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Corée du Nord : une « menace mondiale » qui requiert une « réponse mondiale », dit le chef de l’Otan

12 Sep

Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a dénoncé dimanche la multiplication des essais nucléaires et de missiles balistiques de la Corée du Nord, « une menace mondiale » qui requiert une « réponse mondiale ». 

« L’attitude inconsidérée de la Corée du Nord est une menace mondiale qui requiert une réponse mondiale, ce qui inclut bien entendu l’OTAN », a déclaré M. Stoltenberg dans l’émission politique dominicale The Andrew Marr Show, sur la BBC.

« Nous demandons à la Corée du Nord d’abandonner ses programmes nucléaires, ses programmes de missiles et de s’abstenir de procéder à d’autres essais, car il s’agit d’une violation flagrante de plusieurs résolutions de l’ONU sur la sécurité et d’une menace pour la paix et la stabilité », a-t-il ajouté.

Interrogé pour savoir si une attaque nord-coréenne contre le territoire américain de Guam (Pacifique) tomberait sous le coup de l’article 5 du traité de l’Otan, qui veut qu’une attaque contre un des pays membres de l’alliance est considérée comme une attaque contre tous, M. Stoltenberg a refusé de « spéculer » sur ces considérations.

« Ce que je dirais, c’est que nous nous concentrons maintenant entièrement sur la manière dont nous pouvons contribuer à une solution pacifique au conflit », a-t-il dit.

Le Conseil de sécurité de l’ONU est appelé par Washington à se prononcer lundi sur de nouvelles sanctions sévères contre la Corée du Nord, accusée de menacer la paix avec ses programmes d’armement nucléaire et conventionnel.

Source

L’administration Trump a rassuré et montré sa capacité à négocier et à jouer la carte de l’apaisement quelques semaines après avoir promis « le feu et la fureur » en cas de nouvelles provocations nord-coréennes. A l’initiative de Washington, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) a adopté à l’unanimité, lundi 11 septembre, une résolution qui vise à punir Pyongyang de son sixième essai nucléaire, le 3 septembre – le plus puissant jamais réalisé.

Pour obtenir le soutien de la Chine et de la Russie, les plus proches alliés du régime de Pyongyang, Washington a cependant accepté de revoir ses ambitions à la baisse en s’accordant sur une version amendée du texte qui interdit les exportations de textile. Mais pour la première fois, la Chine a accepté un embargo partiel et progressif sur le pétrole et ses produits dérivés et total pour le gaz naturel.

Dans sa version initiale, Washington avait proposé un projet « maximal » avec un embargo total sur le pétrole, les produits pétroliers et le gaz, un gel des avoirs du leader Kim Jong-un, un renvoi en Corée du Nord des 93 000 travailleurs expatriés et une inspection par la force des navires placés sur la liste des sanctions de l’ONU.

« Compromis »

Le texte adopté « est le fruit d’un compromis pour avoir tout le monde à bord », a estimé Francois Delattre, le représentant français à l’ONU. « Il est très rare que le conseil sanctionne un chef d’Etat, souligne Andrea Berger, chercheuse à l’Institut Middlebury d’études internationales. Sanctionner Kim Jong-un aurait été perçu comme une tentative par les Américains de justifier un changement de régime. »

Le 5 août, le Conseil de sécurité avait déjà adopté une résolution interdisant les exportations de charbon, de minerais et des produits issus de la pêche par la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Elle amputait le régime communiste d’une manne financière estimée à un milliard de dollars.

Les spéculations allaient bon train quant à la volonté des Chinois, premier partenaire commercial des Nord-Coréens, d’aboutir à de nouvelles sanctions drastiques. « Il était crucial que Pékin et Washington restent unis dans leur approche de cette crise. Si Chinois et Américains s’étaient publiquement affrontés à l’ONU, cela aurait renforcé les craintes d’une guerre en Asie du Nord-Est », analyse Richard Gowan, expert au Conseil européen des affaires étrangères.

Une semaine après avoir publiquement dit que les Nord-Coréens ne « cherchaient qu’une chose : la guerre », l’ambassadrice américaine Nikki Haley a d’ailleurs semblé vouloir dissiper les craintes d’un conflit armé en assurant que Washington « ne voulait pas la guerre » et que Pyongyang « n’avait pas encore atteint le point de non-retour ». Si le régime nord-coréen « accepte de mettre un terme à son programme nucléaire, il peut entrevoir un avenir. S’il prouve qu’il peut vivre en paix, alors le monde peut vivre en paix avec lui », a t-elle insisté.

Pousser la RDPC à négocier

Avec ces sanctions sévères, les diplomates espèrent pousser la RPDC à négocier une halte de ses programmes nucléaires et balistiques qui représentent une menace « immédiate, mondiale et existentielle », selon M. Delattre. « Nous ne prenons aucun plaisir à renforcer les sanctions », a pour sa part plaidé l’ambassadrice américaine. Mais elle a détaillé par le menu les conséquences de ces nouvelles mesures : 90 % des exportations nord-coréennes – qui représentent un revenu d’environ 3 milliards de dollars – seront gelées par ce huitième train de sanctions ajouté aux précédents. Pyongyang verra son approvisionnement en pétrole réduit d’environ 30 % : ses importations de pétrole raffiné sont désormais limitées à 500 000 barils entre octobre 2017 et janvier 2018, puis à 2 millions de barils pour 2018. Plus aucun pétrole brut ne doit lui parvenir à l’exception de celui qui lui arrive par le pipeline Dandong-Sinuiju.

Les experts doutent néanmoins que la RPDC, qui joue sa survie avec son programme nucléaire, se montre sensible à ces nouvelles interdictions. Dans son langage habituel, le régime de Pyongyang avait d’ailleurs prévenu, en amont de ce vote, vouloir faire « payer le prix » aux Etats-Unis en leur infligeant « la plus grande des souffrances et des douleurs ». « La pression des Américains n’est pas une fin en soi, reconnaît un diplomate sous couvert d’anonymat. Mais plus les sanctions seront fortes, plus le levier vers un règlement politique sera fort. »

La Chine et la Russie se positionnent d’ailleurs en faiseuses de paix. Les deux pays ont une nouvelle fois appelé à une solution politique et à reconsidérer leur proposition d’un gel des exercices militaires américano-sud coréens contre une suspension du programme nucléaire par la RPDC. Une proposition « insultante » avait balayé la semaine dernière Mme Haley. « Ce serait une grave erreur de sous estimer l’initiative russe-chinoise », a renchéri l’ambassadeur russe Vassili Nebenzia, qui a négocié avec son partenaire chinois le rajout au texte de la résolution des paragraphes appelant à une solution pacifique.

« Il risque maintenant d’y avoir de nombreuses frictions entre les Chinois, les Russes et les Américains sur la voie diplomatique à suivre avec Pyongyang. Si les Etats-Unis refusent de faire des compromis, même minimes, beaucoup de membres de l’ONU, y compris des alliés américains, vont se tourner vers les Chinois et les Russes. Beaucoup de diplomates demeurent presque aussi préoccupés par la stabilité et les intentions de l’administration Trump que par celles du régime de Pyongyang », selon M. Gowan .

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