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Archives du 11 septembre 2017

Une 4e éruption solaire massive en une semaine (classe X 8.2) a eu lieu hier : Les éruptions solaires les plus puissantes depuis 12 ans !

Cette semaine, le Soleil manifeste une activité anormalement importante. Hier le 10 septembre, une nouvelle éruption solaire de classé X s’est produite,  , une X 8 .2 . En observant l’éjection de masse coronale, on s’aperçoit que la terre est passé tout prés du feu (cf vidéo ci dessus) Les prévisionnistes de NOAA disent qu’il y a 60% de chance de tempêtes géomagnétiques modérément fortes ( G2 ) le 13 septembre lorsque la CME  (éjection de masse coronale) – qui avait quand même une composante terrestre- impactera le champ magnétique terrestre. 

C’est la CME qui s’est produite dans l’espace suite à la puissante éruption solaire de classe X8 d’hier. Aux États-Unis, les aurores pouvaient apparaître aussi loin qu’à New York, dans le Wisconsin et à l’état de Washington.

Attention car la série d’éruptions massives qu’on a pu observer cette semaine a fragilisé notre champs magnétique qui est impacté par les vagues successives de CME. Espérons qu’il n’y en aura pas une énorme face à nous , car elle pourrait nous être fatale – mais le soleil semble très actif en ce moment, alors que nous ne sommes pas en période de maximum . 

L’équipage de la Station spatiale internationale (ISS)  a du s’abriter de toute urgence le 10 septembre dans une pièce spéciale compte tenu du danger lié aux éruptions solaires très puissantes enregistrées ces derniers temps.

«Le 10 septembre, le signal d’alerte s’est déclenché sur l’ISS, si bien que les astronautes ont dû s’abriter pour un certain temps», a déclaré aux journalistes le Président de l’Institut Skobeltsine de l’Université d’État Lomonossov de Moscou, Dr. Mikhaïl Panassiouk.

Les éruptions solaires les plus puissantes depuis 12 ans !

Les deux éruptions solaires les plus puissantes depuis 2005 se sont produites les 6 et 10 septembre. D’autres éruptions majeures ont été observées dans le même laps de temps. Toutes ont pris naissance depuis la région active 2673 de notre Soleil.

Après deux éruptions majeures le 4 septembre, d’abord de classe X2.2, puis de classe X9.3 trois heures plus tard (voir article plus bas), le Soleil a commis deux autres grandes éruptions :

  • une de classe X1.3, le 7 septembre ;
  • une, beaucoup plus puissante, ce dimanche 10 septembre, classée X8.2. Survenue à 16 h 06 TU, elle s’est hissée à la 11e place du top 50 des éruptions solaires depuis vingt ans, supplantant celle du 20 janvier 2005 (X7.1).

La très active région 2673

Comme pour les évènements de la semaine dernière, c’est la région active 2673 qui est à l’origine de cette nouvelle éruption majeure. À présent, le groupe de taches solaires a franchi le limbe ouest de notre étoile et n’est plus visible sur l’hémisphère qui fait face à la Terre. Ce n’est pas fini pour autant : si AR2673 continue de se développer, elle devrait réapparaître dans deux semaines après avoir transité sur la face solaire opposée à notre planète. Peut-être que cet archipel de taches sombres durera plusieurs semaines, voire des mois, à l’instar du record absolu de 1943 (depuis les premières observations), lequel était resté actif durant presque six mois !

Sur ces images de Soho (le Soleil est masqué par un disque ; sa taille correspond au cercle blanc), on peut voir l’éjection de masse coronale après l’éruption de classe X8.2 du dimanche 10 septembre. © Nasa, ESA, Soho

Comme on peut le voir sur les images de Soho (ci-dessus), une tempête de vent solaire a accompagné l’éruption. La forte éjection de masse coronale (en anglais, CME) a brouillé les caméras de ce satellite observant le Soleil depuis 1996. Une tempête de protons relativement forte s’est abattue quelques heures plus tard sur le champ magnétique terrestre. Des aurores embrasent le ciel aux hautes latitudes (voir ces photos) depuis le début de cette série de puissantes éruptions solaires.

Une série d’éruptions solaires majeures

Article de Xavier Demeersman publié le 8 septembre 2017

Ce 6 septembre, il se produisit sur le Soleil l’éruption de la décennie ! De classe X9.3, elle a été la puissante depuis 2005. Un autre événement de classe X (X2.2) l’a précédée trois heures plus tôt. Ces derniers temps, l’activité de notre Soleil était minimale.

Cela faisait longtemps que ce n’était pas arrivé ! Le Soleil, plutôt d’humeur tranquille ces derniers temps à l’approche du minimum d’activité de son cycle de 11 ans (en moyenne), vient de produire deux énormes éruptions, dont une est la plus puissante de la décennie.

Le matin du 6 septembre, deux jours après un soubresaut de classe M (plutôt modéré), la région active 2673 (AR 2673) a été le théâtre de deux évènements majeurs de classe X. Le premier, survenu à 9 h 10 TU, a été classé X2.2. Et le second, à 12 h 02 TU, qui est de classe X9.3, s’est propulsé directement à la 8e place du Top 50 des éruptions depuis 1996 et à la 14e place depuis 1976 (voir le classement ici). Elle a été la plus puissante éruption solaire depuis 2005 (X17 il y a 12 ans et 1 jour). Le 7 septembre, à 14 h 41 TU, une nouvelle éruption majeure a été observée. Elle était de classe X1.3.

Sur cette animation, on peut voir les deux éruptions solaires survenues le 6 septembre. © Nasa, GSFC, SDO

Quelle a été la plus puissante éruption solaire ?

