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Archives du 26 avril 2017

D’anciennes pierres gravées confirment qu’une comète heurta jadis la Terre

D’anciennes pierres gravées confirment qu’une comète heurta jadis la Terre

D’anciennes pierres gravées confirment que la Terre a subi un impact de comète aux environs de 11 000 avant J-C. Cet événement dévastateur fit disparaître les mammouths laineux et fut à l’origine de l’essor des civilisations.

Des experts de l’université d’Édimbourg ont analysé les mystérieux symboles gravés sur les piliers de pierre de Göbekli Tepe, dans le sud de la Turquie, pour voir s’ils avaient un lien avec les constellations.

Les marques suggèrent qu’un essaim de fragments cométaires frappèrent la Terre à l’époque où l’arrivée d’un mini-âge glaciaire bouleversa entièrement le cours de l’histoire humaine.

Des scientifiques spéculaient depuis des décennies qu’une comète pourrait être derrière la chute soudaine de la température à l’époque connue sous le nom de Plus Jeune Dryas. Mais la théorie semblait avoir été discréditée récemment par la nouvelle datation des cratères météoritiques d’Amérique du Nord, qui serait le point d’impact de la comète.

Mais quand des ingénieurs ont étudié les sculptures d’animaux sur le pilier connu sous le nom de Pierre du Vautour, à Göbekli Tepe, ils ont découvert qu’il s’agissait en fait de symboles astronomiques représentant les constellations et la comète.

Cette idée avait déjà été proposée par l’auteur Graham Hancock dans son livre Magicians of the Gods.

La Pierre du Vautour de Göbekli Tepe. Crédit : Alistair Coombs

La Pierre du Vautour de Göbekli Tepe. Crédit : Alistair Coombs

Grâce à un programme informatique montrant la localisation des constellations au-dessus de la Turquie il y a des milliers d’années, ils ont pu déterminer que l’impact de la comète s’est produit en 10 950 av. J-C, au moment précis où débuta le Plus Jeune Dryas, d’après les données des carottes de glace du Groenland.

Comme il coïncide approximativement avec l’émergence de l’agriculture et des premières civilisations néolithiques, le Plus Jeune Dryas est considéré comme une période cruciale pour l’humanité.

Avant l’impact de la comète, de vastes étendues de blé et d’orge sauvages permettaient aux chasseurs nomades du Moyen-Orient d’établir des camps de base permanents. Mais suite à l’impact, les dures conditions climatiques forcèrent les communautés à se rassembler et à trouver de nouvelles façons de maintenir les cultures, par l’arrosage et l’élevage sélectif. En commençant de cette manière, l’agriculture permit l’essor des premières villes.

Les chercheurs d’Édimbourg disent que depuis des millénaires, les sculptures semblent avoir gardé de l’importance pour les gens de Göbekli Tepe. Cela suggère que l’événement et le climat froid qui suivit eurent de très importantes conséquences.

Position du Soleil et des étoiles au solstice d’été de 10 950 avant J-C. Crédit : Martin Sweatman et Stellarium.

Position du Soleil et des étoiles au solstice d’été de 10 950 avant J-C. Crédit : Martin Sweatman et Stellarium.

Le Dr Martin Sweatman, de l’école d’ingénieur de l’université d’Édimbourg, qui a dirigé l’étude, a déclaré :

Je pense que cette étude, ainsi que la découverte récente de l’anomalie du platine dispersé à travers tout le continent nord-américain, scelle pratiquement l’affaire en faveur d’un impact cométaire à l’époque du Plus Jeune Dryas.

Notre travail sert à étayer ces preuves physiques. Ce qui se passe ici, c’est un processus de changement de paradigme.

Il semble que Göbekli Tepe soit, entre autres, un observatoire de surveillance du ciel nocturne.

L’un de ses piliers semble avoir servi de monument commémoratif de cet événement dévastateur – sans doute le pire jour de l’histoire depuis la fin de l’ère glaciaire.

On pense que Göbekli Tepe est le site du plus ancien temple du monde. Datant d’environ 9000 avant J-C, il précède Stonehenge d’environ 6000 ans.

Les chercheurs pensent que les gravures avaient pour but de consigner l’événement cataclysmique, et que la sculpture supplémentaire montrant un homme sans tête, peut attester d’une catastrophe humaine et d’une perte de vie considérable.

Les symboles gravés sur les piliers indiquent aussi que les lentes modifications de l’axe de rotation de la Terre ont été enregistrées à cette époque à l’aide d’une forme d’écriture ancienne, et que Göbekli Tepe servait d’observatoire de météores et de comètes.

L’étude conforte aussi la théorie selon laquelle la Terre risque de connaître des périodes où, du fait du croisement des orbites de la planète et des fragments de comètes dans l’espace, la probabilité d’impacts cométaires est plus grande.

