La ville et ses 8,5 millions d’habitants sont particulièrement exposés aux risques naturels. Ouragans, montée des eaux, vents… Depuis cinq ans et Sandy, New York tente de s’organiser. 

Les ferries vers Ellis Island et la Statue de la Liberté ne désemplissent pas, à la pointe Sud de Manhattan. Alors que l’été se prolonge à New York, difficile de penser qu’une partie de la ville, notamment l’une des zones les plus touristiques, au sud de Wall Street, demeure plus que jamais exposée aux catastrophes naturelles. A Battery Park, l’eau est montée à plus de 4 mètres lors de  l’ouragan Sandy en 2012 . Il a fallu reconstruire une partie de la côte, ici, comme sur des dizaines de kilomètres dans l’Etat de New York.

«Urgence de la situation »

«Nous avons fait le plus urgent, mais il reste encore beaucoup de travail. Et il faut être conscient de l’urgence de la situation, Harvey et  Irma nous l’ont rappelé récemment », avance Jordan Salinger, conseiller au bureau de résilience, à la Mairie de New York. Dans la seule ville de New York,  Sandy avait occasionné 19 milliards de dollars de dégâts . Certaines parties de la ville ont dû attendre plusieurs mois, voire plusieurs années pour être reconstruites.

VIDEO L’ouragan Sandy : New York sous l’eau

C’est le cas de la plage de Rockaway, au sud-est de la ville, non loin de l’aéroport John Fitzgerald Kennedy, dont les travaux ont été achevés au printemps . L’équivalent de deux Empire State Building remplis de sable a été amené ici pour aménager des dunes, tandis que la promenade a été reconstruite et réhaussée. Mais la ville veut aller plus loin et aménager un système de murs et de digues, qui protégerait la péninsule, où habitent plus de 100.000 personnes. Coût de l’opération: 4 milliards de dollars. Il en manque aujourd’hui 3,6 milliards… Tout un symbole entre des projets qui permettraient de faire face à la prochaine catastrophe naturelle et la réalité.

Fin des travaux en 2024

La ville ne pourra pas supporter tous les coûts pour se protéger et craint que l’ administration Trump, climato-sceptique et qui doit faire des économies, ne traîne des pieds pour financer ces projets. Washington a déjà largement financé la reconstruction après Sandy. Et un plan plus global du maire Bill De Blasio, favori à sa propre succession lors des élections du 7 novembre prochain, prévoit de réduire les émissions de gaz à effet de serre de la ville, avec un programme de promotion des véhicules électriques, de diminuer la vulnérabilité de certains quartiers vis-à-vis de la chaleur, avec des espaces verts et une meilleure isolation des bâtiments…

Retour à Battery Park : ici, les habitants du quartier devront se prononcer sur le prochain système de défense. « Toutes les options sont encore sur la table. Mais les gens ne veulent pas d’un mur, qui briserait l’harmonie du lieu et ne serait pas, à lui seul, suffisant », ajoute Rachel Finkelstein, conseillère à la Mairie de New York, en charge du dialogue avec les communautés. Si les décisions sont prises rapidement, les travaux pourraient alors commencer en 2019, et durer jusqu’en 2024. D’ici là, les habitants croisent les doigts pour ne pas revivre un nouveau Sandy… (source)