Le phénomène a pris naissance au sein de la plus petite des deux taches sombres — sa taille est approximativement de 9 fois la Terre — qui compose la région active située près du limbe. Bien que celle-ci ne faisait pas directement face à notre planète, la tempête de particules solaires pourrait provoquer des aurores polaires au cours des prochains jours. La NOAA a indiqué que les rayonnements X et ultraviolets ont causé un puissant black-out dans les hautes fréquences (de classe R3) et dégradé les signaux dans les basses fréquences, en particulier sur l’Afrique, l’Europe et l’océan Atlantique.

L’éruption solaire la plus puissante enregistrée depuis 40 ans a été celle dite d’Halloween, de classe X28, elle était survenue le 4 novembre 2003. Fort heureusement, ce jour-là, la bourrasque de vent solaire ne s’est pas dirigée vers notre planète, épargnant aux Terriens, devenus très dépendants de l’électricité, une tempête géomagnétique catastrophique.


Une puissante éruption solaire observée comme jamais

Article de Xavier Demeersman publié le 27 mai 2014

Le 29 mars 2014, la région active 2017 fut le théâtre d’une puissante éruption solaire de classe X1. L’ensemble des satellites dédiés à l’observation du Soleil se sont empressés de la scruter dans les moindres détails livrant ainsi une vision inédite et tridimensionnelle de l’événement. Les images viennent d’être publiées.

À la faveur du pic d’activité du cycle solaire 24 que nous en sommes en train de vivre — plus de mille jours consécutifs se sont écoulés, en effet, sans qu’au minimum un groupe de taches sombresne soit observé à la surface de notre étoile —, des chercheurs ont coordonné plusieurs satellites et télescopes sur l’une des régions les plus actives afin de l’étudier avec un maximum de détails.

Disposant d’une flottille d’instruments spatiaux et terrestres dédiés à l’observation du Soleil dans différentes longueurs d’onde, l’équipe de physiciens solaires a ainsi concentré toute sa puissance de feu, le 29 mars dernier, sur la région active 2017. Ce magnifique archipel de taches sombres distinctes dans le rayonnement visible — la photosphère — présentait alors les signes particuliers d’une intensification de son champ magnétiquesymptôme tangible d’une possible et imminente éruption importante. La cible choisie par l’équipe du télescope solaire Dunn (Observatoire Solaire National) au Nouveau-Mexique s’est avérée prometteuse car, en effet, quelques heures après le début des opérations, la région fut le théâtre d’une violente éruption de niveau X1 (la classe X est plus élevée ; la classe M concerne des éruptions plus modérées et fréquentes).

Les données collectées par toute la flotte de satellites dédiés à l’observation du Soleil dans différentes longueurs d’onde — auxquels s’est associé le télescope Dunn — offrent aux physiciens solaires une merveilleuse occasion de reconstituer avec une précision inégalée l’événement (éruption de classe X1) qui a secoué la surface de notre étoile, le 29 mars 2014 vers 17 h 46 TU. © Nasa, ONS, GSFC

Toute la flotte de satellites d’observation solaire mobilisée

Très soucieux de comprendre l’émergence de ces phénomènes, les scientifiques sont ravis de leur moisson. « C’est l’ensemble de données le plus complet jamais recueillies par les observatoires d’héliophysique de la Nasa » commente Jonathan Cirtain, membre de l’équipe de Hinode, satellite développé par les agences spatiales américaine (Nasa) et japonaise (Jaxa) et sollicité pour cette étude. Ce dernier offrit un point de vue inédit sur les caractéristiques du champ magnétique avant et pendant la puissante éruption du 29 mars à 17 h 48 TU. Au moyen de son spectromètre EUV, les scientifiques ont pu suivre l’évolution à travers 4.800 kilomètres dans les couches externes de l’étoile. Bien sûr, la mission SDO (Solar Dynamics Observatory) fut mise à contribution pour déterminer avec précision la position de la région la plus active.

Lancée en juin 2013, la mission Iris (Interface Region Imaging Spectrograph) fut également mobilisée pour observer en très haute résolution — et différentes longueurs d’onde — les transferts d’énergie, températures et vitesses des couches inférieures de la région active. Parallèlement, le spectroscope Rhessi (Reuven Ramaty High Energy Solar Spectroscopic Imager) délivra des détails sur les hautes énergies (jusqu’à 25 millions de degrés Celsius) déployées dans la couronne solaireet l’accélération des particules dans la chromosphère. Enfin, ajoutons qu’au même moment les coronographes du vénérable Soho enregistraient l’éjection de masse coronale qui suivit l’éruption de classe X. Dans la banlieue terrestre, le satellite géostationnaire Goes (de la NOAANational Oceanic and Atmospheric Administration) enregistrait, quant à lui, le pic de rayonnement X produit par notre étoile.

Fort de cette masse de données inédites, les hélio-physiciens ont d’ores et déjà commencé à les traiter, à dessein de mieux appréhender ces phénomènes qui, lorsqu’ils sont dirigés vers notre planète, peuvent un avoir un impact non négligeable sur nos sociétés ultra-connectées.

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Publié par le 11 septembre 2017 dans Climat - Environnement, Espace, général, Sciences

 

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La recomposition géopolitique du Moyen-Orient

Entretien réalisé par Pierre-Antoine Plaquevent et Alexis G pour les Non-Alignés.

Avocat libanais et figure engagée du nationalisme arabe, Elias Moutran fait le point pour les non-alignés sur l’actualité du conflit en Syrie et sur ses retombées dans tout le Moyen-Orient.

