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Archives du 7 novembre 2017

Le Pentagone évalue une intervention terrestre en Corée du Nord à « des millions de morts »

Alors qu’il se trouve à Tokyo, dans le cadre d’une tournée diplomatique en Asie du Sud-Est, le président Trump a de nouveau mis en garde la Corée du Nord en affirmant que son programme nucléaire est une « menace pour le monde civilisé. »

« Certains disent que ma rhétorique est forte mais regardez ce qui s’est passé avec une rhétorique faible au cours des 25 dernières années », a déclaré M. Trump, ce 6 novembre. À plusieurs reprises, ces derniers mois, le locataire de la Maison Blanche a laissé entendre qu’il envisageait une option militaire contre la Corée du Nord. D’où les tensions entre Washington et Pyongyang.

Cela étant, au Pentagone, une telle éventualité est regardée avec beaucoup de prudence. Ainsi, l’amiral Michael J. Dumont, vice-directeur de l’état-major interarmées, a donné quelques détails et les perspectives d’une intervention militaire dans la péninsule coréenne, dans un courrier adressé à deux parlementaires ayant demandé « l’évaluation des pertes en cas de conflit avec la Corée du Nord. »

Ainsi, selon l’amiral Dumont, le seul moyen de localiser et de sécuriser « en toute certitude » l’ensemble des sites nucléaires nord-coréens passerait par une intervention terrestre des forces américaines. Et les responsables du Pentagone « évaluent que la Corée du Nord peut envisager l’utilisation d’armes biologiques et chimiques ». Mais l’on n’en saura pas plus sur la façon dont ils envisagent de contrer cette menace. Ces détails « ne peuvent pas être discutés en public », font-ils valoir.

En outre, la lettre envoyée aux deux parlementaires, les démocrates Ted Lieu et Ruben Gallego, ne répond pas à la question précise qu’ils avaient posée. L’évaluation des pertes potentielles en cas d’intervention militaire est « difficile » et dépend de la « nature, de l’intensité et de la durée » d’une attaque nord-coréenne ainsi que de la capacité des forces américaines et sud-coréennes à contrer l’artillerie et les missiles balistiques de la Corée du Nord, a expliqué l’amiral Dumont, qui s’est seulement contenté de souligner que l’agglomération de Séoul , située à une cinquantaine de kilomètres de la zone démilitarisée, comptait plus de 25 millions d’habitants.

« La décision d’attaquer ou d’envahir » la Corée du Nord aura « des conséquences pour nos troupes […] et la région pendant des décennies » ont commenté les deux membres de la Chambre des représentants. Qui plus est, selon eux, il n’y aurait pas de plan pour la suite, « y compris pour la continuité du gouvernement sud-coréen. »

D’après l’amiral Dumont, les chefs militaires du Pentagone soutiennent l’approche de Rex Tillerson, le secrétaire d’État, dans cette affaire. En clair, ils estiment qu’il vaut mieux intensifier les pressions diplomatiques et économiques sur le régime nord-coréen plutôt que de chercher la confrontation.

Une approche qui n’est pas celle de Donald Trump. « J’ai dit à Rex Tillerson, notre merveilleux secrétaire d’Etat, qu’il perdait son temps à essayer de négocier avec Little Rocket Man [Kim Jong-un, le chef du régime nord-coréen, ndlr]. […] Économisez votre énergie Rex, nous ferons ce qui doit être terminé! », a-t-il ainsi affirmé, via Twitter.

Dans une déclaration commune, 16 parlementaires américains (dont un républicain), tous anciens militaires, ont estimé « profondément troublant » que ce soit nécessaire une intervention terrestre pour détruire l’arsenal nucléaire nord-coréen. Une telle action « pourrait aboutir à des centaines de milliers, voire des millions de morts dans les premiers jours de combat », ont-ils souligné.

L’administration Trump « n’a pas réussi à articuler des plans pour empêcher qu’un conflit militaire s’étende au-délà de la péninsule coréenne », ont aussi écrit ces parlementaires. « Dans cette perspective, l’idée d’envoyer des troupes et de consacrer des ressources à une autre guerre potentiellement impossible à gagner est terrifiante : le président doit arrêter de faire des déclarations provocatrices qui entravent les options diplomatiques et mettent les forces américaines en danger », ont-ils continué. Et de conclure : « Il n’y a pas de bonnes options militaires pour la Corée du Nord. »

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Paradise papers : il faut assécher le marais financier !

