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Archives du 28 avril 2017

P. Jovanovic – P-Y. Rougeyron : Revue de presse spéciale présidentielles 2017

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François Asselineau en direct avec les Français (26/04/2017)

 
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PHILIPPE BECHADE – LES MÉDIAS A LA BOTTE DE MACRON

 
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Macron, la grande imposture. Ce que dissimule Emmanuel Macron aux Français

Dans ses derniers discours comme celui qu’il prononça au soir du 23 avril, Emmanuel Macron répète à loisir les mots « République » et « patrie ». Mais son parcours professionnel comme son engagement politique témoignent qu’il n’a cessé d’agir contre l’intérêt général des françaises et des français. Et de leur dissimuler ses objectifs réels. Faits et arguments.

Emmanuel Macron que ses soutiens omniprésents dans les médias présentent comme « un homme libre et indépendant » est en réalité un pur produit standardisé du système : le clone de François Hollande. Rappelons à ces montreurs de marionnette que leur « homme libre et indépendant » refuse toujours de publier la liste des contributeurs financiers à sa campagne électorale. Est-ce à dire qu’il aurait bénéficié de millions d’euros de plusieurs représentants du système pour monter son spectacle et entrer en scène médiatique en jouant le candidat anti-système ? Car Macron ne devint pas dès le mois de mai 2012 conseiller économique de François Hollande puis ministre de l’Economie par un travail personnel important et innovant en matière économique. Il entra à l’Elysée sur les recommandations appuyées des vieux briscards des réseaux du clan élitiste et arrogant des anciens des grandes écoles et de la grande finance capitaliste. De Jacques Attali à Alain Minc en passant par les inévitables salonards parisiens comme Bernard-Henri Lévy et quelques milliardaires à l’image de Pierre Bergé, les entremetteurs ne manquent pas, tous liés aux cercles atlantistes. De 2011 aux élections présidentielles de 2017, ceux-ci n’ont cessé de border son parcours avec le concours, plus ou moins déclaré, des représentants au pouvoir de la caste des grands propriétaires privés de l’économie. Peu importe qu’ils soient membres de Les Républicains ou « socialistes», le principal étant d’assurer la continuité du système. Son parcours a donc un bilan que les médias officiels n’évoquent pas et qu’il est donc nécessaire de rappeler.

Un bilan économique désastreux

Rappelons que du 15 mai 2012 au 15 juillet 2014 Macron fut Secrétaire général de l’Elysée, chef du pôle Economie et finance, puis, du 26 août 2014 au 30 août 2016 ministre de l’Economie et de l’industrie. A ce titre il est donc celui qui a joué le rôle le plus important avec le président de la République et les deux Premiers ministres Ayrault et Valls dans la politique économique et financière de la France de 2012 à 2016. Quels sont les résultats de la politique Macron-Hollande ? Le chômage a explosé : à son arrivée en mai 2012, la France comptait moins de 5 millions de chômeurs toutes catégories confondues. A son départ en août 2016, 11 millions de personnes sont sans emploi ! Car, parmi celles-ci, aux 6,5 millions de sans emplois officiels s’en ajoutent plus de 5 millions exclues des statistiques. La dette publique : elle se situait à un peu lus de 1800 milliards d’euros à son arrivée et dépasse les 2200 milliards d’euros à son départ en août 2016, soit quasiment 100% du Produit Intérieur Brut. Quant aux impôts dont le montant total se situait à un peu lus de 900 milliards d’euros par an ils sont de 1000 milliards d’euros par an en août 2016. Les entreprises ? Selon une étude publiée par le Cabinet Deloitte et Altares, spécialiste des données sur les entreprises, plus de 63 000 d’entre elles (63 081) ont défailli en 2015, soit 0,8% de plus qu’en 2014 (62 586). Et au premier trimestre 2015, plus de 18.000 sociétés feront faillite entre janvier et mars alors que, depuis 2009, chaque premier trimestre se conclut aux environs de 16.500 défaillances. Le nombre d’emplois menacés par ces défaillances dépasse les 66.000, chiffre record depuis 2009. Si en 2016, la tendance est à une légère baisse sur la majorité des secteurs d’activité (58057 défaillances contre 63081), par contre dans l’agriculture, la sylviculture et la pêche le nombre de défaillances augmente de 4,5 %, passant de 1365 redressements ou mises en liquidation fin 2015 à 1427 fin 2016 ! L’évolution de ces principaux indicateurs montre clairement la responsabilité d’Emmanuel Macron dans l’aggravation de la crise économique et sociale. A peine entré à Matignon comme ministre de l’Economie et de l’industrie, le jouvenceau de la Rothschild poursuivit la même politique que ses prédécesseurs.

Le programme Macron est déjà en application

Comme eux, il liquida une nouvelle partie du patrimoine français, jeta au chômage des milliers de salariés et décida de nouvelles privatisations importantes : aéroport de Toulouse-Blagnac, de Nice-Côte d’Azur, de Lyon… Se trouvant un destin médiatiquement obligé pour la France afin d’assurer la continuité de la politique atlantiste de François Hollande au service des grandes puissances financières, il peaufina la casse industrielle : libéralisation des lignes d’autobus ; accroissement du travail du dimanche et de nuit ; limitation du rôle des prud’hommes ; affaiblissement du code du travail ; déréglementation de la profession des notaires ; privatisation de l’industrie de l’armement et des aéroports ; filialisation de centres hospitaliers universitaires ; assouplissement des normes environnementales… « Si le projet apparaît comme un fourre-tout, il n’en possède pas moins une grande cohérence idéologique, que l’on peut résumer d’une formule : « Toujours moins ». Moins d’Etat, moins de protection sociale, moins de droits syndicaux, moins de règles pour les entreprises, moins de contrôle public » soulignait déjà, en avril 2015, la journaliste Martine Bulard.1 Déjà mis en chantier à cette époque sous l’ancien Premier ministre Valls sous l’appellation grandiloquente de projet « Pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques »2, imposé par la force à coup d’article 49-3, ce début de programme Macron a déjà des allures de grand bond En marche… arrière puisqu’il s’est déjà traduit par une aggravation de la situation économique et sociale. Emmanuel Macron se garde bien, tout comme les médias officiels, de revenir sur cette loi dont il est l’initiateur comme sur ses conséquences catastrophiques pour les entreprises et les français. En réalité, au-travers de sa loi c’est déjà le programme Macron qui est En marche. De même, la « loi travail » Valls-El Khomri-Macron n’est qu’un échantillon de son programme dissimulé sous le vocable trompeur de « libérer le travail ». Chacun peut imaginer facilement ce qui arrivera si celui-ci avait les mains libres pour le poursuivre à marche forcée – et funèbre – une fois installé à l’Elysée.

