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Glyphosate : la France opposée à une prolongation de plus de 4 ans

26 Oct

 La Commision européenne promet de fixer « sous peu » une nouvelle date de réunion pour décider des conditions du renouvellement de l’herbicide controversé.

Mercredi, les représentants des États membres de l’UE n’ont pas voté, a annoncé la Commission européenne. Un comité d’experts s’était réuni pour décider du sort du glyphosate, herbicide controversé dont la licence expire en décembre. La Commission qui, lors d’une annonce surprise mardi après-midi, a indiqué qu’elle visait désormais un renouvellement de l’autorisation de la substance pour une période réduite de cinq à sept ans va « réfléchir » après avoir pris note des positions des différentes délégations. Elle fixera « sous peu » une nouvelle date de réunion, a-t-elle précisé dans un court message. La proposition initiale de la Commission, faite l’été dernier, portait sur une période de réautorisation de 10 ans. La Commission s’était fixé pour objectif d’organiser un vote mercredi lors de la réunion du comité des experts, dont les rencontres se font toujours à huis clos. Le glyphosate était le seul point à l’agenda. « Impossible de s’entendre sur la proposition de la Commission », a expliqué sur Twitter le ministère danois de l’Environnement.

Une disparition progressive d’ici fin 2022

Selon une porte-parole de la Commission, l’exécutif européen maintient son objectif de « trouver une solution qui bénéficie du soutien le plus large possible, qui assure un haut niveau de protection de la santé humaine et de l’environnement, en ligne avec la législation européenne et fondée sur les données scientifiques disponibles ». Il faut une majorité qualifiée (55 % des États membres représentant 65 % de la population) pour accepter ou rejeter la proposition de la Commission, difficile à atteindre sans les poids lourds démographiques de l’UE. Plusieurs États membres, FranceAutricheItalie en tête, ont affirmé publiquement leur opposition à une autorisation valable pour encore 10 ans. Mercredi matin, la Belgique a rejoint le camp des opposants. « On ne veut pas de délais trop longs », a expliqué à l’Agence France-Presse le cabinet du ministre belge de l’Agriculture Denis Ducarme. Mardi, le Parlement européen avait voté en faveur d’une disparition progressive du glyphosate des sols de l’UE d’ici fin 2022.

Pas plus de 4 ans, pour Matignon

La France souhaite que le renouvellement de l’autorisation dans l’Union européenne du glyphosate « n’aille pas au-delà de quatre ans », a pour sa part indiqué Matignon mercredi dans l’après-midi. Sondé par la Commission européenne qui cherche à faire émerger un nouveau compromis, Paris s’est prononcé « contre » la prolongation initialement prévue de dix ans mais également contre une prolongation de cinq ans, a précisé l’entourage du Premier ministre dans une déclaration écrite. « Dans le cadre du débat sur la proposition de la Commission européenne de renouveler l’autorisation du glyphosate dans l’UE, le gouvernement français a travaillé avec la Commission et ses partenaires européens, en particulier l’Allemagne et l’Italie, pour dégager un compromis sur une période qui n’aille pas au-delà de quatre ans », a indiqué Matignon.

Le gouvernement français était divisé sur la position à porter au niveau européen : le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot défendait une sortie du glyphosate, principe actif du Round Up de l’américain Monsanto et de ses génériques, d’ici 3 ans. Son homologue à l’Agriculture, Stéphane Travert, souhaitait une échéance comprise entre cinq à sept ans. En lien avec l’Élysée, Édouard Philippe a rendu son arbitrage lundi, selon son entourage, qui aboutit à cette position portée par la France au niveau européen. « Consultée sur 10 ans, 5 ans et 3 ans, la France s’est prononcée contre les durées de 10 et 5 ans et pour une durée de 3 ans qui paraissait raisonnable pour développer en parallèle la recherche et de nouvelles pratiques de substitution », a précisé Matignon dans sa déclaration, jugeant « essentiel » que « les mêmes règles s’appliquent dans tous les États membres ». Le renouvellement pour quelques années de la licence du glyphosate n’implique pas nécessairement une interdiction à terme, soulignent les défenseurs de l’environnement. « Le maximum doit être fait pour que, d’ici la fin de la période retenue, on puisse proposer aux agriculteurs des alternatives crédibles », a souligné Paris. « La France continuera à rechercher avec ses partenaires un compromis cohérent avec son objectif d’obtenir avant la fin du quinquennat des progrès significatifs vers une agriculture moins dépendante aux pesticides », a assuré Matignon.

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1 commentaire

Publié par le 26 octobre 2017 dans Climat - Environnement, général, Santé - nutrition

 

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Une réponse à “Glyphosate : la France opposée à une prolongation de plus de 4 ans

  1. POLO

    27 octobre 2017 at 11:41

    Mercredi, les représentants des États membres de l’UE n’ont pas voté. Les lobbyistes en somme, quelle mascarade.

     

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