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Les métaux courent à l’épuisement et il est temps de s’en inquiéter

03 Oct

Si l’or, l’argent, ou encore le fer sont les métaux dont on entend le plus souvent parler, ils sont loin d’être les seuls dont nos économies modernes se sont rendues dépendantes. Loin de servir uniquement à la spéculation, la bijouterie ou la construction, les métaux « rares » se retrouvent aujourd’hui partout, et notamment dans nos objets high-tech. Alors que les besoins en métaux de la technologie continuent d’augmenter, la communauté scientifique et quelques objecteurs de conscience commencent à tirer la sonnette d’alarme. La fête ne va pas durer éternellement. C’est le cas du Révéilleur, qui nous livre une vidéo claire et précise sur la situation de nos ressources minérales.

Des métaux de plus en plus rares et difficiles à extraire

Aux côtés de l’or et de l’argent, largement plébiscités pour leurs valeur pécuniaire et propriétés conductrices, existent de nombreux autre métaux moins bien connus par le commun des mortels, et qui sont pourtant largement répandus. Le sodium, le phosphore, le cuivre, l’indium, pour ne citer qu’eux, sont autant de métaux que l’on retrouve un peu partout, à commencer dans nos roches, mais aussi, après leur transformation, dans de nombreux objets du quotidiens comme les smartphones, les écrans, et toutes sortes de circuits imprimés. Dans une vidéo bien ficelée, le Youtubeur « le Réveilleur » revient sur cette ressource limitée et sur la nécessité de prendre conscience du risque d’épuisement qui nous guette, mais aussi des conséquences environnementales d’une exploitation intensive. Une équation qui semble sans issue dans nos sociétés gavées à la croissance.

En effet, les métaux représentent eux aussi une ressource dont les stocks sont limités. Présents dans les minerais à travers le monde, les différents métaux sont extraits de façon intensive afin d’être ensuite exportés ou exploités par les différentes industries, puis transformés par les marques. Cette exploitation industrielle, dont le commun imagine mal l’étendue, alimente nos économies à tous les niveaux, de la construction de gratte-ciels à la mise au point de composants électroniques et autres objets du quotidien. Mais cette exploitation a un coût : les minerais sont aujourd’hui de moins en moins concentrés en métaux, et les coûts économiques liés à leur exploitation sont en constante augmentation. On estime aujourd’hui que pas moins de 8 à 10% de l’énergie dans le monde servirait à raffiner les métaux. Un chiffre particulièrement révélateur.

Un impact environnemental étendu

Mais si l’extraction des métaux rencontre une limite géologique inhérente aux limites physiques de la planète, elle est aussi responsable dès aujourd’hui d’une pollution importante. L’eau en est la première victime. En effet, la roche extraite nécessite d’être nettoyée et rincée, ce qui implique l’utilisation d’une quantité d’eau astronomique, parfois au détriment des populations locales. L’eau ainsi utilisée subit une altération importante de son Ph : elle devient beaucoup plus acide. La formation de boues rouges est directement liée aux activités de rinçage et d’extraction. Si les exploitants tentent tant bien que mal de contenir ces eaux polluées dans de grands bassins, le risque de débordement ou de rupture des barrages existe, et s’est déjà observé. De plus, l’eau polluée à tendance à pénétrer dans les nappes phréatiques, polluant une encore plus grande quantité d’eau.

La raréfaction même des métaux, elle aussi, est un problème. Si la demande continue d’augmenter (ce qui sera le cas selon toutes probabilités), on estime qu’il reste environ 15 ans pour le Platine, 5 à 10 ans pour l’Indium, 20 à 30 ans pour le Zinc, 15 à 20 ans pour l’Argent, 10 ans pour l’Hafnium (utilisé dans le nucléaire et les électrodes), pour le citer qu’eux. La tendance est sans appel. C’est une question de temps, plus de technique. Il faut désormais de plus en plus d’énergie (souvent fossile) par kilogramme de métal extrait. Alors que les industries modernes sont toujours plus dépendantes de métaux rares, le recyclage reste compliqué dans la majorité des cas. Des métaux comme l’indium, très utilisés dans les nouvelles technologies tactiles par exemple, pourraient disparaître d’ici une quinzaine d’année. C’est court. Très court. Et si, contrairement au pétrole, les métaux peuvent dans la plupart des cas être recyclé, la part des métaux recyclés dans l’économie mondiale reste infime.

Source : Armin Reller, Université de Augsbourg; Tom Graedel, Université de Yale.

De plus, le recyclage reste difficile à opérer, et les pertes restent importantes. Les stocks de métaux, comme tant d’autres ressources (sables, terres arables, eau potable,..) semblent donc se réduire inexorablement sans que nous ne sachions vraiment quoi faire. La course à la Croissance de l’économie mondiale pousse quant à elle les acteurs à exploiter les ressources jusqu’à la fin des stocks disponibles, sans vraiment se soucier de l’impact actuel bien réel de ces exploitations. Cette situation implique certainement de devoir repenser radicalement notre conception de la production, bien avant de percevoir les effets désastreux d’une rareté programméeComment ? En mettant l’accent sur l’éco-conception en amont, une économie radicalement circulaire, la transition vers un mode de vie peu gourmand en ressources et la mise au point de low-techs durables.

Sources : Le Réveilleur / Enquête de Mr Mondialisation

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