Ces GOPE que Macron dissimule…

Force est de constater qu’Emmanuel Macron est de tous les projets conçus pour soumettre la France à des puissances étrangères : soutien au traité de libre échange transatlantique (TTIP ou TAFTA) qui placerait les entreprises française sous le droit étasunien, soutien à l’Union dite « européenne » de Bruxelles qui compte aujourd’hui 123 millions de citoyens pauvres ou en exclusion sociale, soutien à l’OTAN et à la guerre en cours contre la Syrie, etc. Mais qui en parle dans les médias officiels ? Aussi, cet homme là qui n’a de cesse d’agir contre l’intérêt général des français ainsi que son bilan en atteste n’a pas qualité à se présenter comme un défenseur du pays dont cet ignare considère même qu’ « il n’y a pas de culture française » !…3 Toute son action politique, ses décisions en matière économique et financière témoignent de son imposture. Les citoyens qui, au-delà des annonces médiatiques, s’intéressent aux programmes politiques des candidats et à la réalité de leur activité politique savent que les Grandes Orientations de Politique Economique (GOPE) décidées par la Commission européenne des hauts fonctionnaires de Bruxelles seront appliquées à la lettre par Emmanuel Macron qui les a déjà faites siennes pour en reprendre les principes et objectifs. Celles-ci se résument en dix points :

1°- « Réduction des dépenses publiques ». Le gouvernement a annoncé son plan de 50 milliards d’économie. C’est la fameuse contrepartie du « pacte de responsabilité » pour ne pas faire exploser le déficit. Or, tous les économistes savent que pratiquer des coupes sombres dans les dépenses publiques lorsqu’un pays est déjà en période de stagnation économique est une politique qui ne peut que conduire à la récession ;

2°- Redéfinir « la portée de l’action des pouvoirs publics ». Cela signifie accentuer les privatisations et la destruction de notre système de santé et de nos services publics auxquels les Français sont majoritairement attachés. La fermeture de plusieurs dizaines de services d’urgence médicale est déjà programmée;

3°- Réaliser « d’importantes économies à court terme (qui) ne peuvent être réalisées sans une réduction significative de l’augmentation des dépenses de sécurité sociale ». Cela se fera par une baisse massive des remboursements de santé puisque la branche maladie représente quasiment 50 % des dépenses de la Sécurité sociale et la privatisation rampante de la Sécurité sociale via le recours croissant aux mutuelles privées. Pour la branche vieillesse, après la hausse de l’âge de départ à la retraite le gel du montant des pensions est à l’ordre du jour. Pour le chômage, le texte parle de « dégressivité des allocations » : cela augure d’une baisse plus importante et plus rapide des allocations dans le temps.

4°- « Simplifier les différents échelons administratifs » : il ne s’agit pas de lutter contre la bureaucratie mais d’éloigner les citoyens des centres de décision. L’objectif est d’en finir avec la République française comme Etat souverain et indépendant pour en faire une province de Washington. Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, le déclara lui-même aux agriculteurs en colère : « On ne peut rien faire. La politique agricole se décide à Bruxelles »

5°- Dans le chapitre coût du travail, « il convient que le salaire minimum continue d’évoluer d’une manière propice à la compétitivité et à la création d’emploi ». Traduction : arrêter les revalorisations du SMIC et commencer à mettre en œuvre sa suppression.

6°- «Une attention particulière devrait être accordée aux dispositions réglementaires du Code du travail ou aux règles comptables liées aux seuils spécifiques en matière d’effectifs, qui entravent la croissance des entreprises françaises ». Le candidat Macron appelle cela « libérer le travail ». Il s’agit en fait de renforcer la « liberté d’exploitation » par le grand patronat que la « loi travail » a commencé à mettre en œuvre. Les français étant fiers de leur pays, des valeurs de leur République et de leurs conquêtes sociales, les grands propriétaires privés de l’économie ont souhaité bénéficier d’une main d’œuvre sous-éduquée, bon marché, non syndiquée et corvéable à merci.[i] Avec les guerres contre la Libye, puis contre la Syrie, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont ouvert les filières dites « Méditerranée » et « des Balkan »s. Résultat : non seulement la France est aujourd’hui en pleine illégalité internationale mais, selon la Commission européenne, « trois millions de personnes supplémentaires devraient arriver dans l’Union européenne » par ces deux corridors pour la seule période 2015-2017. La Commission n’a pas fixé de quotas par pays pour les groupes criminels venus par les mêmes filières…

7°- « Accroître la souplesse des conditions de travail en cas de difficultés économiques provisoires ». Il s’agit, comme à commencer à l’instituer la « loi travail » Valls-Macron- El Mokhri, de poursuivre la remise en cause de l’existence même des contrats de travail à durée indéterminée (CDI) et d’accroître leur précarisation.

8°- « Une majorité reste confrontée à d’importantes barrières à l’entrée ou à l’exercice (par exemple les taxis, le secteur des soins de santé, les notaires et, plus généralement, les professions juridiques) ». L’objectif est de pousser plus loin la déréglementation de ces professions déjà en difficultés suite à différents traités de l’Union « européenne ».

9°- « Les tarifs réglementés restent d’application pour les ménages et, en ce qui concerne l’électricité, ils sont fixés en dessous des niveaux de coûts et l’accès pour les autres fournisseurs est limité.» La hausse des tarifs et la privatisation d’EDF sont également programmées.

10°- « Dans le secteur ferroviaire, des barrières à l’entrée continuent d’entraver le bon fonctionnement du marché ». La privatisation de la SNCF et sa mise en concurrence forcée sont également envisagés. La privatisation partielle de la SNCF a déjà eu des effets très « significatifs » en matière de compétitivité : depuis le lancement du TGV en 1982, aucune ligne à grande vitesse ne relie toujours pas Paris à une capitale régionale comme Bordeaux, les actionnaires des sociétés privées trouvant cette réalisation trop coûteuse…4

Pour faire passer tous ces mauvais coups tout un dispositif de communication a été élaboré avec des objectifs différents pour le premier et le second tour des élections présidentielles.

Le contrat social français et la paix en danger

L’importante campagne de communication et de désinformation orchestrée par l’équipe d’Emmanuel Macron dissimule les conséquences du programme politique de candidat de la grande finance : la dislocation du contrat social français et la continuité de la politique belliciste de Bruxelles contre la Fédération de Russie et la paix. Lors du premier tour des élections présidentielles, l’objectif recherché par l’équipe et les soutiens d’Emmanuel Macron fut de mettre François Fillon hors course sans mener de campagne particulière contre Marine Le Pen. Le but recherché était alors de réorienter le vote des électeurs LR et du centre vers le candidat mis en scène par François Hollande et les milieux atlantistes. D’autre part, ces derniers laissèrent Benoit Hamon mener sa campagne sous les couleurs du parti « socialiste » avec le seul objectif de faire échec à Jean-Luc Mélenchon. François Fillon, seul candidat qui aurait pu mettre en échec Macron, mis hors de course, la communication change d’orientation pour le second tour. Après « la rupture » de Nicolas Sarkozy et « le changement maintenant » de François Hollande, il ne reste plus aux dirigeants « socialistes » qu’à laisser continuer de diaboliser le Front national par ses habituels détracteurs tout en présentant Emmanuel Macron comme « l’homme du renouveau ». Nouveaux visages et recette éprouvée pour la même vieille politique.