Dans cet entretien réalisé début septembre 2017, peu avant les dernières actualités en provenance de Raqqah et de Deir Ezzor, Elias Moutran nous expose l’ensemble des forces et des acteurs impliqués en Syrie ainsi que leurs objectifs stratégiques et géopolitiques. Une analyse qui permet de mieux comprendre les logiques et fractures qui déstabilisent le Moyen-Orient ainsi que leurs répercussions immédiates en Europe, comme la question migratoire.

Au-delà de la seule actualité, Elias Moutran remonte pour nous le fil de l’histoire de la nation arabe et nous permet de mieux en appréhender les permanences historiques ainsi que les enjeux de la recomposition en cours du Moyen-Orient. Recomposition dans laquelle sont impliqués la plupart des grands acteurs géopolitiques de notre temps.

A un siècle de distance, le Moyen-Orient se dirige-t-il vers de nouveaux accords Sykes-Picot ?

 

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Harvey, Irma, Jose et les autres

Irma poursuit sa course le long des côtes de la Floride. Rétrogradé en catégorie 1 puis en tempête tropicale lundi 11 septembre, l’ouragan balaye, en s’affaiblissant, la côte ouest de l’Etat, avec des vents allant toutefois jusqu’à 155 km/h. L’œil d’Irma se trouvait à 8 heures (heure locale), 12 heures (heure française), à 170 kilomètres au nord de Tampa, avec des vents soufflant jusqu’à 110 km/h. Selon les premières estimations, le passage d’Irma en Floride pourrait avoir été moins destructeur qu’initialement prévu, même si trois personnes ont perdu la vie dans des accidents de la route samedi et dimanche matin. 

L’ouragan Irma a tellement tout ravagé sur son passage qu’il a même fait « disparaître » l’océan sur la plage de Long Island dans les Bahamas:

Harvey, Irma, Jose et les autres

La série d’ouragans tropicaux qui touchent comme chaque année, la zone des Caraïbes et le quart Sud-Ouest côtier des États-Unis est cette année remarquable sous divers aspects qui nous intéressent directement. Nous laisserons bien entendu de côté les aspects météorologiques, avec leurs conséquences directes, humaines, infrastructurelles, etc., qui sont très largement répercutées par les canaux de communication très nombreux et très actifs à cet égard. Cette sorte d’événements est effectivement l’objet de couvertures intenses grâce aux énormes moyens de communication disponibles et aux formidables avatars humains et techniques qui sont déployés à cette occasion, avec une narrativehumanitariste très puissante qui reçoit également un traitement colossal similaire du point de vue de la communication.

Les aspects qui nous intéressent sont ceux qui sont liés à la Grande Crise Générale d’une part, à la crise psychologique qui l’accompagne d’autre part. Deux aspects principaux nous apparaissent, à la lumière du constat météorologique principal qui est celui de la puissance inaccoutumée de ces événements météorologiques (et non pas de leur nombre, qui n’est pas exceptionnel), avec les effets humains et matériels qui en découlent. Ces deux “aspects principaux” sont d’une part la politisation instantanée et dans tous les sens de ces événements exacerbée par la puissance de la couverture de la communication, d’autre part la rapidité de la succession des centres d’intérêt de cette puissante couverture de la communication. Dans les deux cas, le système de la communication joue un rôle central, sans surprise à cet égard comme nous ne cessons de la répéter, en plaçant la communication comme la force principale, écrasante, du fonctionnement de la civilisation (“contre-civilisation”) globalisée ; et système de la communication, bien entendu, avec sa fonction-Janus déterminant des effets dans les deux sens, pro-Système et antiSystème.

• La “politisation instantanée” a été évidente, du côté US, dès le cyclone Harvey qui a dévasté Houston et sa région, puis La Nouvelle Orléans dans une moindre mesure (à la fin août). Aussitôt l’antagonisme entre Trump et son opposition s’est traduit par des interventions dans les deux sens, allant aussi bien dans l’exaltation d’une unité retrouvée de l’américanisme que dans la surenchère des accusations contre Trump, soit d’incompétence, soit de racisme (“on sauve plus volontiers les Blancs que les Noirs”, etc.). La même “politisation instantanée” s’est retrouvée du côté français à l’occasion de la dévastation des petites îles françaises des Caraïbes, où les accusations concernent aussi bien l’incompétence du gouvernement Macron que la mise indirecte en évidence des inégalités engendrées par le Système, jusqu’à des accusations, également dans ce cas, du racisme latent de ces inégalités. (Le désastre frappe les pauvres et les riches, mais surtout les pauvres qui sont les plus vulnérables avec la désintégration totale des bidonvilles, et les pauvres qui, dans ces îles, sont essentiellement “les Noirs”, etc.)

Un autre aspect de la “politisation instantanée” a été la réactivation également instantanée des querelles autour, – pour ou contre, – de ce qui est souvent décrit comme le domaine du “complotisme”. A nouveau a été mis sur le tapis la polémique du réchauffement climatique, toujours avec ses deux branches, ou sous-polémiques (crise climatique ou pas ; si crise il y a, due ou non à l’activité humaine). On peut également mentionner les thèses sur l’alarme excessive ou pas de la prévision considérée comme une manœuvre politique, l’accentuation voulue de la terrorisation de la population ou le désintérêt voulu du sort de la population, selon qu’on se place d’un côté ou l’autre ; dans les deux cas, soupçon de manœuvre ou de “complot”, avec débats polémiques à mesure, là aussi.

