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Archives du 12 octobre 2017

La prochaine crise est imminente. Mais d’où viendra-t-elle ?

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Nous devons nous attendre à ce que les crises financières se produisent plus fréquemment. En fait, elles sont quasiment devenues une caractéristique de la vie moderne, montre une étude menée par Deutsche Bank.

Selon les chercheurs, la prochaine crise financière est probablement déjà en préparation, et même si elle reste difficile à prédire, elle pourrait bien être provoquée par les plus grandes banques centrales du monde.

Depuis la disparition des accords de Bretton-Woods, qui avaient mis en place un système de taux change fixes après la seconde guerre mondiale, les crises financières sont devenues plus fréquentes. Dans les années 70, les États-Unis ont décidé de suspendre la convertibilité du dollar en or, mettant ainsi fin aux accords de Bretton-Woods.

La convertibilité de l’or, en liant les monnaies à une matière finie, contribuait à limiter le niveau de dettes qui pouvait être créé. La suppression de la convertibilité a donc été à l’origine d’une augmentation des déficits budgétaires, d’une augmentation du niveau de l’endettement. Tout cela a généré des déséquilibres mondiaux et de l’instabilité sur les marchés. En même temps, la réglementation des banques a également été assouplie.

Des cycles

Les gouvernements ont la possibilité de créer autant d’argent que nécessaire pour éviter une crise financière, mais cela même peut aussi jeter les fondations d’un autre problème, explique la Deutsche Bank. Ainsi, une crise suivante, potentiellement plus grave, peut apparaître parce que le problème n’a pas été supprimé, mais déplacé sur une autre partie du système financier.

On constate que la dette publique mondiale atteint quasiment 70 % du PIB, le plus haut niveau depuis la seconde guerre mondiale, en hausse de plus de 20 % depuis les années 70, selon la Deutsche Bank. « Nous pensons que cela rend l’économie mondiale actuelle particulièrement encline à traverser des cycles initiés par un essor économique, suivi d’une crise, puis d’interventions lourdes, puis d’une relance, et ainsi de suite », explique la Deutsche Bank. « Il n’y a pas de point naturel où l’on réalise une purge des excès en limitant la création de crédit ».

Selon la Deutsche Bank, les candidats susceptibles de fournir une origine à la prochaine crise potentielle sont nombreux. L’Italie est très lourdement endettée, son système bancaire est très affaibli, et son gouvernement est dysfonctionnel. En Chine, une énorme bulle immobilière s’est formée, qui alimente l’endettement du pays. Enfin, les partis populistes pourraient renverser l’ordre mondial actuel.

Mais le rapport s’inquiète également de la taille des bilans des banques centrales, qui n’a jamais été aussi importante. Il semble difficile de les réduire, alors que la dette publique atteint également des niveaux records et que les taux d’intérêt sont extrêmement bas. Pour les stratégistes de la Deutsche Bank, c’est sûr : il y aura bientôt un nouveau choc financier.

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Publié par le 12 octobre 2017 dans économie, général, International

 

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Le tsunami financier ou comment le système financier nous menace tous

Le tsunami financier ou comment le système financier nous menace tous

Pendant que les banques centrales de différents pays impriment sans cesse de nouveaux billets, Wall Street invente de nouveaux mécanismes complexes pour plonger le monde dans la dette – jusqu’à ce que la bulle éclate. Le spécialiste de la finance Ernst Wolff explique le mécanisme dans une interview à Sputnik.

Ernst Wolff, spécialiste de la finance et auteur de best-sellers remarqués par le magazine Der Spiegel, décrit de manière très simple et compréhensible dans son nouveau livre «Le tsunami financier ou comment le système financier nous menace tous» comment la branche financière s’est transformée en principale force motrice de l’économie mondiale. Il compare le système financier à un patient.

«Le patient a environ 75 ans. Notre système financier, en principe, a été fondé aux USA, plus exactement à Bretton Woods en 1944. Et le patient connaît de plus en plus de difficultés car un jour, en 1998, il a déjà failli mourir, puis une autre fois en 2007/2008. Depuis la deuxième crise il est maintenu en vie de manière artificielle».

D’après l’expert le système financier est actuellement au service de réanimation. Dans son livre, l’auteur se plonge assez profondément dans l’histoire. Pourquoi les décisions prises par des banquiers il y a cent ans restent-elles aujourd’hui d’actualité?