« Il nous vend un personnage de théâtre… »

Au théâtre médiatique Macron joue aux français la pièce du « candidat anti-système». Cette compétition à qui distribuera le plus de promesses non tenues a fonctionné à fond. Dans cette démocratie rabaissée à un simple concours de maquillage, les messes médiatiques à grand spectacle ont donné à certains le sentiment de participer au « pouvoir du peuple ». Las ! Ils ne sont que les brailleurs d’un show de divertissement politique jetable, les chauffeurs de salle et petits porteurs de drapeaux applaudissant aux déclarations d’épate, les paumés gavés d’un produit toxique rendu consommable et envedetté à coups d’annonces médiatiques répétées. Ainsi que l’a souligné, non sans humour, l’économiste Jacques Sapir, « tout ceci met au grand jour ce qu’est la candidature d’Emmanuel Macron. Une pièce montée, avec ce goût un peu douceâtre et écoeurant des pâtisseries de supermarché qui ont le sucre et les lipides en excès. C’est une candidature qui précède le programme, alors que la logique imposerait l’inverse. Car, se présenter à l’élection présidentielle, ce n’est pas rien, même si ce n’est que pour briguer le poste de gouverneur d’une France soumise à l’Allemagne. On attend d’un candidat un programme et une vision, qui ne se limite pas à des effets de manche dans des salles de réunions et devant des auditoires conquis d’avance. On attend du fond ; et le fond ici, contrairement à la fable du laboureur et de ses enfants, c’est bien ce qui manque le plus. »5

Sous une présentation trompeuse sur le thème de « la révolution » et du « renouveau », le programme de Macron ne propose rien d’autre que la continuité de la politique du président et des gouvernements de François Hollande à laquelle il a lui-même collaboré au plus haut niveau de l’Etat.

Propose-t-il de dégager la Banque de France du carcan de la Banque centrale européenne et des intégristes des marchés financiers ? Non. Propose-t-il de nationaliser le secteur bancaire et financier afin de permettre aux français de contrôler les mouvements de capitaux pour assurer la stabilité financière et monétaire du pays ? Non. Propose-t-il de nationaliser les sociétés du CAC40 afin de mettre l’économie au service de l’intérêt général, stopper l’évitement fiscal de ces entreprises, développer la gestion démocratique et créer de nouveaux rapports entre ces grands groupes et le tissu des PME et TPE ? Non. Propose-t-il d’interdire les licenciements dans les entreprises qui réalisent des profits ? Non. Propose-t-il de mettre en place un cadre législatif favorisant des avancées dans la gestion démocratique des entreprises, ces lieux où hommes et femmes passent l’essentiel de leur vie ? Non. Propose-t-il de nouvelles dispositions comme le recours aux référenda pour développer le débat et le choix démocratique du pays sur les grandes questions nationales ? Non. Propose-t-il de sortir du bloc militaire OTAN afin de redonner à la France son indépendance militaire, la maîtrise de sa défense et de s’engager pour la paix de la planète contre tout impérialisme ? Non. Propose-t-il de sortir de l’Union « européenne » de Washington pour participer à la construction de la grande Europe, bien réelle celle-là, qui s’étend de Vladivostok à Lisbonne ? Non.2

Rien de tout cela. Et pour cause : produit croisé de l’ENA, de l’Inspection des finances, de la banque Rothschild, socialo palot – pléonasme – petit-bourgeois, il est l’esbroufeur type enfanté par la génération Mitterrand. Se présenter comme « anti-système » quand on a eu le cerveau formaté à l’ENA – école où l’on apprend à gérer et reproduire le système à coups de règlements –, quand on a travaillé à la Banque Rothschild – institution qui figure au nombre des principaux acteurs de la financiarisation de l’économie –, quand on a été conseiller économique de François Hollande et ministre de l’Economie et de l’industrie du gouvernement Valls – avec les résultats désastreux que l’on connaît –, relève de l’imposture.

Comme l’a si bien dit l’économiste Jacques Sapir, « il nous vend un personnage de théâtre, l’arriviste qui crache dans la soupe qui l’a longtemps nourrie. »6 Et l’on cherche en vain dans le parcours d’Emmanuel Macron le moindre élément qui permette de juger de son éloignement avec le dit système bien avant qu’il ne quitte la banque Rothschild en 2012 pour être injecté dans les allées du pouvoir politique. Aussi, Macron doit-il rassurer et bercer d’illusions sa « clientèle électorale ».

Il eut du reste, bien maladroitement, à l’occasion du 71ème congrès de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles qui se tenait à Brest en mars 2017, de dire tout haut ce qu’il pensait tout bas de la France du travail : « Un éleveur n’aime pas faire souffrir ses animaux, c’est comme penser qu’un entrepreneur aime licencier. » Du bétail, des boeufs quoi !…

Ce n’est pas pour rien que les journaleux parigots se pâment devant ses discours creux à l’odeur des caves vides. Il est à l’image des rienologues de Balzac dans sa Monographie de la presse parisienne : « La page à l’air d’être pleine, elle a l’air de contenir des idées ; mais, quand l’homme instruit y met le nez, il sent l’odeur des caves vides. C’est profond, et il n’y a rien : l’intelligence s’y éteint comme une chandelle dans un caveau sans air. Le rienologue est le dieu de la bourgeoisie actuelle ; il est à sa hauteur, il est propre, il est net, il est sans accidents. Ce robinet d’eau chaude glougloute et glouglouterait in saecula saeculorum sans s’arrêter. »

L’essentiel : sauver le contrat social français

Comme je l’ai déjà dit, dans les faits, le programme d’Emmanuel Macron est déjà en application. Ceux qui s’apprêtent à voter et à faire voter pour cet imposteur contribueront à l’assassinat prémédité, planifié, cyniquement calculé de ce qu’il reste du contrat social français qui repose sur l’emploi salarié. Sans doute faut-il rappeler aux français la nécessité de s’opposer farouchement à sa destruction en cours ainsi que le fait Hervé Sérieyx, qui fut dirigeant d’entreprise, haut fonctionnaire et professeur d’université, dans son ouvrage pertinent Alerte sur notre contrat social : « Rappelons qu’en France, l’essentiel du contrat social repose sur l’emploi salarié : c’est lui qui finance pour la plus large part la sécurité sociale, et donc le système de santé, les retraites et le système de solidarité générationnelle, le train de vie de l’Etat via l’impôt et donc l’ensemble des systèmes de redistribution. Cet emploi salarié, au coeur de notre contrat social, dépend lui-même du destin de nos entreprises. »7

Les français qui ont voté et s’apprêtent à voter pour le candidat de la coalition « socialiste-Les Républicains » ou à s’abstenir n’ont visiblement pas encore pris conscience de la gravité des conséquences de la conception anglo-saxonne de l’entreprise (le « tout-actionnaire ») que défend En Marche. Une conception qui remet en cause l’emploi salarié sur lequel repose l’essentiel du financement de nos systèmes de solidarité ; une conception dont le programme de Macron, déjà en cours d’application, peut mettre à terre tous les fondements de notre protection sociale et dissoudre les liens qui nous permettent de faire société.

Plus les entreprises seront privatisées au profit d’intérêts particuliers, plus l’intérêt général continuera de régresser, plus l’emploi salarié s’affaiblira, plus les solidarités s’effilocheront, plus le chômage et la misère gagneront de nouvelles couches de la société, plus l’avenir sera incertain et sombre.