• La “rapidité de la succession des centres d’intérêt de cette puissante couverture de la communication” est d’abord dictée par les événements météorologiques bien entendu, et leurs effets catastrophiques qui ne sont pas rien. On a vu le cas des îles françaises mais il s’agit bien entendu, d’abord, du sort des USA qui domine le reste, à cause de l’orientation du système de la communication. Ce qu’on peut voir comme une inégalité de traitement n’empêche qu’il est vrai qu’au moins les agglomérations urbaines de Miami et de Houston, qui dépassent respectivement les 5 millions et les 6 millions d’habitants et sont parmi les dix plus importantes des Etats-Unis, ont été ou sont en train d’être frappées sur une échelle qu’on peut qualifier par divers aspects de catastrophique. Ce qui semble être le nombre réduit de victimes ne doit pas dissimuler l’importance politique considérable de ces événements.

… Au reste, on n’est pas vraiment fixé sur le nombre de victimes car la rapidité des événements météorologiques exacerbe la tendance naturelle du système de la communication à passer d’un centre d’intérêt à l’autre pour privilégier l’instant présent et effacer d’autant plus vite de la mémoire l’“instant présent précédent”, y compris et surtout ses effets les plus défavorables à la narrative qu’elle entretient constamment. Qui s’intéresse aujourd’hui à la situation à Houston, où subsistent les dévastations, et qui peut dire le réel bilan humain du passage de Harvey ? Cela pourrait faire dire que le système de la communication travaille à étouffer les événements catastrophiques dans leurs effets ; nous parlerions plutôt d’un étouffement quasi-automatique de la comptabilité des effets de ces événements à cause de la rapidité de l’espèce d’“arrêt-sur-image” (rapidité du passage d’un centre d’intérêt à l’autre) ; mais le choc de communication causé par l’événement, d’autant plus fort qu’il est concentré dans toute la puissance de la communication, reste profondément dans les mémoires et les inconscients. Si très peu d’acteurs et de commentateurs peuvent dire les conséquences considérables sur le terme de l’ouragan Katrina, ni même le bilan humain précis, il reste que Katrina s’est inscrit dans la mémoire collective, et dans l’évolution de la Crise Générale, comme un événement d’une puissance considérable, qui a considérablement contribué à l’aggravation de la situation interne des USA, et surtout de la psychologie collective de crise caractérisant cette puissance depuis le début de siècle, ainsi contribuant à sa déstructuration-dissolution.

Ce que nous observons, c’est que ces deux facteurs, – “politisation instantanée” et rapidité extraordinaire de la communication, – se sont formidablement amplifiés. Cela se mesure aussi bien par rapport à Katrina qu’à l’occasion d’autres événements de la sorte ; cela se mesure, par exemple, lorsque l’une ou l’autre personnalité exacerbée (surtout du monde hyper libéral de l’entertainment, dont le poids politique se mesure assez bien et sans excès à l’inculture conforme et infantile du propos et de la pensée qui l’enfante) voit dans ces cyclones une sorte de “punition de Mother Nature”, fort bien inspirée dans le sens progressiste-sociétal, – punition de l’Amérique parce qu’elle a élu Trump. PhG notait à propos de Harvey dans son Journal-dde.crisis du 1er septembre 2017 :

« Il y avait eu très vite une polémique lors de Katrina, en Septembre 2005, mais il s’agissait de la façon d’organiser les secours, de l’efficacité de l’agence fédérale FEMA, critiquée par de nombreuses voix, de la nécessité de faire intervenir des forces militaires à sa place, Garde Nationale, US Army, etc. Ces polémiques dérivaient directement des conditions de la catastrophe et, même si elles pouvaient apparaître comme un élément de division du fait d’appréciations différentes sinon partisanes entre centres de pouvoir concurrents, elles n’en concernaient pas moins les conditions d’une action générale face à la catastrophe. Le cas d’aujourd’hui (d’hier) est complètement différent : il fait passer la polémique à la haine d’un personnage politique et de son entourage, sans aucun rapport avec les conditions de la catastrophe. On passe du domaine de la polémique politique à partir d’événements réels à celui du comportement des psychologies, quels que soit l’événement et sa réalité. »

Ainsi les catastrophes naturelles, poursuivant un mouvement déjà très bien identifié surtout depuis Katrina, font-elles désormais partie intégrante, et même d’une façon essentielle lors de certains épisodes, de notre Grande Crise Générale et de l’agonie de notre contre-civilisation. Cette année 2017 est particulièrement remarquable à cet égard, notamment parce qu’elle intègre les progrès considérables de notre tragédie-bouffe dans le sens du bouffe avec le paroxysme de la crise de l’américanisme depuis la campagne présidentielle, avec ce personnage de la trempe d’un Trump.

Plus précisément, nous dirions que 2017 marque un progrès sensible dans ce que nous pourrions nommer la “crisologisation” des catastrophes naturelles, ou l’installation directe des catastrophes naturelles dans l’actuel processus crisique étudiée par la crisologie comme un processus quasiment universel et caractérisant à lui seul les relations internationales et la politique en général.

L’aspect “naturel” justement de cette évolution, justement dans le cas des catastrophes naturelles, donne des effets particulièrement puissants, qu’il renvoie au niveau politique : la polémique sur le réchauffement climatique en sort renforcée, avec une polarisation encore plus forte ; les antagonismes entre partisans et critiques des autorités en place trouvent un nouveau domaine à exploiter. Le domaine psychologique est lui-même très fortement impliqué et influencé, à un point tel qu’il nous devient presque impossible de considérer un événement naturel comme ces ouragans sans introduire quasiment automatiquement dans notre réflexion une dimension crisique et métahistorique. Il y a une singulière capacité de notre Grande Crise Générale à intégrer tous les événements possibles et effectifs dans sa logique et dans sa dynamique ; c’est justement ce qui fait qu’elle est “Grande” et “Générale”…

 
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Publié par le 11 septembre 2017 dans général, International, Politique

 

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L’Allemagne en passe de prendre la tête de l’OTAN ?