On ne peut que se réjouir de ce nouveau grand déballage sur les gros poissons nageant dans les eaux troubles du racket « légal » organisé, que l’on a coutume d’appeler pudiquement « optimisation fiscale ».

Il est tout de même notable que la Reine d’Angleterre soit mise en cause, avec plus de dix millions d’euros investis offshore, notamment dans les îles Caïmans et aux Bermudes, par le biais du duché de Lancaster, qui gère les fonds privés d’Elizabeth II. Vous souvenez-vous d’un certain candidat aux élections présidentielles françaises de 2012, Jacques Cheminade, qui en pleine campagne avait dû essuyer la violente salve d’articles de toute une presse qui s’offusquait de le voir s’attaquer à la fortune de la Reine d’Angleterre, et de prétendre qu’une partie de cette fortune provenait du trafic de drogue ? D’ailleurs, les journalistes, y compris les membres du consortium international de journalistes (ICIJ) qui a publié les Panama papers et les Paradise papers, n’avaient pas daigné réagir lorsque, une semaine après cet épisode, la banque privée de la Reine d’Angleterre Coutts & Co avait été condamnée par la justice britannique à une amende de près de 10 millions d’euros pour avoir violé les règlements contre le blanchiment des revenus de la drogue…

Que des crocodiles soient mis sous les projecteurs est une chose ; mais que le marais soit entièrement asséché en est une autre, et c’est bien là tout l’enjeu.

La City, le marais à assécher

On peut s’étonner de voir se réveiller subitement les journalistes de l’ICIJ, alors que le problème a depuis longtemps été désigné : en 1978, une équipe de militants et de journalistes sous la direction de l’économiste américain Lyndon LaRouche, dans un livre intituté Dope Inc. (Came, SA), avait mis le doigt sur le fait que la carte des paradis fiscaux permettant de blanchir l’argent de la drogue coïncidait avec la carte des « perles » de l’Empire britannique, où des banques telles que la HongKong et de Shanghaï (HSBC), banque mise sur pied lors de la guerre de l’opium contre la Chine, régnaient en maître.

L’enquête de LaRouche fut confirmée en avril 2002, par les députés socialistes Vincent Peillon et Arnaud Montebourg dans un rapport de l’Assemblée nationale sur « la délinquance financière et le blanchiment des capitaux », avec notamment toute une partie consacrée à « la Grande-Bretagne, Gibraltar et les dépendances de la couronne », et dans laquelle la City de Londres était décrite comme un véritable « État dans l’État », jouant un rôle de « paradis non seulement fiscal, bancaire et financier, mais malheureusement judiciaire à bien des égards ». Une annexe au rapport exposait même dans le détail toutes les opérations des compagnies appartenant à l’Empire financier Ben Laden à Londres et dans les dépendances de la Couronne.

Malheureusement, ce frémissement d’audace n’a pas été suivie d’actes plus courageux ; aujourd’hui, le rapport prend la poussière dans les placard de l’Assemblée nationale.

Quelques années plut tôt, Jacques Cheminade, à travers sa candidature à l’élection présidentielle de 1995, avait pointé du doigt la compromission – pardon, « l’entente » – cordiale des élites françaises avec la City de Londres, et le « cancer financier spéculatif » qui détruit le monde depuis les années 1970. Voici ce qu’il écrivait dans sa profession de foi à l’époque : « L’on tente de nous faire croire qu’il existe une entité suprême appelée ’marchés’, à laquelle il faudrait se soumettre car ce serait l’état naturel de la société. Rien n’est plus faux : les marchés ont un visage. Celui de l’oligarchie, celle de la City de Londres et de Wall Street, de la Réserve fédérale américaine et du Fond monétaire international (FMI). »