«De nombreuses personnes ignorent encore aujourd’hui que la Fed n’est pas une institution publique: elle est entre des mains privées. C’est un cartel bancaire contrôlé par plusieurs grandes familles très riches. Ce fait a été obstinément passé sous silence au cours de l’histoire».

Selon l’interlocuteur de Sputnik, les guerres ont toujours contribué à la croissance économique.

Exemple: après les guerres menées par les USA, ce sont les compagnies américaines qui sont responsables de la reconstruction ou les compagnies qui ont coopéré avec les vainqueurs.

Se souvenant du Plan Marshall, Ernst Wolff explique qu’il était tout sauf un projet désintéressé. «Il a été la première opération gigantesque de redistribution d’argent des contribuables entre les groupes américains. L’argent envoyé en Allemagne était l’argent des contribuables, et il était alloué à condition que ce soient les compagnies américaines qui reçoivent les commandes. Le conte de fées selon lequel le Plan Marshall était une grande action caritative des USA est aussi mensonger que l’affirmation de monsieur Schäuble, ces dernières années, selon laquelle l’argent accordé à la Grèce était une aide».

Alors que le dollar continue de jouer un rôle clef dans l’économie mondiale, il traverse une période difficile parce que les USA eux-mêmes vivent une période difficile, estime l’expert.

«Ils (les USA, ndlr) ont désormais de puissants concurrents sur le marché mondial, avant tout la Chine. Mais il faut du temps pour que le changement de la principale monnaie mondiale se produise. Ceux qui ont déjà tourné le dos au dollar ont payé le prix fort. Saddam Hussein fut le premier à avoir tenté de vendre son pétrole en euros — et il a été exécuté. Puis c’est Mouammar Kadhafi qui a essayé de faire la même chose, et nous savons comme il a fini. Le conflit avec l’Iran a commencé après que Téhéran a annoncé son intention de vendre son pétrole en euros. Ces derniers temps nous assistons à un conflit similaire avec le Venezuela», résume Ernst Wolff. Ainsi selon lui, l’ère du dollar n’est pas encore terminée, mais elle touche à sa fin.

«L’économie financière est infiniment plus grande que l’économie réelle, et elle s’en est complètement détachée. Pourtant, elle ne produit aucune valeur. Ces 30 dernières années, elle s’est transformée en «casino» gigantesque où l’argent se déplace en faisant des allers-retours».

Étant donné que ce système repose sur des prêts qu’il est nécessaire de rembourser, il faut constamment y injecter de l’argent. C’est ce que font les banques centrales, notamment le FMI et la BCE, qui sont donc les plus grands manipulateurs du système financier, estime le spécialiste. «Elles impriment tout le temps de nouveaux billets qu’elles proposent maintenant à taux zéro, voire négatif».

Le principal problème, selon l’interlocuteur de Sputnik, est que la plupart des gens ignorent tout simplement l’origine de nombreux problèmes.

«On parle beaucoup des réfugiés en Europe. Ils sont également le produit des processus à l’œuvre dans le secteur financier. Les deux principales raisons de la crise migratoire sont les inégalités sociales et les guerres. C’est le secteur financier qui en est responsable. Les grands investisseurs se font secrètement de l’argent sur les guerres et se partagent les pays du Tiers monde comme une bûche de Noël», conclut Ernst Wolff.

 

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Les pirates russes ont dérobé des secrets cybernétiques américains de la NSA

Les pirates russes ont dérobé des secrets cybernétiques américains de la NSA
Si cela est vrai, cette opération pourrait être considérée comme l’une des violations sécuritaires les plus importantes de la sécurité des États-Unis à ce jour

Par Dustin Volz et Joseph Menn

Des pirates travaillant pour le gouvernement russe ont dérobé des secrets cybernétiques américains hautement classifiés de l’Agence nationale de sécurité en 2015 après qu’un agent contractuel ait mis des informations sur son ordinateur personnel, ont annoncé jeudi deux journaux.

Tel que l’avait initialement rapporté The Wall Street Journal, citant des sources non identifiées, le vol comportait des informations sur les réseaux informatiques étrangers entrants et la protection contre les cyberattaques, et est susceptible d’être considérée comme l’une des violations de sécurité les plus importantes à ce jour.