Pour cette raison essentielle, même sans être en accord avec le programme du Front national qui n’a, de mon avis, rien d’extrémiste, le vote pour sa candidate appert en la circonstance comme le seul moyen de faire barrage à la destruction continue de notre société par la grande finance en redonnant la parole au peuple de France.

A l’opposé, une victoire d’En Marche entraînerait la France dans l’instabilité politique par les querelles internes et la recherche de majorité de circonstances des vieux partis – de LR aux groupuscules gauchistes en passant par les restes du couple Ps-Pcf -, dans l’aggravation de la situation économique et financière du pays par la poursuite de la politique de déréglementation et de privatisation avec pour conséquence une précarisation sociale sans précédent.

On peut y voir des « avantages » à un moment où Macron, ancien collaborateur du criminel François Hollande8 en regard du droit international, s’est déclaré favorable à la guerre contre la Syrie et a pris des positions hostiles à l’encontre de la première puissance du continent européen, la Fédération de Russie.

Mais que peut faire d’autre un candidat de la grande finance apatride alors que les milieux atlantistes de Washington et de Bruxelles cherchent à provoquer un nouveau conflit majeur pour effacer leur endettement et sauver leur système en crise ?9 Mais cela est une autre histoire dont les résultats du premier tour des élections présidentielles ont montré qu’elle échappe visiblement à l’entendement d’une majorité de français. En ce sens également, le vote pour Marine Le Pen est un vote en faveur d’une nouvelle construction européenne et de la paix.

Jean-Loup Izambert,

source

1.Loi Macron, le choix du toujours moins, par Martine Bulard, Le Monde Diplomatique, avril 2015.

2.Sénat Projet de loi considéré comme adopté par l’Assemblée nationale en application de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution après engagement de la procédure accélérée « Pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques », 19 février 2015.

3.Discours d’Emmanuel Macron, Lyon, 5 février 2017.

4.Lire sur ces sujet Les GOPE (Grandes Orientations de la Politique Economique) ou la feuille de route économique de Matignon, par Charles-Henri Gallois, responsable national de l’UPR e n charge des questions économiques, 13 mars 2017, www.upr.fr, privatisations en France.

5.L’inquiétant M.Macron, par Jacques Sapir,12 février 2017.

6.Ibid

7.Alerte sur notre contrat social, per Hervé Sérieyx, Ed. Eyrolles, p.16.

8.Lire 56, tome 1 L’Etat français complice de groupes criminels et 56, tome 2 Mensonges et crimes d’Etat, par Jean-Loup Izambert, IS Edition.

9.Lire Trump face à l’Europe, par Jean-Loup Izambert, IS Edition (En vente sur http://www.amazon.fr)

 
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Publié par le 28 avril 2017 dans général, Nouvel ordre mondial, Politique

 

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«Dans une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, toute la population mourrait». Des experts du nucléaire abordent les dangers d’une guerre entre les États-Unis et la Russie

«Dans une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, toute la population mourrait». Des experts du nucléaire abordent les dangers d'une guerre entre les États-Unis et la Russie (WSWS)

Depuis la frappe de missiles du 6 avril par l’administration Trump contre une base aérienne syrienne, les tensions entre les États-Unis et les puissances européennes et la Russie sont à leur plus haut niveau depuis la guerre froide. Dans leur rhétorique, les États-Unis et leurs cherchent surtout à défendre l’attaque non provoquée, tandis que la Russie répond en augmentant son appui militaire pour le régime de Bashar al-Assad.

La plus récente escalade de ces tensions est le largage d’une bombe à effet de souffle d’artillerie lourde (MOAB) GBU-43/B par l’armée américaine en Afghanistan. Une MOAB est une bombe de 10 tonnes, la plus puissante arme non nucléaire dans l’arsenal de l’armée américaine. Elle n’avait jamais encore été utilisée au combat.

Bien que la cible officielle soit un complexe de grottes et de tunnels de l’État islamique dans la province de Nangarhar, le réel objectif était de démontrer à l’Iran, la Russie, la Syrie, la Corée du Nord, la Chine et à toutes autres nations qui se mettent dans le chemin des intérêts mondiaux de l’impérialisme américain qu’il n’y a aucune limite à la violence que l’armée américaine est prête à infliger à ceux qu’elle considère comme ses ennemis.

Ce qui est frappant à propos de la couverture médiatique de la crise géopolitique actuelle est l’absence de discussion, que ça soit de la part du New York Times, du Washington Post, de Fox News, de MSNBC ou CNN, des conséquences d’un échange nucléaire. La prochaine étape après une MOAB est une ogive thermonucléaire tactique de faible puissance, une arme dont le pouvoir de destruction est bien plus grand. Néanmoins, personne dans les médias corporatifs n’a demandé: qu’arriverait-il si de telles armes étaient utilisées en Syrie, en Iran ou en Corée du Nord ou encore contre la Russie ou la Chine?

Cela soulève deux autres questions: la situation actuelle est-elle proche d’un conflit direct et d’une escalade militaire entre les États-Unis et la Russie qui mèneraient à une guerre nucléaire? Combien de personnes mourraient dans un tel conflit?

Pour faire la lumière sur ces questions, le World Socialist Web Site s’est entretenu séparément avec deux experts sur les dangers d’une guerre nucléaire, Steven Starr et Greg Mello.

Steven Starr

Steven Starr est scientifique principal à Physicians for Social Responsibility (Médecins pour la responsabilité sociale) et associé de la Nuclear Age Peace Foundation (Fondation pour la paix à l’ère nucléaire). Ses articles sur les dangers environnementaux d’une guerre nucléaire ont été publiés dans le Bulletin of Atomic Scientists et dans la publication du Centre pour le contrôle des armes, l’énergie et les études environnementales de l’Institut de physique et de technologie de Moscou.

World Socialist Web Site: Selon vous, combien grand est le risque d’un conflit militaire entre les États-Unis et la Russie sur la Syrie ou avec la Chine sur la Corée du Nord?

Steven Starr: Je crois qu’il y a un très grand danger que cela se produise. Les Russes sont alliés avec [le président syrien Bashar al-]Assad et font reculer l’ÉI. Ils ont repris Alep et cela a rendu les médias et l’establishment politique hystériques, puisque ce n’est pas de cette façon qu’ils voulaient que la guerre finisse. Trump a fait campagne pour une détente avec la Russie, pour une politique non interventionniste. Lorsque [le secrétaire d’État Rex] Tillerson était en Turquie, il a dit qu’Assad pouvait rester. Mais cinq jours plus tard, les États-Unis lançaient des missiles de croisière sur la Syrie.

En raison de l’attaque de 59 missiles des États-Unis contre une base aérienne syrienne, nous avons essentiellement détruit les relations avec la Russie. Nous avons franchi le Rubicon. La Russie a suspendu le protocole de sécurité aérienne qui fournissait des canaux de communication visant à prévenir des contacts dangereux entre les aéronefs américains et russes. Cela donnera le droit à la Russie et à la Syrie de choisir de tirer ou non sur les avions américains. Les Russes ont déjà l’espace aérien syrien et ils ont mentionné qu’ils allaient augmenter la capacité de la défense aérienne syrienne. Qu’arrivera-t-il quand les avions américains vont se faire abattre par les Russes?