Merkel est plus atlantiste que Trump

Alors que la chancelière Merkel et le président Macron sont déjà convenus de gouverner ensemble l’Union européenne, le think tank officiel de l’Allemagne fédérale, la SWP, préconise que Berlin prenne le leadership militaire de l’Union et de l’OTAN. Prenant acte de la position du président Trump qui limite l’influence états-unienne au sein de l’Alliance transatlantique, les experts gouvernementaux considèrent comme possible pour Berlin de prendre la tête de l’OTAN face à la Russie en investissant massivement dans le développement de son armée et la création de forces multinationales.

 

L’Allemagne doit montrer un « leadership déterminé » au sein de l’OTAN, et amener cette alliance militaire de « l’occident » à adopter un nouveau concept stratégique. C’est ce que demandent des conseillers du gouvernement allemand et des experts en politique étrangère. Le contexte est la réorientation de la politique mondiale allemande, qui, depuis la reprise de la Crimée par la Russie, ne vise plus seulement des interventions militaires dans le monde entier pour assurer des intérêts stratégiques ou économiques, mais aussi à lutter contre des « projets concurrents de conception » de la politique internationale. À cette fin, la République fédérale joue un rôle de premier plan dans l’installation de la présence de l’OTAN en Europe de l’Est – contre la Russie. En particulier, Berlin a le leadership dans la création de divisions multinationales, qui sont destinées à compléter les troupes de l’OTAN stationnées dans les États baltes et en Pologne et visent à être le « fer de lance » de l’Alliance. Comme le souligne la Fondation pour la science et politique (SWP – Stiftung für Wissenschaft und Politik), elles peuvent également être envoyées par l’UE à tout moment et participer à des opérations. De cette façon elles « ont une importance et une portée qui va au-delà de l’Alliance », selon la SWP.

 

Projets concurrents de conception de l’ordre politique

L’origine de la demande d’un « leadership » allemand plus fort à l’OTAN est la réorientation stratégique de la politique mondiale de Berlin après la reprise de la Crimée par la Russie. Jusque-là, le gouvernement fédéral avait en vue, en termes d’opérations militaires, surtout des guerres dans des pays lointains – des interventions pour installer ou stabiliser des gouvernements pro-occidentaux, comme en Afghanistan ou au Mali, ainsi que des mesures visant à « maintenir le libre-échange et l’accès sans entrave aux marchés et les matières premières dans le monde entier », comme déjà énoncé dans les Lignes directrices de la politique de défense de 1992 [1]. Cependant, depuis lors, la situation a changé. Comme des États tels que la Chine et la Russie « connaissent une influence grandissante sur le plan économique, politique et militaire », un « ordre multipolaire » est en train de se former, ce qui pourrait faire émerger des « conceptions concurrentes de structuration de l’ordre politique international » selon le récent Livre blanc de la Bundeswehr. Ainsi, la Russie « se présente comme un centre de gravitation indépendant avec une visée globale ». [2] Ce fait est montré clairement et sans ambiguïté par la reprise de la Crimée, selon des stratèges allemands. Tant que Moscou insiste à opérer « indépendamment » en terme de politique étrangère, il constitue un « défi pour la sécurité sur notre continent », indique le Livre blanc.

 

Trois vagues

Le gouvernement fédéral a répondu à la « conception d’ordre » indépendante russe dans une étroite coopération militaire avec l’OTAN ; dans la mise en œuvre des étapes pertinentes décidées lors des sommets de l’Alliance à Newport (septembre 2014) et à Varsovie (juillet 2016), Berlin a « assumé un rôle de leader », comme une analyse récente de la Fondation Konrad Adenauer (CDU) le constate [3]. Ceci est confirmé par une étude de la Fondation allemande pour la science et politique (SWP), qui examine l’éventuelle escalade du conflit entre l’OTAN et la Russie aux frontières de l’Alliance orientale. « La première » vague « dans un éventuel conflit » toucherait, à côté des armées des États de l’Est de l’OTAN, en particulier la nouvelle EFP (enhanced forward presence) de l’Alliance, selon le papier de la SWP [4]. L’EFP comprend les quatre bataillons multinationaux de l’OTAN en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne, dont la Bundeswehr dirige l’un d’entre eux. [5] La « deuxième vague » du conflit devra faire face en particulier au nouveau « fer de lance » de l’OTAN, la VJTF (Very High Readiness Joint Task Force), déclare la SWP. La Bundeswehr a été un des chefs de file dans la création et mise en place de la VJTF, qui peut être déployé en très peu de temps [6]. Seulement pour la « troisième vague », il n’y aurait « pas encore d’unité désignée », résume le think tank de Berlin. Les divisions multinationales que Berlin a établi depuis 2013 pourraient s’y prêter particulièrement bien – du fait de l’intégration des troupes étrangères dans des unités de la Bundeswehr [7]).

 

L’allemand domine

Comme les auteurs de l’article SWP l’indiquent, les divisions multinationales en cours de constitution ne sont pas conçues exclusivement pour des opérations orientales ; leur structure cependant – en vue de ces opérations – porte l’empreinte des plans opérationnels de l’OTAN. Dans cette mesure, les activités actuelles en matière d’armements de la Bundeswehr sont également déterminées dans une large mesure par les normes de l’Alliance. Ainsi, deux des trois divisions multinationales doivent être désormais formées « avec jusqu’à cinq brigades lourdes… à partir de personnels et de structures des divisions allemandes », rapporte la SWP [8]. En outre, la Luftwaffe-Einsatzverband (l’alliance opérationnelle de l’aviation militaire allemande) prévue dans le cadre de l’OTAN « se base à plus de 75 % sur les capacités de la République fédérale » ; c’est donc « un cadre essentiel pour la planification de la gestion de l’aviation militaire allemande ». Les plans de l’OTAN pour la marine se traduisent « avant tout dans des spécifications pour la zone de commandement et dans un commandement naval dominé par l’Allemagne pour la mer Baltique ». La SWP résume : «  Le rôle de l’Allemagne dans ces alliances et structures serait significatif sur terre, sur mer ou dans les airs ». Les auteurs doutent que les mesures de réarmement nécessaires puissent être limitées à environ 130 milliards d’euros jusqu’en 2030, comme l’a annoncé la ministre de la Défense Ursula von der Leyen. Cependant, on ne doit pas être effrayé par des coûts : « Le leadership politico-militaire a son prix ».