Jacques Cheminade était alors le premier homme politique en France à parler du problème de la dichotomie entre la sphère financière et l’économie réelle, à mettre en garde contre la crise financière survenue douze ans plus tard, et à défendre un plan visant à « mettre en règlement judiciaire les agents du système monétaire et financier international ». Personne, dans les milieux politiques et médiatiques, n’a jamais osé lui donner raison. Au contraire, la loi de l’omerta a prévalu sur le cas Cheminade, jusqu’au journal Le Monde – membre de l’ICIJ – qui a même refusé de couvrir sa candidature en 2012. Sans parler des campagnes de calomnies et de caricatures, et du rejet inique des comptes de campagne par le Conseil constitutionnel en 1995, tandis que ce dernier validait les comptes d’un certain Balladur…

Aujourd’hui, cette banqueroute organisée doit passer par la loi de séparation des banques de dépôt et des banques d’affaires (le Glass-Steagall), étape essentielle pour tarir à la source la spéculation financière et l’ensemble du système offshore qui a proliféré depuis 40 ans dans le monde, détournant l’argent du travail humain et du développement de l’économie réelle. Le déballage des Paradise papers est pour nous l’occasion d’accroître notre pression sur le Parlement, avec la proposition de loi de « moralisation de la vie bancaire ». Car, sans un véritablement changement des règles du jeu, les opportunistes ne manqueront pas d’utiliser ces révélations à des fins géopolitiques, comme on le voit avec la mise en cause du secrétaire au Commerce américain Wilbur Ross – une crapule par ailleurs –, qui déstabilise un voyage de Trump en Asie que beaucoup dans les milieux oligarchiques anglo-américains perçoivent comme une menace potentielle.

Alors, si ce n’est pas encore fait, signez la pétition, sollicitez votre député et votre sénateur, et rejoignez nos équipes militantes !

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Publié par le 7 novembre 2017 dans économie, général, International, Nouvel ordre mondial

 

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Le nouveau système de paiement en Chine. Un sérieux et vaste défi pour le dollar

« CE QUE FONT LA CHINE ET LA RUSSIE N’A PAS POUR BUT D’ATTAQUER LE DOLLAR AMÉRICAIN POUR LE DÉTRUIRE. IL S’AGIT PLUTÔT DE CRÉER UNE MONNAIE DE RÉSERVE ALTERNATIVE INDÉPENDANTE POUR LES AUTRES NATIONS QUI VEULENT SE PROTÉGER DES ATTAQUES FINANCIÈRES DE PLUS EN PLUS FRÉQUENTES DE LA PART DU TRÉSOR US, DES BANQUES ET DES FONDS D’INVESTISSEMENT DE WALL STREET. »

Par F. William Engdahl – Le 20 octobre 2017 – Source Russia Insider

La Banque populaire de Chine vient d’annoncer un système de paiement contre paiement (PVP) pour les transactions en yuan chinois et en rouble russe. L’objectif déclaré est de réduire les risques de change dans leur commerce.


Le seul risque concevable proviendrait du dollar américain et des actes potentiels de guerre financière du Trésor américain contre le commerce russo-chinois qui devient très important en volume et en valeur. En décembre, il devrait atteindre 80 milliards de dollars, soit une augmentation de 30% par rapport à 2016. Et il y a plus, dans cette décision, qu’une évolution technique apparente de la Chine et de la Russie.

L’annonce officielle, affichée sur le site Web du Commerce extérieur de la Chine (CFETS), ajoute une note extrêmement importante précisant que le CFETS prévoit d’introduire un système similaire pour toutes les devises des pays concernés par l’initiative chinoise des Routes de la soie.

Cela confirme ce que j’évoquais dans un article publié en avril 2016, à savoir que le grand dessein derrière l’initiative des Routes de la soie, Belt and Road Initiative (BRI), a une composante intégralement basée sur une devise, attachée à l’or, qui pourrait changer l’équilibre global des forces en faveur des nations de l’Eurasie, depuis la Russie et les pays de l’Union économique eurasienne, jusqu’à la Chine, à travers toute l’Asie.

Appelée précédemment la Nouvelle route économique de la soie, Belt and Road Initiative BRI, est un vaste réseau de liaisons ferroviaires à grande vitesse qui sillonnent les pays d’Eurasie, y compris l’Asie centrale, la Mongolie, le Pakistan, le Kazakhstan et bien sûr la Fédération de Russie, s’étendant jusqu’à l’Iran, potentiellement jusqu’à la Turquie et à l’Afrique de l’Est. Au total, 67 pays participent actuellement, ou ont demandé à participer, au projet global. La banque HSBC estime que le projet d’infrastructure BRI, qui englobe aujourd’hui un tiers du PIB mondial, générera annuellement 2500 milliards de dollars de nouveaux échanges. C’est une infrastructure de premier ordre qui va changer la donne.