Mais malgré leur ancienneté, le Dr Sweatman ne croit pas que les piliers soient la première illustration d’événement astronomique consignée dans les archives archéologiques. Selon lui :

Beaucoup de peintures rupestres et d’artefacts du paléolithique, avec des symboles d’animaux similaires et d’autres symboles récurrents, suggèrent que l’astronomie puisse être vraiment très ancienne.

En prenant en considération que, d’après les astronomes, cette comète géante est probablement arrivée dans le système solaire interne il y a environ 20 à 30 mille ans, et qu’elle pouvait être une singularité bien visible prédominant dans le ciel nocturne, il est difficile de comprendre comment les Anciens auraient pu ne pas la prendre en compte, étant donné les conséquences probables.

L’étude est publiée dans Mediterranean Archaeology and Archaeometry.

Photo: La Pierre du Vautour de Göbekli Tepe (à gauche) relate l’impact dévastateur d’une comète. Crédit : Alistair Coombs4

The Telegraph, Sarah Knapton

Traduction Petrus Lombard

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Publié par le 26 avril 2017 dans Espace, général, Insolite, Sciences

 

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Uber se donne quatre ans pour faire voler des voitures

Uber annonce pour 202-2021 des flottes de véhicules capables de décoller et d’atterrir verticalement. – UBER

Les voitures volantes sont sur le point d’arriver sur le marché – Uber a signé des contrats avec Dallas-Fort Worth et Dubaï. Un prototype est prévu pour 2020 et des flottes de véhicules capables de décoller et d’atterrir verticalement sont attendues pour 2021.

C’est au moment où Uber se trouve confronté, sur terre, à une série de problèmes – qui vont du judiciaire avec le procès intenté par Alphabet, au financier comme en témoignent les 3 milliards de dollars de pertes constatés pour 2016 – que le géant des plateformes de véhicules de transport avec chauffeurs (VTC) affirme ses ambitions pour les flottes de voitures volantes.

Jeff Holden, le responsable en chef des produits d’Uber, a dévoilé mardi, à l’occasion de l’Elevate Summit qui se terminera demain à Dallas, les avancées du programme Elevate. Il a annoncé un prototype capable de décoller et d’atterrir verticalement d’ici à 2020  et un premier vol d’essai en 2021 à Dallas.

Des « vétiports » sur les toits des immeubles

Partout dans le monde, les responsables de mégapoles congestionnées songent en effet à faire prendre la voie des airs à des flottes de véhicules autonomes. C’est dans ce but que les responsables de l’aire urbaine de Dallas-Fort Worth (Etats-Unis) -tout comme ceux de Dubaï, ont signé des contrats avec Uber. Pour en finir avec les embouteillages, Uber a imaginé des véhicules électriques autonomes capables d’effectuer des trajets aériens en ligne droite. Les toits des immeubles pourraient alors devenir des stations (les « vétiports « ) sur lesquels on pourrait recharger les batteries.

Pour piloter Uber Elevate le patron d’Uber, Travis Kalanick, a embauché en février dernier Mark Moore. Cet ingénieur aéronautique passé par le Langley Research Center de la NASA, auteur d’un ouvrage de référence sur la technologie VTOL (pour aéronefs à décollage et atterrissage verticaux). Afin de tenir cet objectif, la start-up de San Franciso a annoncé mardi des partenariats avec une poignée de constructeurs aéronautiques américains (Aurora Flight Sciences, Pipistrel Aircraft, Embraer SA, Mooney International et Bell Helicopter Textron), des sociétés immobilières ainsi qu’avec la société ChargePoint Inc qui s’occupera du réseau de bornes de recharges électriques.

Les Américains ne sont pas seuls sur les rangs

Mais sur ce futur marché, lla concurrence s’annonce rude. Ainsi, la rivalité qui oppose Alphabet et Uber ne se cantonne pas aux prétoires, elle s’exerce aussi dans les cieux. Le directeur général d’Alpahet, Larry Page, finance ainsi, mais à titre personnel, deux start-up Kitty Hawk et Zee. Aero , qui sont en course pour construire des véhicules volants semblables à ceux proposés par Uber.

Et Kitty Haw a pris quelques longueurs d’avance, comme le prouve sa vidéo postée le 24 avril où l’on voit un véhicule mi-moto mi-avion ultra-léger, voler 5 mètres environ au-dessus d’un lac. Ce Kitty Hawk Flyer, tout électrique propulsé par huit rotors, ne pourra en effet voler qu’au-dessus de l’eau. Sa commercialisation est prévue pour la fin de l’année.