Dans une affaire ultérieure, The Washington Post avait déclaré que l’employé en question avait travaillé à l’unité Tailored Access Operations (opérations d’accès personnalisés) de la NSA pour les pirates d’élite avant d’être licencié en 2015.

La NSA a refusé de commenter, en précisant la politique de l’agence « de ne jamais faire de commentaires au sujet de nos affiliés ou des problèmes du personnel ».

Si cela était confirmé, ce piratage marquera le dernier d’une série de violations des données classifiées de l’agence secrète de renseignement, incluant les fuites de données de 2013 sur les programmes de surveillance US classifiés qui furent divulguées par le contractuel Edward Snowden.

Un autre agent contractuel, Harold Martin, attend son procès pour des accusations selon lesquelles il avait emporté chez lui des documents classés de la NSA. Le Washington Post a signalé que Martin n’était pas impliqué dans ce nouveau cas de divulgation.

Le sénateur républicain américain, Ben Sasse, membre du Comité des services armés du Sénat, a déclaré dans un communiqué répondant au rapport du journal que les détails étaient alarmants, si l’information se confirmait.

« La NSA doit sortir sa tête du sable et résoudre son problème d’agents sous-traitants », a déclaré Sasse. « La Russie est clairement un adversaire dans le cyberespace et nous ne pouvons pas nous permettre ces blessures auto-infligées ».

Les tensions sont déjà fortes à Washington à propos des allégations américaines sur l’accroissement du piratage visant des cibles américaines par les Russes, y compris le ciblage des agences électorales de l’État et le piratage des ordinateurs du Parti démocratique dans le but d’influencer le résultat de l’élection présidentielle de 2016 en faveur du républicain Donald Trump.

En citant des sources non identifiées, WS Journal et Washington Post ont également signalé que l’agent contractuel utilisait un logiciel antivirus de Kaspersky Lab basé à Moscou, la société dont les produits ont été interdits aux réseaux gouvernementaux américains le mois dernier en raison de soupçons qu’ils aident le Kremlin à faire de l’espionnage.

Kaspersky Lab a fermement nié ces allégations.

Les responsables du gouvernement russe pourraient avoir utilisé des défauts dans le logiciel Kaspersky pour pénétrer dans la machine en question, ont déclaré des experts en sécurité à Reuters. Ils pourraient également avoir intercepté le trafic de la machine vers les ordinateurs Kaspersky.

Kaspersky a déclaré dans un communiqué jeudi qu’il s’est retrouvé pris au milieu d’une lutte géopolitique.

« Kaspersky Lab n’a reçu aucune preuve étayant la participation de la Société dans le prétendu incident signalé par le Wall Street Journal », a-t-il déclaré. « Il est regrettable que la couverture médiatique des affirmations non prouvées continue de perpétuer les accusations concernant la Société ».

Le 13 décembre, le ministère de la Sécurité intérieure a interdit les produits Kaspersky dans les réseaux fédéraux et le Sénat américain a approuvé un projet de loi visant à interdire qu’ils soient utilisés par le gouvernement fédéral, citant ses préoccupations que la société puisse être un pion du Kremlin et pose un risque de sécurité nationale.

James Lewis, un cyber-expert du Centre d’études stratégiques et internationales basé à Washington, a déclaré que le rapport de la violation était crédible, mais qu’il ne disposait pas de renseignements de première main sur ce qui s’était passé.

« Ce qui est déconcertant, c’est qu’il ait pu sortir des documents du bâtiment et qu’il utilise Kaspersky, même si c’était pour travailler », a déclaré Lewis. Il a déclaré que les agences de renseignement considéraient les produits Kaspersky comme source de risque depuis des années.

La sénatrice démocrate Jeanne Shaheen, qui est à l’origine des appels au Congrès pour purger les réseaux gouvernementaux des produits Kaspersky Lab, a appelé jeudi l’administration Trump à déclassifier les informations sur les menaces posées par Kaspersky Lab.

« C’est un mauvais service au public et à notre sécurité nationale que de continuer à retenir cette information », a déclaré Shaheen dans un communiqué.

