailleurs, dans un monde multipolaire où la paix serait assurée par l’équilibre des forces, le besoin d’armement est encore énorme. Ainsi, par exemple, le Japon se remilitarise rapidement [14]. Les exportations étasuniennes d’armes seraient donc considérablement renforcées. Si celles-ci augmentent par exemple de 50 %, ce serait encore de l’ordre de 25 milliards de rentrée d’argent supplémentaire [15]. On atteint ainsi 90 milliards de dollars par an d’économies ou de bénéfices. Si l’on tient compte en outre de la forte augmentation du budget militaire 2018 voulue par Trump et votée presque à l’unanimité par le Congrès [16], on atteint un « stimulus » de l’ordre de 150 milliards de dollars par an. Le voilà, le nouveau QE : c’est un « QE militaire » dans le sens où, plus que jamais (ce n’est pas peu dire concernant les États-Unis), les dépenses militaires soutiennent massivement l’économie.Les montants en jeu sont évidemment bien moindres que ceux du QE de la Fed, mais il faut se rappeler aussi qu’un tel soutien est beaucoup plus efficace pour l’économie réelle. D’ailleurs, les premiers signes du remplacement du pétrodollar par le QE militaire que nous venons de décrire semblent d’ores et déjà visibles, quand on sait par exemple que les exportations d’armes US vers l’Arabie saoudite ont augmenté en 2016, tandis que dans le même temps les importations US de pétrole en provenance de ce pays ont fortement baissé [17], rééquilibrant de ce fait la balance commerciale US-AS en faveur des premiers. Étant donné les balances commerciales auxquelles les États-Unis nous ont habitués depuis plusieurs décennies, ce genre de petit fait peut facilement être interprété comme un vrai changement de tendance et le début du fameux « atterrissage économique » des États-Unis que nous anticipons depuis plusieurs mois, et dont le pays a tant besoin pour réduire ses doses de perfusions financières et recommencer à marcher tout seul…

Geab n° 119. Paris

Notes

[1Dernier discours en date le 18 octobre. Source : BCE, 18/10/2017

[2À ce sujet, lire CNBC, 05/10/2016

[3Plan que nous avons étudié dans notre article sur la BEI dans le GEAB n°118 d’octobre 2017

[4Source : Tokyo Foundation, 09/11/2017

[5Source : Seeking Alpha, 10/11/2017

[6Source : The Guardian, 18/09/2017

[7Source : Les Echos, 08/11/2017

[8Source : MarketWatch, 14/11/2017

[9Sources : The Balance (24/05/2017), POGO (10/02/2016)

[10Shinzo Abe travaille depuis des années à l’obtention d’une modification de la constitution japonaise devant permettre au pays de reprendre la main sur sa défense nationale. Il paraît aujourd’hui bien positionné pour obtenir cet amendement d’ici 2020. Source : Japan Times, 03/05/2017

[11Voir l’article du GEAB n°117 (« La supériorité de l’armement US en question ») sur le resserrement de l’avance technologique US vis-à-vis des nouveaux acteurs de l’industrie de l’armement. Source : GEAB n°117, 15/09/2017

[12Source : Mint Press News, 07/03/2016

[13Soit 80 milliards par an correspondant à la moitié du coût des bases étrangères, à quoi il faut tout de même retrancher les dépenses en personnel qui resteront à honorer, soit environ 15 milliards. En effet, Il y a environ 300 000 soldats US à l’étranger, soit 150 000 à rapatrier. Chacun « coûte » en moyenne 100 000 $ par an. Source : Wikipedia, ici et 

[14Sources : Reuters (04/06/2016), BFMTV (05/09/2017)

[15En moyenne, les États-Unis ont exporté pour 47 milliards par an entre 2012 et 2016. Source : Wikipedia

[16Dans une étonnante entente entre démocrates et républicains qui ont alloué plus que ce que Donald Trump demandait… Signe sans doute que chacun a conscience du soutien à l’économie que représentent les dépenses militaires. Source : New York Times, 18/09/2017

[17Source : Bloomberg, 14/11/2017

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Publié par le 17 novembre 2017 dans économie, général, International

 

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Chaque travailleur américain doit 1,5 million de dollars

Aux États-Unis, les salaires diminuent, le déficit commercial atteint son plus haut niveau depuis 10 ans, la dette s’envole, ainsi que les actions, et le gouvernement américain est encore parvenu à publier un certain nombre de chiffres contradictoires sur l’emploi qui n’ont aucun sens.

