Les épargnants sont une fois de plus mis à contribution par Bercy. Suite à des amendements au projet de loi de finances (PLF) pour 2018, trois biens considérés comme “ostentatoires” vont être surtaxés : les voitures de sport, les yachts et… les métaux précieux, comme l’or. L’amendement I-CF712, présenté par Joël Giraud, rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, compte en effet porter de 10 à 11% le taux de la taxe forfaitaire sur la vente de métaux précieux, “comme l’or, le platine, l’argent, les débris de métaux précieux et les monnaies postérieures à 1800”.

Une augmentation motivée par le remplacement de l’ISF par “la création de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI, assis sur les seuls biens immobiliers, ce qui exclut donc l’or, NDLR), qui se traduit par une réduction globale de la fiscalité sur ces métaux précieux”, rapporte l’amendement. En tenant compte de la CRDS (0,5%), l’imposition globale sur le montant de cession de l’or va ainsi passer de 10,5 à 11,5%, et ce, alors que l’ISF ne concerne que peu de contribuables… Les pièces d’or Napoléon sont bien sûr concernées.

Les Napoléon, partie intégrante du patrimoine de nombreux ménages

Or, elles font partie du bas de laine de nombreux épargnants français, souligne François de Lassus (CPoR Devises). “Il y a six pièces Napoléon différentes : 5, 10, 20, 40, 50 et 100 francs. 515 millions de Napoléon 20 Francs – la pièce d’or la plus répandue en France – ont été frappés entre sa première émission 1803 et ses dernières frappes, en incluant les refrappes sous Giscard, soit l’équivalent de près de 2.990 tonnes d’or fin. Parmi les différentes effigies, les frappes des Coq s’élèveraient à 128 millions d’unités”, rapporte-t-il.

“Le bas de laine or – pièces et lingots – est estimé à 3.000 tonnes… Les pièces représenteraient les deux tiers des produits, contre un tiers pour les lingots. Les Napoléons 20Frs constitueraient une bonne moitié de ces pièces thésaurisées, les autres pièces les plus couramment achetées étant l’Union Latine, le Peso Mexicain, Le Vrenelli ou encore le Souverain”, précise l’expert. Tous supports confondus, l’or est détenu par près d’un Français sur six, selon une enquête Ipsos de mai 2014, rapporte-t-il. Ainsi, 11 millions de nos concitoyens pourraient vouloir attendre un environnement fiscal plus favorable, avant d’éventuellement envisager de céder leur métal jaune…

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