Reuters

Source : http://www.atimes.com/article/russian-hackers-stole-us-cyber-secrets-nsa-reports/

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Publié par le 12 octobre 2017 dans général, Insolite, International, Politique, Sciences

 

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La fleur au fusil, les soldats français démissionnent

La fleur au fusil, les soldats français démissionnent
Conditions de vie, Opération Sentinelle, carrières bloquées, paupérisation de l’institution, les motifs de quitter l’armée ne manquent pas… et les candidats au départ non plus. Ils seraient plus de 60% à envisager de raccrocher le képi. Regards croisés d’un expert et d’un officier –encore- d’active sur le malaise au sein de la grande muette.

Six militaires sur dix auraient envie de quitter l’armée. Ce score grimpe à 70% pour les militaires dont l’ancienneté est comprise entre 11 et 20 ans, comme ce colonel de l’armée de terre qui a accepté de témoigner auprès de Sputnik. Des chiffres inquiétants que révèle le rapport du Haut comité d’évaluation de la condition militaire.

Illustration parlante de ce malaise, le colonel «Antoine» (son nom est changé pour préserver son anonymat), s’apprête à quitter l’armée de terre après plus de 25 ans de bons et loyaux services. Un engagement qui lui permettait pourtant «d’avoir une vie active au service de son pays.»

Pourquoi? «Je ne trouve plus ce que je cherche. Je n’arriverai plus à accéder à des postes à responsabilités que j’aimerais tenir, parce qu’on a beaucoup réduit des formats des armées ces dernières années.» Auparavant, il suffisait de réussir un concours pour accéder à des responsabilités intéressantes, mais aujourd’hui il n’y a plus assez de place.

«La politique de ressources humaines fait que beaucoup de gens partent, explique l’officier à Sputnik. Ils partent parce qu’à un moment on n’arrive plus à progresser. C’est pour le signaler que j’ai accepté de répondre à vos questions.»

Mais les difficultés de progresser sont loin d’être les seules raisons du désamour entre l’armée et ses soldats. Selon Richard Labévière, rédacteur en chef de la revue de l’Institut des hautes études de défense nationale «Défense», «on pousse dans l’armée la dimension technologique au détriment du facteur humain. Sur le plan des ressources humaines, il s’agit d’une perte de motivation des soldats, qui ne renouvellent pas leur engagement».

Ce n’est pas l’avis du colonel «Antoine», pour qui: «Quel que soit le niveau de la technologie, il faut avoir une certaine quantité de personnes pour faire les opérations qu’on nous demande. Le meilleur élément, ce n’est pas le matériel, c’est l’humain. Et tous les militaires en ont conscience.»

Selon le Haut comité d’évaluation de la condition militaire, les raisons du départ des engagés sont plutôt à chercher du côté des conditions de vie au sein de l’armée. Le Colonel «Antoine» confirme ces difficultés, notamment pour ceux qui ont une famille. Celles-ci sont en effet soumises à une forte mobilité: il est courant dans l’armée d’être muté tous les trois ans. Et ce qui était accepté il y a une vingtaine d’années ne l’est plus aujourd’hui:

«C’est compliqué de déplacer femme et enfants. En cas de mutation, le conjoint perd son travail… à chaque fois, il faut tout reconstruire. C’est usant pour la vie de famille», précise l’officier.

Et si d’être coupé de sa famille le temps d’une mission est acceptable, le moindre coup dur la vie devient intenable. Il suffit de se rappeler des problèmes de paiement que l’armée a connus en 2011-2012, avec le bug informatique du logiciel Louvois, qui a touché la moitié des effectifs de l’armée de Terre en France:

«On peut avoir le père de famille en mission et la famille se retrouve sans ressources avec tout ce qui s’ensuit: le découvert bancaire, les dettes, l’impossibilité de régler ses factures… Ces situations créent beaucoup d’angoisse et le problème n’est pas encore réglé, raconte l’officier. On se dit qu’on n’est pas si bien protégé que ça.»

De fait, selon Le Monde (février 2017), «Le logiciel défectueux [Louvois], qui depuis 2011 empêche soldats et officiers d’être correctement payés, ne sera retiré qu’en 2021.»

«Il faut prendre la vie des familles, de l’ »arrière » en compte, leur proposer un accompagnement le temps de la mission du conjoint-militaire», appuie Richard Labévière.

À ces conditions structurelles s’ajoute le plan Sentinelle, qui pèse énormément sur les unités. «Les militaires sont engagés dans ces missions qui ne sont pas très intéressantes, en plus maintenant ils sont pris pour cible,» déplore notre officier.