 

« Façonner l’OTAN »

Dans le contexte d’une direction allemande dans la construction des divisions multinationales, qui sont également souvent appelées « pilier européen de l’OTAN », la Fondation Konrad Adenauer plaide désormais pour l’élaboration d’un nouveau concept stratégique pour l’Alliance militaire occidentale. En fait, le concept stratégique actuellement valable date de 2010 ; il ne tient donc pas compte de l’évolution récente de la guerre antiterroriste – celle contre Daech – ni du conflit qui s’aggrave avec la Russie. Selon un article récent de la Fondation Adenauer, l’OTAN aurait suffisamment décrit l’évolution de ses activités à travers ses communiqués du sommet de Newport et de Varsovie. Mais le travail sur un nouveau concept offrirait l’opportunité de focaliser les forces dans l’Alliance qui est tout sauf sans crise. Actuellement, les États-Unis n’assument pas complètement « leur rôle traditionnel en tant que leader dans l’Alliance ou tout au moins pas de manière fiable ». Cependant, l’Allemagne est « bien là » avec la position de leader dans la construction des dimensions multinationales. L’auteur de ce papier, Patrick Keller, coordinateur de la Fondation Adenauer pour la politique étrangère et de sécurité, recommande que l’Allemagne utilise « le capital politique qu’elle a engrangé grâce à la prise de responsabilités supplémentaires pour consolider l’OTAN et façonner son avenir » [9].

 

Pour l’OTAN et l’UE

Mais les divisions multinationales émergentes ne se limitent nullement aux interventions dans le cadre de l’OTAN. Formellement, « seules les forces armées des États membres » participent, et c’est eux qui peuvent décider librement leur déploiement, réaffirme la SWP. On estime que ces forces participeraient actuellement avant tout à des interventions de l’Alliance ; mais « en principe », les formations de combat pourraient également être utilisées « dans des opérations de l’UE » [10]. « Face aux chocs intervenus dans la relation transatlantique », les divisions multinationales « ont une importance au-delà de l’Alliance ». À part cela, en continuant sur cette trajectoire, la Bundeswehr deviendrait « l’une des armées les plus importantes du continent ». Les écrivains SWP concluent : « Maintenant, il semble encore plus urgent que le débat sur l’importance accrue de l’Allemagne dans l’OTAN et dans l’Europe prenne une place plus grande à Berlin ». Enfin, le projet extrêmement ambitieux de construction de divisions multinationales exige un « leadership déterminé » – et « par l’Allemagne ». (source)

 
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Publié par le 11 septembre 2017 dans général, International, Politique

 

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Désarmement nucléaire ? La Corée du Nord propose à la France de montrer l’exemple

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Ces hommes sont surement plus dangereux que KIM , y compris concernant le nucléaire


Au passage Une info qui date de décembre et que j’avais oublié de relayer, mais qui à toute son importance, Les banques ont investi pas moins de 498 milliards de dollars dans les armes nucléaires – Près de 500 milliards de dollars investis en 3 ans dans l’industrie de l’armement nucléaire donne une idée de la dangerosité de ces gens, de leur pathologie mentale. Il n’y rien d’autre à ajouter : ils ont détruit économiquement le monde, ils veulent le finir à coups de champignons atomiques…

KBC, BNP Paribas Fortis, ING et Deutsche Bank figurent sur la liste des banques qui ont investi dans cette industrie.

Alors à coté le KIM c’est un enfant de cœur .. Et justement , concernant le Désarmement nucléaire, La Corée du Nord propose à la France de montrer l’exemple :

Réagissant aux récentes déclarations de l’exécutif français, appelant à la fermeté contre Pyongyang, un dignitaire nord-coréen a proposé à la France de renoncer à son propre arsenal nucléaire, puisqu’elle n’est pas menacée.

Alors que les dirigeants français se sont positionnés, à plusieurs reprises, pour la fermeté envers la Corée du Nord, Pyongyang n’est pas resté silencieux.

Réagissant aux propos du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, qui avait estimé que la Corée du Nord serait en capacité de frapper l’Europe «en quelques mois», Ri Tok-Son, directeur adjoint du département européen du ministère des Affaires étrangères nord-coréen, a opté pour le sarcasme lors d’un entretien accordé à l’AFP.

Si les armes nucléaires sont si mauvaises, la France devrait alors d’abord abandonner ses armes nucléaires puisqu’elle n’est sous la menace nucléaire de personne

«Il est ridicule de dire que les armes nucléaires de la Corée du Nord, la force dissuasive contre le chantage et la menace nucléaire américaine, puissent viser l’Europe», a ainsi expliqué le dignitaire nord-coréen, le 8 septembre. Et d’ajouter : «Si les armes nucléaires sont si mauvaises, la France devrait alors d’abord abandonner ses armes nucléaires puisqu’elle n’est sous la menace nucléaire de personne».