UN CONSOMMATEUR CONFIANT… MAIS SANS EMPLOI

Le sentiment des consommateurs américains (voir ci dessus) est au plus haut depuis 13 ans. En même temps, les chiffres de l’enquête d’octobre sur l’emploi des ménages aux États-Unis montrent une baisse de 484 000, alors que la population active a diminué de 765 000. Mais grâce à la manipulation de ces chiffres, la masse salariale du mois d’octobre a augmenté de 261 000, et le taux de chômage a décliné, de 4,2% à 4%. Le taux de participation au travail est revenu au niveau de 1977, avec seulement 62% de la population qui travaille ou cherche un emploi.

Comment peut-on croire ces chiffres qui nous disent que la masse salariale a augmenté et que le chômage a diminué alors que l’emploi et la population active ont considérablement diminué ? Il s’agit sûrement d’un pur fantasme.

 

 

Le taux de participation au travail a baissé, de 67% en 1999, à 62% actuellement. Le problème avec les statistiques américaines sur le travail est qu’elles ne tiennent pas compte des 95,4 millions de personnes, un niveau record, qui sont aptes au travail mais qui ne travaillent pas. La main-d’œuvre apte au travail, aux États-Unis, est de 256 millions. Parmi eux, seuls 161 millions travaillent ou cherchent activement du travail.

Ainsi, les 95,4 millions de personnes sans emploi, dont beaucoup ont renoncé à chercher un emploi, représentent 36 % de toutes les personnes aptes au travail. Avec moins de gens qui travaillent et un salaire moyen réel en baisse depuis 1975, il est difficile de comprendre comment les Américains peuvent être si optimistes.

 

LE CONSOMMATEUR CONFIANT NE FAIT PLUS DE SHOPPING

 

Après un récent voyage aux États-Unis, j’ai du mal à saisir pourquoi le consommateur américain n’a jamais été aussi optimiste depuis 13 ans. J’ai visité quelques centres commerciaux, dont celui de Boca Raton (Floride), dans lequel se trouvent toutes les grandes chaînes, en plus des chaînes spécialisées. Boca est une ville aisée, mais presque toutes les boutiques étaient vides, avec beaucoup de personnel qui se tournait les pouces. Le seul magasin rempli était celui d’Apple. Le magasin Microsoft était aussi entièrement vide. La situation de la vente au détail aux États-Unis est clairement désastreuse, avec cinq fois plus de surfaces commerciales par personne qu’au Royaume-Uni, un pays déjà aux prises avec ce phénomène. Avec 6 700 fermetures prévues, pour le moment, en 2017, cette industrie est en pleine hémorragie.

Les ventes au détail sont pénalisées par la baisse du revenu disponible réel et le développement de la vente en ligne. La valorisation d’Amazon semble ridicule, mais elle est peut-être justifiée, étant donné que cette société aura éventuellement un monopole total dans plusieurs secteurs du commerce de détail, à l’exception de certaines chaînes spécialisées comme la mode sans marque.

LES ÉTATS-UNIS CONTINUENT DE VIVRE AU-DESSUS DE LEURS MOYENS

 

Mais le problème n’est pas seulement la vente au détail. Le déficit commercial américain continue de grimper en flèche et atteint aujourd’hui 750 milliards de dollars annualisés, soit le pire depuis 2007. Les dépenses réelles de construction déclinent aussi, et elles sont les plus faibles depuis 2011.