Idéalement, la vie des militaires est basée sur des cycles de 16 mois: 4 mois de phase stable en régiment, 4 mois de préparation opérationnelle, plus intensifs, 4 mois de mission, suivis de 4 mois plus tranquilles, où on est toujours prêt à repartir. «On a perdu ces temps de respiration. Les soldats n’ont plus le temps de s’entraîner, le rythme normal des militaires est altéré par cette charge énorme,» précise notre témoin, qui rajoute que:

«Les armées le font depuis 1995: le niveau d’engagement est multiplié par 20 par rapport à une période où les effectifs étaient plus importants.»

Un entraînement qui est de plus affecté par l’usure accélérée des équipements. «La situation reste précaire, nous explique le colonel « Antoine ». Comme il a eu beaucoup de missions, notamment en Afghanistan ou en Afrique, les matériels s’usent quatre fois plus vite que prévu. En mission, le matériel est en bon état, mais en France, pour s’entraîner, beaucoup de matériels ne sont pas disponibles.» Un constat qui sonne comme un désaveu cinglant des 850 millions d’euros de coupes budgétaires dans les crédits de la Défense, dont Macron avait affirmé qu’ils seraient sans incidence sur la vie des soldats.

«Pour renverser la tendance (des départs de l’armée), il faut passer par une hausse de moyens budgétaires au recrutement et aux conditions logistiques et de vie dans les casernes, les bases, dans les points d’appui», souligne de son côté Richard Labévière.

Une hausse qui devrait intervenir dès 2018, avec plus d’un milliard d’euros de crédits pour la Défense, si l’on en croit les promesses d’Emmanuel Macron.

La rotation au sein de l’institution n’est pas aussi due au recrutement? Si seulement 65% des militaires du rang de l’armée de Terre et 58% de ceux appartenant à l’armée de l’Air rempilent après un premier contrat, dont la durée est de trois à cinq ans, c’est en partie parce que les engagés ont trouvé ce qu’ils sont venus chercher au sein de la grande muette.

«Certains viennent pour l’idéal, et d’autres —pour les raisons plus alimentaires. Ce que les jeunes viennent chercher dans l’armée, c’est souvent des qualifications dans les métiers qu’ils pourront faire après dans le civil», explique le colonel «Antoine», qui détaille: «Ce qu’ils vont apprendre leur permettra d’avoir du boulot dans le civil plus tard. Et non seulement d’avoir un métier technologique, mais de savoir commander de petites équipes, passer son permis pour conduire des camions…»
Pour autant, tous les engagés ne sont pas là pour la «gamelle», loin de là. Selon le rapport du Haut comité d’évaluation de la condition militaire, les leviers principaux de fidélité à l’armée restent forts. Le statut militaire (79%), «la participation active à la défense des intérêts du pays» (75%) ou «les rapports humains, l’esprit de cohésion» (70%) demeurent des éléments de motivation pour s’engager ou poursuivre sa carrière.

«L’Armée, ce n’est pas un métier, c’est un choix de vie, confirme le colonel « Antoine ». Ça a une incidence trop importante sur les libertés individuelles, la liberté d’expression. On renonce à beaucoup de choses quand on s’engage dans l’armée. Mais on le fait pour son pays.»

Des idéaux qui peinent donc souvent à se traduire dans le quotidien des soldats, ce qui explique aussi un certain nombre de désillusions, donc de départs ou de difficultés de recrutement.

«Il faut également travailler sur le recrutement, qui doit s’appuyer non seulement sur les campagnes de publication et de belles images de surface, mais aller plus en profondeur dans l’explication du fonctionnement des armées et des sacrifices qu’on demande aux soldats engagés, analyse Richard Labévière.»

Cela suffira-t-il à enrayer ce désamour entre l’armée et ses engagés? Le problème est peut-être plus profond, selon le colonel «Antoine». Si 88% des Français ont une bonne image de l’armée, «la professionnalisation qu’on a décidée il y a vingt ans, en février 1997, montre bien qu’on a perdu un lien avec la Nation.»

Un lien que l’armée semble en peine de retisser avec ses engagés.

Oxana Bobrovitch

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« Poids des dettes : le scénario catastrophe du FMI » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je dois vous avouer mes amis que je ne boude pas mon plaisir face aux titres apocalyptiques et “fin du mondiste” de la grande presse financière et des quelques organes de gouvernance de l’économie mondiale, parmi lesquels, évidemment, le FMI tient une place centrale.