La construction d’une monnaie de réserve en dollars

Les présentations académiques de la théorie de la monnaie et de la théorie de la monnaie de réserve ont tendance à être ennuyeuses, en tous cas au-delà de ma patience. Ce règlement en monnaie directe [sans intermédiaire] entre la Chine et la Russie est l’un des développements les plus dynamiques de nature à modifier la donne depuis que le Trésor de Washington et les banques de Wall Street ont mis au point le système du dollar américain à Bretton Woods en 1944.

Il ne s’agit pas de réduire les risques de change entre la Russie et la Chine. Leur commerce en devises propres, en contournant le dollar, est déjà significatif depuis que les États-Unis ont sanctionné la Russie en 2014 – une décision très stupide de la part du Trésor US sous administration Obama. Il s’agit de créer une vaste nouvelle zone alternative de monnaie de réserve ou des zones indépendantes du dollar.

La domination du siècle américain, que l’éditeur de Time-Life, Henry Luce, proclama en 1941, a vu le jour à la fin de la guerre. En 1945, alors que les bombes cessaient de tomber sur l’Europe et le Japon, le président Harry Truman a fait comprendre clairement qu’il n’y avait plus de place pour un Empire britannique rival, annulant les crédits prêt-bail américains, et exigeant qu’un Royaume-Uni en faillite rembourse ses dettes de guerre, et, de plus, réduise drastiquement le commerce mondial libellé en livre sterling qui représentait, à cette époque, encore 50% du commerce mondial. Les Britanniques avaient fondé leurs espoirs de reconstruire leur empire sur le Commonwealth et sa zone de commerce privilégié en livre sterling.

Pour Washington et Wall Street après 1945, il n’y avait place que pour une seule puissance monétaire dominante, les États-Unis. La Grande-Bretagne fut obligée d’avaler sa grande fierté arrogante et de se tourner vers le Fonds monétaire international nouvellement créé et, étape par étape, de démanteler les colonies de l’Empire britannique, en commençant par l’Inde, pour des raisons financières. Cela a ouvert la porte au dollar dans l’économie mondiale, en dehors des pays communistes. Depuis 1945, le pouvoir des États-Unis, en tant que superpuissance mondiale repose sur deux piliers : l’armée la plus puissante et le dollar comme monnaie de réserve mondiale incontestée permettant à Washington de contrôler l’économie mondiale.

En 1944, la Réserve fédérale détenait plus de 70% des réserves mondiales d’or. Toutes les autres devises ont été indexées sur le dollar. Le dollar seul était fixé à l’or. Dans les années 1950, le monde d’après-guerre avait désespérément besoin de dollars pour financer sa reconstruction. Le dollar a commencé son ascension comme monnaie de réserve, ou de référence, utilisée par les banques centrales, aidé en cela par le fait que les pays producteurs de pétrole de l’OPEC se sont mis d’accord pour vendre leur marchandise en dollars US. L’essentiel du commerce mondial été fait en dollar.

Nixon et la grande inflation du dollar

Selon les accords de Bretton Woods, la Réserve fédérale américaine garantissait que les autres pays détenant des réserves en dollars pourraient les échanger à tout moment contre de l’or de la Réserve fédérale américaine. À la fin des années 1960, la France et d’autres pays ont demandé de l’or en échange de ce qu’ils considéraient comme des dollars américains surévalués. L’industrie américaine, en panne, rouillait à cause du manque de nouveaux investissements et les déficits fédéraux américains explosaient à cause de la guerre du Vietnam. Les autres nations n’étaient plus disposées à accepter que le « dollar était aussi bon que l’or ». Ils demandaient de l’or, et non pas quelque chose d’« aussi bon que l’or »

Après le « choc Nixon », lorsque le président a déchiré l’accord de Bretton Woods en août 1971. laissant le dollar flotter, libéré de toute rédemption en or, le monde n’avait pas d’autre choix que d’accepter des dollars gonflés, une inflation qui montait en flèche avec le choc pétrolier de 1973 orchestré par le secrétaire d’État Henry Kissinger et la faction Rockefeller de la politique américaine. La suspension de la convertibilité dollar-or était une réaction de Washington au fait que les banques centrales de France, d’Allemagne et d’autres pays de l’OCDE exigeaient de plus en plus d’or de la Fed pour leurs dollars papier et les réserves d’or américaines risquaient de s’épuiser.