WSWS: Une chose qui vaut la peine d’être mise en contraste est les reportages faux et complètement malhonnêtes des grands médias et l’ampleur des conséquences des politiques qui sont mises en oeuvre. Cela est déjà grave de diffuser de la propagande au nom de l’establishment politique américain, mais lorsqu’il est question d’une politique qui entraînera la destruction de la planète, cela prend une toute nouvelle dimension.

SS: D’après ce que je vois, les «nouvelles» internationales publiées par les journaux d’importance sont en grande partie devenues de la propagande, particulièrement après les événements en Ukraine et en Crimée en 2014. Bien qu’on s’attende toujours à un biais dans les reportages de chaque pays, les médias occidentaux ne semblent plus contraints par le besoin de fournir des faits pour appuyer leurs arguments et allégations. Il n’y a eu aucune investigation à propos de l’attaque chimique en Syrie; Trump a lancé la frappe de missiles avant qu’une quelconque enquête puisse être menée.

La CIA est profondément impliquée dans ce processus. Il n’y a que six mégasociétés qui possèdent 90% des médias américains et occidentaux, et ils ne publient aucune histoire qui serait contraire à la ligne de parti officielle de Washington. La censure par omission où aucune dissidence n’est permise est la caractéristique centrale de ce qu’on entend aujourd’hui. L’usage de «sources officielles» sans preuve concrète crée un faux récit qui est utilisé pour appuyer les actions de l’armée américaine.

Ainsi, il y a un silence total dans les médias à propos des conséquences possibles d’une guerre avec la Russie. Quand avez-vous entendu des médias traditionnels parler des conséquences d’une guerre nucléaire avec la Russie?

WSWS: Qu’arriverait-il s’il y avait une autre attaque des États-Unis sur la Syrie, peut-être suivant une autre attaque fabriquée à l’arme chimique?

SS: La situation pourrait s’intensifier très rapidement, particulièrement depuis que les relations entre les États-Unis et Moscou se sont détériorées jusqu’à leur pire état dans l’histoire. J’ai lu dans un article qu’il y a des plans pour déployer 150.000 soldats américains en Syrie. Étant donné qu’il y a des troupes russes et iraniennes en Syrie (à la demande du gouvernement syrien), cela serait une décision incroyablement stupide pour les États-Unis d’envoyer des forces militaires d’envergure en Syrie. Cela serait très difficile d’éviter la troisième guerre mondiale.

Si les États-Unis et la Russie entrent dans un conflit militaire direct, éventuellement un côté ou l’autre commencera à perdre. Alors, soit il admet sa défaite, soit il intensifie la situation. Et quand ceci arrive, la possibilité d’utiliser l’arme atomique devient plus grande. Dès que les bombes nucléaires commenceront à être lancées, l’escalade à grande échelle d’une guerre nucléaire pourrait avoir lieu très rapidement.

WSWS: À quel point cela serait-il catastrophique?

SS: Les États-Unis et la Russie ont chacun environ 1000 armes nucléaires stratégiques d’au moins 100 kilotonnes, toutes prêtes à être lancées dans l’espace de 2 à 15 minutes. Puisque cela prend environ 9 minutes à un missile d’un sous-marin américain pour frapper Moscou, cela veut dire que le gouvernement russe pourrait riposter. Et ceux-ci ne sont que les missiles qui sont prêts à être lancés immédiatement.

Les États-Unis et la Russie ont 3500 armes nucléaires stratégiques opérationnelles et déployées (chacune avec une puissance explosive minimale de 100.000 tonnes de TNT) qu’ils peuvent faire exploser en moins d’une heure. Ils ont 4600 autres armes nucléaires en réserve, prêtes à être utilisées. Il y a environ 300 villes aux États-Unis et 200 villes en Russie avec une population supérieure à 100.000 personnes. Étant donnée la quantité d’armes nucléaires, la plupart des grandes villes risquent fort d’être touchées.

Probablement que 30% de la population américaine et russe périraient dans la première heure. Quelques semaines après l’attaque, les retombées radioactives tueraient un autre 50% ou plus.

L’hiver nucléaire, l’une des conséquences environnementales à long terme d’une guerre nucléaire, entraînerait probablement la famine et la mort pour la plupart des gens sur la planète en l’espace de quelques années d’une guerre nucléaire d’envergure par les États-Unis et la Russie. La couche de fumée stratosphérique mondiale produite par l’incinération nucléaire empêcherait la plupart des rayons du soleil d’atteindre la surface de la Terre, produisant les conditions météorologiques d’une ère glaciaire qui durerait au moins 10 ans.

Une autre conséquence rarement discutée d’une guerre nucléaire est une impulsion électromagnétique en haute altitude, ou IEM. L’explosion d’une arme nucléaire considérable à haute altitude (150 à 300 km d’altitude) produira une énorme impulsion d’énergie électrique qui détruira les circuits électroniques sur une zone de dizaines de milliers de kilomètres carrés sous l’explosion. Une seule détonation au-dessus de la côte Est américaine détruirait le réseau et causerait la fusion du cœur de toutes les centrales nucléaires touchées par l’IEM. Imaginez 60 Fukushima arrivant en même temps aux États-Unis.

Greg Mello

Greg Mello est secrétaire et directeur général du Groupe d’étude de Los Alamos, une organisation qui a fait des recherches sur les dangers d’une guerre nucléaire et qui prône le désarmement depuis 1989. Ses recherches et analyses ont été publiées dans le New York Times, le Washington Post, le Bulletin of Atomic Scientists et dans Issues in Science and Technology.

WSWS: Quel rôle ont joué les démocrates dans les tensions accrues entre les États-Unis et la Russie sur la Syrie?

Gregg Mello: Aussi récemment qu’en 2013, lorsqu’il y a eu une fausse attaque à l’arme chimique en Syrie, je ne crois pas que les démocrates appuyaient autant la guerre qu’ils le font aujourd’hui. Mais maintenant, en raison de la candidature d’Hillary Clinton, l’attisement des tensions avec la Russie et l’hyperbole néo-maccarthyste ont vraiment augmenté, marginalisant même ceux à l’intérieur du parti qui osent exprimer le moindre scepticisme à propos de l’histoire officielle, comme la membre du Congrès Tulsi Gabbard. Et c’est une personne qui est allée en Syrie pour découvrir ce qui se passait réellement. Elle a découvert que la majorité des gens en Syrie veulent que les États-Unis arrêtent de financer les rebelles et qu’ils sont satisfaits avec les efforts du gouvernement Assad pour chasser Al-Qaïda et l’ÉI. Mais elle se fait réduire au silence.

WSWS: Pourriez-vous nous parler des intérêts corporatifs en jeu?

GM: Cinquante-neuf missiles de croisière coûtent beaucoup d’argent. Chaque missile utilisé coûte, je suppose, entre 1 et 1,6 million $, donc la frappe au total a coûté entre 60 et 100 millions de dollars. Ceci n’inclut pas les coûts de déploiement des navires et d’autres éléments qui composent une frappe. C’est probablement le double, si vous incluez ces éléments. En termes des missiles, s’ils sont remplacés, ceci est un revenu pour n’importe quelle compagnie qui les remplace.