Alors quand le FMI tremble devant le poids des dettes et que Les Échos titrent « Le scénario catastrophe du FMI », je me dis que finalement, je suis d’une trop grande sobriété.

Si Les Échos vous parlent d’une catastrophe, de vous à moi, il faut préparer vos abris immédiatement et n’oubliez pas la dotation réglementaire en boîte de raviolis bio de chez Carrefour et en filets de sardines à l’huile d’olive avec un zeste de citron.

Les boîtes de sardines ont cela de prodigieux qu’avec le temps, il en va des sardines comme du bon vin. Cela se bonifie avec le temps.

Mais cessons de parler cuisine.

Revenons à notre FMI.

Le FMI vient de mettre en exergue les fragilités du système financier international. « Dans leur document, les experts du Fonds ont élaboré un scénario catastrophe qui s’étale sur cinq ans jusqu’en 2022 sur la base des constats d’aujourd’hui. »

Cinq facteurs de fragilités

Après le blabla d’usage et de rigueur où il convient de saluer (le chapeau bien bas et avant de devoir le « bouffer ») « les mesures qui ont été prises à la suite de la crise de 2008 avec, notamment, un renforcement de la surveillance bancaire et financière sans oublier le renforcement des fonds propres des plus grandes banques », le FMI n’observe pas moins quelques faits alarmants.

Et pour notre FMI, il y a 3 facteurs principaux de vulnérabilité répertoriés.

1/ Il y a trop d’argent et à titre d’exemple, il n’y a plus que 2 000 milliards d’obligations de bonne qualité offrant un rendement supérieur à 4 % contre 16 000 milliards avant la crise de 2008.
Cela veut dire qu’il n’y a plus d’actifs rentables sur lesquels placer l’épargne abondante et liée à la création monétaire excessive…

2/ 135 000 milliards de dollars, c’est le montant des dettes publiques, des entreprises non-financières et des ménages des pays du G20, soit un endettement équivalent à environ 235 % du PIB en… moyenne. Ce n’est pas bon.

3/ La finance de l’ombre poursuit sa croissance et en Chine c’est là où ce serait le pire…
La finance de l’ombre chinoise inquiète.

Le meilleur pour la fin : la fin du monde selon le FMI

« Les ministres des Finances du G20 auront droit, vendredi, à un petit exercice d’alerte précoce où le FMI leur présentera son scénario catastrophe. Ce dernier se déroule en deux phases. Jusqu’à 2020, l’économie mondiale et les marchés suivent la tendance actuelle. Les marchés progressent, les taux d’intérêt restent bas, les dettes progressent encore.

« L’intensité du choc est égale à un tiers de celle enregistrée en 2008 »

À partir de 2020, le FMI imagine une hausse rapide des taux d’intérêt, une chute de 15 % des marchés et un recul de 7 % des prix de l’immobilier. En faisant tourner ses modèles économétriques, le résultat montre une production mondiale en chute de 1,7 % en moyenne. ”L’intensité du choc est égale à un tiers de celle enregistrée en 2008”, souligne l’institution. Chacun peut imaginer le désastre si d’aventure les marchés dévissent de manière plus importante. »

Ohhh, mes amis, c’est exquis, que dis-je, divin.

Attendez, je répète, je ne m’en lasse pas.

« Chacun peut imaginer le désastre si d’aventure les marchés dévissent de manière plus importante »…

Donc tout le monde sait bien que le prochain choc ne sera pas égal à un tiers de ce que fut celui de 2008, car la situation n’est pas deux tiers moins grave, mais tous les indicateurs se sont largement empirés.

Le prochain choc sera redoutable, et le système économique, tel qu’il est conçu, ne s’en remettra probablement pas, ce qui ne signifie pas que ce soit la fin du monde en tant que tel, mais bien la fin d’un système économique.

Un autre émergera, et devra d’ailleurs émerger, car tous les paramètres du système actuel sont au rouge.

Ce système est au bout du rouleau, et les premières victimes seront les actifs purement financiers et virtualisés qui s’évaporeront au premier coup de canon.

Celles et ceux qui me lisent régulièrement savent imaginer le “désastre” à venir.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

 
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Publié par le 12 octobre 2017 dans économie, général, International

 

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L’Allemagne dit Nein à la garantie européenne des dépôts bancaires

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La garantie des dépôts bancaires à l’échelle européenne a du plomb dans l’aile tant que la question des créances douteuses n’est pas purgée.