Des propos qui semble-t-il n’ont pas obtenu un grand succès auprès de l’exécutif français. Le 9 septembre, l’Elysée a fait savoir qu’Emmanuel Macron s’était entretenu avec le président américain Donald Trump et le Premier ministre japonais Shinzo Abe sur cette question et s’était prononcé en faveur de nouvelles sanctions contre Pyongyang. Assurant au chef du gouvernement japonais le soutien de la France, l’Elysée a qualifié les «provocations» de la Corée du Nord de «menace pour la paix et la sécurité internationale». «La priorité [est] d’accentuer la pression sur Pyongyang par le renforcement des sanctions», a précisé la présidence française.

Depuis le récent essai nucléaire nord-coréen, présenté par Pyongyang comme un test de bombe H, les Etats-Unis réclament de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord. Ils veulent que le Conseil de sécurité des Nations unies vote un texte en ce sens le 11 septembre, malgré l’opposition de Pékin et Moscou – qui appellent au dialogue entre les parties.

 

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« Le cas Saint-Martin. Si tout s’effondre, vous serez seul. Désespérément seul ! »

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Vous avez sous les yeux l’incurie française, de ses “élites”, de ses “dirigeants”. Selon nos mamamouchis, il faut “vivre avec le terrorisme”, il faut aussi “vivre avec les cyclones”, il faut vivre avec tout ce qui ne va pas.

Malheur à ceux qui oseront dire que le service après-vente est nul quand on achète un produit “État français”.
Oui, l’État est déficient, et ce que vous voyez à Saint-Martin n’est pas exclusivement le fait de ce gouvernement fut-il celui en exercice. Ce qui se passe est la conséquence d’années de laxisme dans la totalité des domaines.

La sous-préfète en dessous de tout et dans tous ses états… de choc !

Alors tout part à vau-l’eau sur l’île de Saint-Martin, y compris la sous-préfète, exfiltrée certaines rumeurs, et officiellement en état de choc, car la “pauvrette” s’est un peu trouvée à l’étroit dans une pièce sombre de la Préfecture en pleine tourmente. Elle a mal digéré l’ouragan, ce que l’on peut comprendre, mais la “pauvrette” n’est pas la seule. Ils sont 35 000 Français à avoir eu de peur à très peur et en passant par toutes la palette de couleurs de la trouille.

Évidemment, de bonnes âmes vont me dire “vous n’y étiez pas, blablabla, la pauvre, quand même”… Arguments irrecevables.
Un préfet ou un sous-préfet incarne le pouvoir, l’autorité, et se doit d’être en mesure de prendre les décisions. Il doit tenir la barre. S’il en est incapable, il est démis sur le champ.

Il est une chose d’être un préfet Ferrero Rocher, et une autre d’être une “autorité”.

Manifestement, les autorités autorisées sont dans l’incapacité de décider, d’organiser et de structurer quoi que ce soit. De nombreux pays ont évacué préventivement l’île. Nous, rien.

Je ne vais pas détailler la liste des défaillances évidentes car il convient d’attendre que la poussière retombe sur les ruines d’un État décadent.

Le problème qui nous concerne tous est le suivant.

Que pouvons nous attendre de l’État ?

Plus rien mes amis. Le problème c’est que nous avons délégué à l’État des pans entiers de notre vie.

La sécurité, qui est le besoin fondamental comme j’ai eu l’occasion de le dire dans un autre édito, est le premier sujet que nous avons délégué à l’État. L’État assure notre sécurité et la justice. Nous acceptons de ne pas être armés et de nous en remettre à l’action des “gens en armes”, qui devinrent nos gendarmes. Mais quand ils ne sont plus à leurs postes ou que leur action n’est plus utile, ou rendue possible et ce, quelles que soient les circonstances (y compris lorsque certains passent du côté des pillards), le citoyen, désarmé, est à la merci des plus violents et devient la proie chassée par les vilains bandits.

Ce qui se passe à Saint-Martin est très grave, dans la mesure où c’est la rupture unilatérale par l’État du “contrat social”. Ce contrat matérialise ce qui fait que le citoyen a besoin de l’État, ce pour quoi il est prêt à payer des impôts, d’où son “consentement” aux règles aussi bien légales que fiscales.

Si vous n’avez rien à attendre de l’État, alors l’État ne doit rien avoir à vous prendre.

À service inexistant, impôt réduit à presque néant.

Pourtant, en France, c’est l’inverse (sauf à Saint-Martin où personne ou presque ne paye d’impôt, ceci expliquant aussi un peu cela, car il faut “punir” Saint-Martin), et c’est à chaque fois la même chose.

Quand j’étais jeune, j’ai travaillé, à la suite d’ailleurs d’un cyclone, dans les assurances… à Saint-Martin. Je me souviens de cette scène exquise où deux contrôleurs des impôts sont venus sur l’île contrôler des commerçants qui avaient été “cyclonnés” 6 mois avant. Autant vous dire que les contrôles n’ont pas eu lieu, et que les gendarmes ont vite ramené tout ce petit monde à l’aéroport avant que les deux pandores du fisc ne se fassent lyncher en place publique.

Mis à part les cas “particuliers”, partout on voit bien le retrait massif de l’État en situation de quasi faillite.
Les soins deviennent de plus en plus chers, l’éducation est devenue dans les faits privée – sauf si vous habitez place des Invalides dans Paris 7e –, les emplois aidés sont supprimés, les APL baissent de 5 euros, ou encore les services communaux se dégradent, et partout, les poubelles sont vidées moins souvent, les déchetteries ouvertes moins de jours chaque semaine et la liste est infinie.

Vous assistez, mes amis, non pas à l’effondrement brutal de votre pays, mais à sa déliquescence.

Ce que nous avons été capables de faire en 1999 quand il y a eu cette grande tempête, je peux vous assurer que nous serions incapables de le refaire car l’armée, EDF, les services publics comme les autoroutes ont tous dégraissé (drôle de régime) leurs effectifs de manière massive.