Là sont les racines de l’inflation mondiale la plus extraordinaire de l’histoire. Commencée avec les déficits budgétaires américains pendant la guerre du Vietnam dans les années 1970, suivie par la hausse de 400% du prix du pétrole en 1974 – un prix que le Trésor US, dans un accord secret avec l’Arabie saoudite en 1974-75, avait promis qu’il serait payé par le reste du monde en dollars – l’offre mondiale de dollars a augmenté de façon astronomique. Le montant des dollars en circulation, qui ne sont plus remboursables en or, a augmenté de 2 000 % entre 1971 et 2015.  La production de biens réels n’a pas augmenté autant.

Le fait que le dollar reste la plus importante monnaie de réserve des banques centrales étrangères – encore 64 % maintenant – avec l’Euro à 20% comme plus proche rival, donne un avantage extraordinaire au gouvernement américain.

Depuis 1971, les États-Unis ont enregistré des déficits budgétaires pendant 41 des 45 dernières années, la seule exception étant quatre années, dans les années 1990, lorsque la génération baby boom a atteint son pic de revenu et son pic de paiement de cotisations à la Sécurité sociale. Le département du Trésor US de Clinton a fait une manipulation comptable pour enregistrer cet effet exceptionnel comme un surcroît d’impôts, une fraude. Tous les ans, depuis 2001, le budget américain a retrouvé des déficits énormes, dépassant 1400 milliards de dollars en 2009, pendant la crise financière qui a débuté en 2008. Avant la rupture du lien entre l’or et le dollar, le déficit américain était de 3 milliards.

À juste titre, d’autres pays y voient un énorme inconvénient. Leurs investissements en bons du Trésor, libellés en dollars américains, pour leurs propres réserves de banque centrale, deviennent des titres sans valeur. Parce qu’ils sont plus ou moins obligés d’investir les excédents commerciaux gagnés de leurs exportations en bons du Trésor américain ou en titres américains similaires, l’afflux annuel de dollars vers les États-Unis, en provenance de la Banque centrale chinoise, des dollars excédentaires japonais, des dollars russes avant 2014, de l’Allemagne et d’autres pays excédentaires – permet au Trésor américain de maintenir les taux d’intérêt anormalement bas. Cela permet également à Washington de financer ces déficits sans stress majeur. Cette année, le déficit américain a atteint 585 milliards de dollars.

En effet, la Chine et la Russie ont financé ces dernières années le budget militaire américain en achetant des obligations et des bons du Trésor qui permettent au Trésor de financer ce déficit sans augmenter les taux d’intérêt. L’ironie cynique est que le budget militaire américain, financé par la Russie et la Chine qui doivent détenir des réserves en dollars pour se protéger contre les guerres de change potentielles de Washington, comme cela s’est produit contre la Russie après 2014, vise à contrôler la Russie et la Chine, et finalement à détruire leurs économies.

Si la loi sur la réduction des impôts de Donald Trump devient effective, les déficits américains atteindront la lune. C’est la toile de fond pour mieux comprendre ce que la Chine, la Russie, et les pays alliés préparent afin de réduire leur vulnérabilité à ce qui est sur une trajectoire balistique vers un système de réserves mondial en faillite. Si la Chine, la Russie et d’autres pays alliés de l’Eurasie, notamment des pays de l’Organisation de coopération de Shanghai et des pays candidats tels que l’Iran et la Turquie se tournent vers des accords bilatéraux, comme la Chine et la Russie, pour régler leurs échanges commerciaux, la devise dominante chutera et d’autres devises la remplaceront. Le yuan chinois est le principal candidat. Le rouble russe aussi.