L’économie va très bien, la croissance française est époustouflante et tout baigne dans le beurre de la création monétaire.

Très franchement, je ferai mieux d’aller aux champignons ou écouter les cerfs bramer le soir plutôt que d’écrire cette chronique des heures sombres de l’histoire financière. Heureusement, une dépêche fraîche de Reuters me donne un tout petit peu de grain à moudre.

Elle concerne la garantie des dépôts bancaires et est relayée par L’Usine Nouvelle.

Rappelez-vous, la garantie des dépôts à l’échelon européen permet de dire qu’un euro déposé dans une banque grecque bénéficie de la même sécurité qu’un euro déposé dans une banque autrichienne, batave ou allemande.

Si jamais la banque est en faillite, vos dépôts à hauteur de 100 000 € sont garantis, quoiqu’il arrive.

Une telle mesure vise à restaurer la confiance et d’éviter que les dépôts fuient à l’étranger lorsqu’un pays ou une banque bât de l’aile.

Car, oui, la confiance entre banques n’a jamais été vraiment restaurée depuis la crise. Le marché interbancaire n’est jamais revenu à des volumes normaux. Tout le monde lorgne sur les créances douteuses des autres.

Mais il y a un problème avec ce beau projet de solidarité avec de l’argent que personne n’a.

Les fonds nationaux de garantie des dépôts sont largement sous provisionnés. C’est bien normal d’ailleurs puisque les banques « trop grosses pour faire faillite » sont encore plus grosses qu’avant la crise.

Personne n’a envie de laver le linge sale des créances douteuses des autres.

Reuters :

« L’Allemagne s’oppose depuis toujours à ce projet, craignant que l’argent de ses propres banques ne soit mobilisé pour couvrir l’indemnisation des déposants de banques qui déposeraient leur bilan ailleurs en Europe.

Elle explique qu’elle ne peut accepter un mécanisme européen de garantie des dépôts, qui s’appliquerait à tous les dépôts de la Zone euro de 100 000 euros au plus, qu’à la condition que les risques de faillite bancaire soient sensiblement réduits.

Cela implique un dégonflement de l’encours de créances bancaire pourries dans un certain nombre de pays européens et la Commission a fait savoir qu’elle présenterait au printemps prochain des propositions aidant les banques à récupérer une partie de ces actifs.

Pour les créances garanties et nouvellement qualifiées aussi. »

Relisez bien Reuters : l’Allemagne pense que faute de nettoyer les écuries d’Augias, des banques feront faillite.

Pour assainir les banques, il faudrait les dégorger de ces prêts douteux. La solution financière consiste à créer une bad bank. En jargon techno-financier cela s’appelle « structure de défaisance ».

Evidemment, cela implique aussi pour les banques de déclarer des pertes, reconstituer des fonds propres — tout cela alors qu’il devient de plus en plus difficiles de gagner sa vie avec des taux aussi bas, la concurrence menaçante des cryptomonnaies, des fintechs, etc.

Reuters encore :

« A partir du 1er janvier, les banques auront deux ans pour provisionner toutes leurs créances non garantiesnouvellement qualifiées en catégories douteuses et irrécouvrables et sept ans pour les créances garanties et nouvellement qualifiées aussi. »

Tout cela évidemment ne règle aucun des deux problèmes de fonds :

  • un système bancaire intrinsèquement frauduleux puisque vos dépôts à vue sont réputés disponibles à tout instant alors qu’il n’en est rien compte tenu du principe de réserve fractionnaire.
  • un système monétaire intrinsèquement corrompu puisque les banques souscrivent complaisamment aux dettes de leur Etat de tutelle qui fera appel à ses contribuables pour les sauver en cas de besoin.

Reuters toujours :

« … soumettre l’an prochain un projet fixant le cadre légal des titres adossés à des emprunts d’Etat, pour renforcer un peu plus la stabilité du système financier et amoindrir les risques liés à l’excessive exposition des banques à la dette de leur propre pays. »

Mais je ne voudrai pas gâcher une si belle journée d’automne. Profitez bien des records des marchés action et caressez les licornes dans le sens du poil.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

Source: la-chronique-agora

 
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Publié par le 12 octobre 2017 dans économie, général, International

 

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