Si cet hiver une tempête devait dévaster notre pays, je vous assure qu’il n’y aurait sans doute plus grand monde pour vous rallumer les lumières.

La conséquence est simple

Si l’État ne peut pas venir vous aider, alors que pouvez-vous faire pour vous aider ? Que pouvez-vous faire pour vous préparer ? Pour anticiper ce qui pourrait arriver ? Vous préparer et anticiper pour vous-même et pour vos proches ?

Ne me parlez pas d’argent ! Vous avez vu les dévastations à Saint-Martin, île riche, et sur celle encore plus riche de Saint-Barthélemy ! Et à Cuba ? Chez Fidel, dans ce pays d’arriérés (c’est ironique à notre égard évidemment puisque nous donnons des leçons à tout le monde y compris à Trump), avez-vous vu un chaos semblable ? Avez-vous entendu parler de morts à Cuba ? … Normal, les Cubains sont les meilleurs en prévention des ouragans. Comme ils n’ont pas d’argent, ils préfèrent prévenir que guérir, ce qui est d’une grande intelligence bien entendu et du bon gros vieux bon sens (le BGVBS de mon papi).

La réalité c’est que sur certains sujets, Castro c’est mieux que Macron… Surprenant vu comme ça non ? (Pas sur tout, évidemment, sinon on va encore me traiter de rouge crypto-marxiste.)

Tout cela pour vous dire que si je fais le parallèle entre la tempête de 1999 qui nous avait frappés et notre incurie de 2017, c’est parce que le dernier gros cyclone qui avait ravagé Saint-Martin a eu lieu justement… en 1999 : je le sais, j’y étais ! Et cette année, j’eu l’ineffable idée de revenir passer les fêtes de Noël en Métropole en famille… ce qui me valut de contempler ma belle Twingo écrasée sous une cheminée d’immeuble au petit matin !

N’oubliez pas, quand les lumières s’éteindront, vous serez seul, et si l’État vient à votre secours, ce sera trop peu, trop tard. Cette nouvelle règle, taboue pourtant, vous devez l’intégrer.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

 
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Publié par le 11 septembre 2017 dans économie, général, Politique

 

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Le patron de Deutsche Bank s’inquiète de « signes de bulles » sur les marchés

Le temps de l'argent pas cher en Europe devrait prendre fin - en dépit de l'euro fort, a déclaré John Cryan lors d'un colloque bancaire à Francfort.
« Le temps de l’argent pas cher en Europe devrait prendre fin – en dépit de l’euro fort », a déclaré John Cryan lors d’un colloque bancaire à Francfort. (Crédits : Ralph Orlowski)
Le président du directoire de Deutsche Bank, John Cryan, a appelé mercredi la Banque centrale européenne (BCE) à changer le cap de sa politique monétaire, s‘alarmant de bulles spéculatives sur les prix des actions, des obligations et de l‘immobilier.

John Cryan estime qu’en dépit de l’euro fort, la BCE doit durcir sa politique monétaire car des signes de bulles se font voir sur les marchés de capitaux.

Le patron de Deutsche Bank, John Cryan, a appelé, mercredi, la Banque centrale européenne (BCE) à mettre fin à l’ère de l’argent très bon marché qui conduit à la création de bulles et handicape les banques européennes.

« Le temps de l’argent pas cher en Europe devrait prendre fin – en dépit de l’euro fort », a déclaré John Cryan lors d’un colloque bancaire à Francfort, à la veille d’une réunion très attendue de la BCE qui va statuer sur le cours de sa politique monétaire.

« De nouvelles perturbations »

Ces dernières années, les gardiens de l’euro ont abaissé les taux à leur plus bas niveau et inondé le marché de liquidités, ce qui a favorisé la convalescence des banques affectées par la crise financière, mais cette politique très accommodante « amène aussi de nouvelles perturbations », a déclaré John Cryan.

« Nous voyons maintenant des signes de bulles dans de plus en plus d’endroits sur le marché des capitaux, à des endroits où nous ne les attendions pas », a-t-il souligné.

« Une baisse de l’activité des banques européennes »

La politique des taux d’intérêt au plus bas a un autre effet indésirable, en ayant « contribué à une baisse de l’activité des banques européennes » de 23% par rapport à avant la crise, selon le banquier. Un processus qui se poursuit car des prêts contractés dans le passé à des taux plus élevés viennent chaque jour à échéance.

Les banques américaines bénéficient de leur côté d’un avantage concurrentiel en travaillant avec des taux plus élevés.« Au premier semestre de 2017, le produit net d’intérêt des banques américaines a augmenté de 8%, mais a diminué de 2% en Europe », a remarqué le banquier.

L’euro fort n’incite pas la BCE à durcir sa politique monétaire

Son homologue chez Commerzbank, Martin Zielke, estimait lui aussi mardi que « le moment était venu » d’infléchir le cours de la politique monétaire en zone euro. « La potion (anti-crise, ndlr) a fonctionné. Mais comme pour chaque médicament, il y a des effets secondaires et ils sont de plus en plus importants », a-t-il dit au quotidien Handelsblatt.

Le contexte actuel ne prête pas à un resserrement monétaire alors que l’euro s’est apprécié face au billet vert, cotant près de 1,20 dollar, et que l’inflation reste faible en zone euro. L’euro fort est, selon John Cryan un signe que « le marché anticipe une augmentation des taux d’intérêt, ou une réduction des taux négatifs », alors « pourquoi ne pas entendre un peu le marché ? » (source)

 
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Publié par le 11 septembre 2017 dans économie, général, International

 

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