Les compagnies reçoivent également de la publicité gratuite de telles frappes. J’ai vu le vidéo de la part de Brian Williams de MSNBC, qui a louangé les missiles utilisant les paroles de Leonard Cohen, «Je suis guidé par la beauté de nos armes» (I’m guided by the beauty of our weapons). Ceci est un clip publicitaire inestimable, surtout lorsque les mêmes images et vidéos des missiles sont aux bulletins télévisés et partout sur le NET. Je suis persuadé que leurs valeurs boursières ont, littéralement et figurativement, explosé.

Mais ce ne sont que des broutilles comparées aux très grosses sommes qui proviennent des tensions continues avec la Russie et le besoin du gouvernement américain de dominer le monde. Nous ne parlons pas de millions de dollars, mais des milliards; vraiment, des billions. Pour maintenir l’idée que nous devrions être dans toutes les parties du monde, les États-Unis dépensent sur toutes les composantes de la défense nationale environ un billion par année. Donc, cela augmente vraiment rapidement.

Et l’armée américaine vient de recevoir une augmentation à son budget de base qui est comparable au budget de défense entier de la Russie. Aux États-Unis, nous dépensons plus d’argent sur l’armée que tous nos adversaires potentiels combinés. C’est là que se trouve l’argent.

On pousse NATO à acheter l’équipement militaire de point, compatible avec le nôtre. Toutes ces ventes d’armes avec nos propres achats nationaux valent des billions. C’est ce que ces frappes cherchent à maintenir. Un modèle de dépenses militaires à une échelle colossale.

Cela va de pair avec les questions géopolitiques que vous avez mentionnées.

WSWS: Pourriez-vous parler davantage des questions géopolitiques?

GM: Trump a dit qu’il n’irait pas en Syrie, mais il n’y a aucune politique cohérente là-dessus. Supposons qu’il y ait une autre frappe, est-ce que cela impliquera la Russie? Est-ce que cela tuera des Russes? Qu’est-ce que Poutine ou tout autre dirigeant russe sentira le besoin de faire alors?

Stephen Cohen, professeur émérite en études russes à l’Université de Princeton et l’Université de New York, a noté que le premier ministre russe Dmitri Medvedev a qualifié les relations américano-russes de «ruinées». Et Medvedev n’est pas un partisan de la ligne dure contre l’Occident. Pour qu’il dise ça, vous pouvez juste imaginer ce que les généraux et les autres qui ont des positions plus radicales murmurent dans l’autre oreille de Poutine.

Si nous faisons une autre frappe, soit avec un avion américain ou un de la «coalition», il pourrait facilement être abattu par les armes antiaériennes de pointe qu’ont déployées la Syrie et la Russie. Cela provoquerait un tollé dans l’establishment politique américain pour en faire plus, pour doubler la mise sur notre erreur. Finalement, c’est difficile de voir comment une campagne aérienne pourrait avoir un effet décisif sur la guerre en Syrie sans créer un risque extrême d’escalade entre les États-Unis et la Russie.

En termes géopolitiques, la situation en Syrie a tellement évolué vers le maintien d’Assad au pouvoir et le recul des terroristes qu’une attaque américaine sur la Syrie serait inefficace, ou bien endommagerait considérablement les intérêts russes, humilierait la Russie et tuerait ses soldats ainsi que ceux d’Assad. Cela ferait pencher la balance vers une Troisième Guerre mondiale.

L’idée que l’empoisonnement à Khan Sheikhoun ait été causé par des armes chimiques ou des précurseurs relâchés par une attaque conventionnelle contre un entrepôt ou un atelier d’armes d’Al-Qaïda, soit le rapport qui a été produit par le gouvernement russe, fait le plus de sens étant donné tout ce que l’on sait. La notion qu’Assad ou certains éléments rebelles dans son armée ont largué des armes chimiques sur leur propre peuple, au moment où Assad gagnait militairement et politiquement, est ridicule.

Maintenant nous voyons que les États-Unis ne veulent pas que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques mène une enquête sur l’attaque. Vraiment?

L’OIAC est la police du monde pour les armes chimiques, une entité que les États-Unis ont aidé à créer. Elle a reçu le prix Nobel de la Paix en 2013 pour avoir vérifié que toutes les armes chimiques en Syrie avaient été détruites. Elle les a détruites sur un navire américain. Dans ce cas et dans tous les autres, l’OIAC étudierait soigneusement dans un laboratoire agréé les preuves amassées dans la chaîne de possession. Toutes ces mesures sont essentielles lorsqu’il est question de guerre et de paix. On collecterait les preuves de la même façon que dans le cas d’un meurtre très médiatisé.

Ceci n’est pas arrivé dans la plus récente attaque à l’arme chimique; et les États-Unis ne veulent pas que cela se produise. Au lieu de cela, les États-Unis ont récemment publié un communiqué des «faits», un bout de papier rédigé supposément par toutes les 17 agences de renseignement, mais sans en-tête ou signature, qui utilise des termes ambigus comme «nous sommes confiants». Rien n’indique quelle agence a signé ni quelles preuves ont été réellement fournies. En plus, une attaque comme celle-ci prend quelques semaines à investiguer, pas quelques jours.

Tout ceci arrive parce que la Syrie est l’un des plus importants carrefours entre les hydrocarbures du Moyen-Orient et les consommateurs européens. Si vous voulez avoir du pétrole et du gaz naturel du Qatar jusqu’en Europe sans passer par l’Iran, vous devez avoir des oléoducs qui passent par la Syrie. Ceci est particulièrement important si vous ne voulez pas que l’Europe soit dépendante du gaz naturel russe, si vous voulez prévenir l’Allemagne et la Russie et le reste de l’Asie d’être encore plus intégrés économiquement. Le gouvernement américain ne veut pas que l’Europe soit dépendante des hydrocarbures fournis par la Russie ou l’Iran.

Donc, réellement, la Syrie est une guerre par procuration entre les États-Unis et les autres puissances régionales – l’Iran allié avec la Russie – pour le contrôle sur le gaz et le pétrole qui va vers l’Europe. De plus, Israël veut le contrôle du plateau du Golan afin de pouvoir forer dans cette région.

Il faut aussi considérer que la production pétrolière chinoise semble avoir plafonné. L’exportation nette de pétrole dans le monde, qui est le pétrole qui peut être acheté sur le marché international, commence très tranquillement à diminuer.

Puisqu’un baril de pétrole produira plus de valeurs dans des pays comme la Chine et l’Inde, car les travailleurs sont payés beaucoup moins, la Chine peut toujours surenchérir sur les États-Unis et l’Europe pour le pétrole. Considérant le libre marché, ils le feront. Avec ce problème, les pays producteurs de pétrole utilisent eux-mêmes plus de pétrole avec l’augmentation de leur population et de leur économie, ce qui produira inévitablement une crise dans l’accessibilité et la disponibilité du pétrole. Cette crise éclatera dans les années 2020 et cela implique un potentiel conflit entre les grandes puissances pour ces ressources.