Le statut de monnaie de réserve du yuan

Le très récent mouvement vers un règlement direct des échanges bilatéraux entre la Chine et la Russie, avec d’autres pays le long de la nouvelle Route de la soie, est une pierre angulaire majeure dans la création d’une alternative viable au dollar américain. une monnaie de réserve de référence.

Il y a une dizaine d’années, les économistes occidentaux ont qualifié cette idée d’absurde. Ils ont prétendu qu’il faudrait des décennies avant que le monde n’accepte le yuan comme monnaie de réserve. Le yuan n’était pas convertible.

En 2016, la Chine a été admise par le Fonds monétaire international comme l’une des cinq principales composantes monétaires des droits de tirage spéciaux du FMI, calculés avec un panier de devises. Cette mesure a donné au yuan une impulsion majeure vers son acceptation internationale.

Avant 2004, le yuan n’était pas autorisé en dehors de la Chine. Depuis lors, les autorités monétaires chinoises ont jeté les bases de l’internationalisation du yuan. Selon la Société pour la télécommunication financière interbancaire mondiale (SWIFT), l’internationalisation du RMB [renminbi, nom officiel du yuan] se déroule en trois phases, d’abord comme moyen pour le financement du commerce, puis pour l’investissement, et à long terme comme monnaie de réserve. Maintenant que « long terme » ressemble beaucoup à court terme car la Chine dépasse toutes les attentes des économistes conventionnels avec l’internationalisation de son yuan, cette perspective de voir le yuan devenir une monnaie de référence mondiale, ou une monnaie de réserve dépassant la part de l’euro dans les prochaines années, est ce qui a alarmé – pour le dire gentiment – le Trésor US, la Réserve Fédérale et les banques de Wall Street.

Dans un rapport de 2016, la banque HSBC a indiqué que depuis 2012, le yuan est devenu la cinquième devise la plus utilisée au monde.

Il y a deux ans, en octobre 2015, la Chine a lancé le China International Payments System (CIPS). Bien que ce système ait signé un accord de coopération avec le système SWIFT dominant, il donne une option à la Chine, en cas de sanctions américaines, lui permettant de fonctionner indépendamment de SWIFT. En 2012, Washington a fait pression sur le système privé de compensation bancaire internationale SWIFT, basé en Belgique, par lequel passent presque toutes les transactions internationales entre institutions bancaires, afin qu’il bloque la compensation pour toutes les banques iraniennes, pour geler 100 milliards de dollars d’actifs iraniens à l’étranger et paralyser sa capacité à exporter du pétrole. Le fait n’est pas passé inaperçu à Pékin et à Moscou, surtout quand certains députés américains cinglés ont appelé à exclure les banques russes de SWIFT après 2014.

En mars de cette année, Elvira Nabiullina, gouverneur de la banque centrale de Russie, a déclaré : « Nous avons terminé de travailler sur notre propre système de paiement, et si quelque chose se produit, toutes les opérations au format SWIFT fonctionneront à l’intérieur du pays. Nous avons créé une alternative. »

Création de la nouvelle architecture monétaire

Les investissements de la vaste initiative des Nouvelles routes de la soie s’élèvent à des milliers de milliards de dollars. Rien qu’en Asie, la Banque de développement de l’Asie estime qu’un investissement de 8 000 milliards de dollars sera nécessaire au cours des prochaines années pour amener ces économies vers une croissance efficace. La création par Beijing de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB) l’an dernier a été une étape majeure pour obtenir un financement international au projet BRI.

En avril 2016, la Chine a annoncé sa décision de créer le Shanghai Gold Exchange, avec la Banque populaire de Chine, comme centre international majeur pour la fixation du prix de l’or et l’échange de l’or en yuans, par un règlement physique en lingots entre les banques, les raffineurs, les producteurs et les maisons de courtage. À cela s’ajoute la décision de la Chine de lancer une fixation quotidienne du prix de l’or en yuan qui pourrait finalement remplacer la cotation dominante de Londres, accusé de manipuler les prix mondiaux de l’or depuis des années.

En annonçant son initiative de Nouvelles routes de la soie, le gouvernement chinois, dans un commentaire peu remarqué, a déclaré que les routes de ses projets de chemins de fer à grande vitesse à travers les pays d’Eurasie relieront maintenant aux marchés mondiaux des régions éloignées, inaccessibles et connues pour avoir de grandes réserves d’or non exploitées.

