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Le régulateur boursier italien menace l’UE d’un retour à la lire

15 Mai
Florence... sous un ciel très gris

La nervosité grimpe dans les cercles de pouvoir de la troisième économie de la zone euro, l’Italie. Elle est en proie à un véritable effondrement de son secteur bancaire, susceptible de provoquer l’effondrement d’un projet européen déjà bien vacillant.

Dans son discours annuel aux marchés financiers, Giuseppe Vegas, le président du régulateur boursier CONSOB, un parfait initié, a fait un pronostic lugubre. Le QE de la BCE a « réduit la pression sur les pays, comme le nôtre, qui plus que quiconque ont besoin de regagner en compétitivité, en stabilité et en convergence ».

Mais cela n’a pas marché, a-t-il déclaré. Malgré des milliards d’euros d’assouplissement quantitatif, la productivité italienne a continué de baisser par rapport à l’Allemagne, reculant de 30 % durant les deux dernières décennies. Aujourd’hui, l’Italie doit commencer à se préparer au pire de ses cauchemars, à savoir au serrage de vis graduel des politiques monétaires de la BCE.

« L’inflation remonte petit à petit vers la zone de l’objectif des 2 %, tandis qu’aux États-Unis on est en train de serrer la vis monétaire », a déclaré Vegas. Le gouvernement allemand met de plus en plus la pression sur la BCE afin qu’elle commence à réduire son QE avant les élections de septembre.

Tout comme les Pays-Bas, dont les parlementaires ont aujourd’hui mis comme jamais Mario Draghi sur le grill. À la fin de la cession, ils ont remis à Mario Draghi en tant que cadeau de départ une tulipe solaire, un rappel en forme de clin d’œil de la tristement célèbre crise financière hollandaise du milieu du XVIIe siècle créée par la bulle sur les tulipes.

Jusqu’à présent, Draghi et ses collègues de la BCE refusent de plier. Mais avec un bilan qui vient d’atteindre les 38,7 % du PIB de la zone euro, soit 15 points de pourcentage de plus que la FED, la BCE pourrait ne plus vraiment avoir le choix. Comme Vegas le met en exergue, pour l’Italie (et les autres pays dans une situation similaire), cela signifiera devoir faire face à une toute nouvelle situation « dans laquelle il ne sera plus possible de compter sur le support externe des effets de levier monétaires ».

Ce qui risque d’être un problème majeur pour un pays devenu dépendant du soutien extérieur. D’après la BRI, en 2016, les banques internationales, et particulièrement celles allemandes, ont réduit leur exposition à l’Italie de 15 %, soit pour plus de 100 milliards de dollars, et la moitié de cette réduction a eu lieu durant le dernier trimestre de l’année. De son côté, la BCE a déjà réduit ses achats de dette européenne, passant de 80 à 60 milliards d’euros par mois.

Alors que l’appétit pour la dette italienne tombe, les taux obligataires italiens vont grimper. Les seuls autres acteurs du marché semblant encore vouloir et pouvoir les acheter (pour le moment) sont les banques italiennes.

Durant une période de deux mois, les banques italiennes ont augmenté leur portefeuille d’obligations de la zone euro de 20 milliards d’euros. De cette somme, 12,3 milliards ont été alloués à des obligations italiennes, d’après une étude conjointe de la BCE et de Jefferies International. Il s’agit de la plus forte augmentation depuis 2015, ce qui signifie que la détention d’obligations italiennes par les banques locales s’élève désormais à 235 milliards d’euros. Lorsque les taux de ces actifs commenceront à monter, ces mêmes banques, qui dans leur grande majorité sont déjà au bord de l’insolvabilité, devront encaisser de nouvelles pertes.

Il s’agit d’une bombe à retardement financière. Comme le Financial Times l’a récemment rapporté, toutes les solutions qui ont été adoptées pour tenter d’enrayer la crise financière italienne n’ont servi à rien. Cela semble inclure le dernier plan B, qui consiste en bref à titriser des milliards d’euros d’actifs toxiques afin de les disséminer aussi loin que possible, et parmi un spectre d’entités le plus large possible, avec l’assistance des banques de Wall Street. D’après le Financial Times, ce plan piétine déjà.

En attendant, Bruxelles continue de cogiter quant à la façon de gérer le sauvetage de la banque la plus insolvable d’Italie, Monte dei Paschi di Siena, qui vient juste d’annoncer de nouvelles pertes trimestrielles de 169 millions d’euros. D’autres banques majeures, comme Banco Popolare di Vicenza (BPVI) et Veneto Banca, sont dans des situations tout aussi bancales. Une fois de plus, les régulateurs italiens avertissent des dangers découlant de l’application à la lettre des règles de renflouement interne de l’UE.

Dans son discours, Vegas a proposé l’introduction d’un filet de protection de 100 000 € pour les porteurs obligataires, la plupart d’entre eux étant des citoyens italiens ordinaires.

Suite et fin

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1 commentaire

Publié par le 15 mai 2017 dans économie, général, International

 

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Une réponse à “Le régulateur boursier italien menace l’UE d’un retour à la lire

  1. ptitpère

    15 mai 2017 at 2:41

    « Dans son discours, Vegas a proposé l’introduction d’un filet de protection de 100 000 € pour les porteurs obligataires, la plupart d’entre eux étant des citoyens italiens ordinaires. »

    Ou comment rassurer les veaux pour les dissuader de retirer leurs fonds…
    C’est complètement bidon ces histoires de garantie de 100 000€ sur les comptes bancaires et les assurances-vie car le jour où des banques ou des Etats majeurs feront faillite, personne ne sera en mesure de garantir quoi que ce soit vu les montants en jeu et bon nombre d’épargnants perdront jusqu’au dernier euro si besoin est, pour éponger les pertes en question. C’est d’ailleurs dans la loi de résolution bancaire (en premier lieu on ponctionnera les actionnaires de la banque, puis les détenteurs de comptes au delà de 100 000€ puis enfin les moins de 100 000 si nécessaire), quant aux assurances-vie le gel total (ce qui revient à une ponction totale) a également été validé.

     

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