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Voté dans un silence complet, le JEFTA a de quoi faire peur…

09 Nov

Conséquences sociales, politiques et écologiques : que cache l’accord de libre-échange Europe – Japon si peu médiatisé et pointé du doigt par Greenpeace ?

Après le CETA et le TAFTA, c’est au JEFTA de faire parler de lui

C’est lors d’un sommet entre l’Union européenne et le Japon, le 6 juillet 2017, que l’accord politique en vue d’un traité de libre-échange, a été signé. Ce traité, JEFTA, s’inscrit dans la lignée du CETA (accord avec le Canada) signé en octobre dernier, et le TAFTA (accord avec les Etats-Unis) dont les négociations sont gelées depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

Oui mais voilà, contrairement aux accords de libre-échange précédents, où la presse s’était immédiatement emparée des sujets, suscitant ainsi les réactions de l’opinion publique et l’indignation des ONG, cet accord n’a pas fait de vague. Et pour cause, la presse n’a que très peu mentionné son existence alors que les négociations existaient depuis cinq ans.

Plusieurs points sont donc remis en cause. Dans un premier temps les médias. D’un côté, cet accord de libre échange est censé « favoriser le commerce et l’économie » des deux puissances, mais on le sait, ces accords favorisent surtout les intérêts des grands groupes multinationaux et non ceux des producteurs locaux européens. Certaines hypothèses sont donc émises quant à l’opacité de l’affaire et l’exclusion totale des journalistes, ou à l’inverse, la volonté des grands groupes de protéger leurs intérêts économiques. Etant majoritairement présents et influents dans la pluparts des grands médias cela pourrait expliquer le manque de transparence et de communication sur les négociations à l’époque.

Dans un second temps, ce sont les idées de « protectionnisme européen » et l’Accord de Paris sur les enjeux du climat qui sont décrédibilisés. En effet, le président ne s’est pas opposé à la signature de cet accord qui va pourtant à l’encontre de ses motivations et de sa campagne.

Pour comprendre ces discordances il est nécessaire de se pencher sur le rapport partagé par Greenpeace.

Mais quels sont réellement les enjeux de cet accord ?

En effet, pour la discrétion de cette affaire c’était sans compter sur Greenpeace et ses révélations. La filière néerlandaise de l’ONG de protection de l’environnement a fait fuiter 205 pages de documents confidentiels qui permettent de mettre en lumière certaines incohérences quant à la position de l’Union européenne et de cet accord.

Des carcasses de baleine, victimes de la pêche, amoncelées sur un port. Crédits : shutterstock.com

Tout d’abord, le rapport de Greenpeace montre que le JEFTA est le plus gros accord de libre échange pour l’Union européenne, presque deux fois plus importants que le CETA. Il concerne 37% des échanges commerciaux mondiaux et ses conséquences sociales, politiques et écologiques sont considérables. Quand d’un côté cet accord favorise l’abaissement des droits de douanes, dope les exportations et booste les domaines de l’agroalimentaire et de l’automobile, de l’autre il ne semble pas se préoccuper de l’accord de Paris sur le climat. Juliette Boulet, porte-parole francophone de Greenpeace Belgique dénonce :

« Cet accord ne tient pas du tout compte des impératifs de lutte contre le dérèglement climatique (…) ni des impératifs de protéger notre biodiversité, la faune et la flore, comme la baleine. »

Bien entendu, depuis 1986, la chasse à la baleine est interdite. Or, le Japon est le dernier pays au monde à chasser la baleine. La dernière campagne de chasse lancée à Tokyo (sous des prétextes scientifiques) ne remonte pas plus loin que mi-juin.

Autre élément pointé du doigt : le commerce de bois illégal. Le JEFTA ne comporte « aucun mécanisme de contrôle sur le bois importé et ce traité-ci pourrait même impacter négativement des accords déjà conclus et permettre au Japon de s’asseoir sur une réglementation internationale pour lutter contre le bois illégal dont on sait qu’il s’agit du premier crime environnemental au monde. »

Par ailleurs, comme dans le cas du CETA ou du TAFTA les ONG s’indignent devant les tribunaux d’arbitrage qui permettent alors à des multinationales de porter plainte contre une législation nationale. Ainsi, une multinationale investissant à l’étranger pourra déposer une plainte contre l’Etat qui adopterait une politique contraire à ses intérêts, plutôt que de suivre la réglementation mise en place.« Ce serait un nouveau transfert des citoyens vers les multinationales, avec les mêmes outils juridiques qui mettraient en difficulté les Etats. C’est un vrai recul démocratique, un vrai recul de transparence » souligne Greenpeace.

Pour Juliette Boulet, le verdict est sans appel :

« La Commission européenne n’a rien retiré des manifestations des citoyennes contre le TTIP et le CETA. Et on voit même que cet accord-ci est encore plus faible que les précédents ! »

Sources : GreenpeaceLe Vent Se Lève

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