Ce que font la Chine et la Russie, ce n’est pas d’attaquer le dollar américain pour le détruire. C’est hautement improbable et ne profiterait à personne. Il s’agit plutôt de créer une monnaie de réserve alternative indépendante pour les autres nations qui veulent se protéger des attaques financières de plus en plus fréquentes du Trésor américain et des banques et hedge funds de Wall Street. Il s’agit de construire un élément crucial de la souveraineté nationale, parce que le système du dollar est utilisé aujourd’hui pour ravager la souveraineté économique du reste du monde. Comme l’aurait dit Henry Kissinger dans les années 1970 : « Si vous contrôlez l’argent, vous contrôlez le monde entier. »

La déclaration du gouvernement chinois, maintenant que son système de règlement direct entre la Chine et la Russie est étendu à d’autres pays, le long des Nouvelles routes de la soie, ajoute une autre pierre à l’édification minutieuse de ce système monétaire alternatif, une alternative politiquement explosive, adossée à l’or, indépendante du dollar américain, qui pourrait protéger les nations d’Eurasie de Washington et de la guerre financière de l’UE dans les années à venir.

Voila ce qui met Washington dans tous ses états. Ses options s’évanouissent jour après jour. Guerre militaire, financière, cyberguerre, révolution de couleur – tout cela est de plus en plus impuissant de la part d’un pays qui a laissé détruire sa propre base industrielle et sa main-d’œuvre dans l’intérêt d’une oligarchie financière. C’est ainsi que l’Empire romain s’est effondré au Ve siècle, de même que l’Empire britannique entre 1914 et 1945, et tous les autres pays dont l’histoire est basée sur l’esclavage par la dette.

F. William Engdahl

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Publié par le 7 novembre 2017 dans économie, général, International

 

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L’horizon financier de l’Italie s’obscurcit

l'avenir s'assombrit

« Les marchés financiers italiens sont extrêmement calmes depuis un moment. Fin octobre, le gouvernement a été en mesure de vendre pour 2,5 milliards d’obligations sur 10 ans à un taux de 1,86 %, un plus bas depuis décembre. Et surtout un incroyable exploit pour un pays qui a dû sauver il y a 4 mois une banque majeure et intervenir auprès de 2 autres institutions financières, tout en affichant une dette publique tellement importante qu’elle paye 70 milliards d’euros par an pour la rembourser.

Il faut également ajouter à cela la décision récente de la BCE de réduire ses achats obligatoires de 60 à 30 milliards d’ici le 1er janvier 2018. Il y a également les 432 milliards de fonds Target 2 que le gouvernement italien doit à la BCE, le retour probable de l’instabilité politique à l’approche de l’échéance électorale de 2018, les référendums récents en Lombardie et en Vénétie pour une plus grande autonomie fiscale et politique ainsi que d’autres problèmes non-solutionnés dans le secteur bancaire italien.

Monte dei Paschi di Siena vit peut-être toujours, elle n’est pas sortie d’affaire pour autant. La semaine dernière, son action a fait son grand retour à la bourse après avoir été suspendue pendant 10 mois. Le titre a ouvert à 4,10 euros mercredi pour grimper ensuite de 28 % à 5,6 euros et ensuite clôturer le vendredi à 4,58 euros.

On est très loin des 6,49 euros payés par le gouvernement italien en août, après avoir injecté 3,85 milliards dans la banque afin de la maintenir en vie. Il a également dépensé 1,5 milliard supplémentaire pour protéger l’un des porteurs de dette junior de la banque, dont la dette fut convertie en titres. Dans le cadre du plan de sauvetage, la banque toscane fut obligée de présenter un plan de licenciement de 5 500 postes et de fermeture de 600 agences d’ici 2021, ainsi que de transférer 28,6 milliards de prêts non-performants et d’actifs non-stratégiques de diversification. Les investisseurs se posent clairement des questions.