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES

 

Soit les Américains sont induits en erreur par les sommets des actions dans la bulle boursière ou par la propagande gouvernementale que les médias, sans analyse, se contentent de publier comme des faits, même si tout cela est illusion comme dans Alice au pays des merveilles. Ou peut-être que les chiffres haussiers du sentiment des consommateurs sont tout aussi faux que la plupart des chiffres produits par le gouvernement. Comment le taux de chômage officiel peut-il être de 4 % alors que selon une analyse exacte de John Williams (Shadowstatistics), il est de 22 % ?

Comme le Premier ministre britannique Disraeli l’a déclaré, « il y a les mensonges, les satanés mensonges, et les statistiques ». Mais les marchés adorent ces mensonges, car ils continuent de faire grimper les valorisations de façon exponentielle, qu’il s’agisse des FAANG ou des crypto-devises.

CHAQUE TRAVAILLEUR AMÉRICAIN DOIT 1,5 MILLIONS $

Les 154 millions d’américains actifs sont responsables de la dette totale des États-Unis, qui atteint aujourd’hui 70 000 milliards $. Cela exclut les passifs non capitalisés de 120 000 à 200 000 milliards $, qui doivent être capitalisés.

Mais si l’on prend uniquement la dette de 70 000 milliards $, cela représente 454 000 $ de dette pour chaque personne qui travaille. En ajoutant le passif non capitalisé, cela donne une dette de 1,2 à 1,7 million $ par citoyen américain actif. Vu que le travailleur américain moyen est à un chèque de paie de la faillite, il n’est guère en mesure de payer entre 454 000 et 1,7 million $ avec un salaire annuel brut moyen inférieur à 50 000 $. Si chaque travailleur américain remboursait la dette avec son salaire brut, cela prendrait 50 ans, en incluant les intérêts et l’inflation. Mais l’Américain moyen ne pourrait même pas se permettre d’allouer 10% de son salaire au remboursement de la dette et des passifs. Les Américains ne pourraient même pas se permettre un plan de remboursement sur 500 ans.

Mais les États-Unis ne sont pas les seuls. Le Japon et plusieurs pays européens sont dans la même situation. La dette mondiale ne pourra jamais être remboursée. Lorsque les taux d’intérêt grimperont à 10, 15, 20%, ce qui est fort probable, le système financier implosera.

LES ÉLÉPHANTS VOLERONT

Tout le monde sait que les États-Unis, comme le reste du monde, sont en faillite. Mais cela n’inquiète personne, puisque les marchés boursiers et le sentiment des consommateurs sont au plus haut. Chaque nouveau président des États-Unis ou de la Fed espère que rien ne se passera sous son mandat. En attendant, ils impriment le plus d’argent possible pour transmettre le colis à leurs successeurs.

Mais à un moment donné, la musique arrêtera et quelqu’un sera coincé avec le colis. Et ce colis contient le montant total de la dette et du passif, incluant les produits dérivés, de 2 quadrillions $. Quiconque se retrouve avec un tel cadeau empoisonné se mettra à imprimer des quadrilllions de monnaie… ou peut-être émettra-t-il une crypto-devise adossée aux DTS. Peut-être qu’à ce moment-là, le monde évaluera les 21 millions de bitcoins à 95 millions de dollars chacun. Cela permettrait de régler la dette de 2 quadrillions de dollars. À ce stade, nous verrons probablement les éléphants voler et bien d’autres miracles.

LES CHIFFRES NE CONCORDENT TOUT SIMPLEMENT PAS

Les besoins mondiaux de financement ne riment vraiment pas avec les banques centrales qui veulent réduire la liquidité mondiale de 2 000 milliards $ d’ici la fin de 2018, et plus par la suite. L’effondrement imminent des marchés actions et obligataires, qui devrait débuter en 2018,  obligera les banques centrales à prendre un virage important. Mais à ce moment-là, la liquidité supplémentaire n’aura aucun effet. Le monde aura alors atteint un point où l’impression de monnaie fiduciaire sans valeur n’aura plus aucun effet. Et pourquoi devrait-elle en avoir ? Si l’impression monétaire pouvait créer de la richesse réelle, personne n’aurait besoin de travailler.