Ce n’était pas comme ça durant la guerre froide parce que les États-Unis et la Russie, ainsi que nos alliés, avaient assez de ressources. Mais maintenant, le pétrole bon marché s’écoule et il n’y a pas de remplaçant abordable. Le risque d’un conflit, incluant un conflit entre les grandes puissances nucléaires, augmente.

WSWS: Combien de personnes perdraient la vie durant la première journée d’une telle guerre?

GM: À première vue, dans une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, toute la population mourrait. Quelques personnes dans l’hémisphère sud pourraient survivre, mais probablement même pas.

Même seulement quelques armes nucléaires pourraient mettre fin au gouvernement et à l’économie américaine. Cela ne prendrait pas grand-chose pour détruire la chaîne d’approvisionnement «juste à temps», les marchés financiers et l’Internet. Le système entier est très fragile, surtout en ce qui concerne les armes nucléaires. Même dans une guerre nucléaire en quelque sorte limitée, disons une guerre où seuls les silos et les bases aériennes ICBM étaient ciblés, il y aurait tellement de retombées des champs d’ICBM à eux seuls que la majeure partie du Midwest serait rasée, incluant des villes comme Chicago.

Et il y a ensuite le problème des centrales nucléaires dans lesquelles sont entreposées, dans les piscines de stockage du combustible irradié et leurs zones d’entreposage, de très grandes concentrations de radioactivité. Si leur approvisionnement en électricité est interrompu, ces centrales risquent fort de prendre feu et de voir leur cœur entrer en fusion, comme nous l’avons vu à Fukushima.

Comprenez bien qu’une guerre nucléaire n’est pas une ou deux bombes de l’ampleur de celle d’Hiroshima. On ne peut pas imaginer la guerre nucléaire. Une guerre nucléaire veut dire un hiver nucléaire. Cela veut dire l’effondrement des systèmes administratifs très fragiles au niveau électrique, financier et gouvernemental qui garde tout le monde en vie. Nous serions chanceux de recommencer au début du 19e siècle. Et si suffisamment d’armes explosent, la disparition de la couche d’ozone voudrait dire que toute forme de vie ayant des yeux pourrait être aveuglée. Les effets combinés d’une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie voudraient dire qu’essentiellement tous les mammifères terrestres et de nombreuses plantes disparaîtraient. Il y aurait une extinction dramatique dans le monde biologique.

Je crois que de nombreuses sections de l’armée américaine n’y comprennent rien. J’ai parlé à des gens du Conseil de sécurité nationale et ils pensent que la Russie va reculer. Je les ai suppliés, il y a environ 18 mois, d’emmener quelques diplomates vétérans de l’ère de la guerre froide de l’école réaliste, des gens comme l’ancien ambassadeur en Russie Jack Matlock, qui avait été nommé par Ronald Reagan, de tenter de les convaincre que la Russie ne fera pas simplement ce que l’on veut, qu’elle a également ses propres intérêts légitimes que nous ferions mieux de comprendre et de prendre en considération.

WSWS: Comment pensez-vous que l’on doive aborder le problème de la guerre nucléaire?

Je dirais que les efforts pour diminuer les inégalités dans le monde sont au cœur de la gestion de la menace de guerre nucléaire. Nous devons nous débarrasser de l’influence du complexe militaire, industriel et financier. Si tant de pouvoir est concentré entre si peu de mains, et que les inégalités sont si élevées, les gens au pouvoir sont aveuglés par leur position. Ils sont isolés des problèmes de la société. De telles inégalités – économiques et surtout politiques – mènent à une certaine stupidité politique. Cela pourrait causer notre destruction. Les masses ignorantes ne sont pas le problème. C’est l’ignorance et l’arrogance de ceux au sommet. C’est toujours ça le problème. (source)

 

 

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État-major russe: la Russie doit se préparer à une frappe nucléaire US

Vladimir Poutine a ordonné à son armée de l’air de se préparer à « un temps de guerre »

Selon un haut responsable russe, Washington poursuit une stratégie dangereuse pour l’équilibre mondial en encerclant la Russie avec ses systèmes de défense antimissiles. Ce général a souligné que la Russie n’était pas à l’abri d’une frappe nucléaire.

Selon le responsable russe, alors que les Etats-Unis continuent d’affirmer que leurs moyens de défense antimissiles visent à atténuer les menaces provenant des Etats «voyous», les résultats de simulations informatiques menées par des scientifiques russes ont confirmé que les installations du Pentagone étaient dirigées contre la Russie et la Chine – rapportent les médias Russes .

État-major russe: la Russie doit se préparer à une frappe nucléaire US

L’État-major russe a mis en garde contre une attaque nucléaire que les États-Unis pourraient lancer contre la Russie. Les bases du bouclier antimissile US encerclent le territoire russe, ce qui augmente le risque d’une frappe nucléaire, d’après un général russe.

Le système de défense antimissile américain crée une possibilité de porter une frappe nucléaire surprise contre la Russie, a déclaré mercredi à Moscou Viktor Poznikhir, chef adjoint d’état-major opérationnel des Forces armées russes.

«La présence de bases américaines de défense antimissiles en Europe, de navires équipés de systèmes antimissiles […] autour de la Russie crée tout un système dissimulé rendant possible une attaque surprise avec des missiles nucléaires contre la Fédération de Russie», a expliqué le chef adjoint de l’état-major russe, le général Viktor Poznikhir, lors d’une conférence de presse le 26 avril.

L’augmentation du potentiel du bouclier antimissile américain encourage la course aux armements et oblige les autres pays à prendre des mesures de rétorsion. Le déploiement du bouclier antimissile américain rompt l’équilibre des armements nucléaires et complique le dialogue sur le désarmement nucléaire.

Selon le ministère russe de la Défense, les États-Unis ont dépensé 130 milliards de dollars pour la défense antimissile en quinze ans. Washington compte débloquer environ 55 milliards de dollars supplémentaires ces cinq prochaines années. Le nombre des missiles antimissiles américains dépassera d’ici 2022 celui des ogives installées sur les missiles balistiques intercontinentaux russes.

« Cette quantité d’armes antimissiles présente une menace sérieuse pour le potentiel russe de dissuasion, surtout compte tenu de la modernisation actuelle des systèmes de défense antimissile », a indiqué M. Poznikhir.

Les États-Unis disposent actuellement d’une trentaine de missiles antimissiles GBI, de 130 missiles Standard-3, de 150 missiles du système THAAD déployés sur le sol américain, en Europe et dans la région Asie-Pacifique. Un certain nombre de missiles antimissiles se trouvent également à bord de navires des pays alliés des États-Unis, a précisé le général russe. Comme l’Iran et la Corée du Nord n’ont qu’une dizaine de missiles balistiques à moyenne portée, l’arsenal du Pentagone a une taille démesurée par rapport à cette menace, a-t-il ajouté.