En Vénétie, la situation est même pire alors que 40 000 entreprises se sont retrouvées devant des difficultés grandissantes pour se financer suite au sauvetage impromptu des 2 plus grandes banques de la région, Popolare di Vicenza et Veneto Banca.

suite et fin

 
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Publié par le 7 novembre 2017 dans économie, général, International

 

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La Fed change de visage, mais garde la même apparence

Jérôme Powell, nouveau président de la FED et nouveau maître du monde : mission protéger l’économie américaine et/ou préparer la prochaine crise

Les perspectives pour l’Or ne changent pas avec la nomination de Powell à la tête de la Fed

L’imprévisible président américain, Donald J. Trump, a fait quelque chose de prévisible en nommant Jerome Powell à la tête de la Fed. Trump a fait exactement ce que les observateurs anticipaient en choisissant le banquier d’investissement parmi une liste de candidats qui incluait Janet Yellen et son proche conseiller économique, Gary Cohn.

« Il est fort, il est déterminé, il est intelligent », a déclaré Donald Trump, soulignant que cet ancien banquier allait apporter « une expérience unique du monde des affaires ».

Difficile de mesurer l’impact immédiat sur les marchés, étant donné que cette nomination a eu lieu le jour-même où la réforme fiscale a été présentée devant le Congrès par le parti républicain. Le Tax Cuts and Jobs Act propose, entre autres, de baisser le taux d’imposition des sociétés de 35% à 20%, d’éliminer l’impôt sur les successions et l’impôt minimum de remplacement. Ces mesures devraient ajouter, selon les estimations, 15 000 milliards $ à la dette des États-Unis.

Qu’est-ce qui change ?

Du côté républicain, Jerome Powell est considéré comme le reflet exact de son prédécesseur. Il a voté favorablement pour chaque décision politique de la Fed depuis la nomination de Janet Yellen par Barack Obama, en 2012, et plaide pour une remontée « graduelle » des taux. Selon un récent sondage (Everscore ISI), la majorité des investisseurs pensent que Powell montera les taux plus haut que ne l’aurait fait Yellen.

Même s’il ne s’oppose pas complètement à l’allègement de la réglementation bancaire désiré par la Maison-Blanche, Jerome Powell a déjà indiqué qu’il conservera les réformes de fond de la Fed. « L’idée est de conserver les réformes de fond que nous avons faites, mais d’améliorer ce qui peut l’être », affirmait-il récemment.

Le jour précédent l’annonce, la Fed a maintenu son principal taux directeur inchangé, dans la fourchette de 1% à 1,25%. Une troisième hausse de taux cette année pourrait étre retardée par les perturbations économiques causées par les ouragans qui ont dévasté le pays cet automne. Le comité monétaire continue à anticiper une croissance lente (inférieure à la cible de 2%), mais régulière, avec une faible inflation. Près de 97% des observateurs s’attendent à ce que la hausse d’un quart de point survienne en décembre.

L’impact sur l’Or

Après une légère baisse en anticipation de l’annonce, le cours de l’or a atteint un plus haut hebdomadaire, un mouvement probablement causé par une demande accrue des investisseurs chinois. Étant donné que Powell était en tête des sondages (il avait plus de chance de gagner que tous les autres candidats combinés), le résultat n’a surpris personne. Jerome Powell devrait obtenir sans encombre la confirmation du Sénat, indispensable à sa nomination définitive. Sans changement majeur dans la politique monétaire à l’horizon, la transition Yellen-Powell ne devrait pas causer de turbulences, que ce soit maintenant ou lorsque le changement sera officiel en février 2018. Alors que l’administration Trump ne cesse de défrayer la chronique, la Réserve fédérale apparaît comme une oasis de calme relatif.

Tout autour de la nomination de Jerome Powell comme 16ème président de la Fed pointe vers le statu quo dans l’opposition entre les faucons, qui voudraient des taux d’intérêt plus élevés, et les colombes, qui désirent les garder bas. Powell est vu comme une « chouette sage », capable de forger des consensus (Powell a une formation d’avocat). Depuis près de 40 ans, la tradition voulait qu’un président américain confirme dans ses fonctions le patron de la Fed qui avait été nommé par son prédécesseur. Alors pourquoi ce changement ? Trump souhaite « laisser sa propre empreinte » sur la Réserve Fédérale.

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Publié par le 7 novembre 2017 dans économie, général, International

 

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