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Big Brother médical ? Le premier médicament mouchard va être mis en vente

15 Nov
Big Brother médical ? Le premier médicament mouchard va être mis en vente

L’Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments (FDA) a autorisé la mise sur le marché du premier comprimé électronique, qui permet de savoir si un patient a bien pris son traitement et à quelle heure.

C’est une première et elle donne le vertige : la pilule qui vous traque et avertit votre médecin si vous l’avez prise ou non, va être mise en vente. L’Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments (FDA) a donné l’autorisation de mise sur le marché d’un comprimé électronique indiquant si le malade a bien avalé son médicament et renseignant sur l’heure de la prise. La FDA a tweeté le 14 novembre pour informer les consommateurs au sujet du «capteur qui effectue une traque digitale pour savoir si le patient a ingéré son médicament».

schizophrénie, la manie aiguë et les troubles bipolaires. Le principe actif du médicament est l’aripiprazole et est commercialisé sous le nom Abilify depuis 2002. La version électronique est appelée Abilify MyCite.

Une fois avalé, le capteur de la pilule, fait de cuivre, de magnésium et de silice, produit un signal électrique au contact des liquides de l’estomac. Après quelques minutes, cette impulsion est captée par un récepteur qui se trouve sur un patch collé sur la cage thoracique. Le patch – qui doit être remplacé chaque semaine – transmet alors l’information à une application permettant aux malades de traquer l’ingestion du médicament sur leur smartphone.

Les patients peuvent aussi autoriser leurs médecins à accéder à ce système via un site internet. «Pouvoir traquer la prise des médicaments prescrits peut être utile pour certaines personnes souffrant d’une maladie mentale», explique le docteur Mitchell Mathis, directeur de la division des traitements psychiatriques au centre de recherche et d’évaluation des médicaments de la FDA.

Cependant, l’agence gouvernementale souligne que ce système de traçabilité n’a pas encore démontré sa capacité à améliorer la prise régulière de médicaments.

Abilify MyCite est commercialisé par le groupe pharmaceutique japonais Otsuka Pharmaceutical Co., tandis que le capteur et le patch sont fabriqués par la firme américaine Proteus Digital Health.

Ce n’est pas un galop d’essai pour la firme Proteus Digital Health. En 2012, la FDA avait autorisé déjà la mise sur le marché de cette pilule dont la puce réagit au contact des fluides de l’estomac. Mais à l’époque, elle n’avait testé que des placebos. Les chercheurs œuvrent aussi à fabriquer des comprimés électroniques recueillant des paramètres comme la température interne du corps durant plusieurs jours, selon des informations du site de la chaîné télévisée américaine PBS.

De nombreuses questions éthiques face à cette surveillance intime

L’annonce a fait réagir certains médias, qui alertent sur les conséquences ou les motivations derrière ce type de technologie.

Divers travaux ont recensé le manque à gagner dû au refus de soins ou de mauvaise prise des médicaments. Selon un rapport américain de 2012 sur la santé publique, ce montant atteindrait des sommets : «Entre 100 et 300 milliards de coûts de santé évitables sont attribués au refus de soins ou à la mauvaise prise des traitements aux Etats-Unis chaque année, ce qui représente 3 à 10% des coûts de santé annuels.» Ce contrôle pourrait donc servir des motifs financiers davantage qu’une préoccupation de santé publique.

Un article du New York Times, évoquant en titre un « »Big Brother » biomédical», estime que si ce type de pilule peut améliorer la prise en charge d’un patient, elle tend aussi à organiser une forme de contrôle, voire de coercition sur lui. Les informations sur la prise pourront être envoyées au médecin et jusqu’à quatre personnes, destinataires que le patient pourra bloquer à sa guise. Actuellement, le système prévoit qu’il reste maître de ses informations, mais un tel système pourrait conduire les assurances ou la justice à exiger la confirmation de prise de traitement pour autoriser les remboursements de ceux-ci.

L’ironie de la mise sur le marché d’Abilify réside dans le fait que les patients schizophrènes ne prennent parfois pas leurs traitements à cause de leurs tendances… paranoïaques. «Un système qui va surveiller leur comportement et envoyer des signaux de leur corps et en rendre compte au médecin ?», s’interroge le docteur Paul Appelbaum, directeur du droit, de l’éthique et de la psychiatrie à l’université de Columbia, dans les colonnes du New York Times. «Qu’il s’agisse de psychiatrie ou de médecine générale, il serait plus indiqué de commencer à utiliser ce type de dispositif pour autre chose que la schizophrénie.»

 

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