 

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La Corée du Nord demande la médiation de l’ASEAN pour éviter un «holocauste nucléaire»

La Corée du Nord demande la médiation de l'ASEAN pour éviter un «holocauste nucléaire»

La situation va de mal en pis en ce qui concerne la Corée du Nord, et on voit mal comment une guerre pourrait être évitée, sachant que les nord coréens n’hésitent pas à faire de la provocation, et qu’ils ont d’ores et déjà la possibilité de toucher les bases US, et la technologie pour atteindre directement les US. Elle a en effet d’ores et déjà le savoir faire – sous estimé – afin de miniaturiser ses bombes H , et de construire un « véhicule d’entrée » (pour transporter les missiles quels qu’ils soient) n’importe où dans le monde, comme des experts US l’ont rapporté . (cf Des experts mettent en garde : Un seul missile nord-coréen pourrait mettre à terre le réseau National électrique US et tuer 90% des Américains)

Sur fond de tensions croissantes dans la péninsule coréenne, Pyongyang a demandé le soutien de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est pour empêcher un «holocauste nucléaire». Donald Trump a lui, mis en garde contre un «conflit majeur».

Dans une lettre au Vietnamien Le Luong Minh, président de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong-ho s’est alarmé des actions et de la rhétorique de Washington qui poussent selon lui la région au «bord de la guerre».

«Comme vous pouvez le constater, les actions belliqueuses des Etats-Unis et de la Corée du Sud dans la péninsule coréenne mènent à une situation totalement hors de contrôle», peut-on lire également dans cette lettre du diplomate nord-coréen, datée du 23 avril dernier et que s’est procurée l’AFP.

«Il est clair pour tous que le déploiement nucléaire que les Etats-Unis et la Corée du Sud mènent actuellement dans la péninsule coréenne peut conduire à une véritable hécatombe en quelques secondes. La nature de ces « exercices » n’est en aucun cas défensive», a ajouté Ri Yong-ho.

L’appel de Pyongyang à l’ASEAN a précédé de peu le 30e Sommet de l’organisation qui s’est déroulé à Manille aux Philippines du 26 au 28 avril. La Corée du Nord y a justifié ses efforts pour développer son propre arsenal nucléaire comme seul moyen de dissuasion contre les Etats-Unis

Le ministre nord-coréen des Affaires étrangères a exhorté le chef de l’ASEAN à informer ses homologues de l’organisation «sur la situation extrêmement grave» dans la région et à élaborer une «proposition appropriée» pour la préservation de la paix dans la péninsule coréenne.

«Nous attendons de l’ASEAN, qui attache une grande importance à la paix et à la stabilité régionales, qu’elle s’intéresse à la question des exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud à partir d’une position équitable et joue un rôle actif dans la sauvegarde de la paix et de la sécurité», a déclaré Ri Yong-ho dans sa lettre.

Ce n’est pas la première fois que Pyongyang envoie une lettre à l’organisation régionale composée de dix nations membres mais dont la Corée du Nord ne fait pas partie. L’agence de presse officielle nord-coréenne, KCNA, a annoncé que son ministère des Affaires étrangères avait déjà envoyé une requête au secrétariat de l’ASEAN le 4 avril dernier au sujet des manœuvres militaires de Washington et Séoul.

Ce plaidoyer de la Corée du Nord est adressé l’ASEAN alors que la péninsule est en proie à de vives tensions. Au cours de la semaine dernière, les armées sud-coréenne et américaine ont effectué des manœuvres conjointes à Pocheon, dans le nord de la Corée du Sud. Elles ont fait suite à des exercices nucléaires nord-coréens qui avaient eu lieu la veille à Wonsan, au bord de la mer du Japon.

Les Etats-Unis ont de leur côté procédé, le 26 avril, aulancement d’un missile Minuteman III pour démontrer leurs «capacités nucléaires». En outre, un sous-marin nucléaire américain armé de missiles téléguidés a fait une escale portuaire en Corée du Sud le 25 avril et le navire de guerre USS Carl Vinson a été envoyé dans la région.

Le 28 avril, le ministère de la Défense de Corée du Sud a annoncé que les Etats-Unis envisageaient de continuer à déployer leurs armes «stratégiques» dans le pays, selon l’agence sud-coréenne Yonhap.

«Washington et Séoul ont convenu de poursuivre la mise en œuvre de toutes les mesures disponibles, y compris le déploiement régulier d’actifs stratégiques américains», a déclaré le ministre coréen lors de la réunion de deux jours entre la Corée et les Etats-Unis sur la question de la défense qui s’est tenue à Washington DC.

La Corée du Nord pour sa part a promis de répondre si nécessaire par une frappe nucléaire sur le territoire américain et a même diffusé la vidéo d’une simulation de tir de missile balistique frappant les Etats-Unis. Pyongyang a en outre assuré être prêt au combat, et a affirmé pouvoir couler le Carl Vinson en une seule frappe.

Washington se prépare au pire, tandis que Pékin, Moscou et Tokyo appellent à une solution diplomatique

Dans le même temps, alors que les Etats-Unis continuaient de renforcer leur présence militaire dans la région, la Chine et la Russie ont appelé à rechercher une solution diplomatique à la montée des tensions dans la péninsule coréenne.

Pékin tente de convaincre Pyongyang de renoncer à effectuer un sixième essai nucléaire. La Chine craint en effet qu’une telle manœuvre puisse déclencher des mesures de représailles de la part de Washington.

Le 27 avril, le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a déclaré que la Chine avait accepté le principe de sanctions unilatérales contre Pyongyang si la Corée du Nord effectuait un nouvel essai nucléaire. En février dernier, la Chine avait déjà interdit les importations de charbon en provenance de Corée du Nord et évoqué la possibilité de restreindre ses exportations de pétrole vers cette dernière.

«Nous allons discuter des prochaines étapes qui pourraient être nécessaires à l’augmentation de la pression [économique] sur le régime [nord-coréen]», a déclaré Rex Tillerson. «Nous ne cherchons pas à changer le régime en Corée du Nord. Nous voulons la même chose que la Chine : une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne», a-t-il ajouté.

Donald Trump, quant à lui, a déclaré à l’agence Reuters qu’il y avait «une possibilité de conflit majeur» dans la région. «Nous aimerions résoudre les choses de manière diplomatique, mais c’est très difficile», a-t-il déclaré.

Plus tôt dans la journée, le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre japonais Shinzo Abe ont préconisé une solution diplomatique à la crise coréenne. «Nous appelons tous les Etats impliqués dans les affaires de la région à s’abstenir d’employer une rhétorique militaire et à chercher un dialogue pacifique et constructif», a déclaré Vladimir Poutine après avoir rencontré son homologue japonais au Kremlin.

La veille, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, avait estimé que les pourparlers entre les six parties (Etats-Unis, Corée du Sud, Corée du Nord, Russie, Chine, Japon) devraient être relancés.

«Il existe bien un mécanisme de pourparlers à six et il convient parfaitement à la Russie. Il faudrait demander aux Etats-Unis pourquoi ils rejettent ce mécanisme conçu pour améliorer la situation dans la péninsule coréenne», a déclaré Maria Zakharova. «Nous devrions utiliser tous les efforts diplomatiques et toutes les possibilités qu’offre le droit international [dans la situation actuelle de la région]», a ajouté la responsable russe.

Ces pourparlers à six (Chine, Corée du Sud, Corée du Nord, Etats-Unis, Russie et Japon), ont commencé en 2003, dans le but d’une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne. Ils ont capoté dès 2008 après le lancement d’une fusée par la Corée du Nord.

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