Les voitures volantes sont sur le point d’arriver sur le marché – Uber a signé des contrats avec Dallas-Fort Worth et Dubaï. Un prototype est prévu pour 2020 et des flottes de véhicules capables de décoller et d’atterrir verticalement sont attendues pour 2021.

C’est au moment où Uber se trouve confronté, sur terre, à une série de problèmes – qui vont du judiciaire avec le procès intenté par Alphabet, au financier comme en témoignent les 3 milliards de dollars de pertes constatés pour 2016 – que le géant des plateformes de véhicules de transport avec chauffeurs (VTC) affirme ses ambitions pour les flottes de voitures volantes.

Jeff Holden, le responsable en chef des produits d’Uber, a dévoilé mardi, à l’occasion de l’Elevate Summit qui se terminera demain à Dallas, les avancées du programme Elevate. Il a annoncé un prototype capable de décoller et d’atterrir verticalement d’ici à 2020  et un premier vol d’essai en 2021 à Dallas.

Des « vétiports » sur les toits des immeubles

Partout dans le monde, les responsables de mégapoles congestionnées songent en effet à faire prendre la voie des airs à des flottes de véhicules autonomes. C’est dans ce but que les responsables de l’aire urbaine de Dallas-Fort Worth (Etats-Unis) -tout comme ceux de Dubaï, ont signé des contrats avec Uber. Pour en finir avec les embouteillages, Uber a imaginé des véhicules électriques autonomes capables d’effectuer des trajets aériens en ligne droite. Les toits des immeubles pourraient alors devenir des stations (les « vétiports « ) sur lesquels on pourrait recharger les batteries.

Pour piloter Uber Elevate le patron d’Uber, Travis Kalanick, a embauché en février dernier Mark Moore. Cet ingénieur aéronautique passé par le Langley Research Center de la NASA, auteur d’un ouvrage de référence sur la technologie VTOL (pour aéronefs à décollage et atterrissage verticaux). Afin de tenir cet objectif, la start-up de San Franciso a annoncé mardi des partenariats avec une poignée de constructeurs aéronautiques américains (Aurora Flight Sciences, Pipistrel Aircraft, Embraer SA, Mooney International et Bell Helicopter Textron), des sociétés immobilières ainsi qu’avec la société ChargePoint Inc qui s’occupera du réseau de bornes de recharges électriques.

Les Américains ne sont pas seuls sur les rangs

Mais sur ce futur marché, lla concurrence s’annonce rude. Ainsi, la rivalité qui oppose Alphabet et Uber ne se cantonne pas aux prétoires, elle s’exerce aussi dans les cieux. Le directeur général d’Alpahet, Larry Page, finance ainsi, mais à titre personnel, deux start-up Kitty Hawk et Zee. Aero , qui sont en course pour construire des véhicules volants semblables à ceux proposés par Uber.

Et Kitty Haw a pris quelques longueurs d’avance, comme le prouve sa vidéo postée le 24 avril où l’on voit un véhicule mi-moto mi-avion ultra-léger, voler 5 mètres environ au-dessus d’un lac. Ce Kitty Hawk Flyer, tout électrique propulsé par huit rotors, ne pourra en effet voler qu’au-dessus de l’eau. Sa commercialisation est prévue pour la fin de l’année.

Les groupes américains high-tech ne sont pas les seuls sur les rangs. En Europe, Airbus a proposé plusieurs concepts pour les véhicules à décollage vertical, dont la Pop Up , fruit d’un partenariat entre sa division Urban Air Mobility et le bureau d’études Italdesign.

Mais le projet le plus avancé est chinois et l’initiative revient une fois encore à Dubaï. L’entreprise EHang a en effet dévoilé en janvier 2016 à Las Vegas, à l’occasion du CES, un prototype (et non une vidéo) de son taxi volant autonome EHang 184. Une phase de test grandeur nature est prévue dès juillet prochain. Ville de tous les superlatifs, Dubaï entend bien être la première à offrir un service de taxis volants autonomes.