LE PLUS GROS HEDGE FUND AU MONDE

La Fed, bien sûr, n’est pas la seule banque centrale à mener une politique monétaire désastreuse. La Banque nationale suisse (BNS), autrefois un bastion de sécurité et de conservatisme, est maintenant le plus grand fonds spéculatif au monde. Le bilan de la BNS continue d’exploser, et il a grimpé de 9% en 2017, en date de la fin septembre.

La totalité des actifs de la BNS s’élève maintenant à 813 milliards CHF (ou dollars). Cela représente 123% du PIB suisse et, sur une base relative, c’est plus important que la Banque de Chypre au moment de sa faillite.

Les positions en devises étrangères représentent 760 milliards CHF. Une partie de ces 760 milliards, 90 milliards CHF, sont en actions, pour la plupart américaines, telles Apple, Alphabet (Google), Microsoft, Facebook et Amazon. 670 milliards CHF sont consacrés à la spéculation sur les devises, principalement l’euro et le dollar. Avec la montée des actions et l’affaiblissement du franc suisse par rapport à l’euro et au dollar, la BNS a obtenu de bons résultats en 2017. Mais elle ne réussira probablement pas à sortir de ses positions lorsque les actions, l’euro et le dollar s’effondreront, ce qui créera des pertes massives et encore plus d’impression monétaire. Le franc suisse sera alors en concurrence avec d’autres monnaies majeures dans la course vers le bas.

Il n’est pas étonnant de voir les actions monter quand la plupart des banques centrales, y compris la BCE, la BNS et la Banque du Japon, impriment des masses de fausse monnaie et achètent des milliards de dollars d’actions. Leurs actions devraient être considérées comme criminelles, mais les banques centrales sont au-dessus des lois, comme de nombreux banquiers d’investissement américains.

AU BORD DU PRÉCIPICE

Nous sommes au bord du précipice et il suffirait de pas grand-chose pour faire tomber tout le monde. Comme en 1929 ou en 1987, cela viendra de nulle part, sans que personne ne soit préparé ou n’ait le temps de réagir. Étant donné que les marchés, pendant des décennies, ont été sauvés par l’impression monétaire des banques centrales, les investisseurs verront tout d’abord ce déclin comme une opportunité d’achat. Mais toute injection de liquidité par les banques centrales n’aura qu’un effet à très court terme. La chute à venir sera de la même ampleur et l’inverse des mouvements exponentiels dont j’ai parlé dans mon article de la semaine dernière.

Avec la plupart des marchés à des sommets, l’achat d’or est modéré dans plusieurs pays comme les États-Unis. Il est difficile, pour les investisseurs, de ne pas céder aux sirènes des actions et des crypto-devises qui s’envolent. Mais les achats d’or en Allemagne sont très solides. Comme d’habitude, la Russie et l’Orient continuent d’absorber une grande partie de l’or recyclé et de la production minière aurifère, quel que soit le prix.

Lorsque la confiance tournera et que la peur reviendra sur les marchés d’ici 2018, l’or et l’argent s’envoleront. En raison du manque d’approvisionnement, très peu d’investisseurs pourront se procurer de l’or et de l’argent physique. Pour les rares qui auront alors la chance d’acquérir des métaux précieux, ce sera à des prix bien supérieurs aux prix actuels. C’est maintenant qu’il faut penser à la préservation de richesse et acheter une assurance, pendant que l’on peut encore trouver de l’or ou de l’argent physique à bas prix. À un moment donné, la montée des prix de l’or et de l’argent fera pâlir l’envolée actuelle du Bitcoin.

Être à la traîne serait une erreur fatale.

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Publié par le 17 novembre 2017 dans général, or et argent métal

 

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