Les groupes américains high-tech ne sont pas les seuls sur les rangs. En Europe, Airbus a proposé plusieurs concepts pour les véhicules à décollage vertical, dont la Pop Up , fruit d’un partenariat entre sa division Urban Air Mobility et le bureau d’études Italdesign.

Mais le projet le plus avancé est chinois et l’initiative revient une fois encore à Dubaï. L’entreprise EHang a en effet dévoilé en janvier 2016 à Las Vegas, à l’occasion du CES, un prototype (et non une vidéo) de son taxi volant autonome EHang 184. Une phase de test grandeur nature est prévue dès juillet prochain. Ville de tous les superlatifs, Dubaï entend bien être la première à offrir un service de taxis volants autonomes.

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Publié par le 26 avril 2017 dans général, Sciences

 

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Rapport RSF 2017 : « Jamais la liberté de la presse n’a été aussi menacée »

Rapport Reporters Sans Frontières Menace Liberté Presse Algorithmes Publicité

La carte de la liberté de la presse dans le monde, établie par Reporters sans frontières le 26 avril 2017.

La liberté de la presse connaît une situation « difficile » ou « très grave » dans 72 pays (sur 180 recensés), selon Reporters sans frontières.

Attaques anti-médias, fausses informations, répression et triomphe d' »hommes forts » comme Trump ou Erdogan : « Jamais la liberté de la presse n’a été aussi menacée », s’alarme Reporters sans frontières (RSF) dans son rapport 2017 publié mercredi.

Rapport de Reporters sans frontières : qui menace vraiment la liberté de la presse ? Les algorithmes et la publicité !

Selon le dernier rapport de Reporters sans frontières, la liberté de la presse régresse partout dans le monde. A cause de Trump, Poutine et Erdogan ? Ou à cause de la publicité qui fait les budgets des médias et la censure exercée par les grands réseaux informatiques et leurs algorithmes ?

L’ONG Reporters sans frontières s’est fait une spécialité de défendre la liberté de la presse dans le monde, et selon son rapport annuel celle-ci connaîtrait une situation « difficile » ou « très grave » dans 72 pays (sur 180 recensés), dont la Chine, la Russie, l’Inde, presque tous les pays du Moyen-Orient, d’Asie centrale et d’Amérique centrale, ainsi que les deux tiers des pays d’Afrique. La carte du monde dressée par RSF est envahie de rouge (« difficile ») et de noir (« très grave »).

Le rapport de Reporters sans frontières dénonce le populisme

Selon Reporter sans frontières, la presse ne serait libre que dans une cinquantaine de pays – en Amérique Nord, Europe, Australie et sud de l’Afrique. Et l’association s’inquiète d’un « risque de grand basculement » de la situation de la liberté de la presse, « dans les pays démocratiques importants ».

Quel en serait la cause, selon le rapport ? Le populisme : « L’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis et la campagne du Brexit au Royaume-Uni ont offert une caisse de résonance au « médias bashing » et aux fausses nouvelles », déplore Reporter sans frontières. La situation en France l’inquiète pour des raisons semblables. Elle y dénonce un « climat violent et délétère », marqué par des attaques verbales contre « les médias menteurs » lors d’une campagne présidentielle « où il devient normal d’insulter les journalistes, de les faire siffler et huer lors de meetings ».

La menace explicite des dictatures sur la liberté de la presse

Parmi les autres mauvais élèves dénoncés figurent la Pologne (54e), qui « étrangle financièrement » la presse indépendante d’opposition, la Hongrie (71e) de Viktor Orban. La Russie de Vladimir Poutine (148e) reste elle aussi ancrée dans le bas du classement. Le résultat est d’une clarté lumineuse : tout ce qui s’oppose peu ou prou à la forme occidentale du mondialisme se trouve condamné pour atteinte à la liberté de la presse. Ce résultat transcrit évidemment un vice de raisonnement.

Il n’est pas de mon intention de nier qu’un Poutine, un Erdogan, ou un John Magufuli en Tanzanie, sont modérément adeptes de la liberté de la presse, et je n’approuve pas qu’en Iran, au Bahreïn, au Turkménistan, en Corée du Nord ou même en Egypte les prisons soient pleines de journalistes. Je réprouve qu’on les fouette comme en Iran, et je me réjouis qu’on ait tué moins de reporters aux Philippines en 2016 qu’en 2015. Mais il me semble que le rapport de Reporters sans frontières confond un peu tout, et volontairement.

Une menace globale plus subtile contre toute liberté

Il y a d’un côté les dictatures affichées et violentes, de l’autre (les cinquante pays démocratiques), un totalitarisme plus moderne, masqué et non aversif. Les atteintes à la liberté de la presse ne sont pas les mêmes dans les deux groupes. Le knout, le peloton d’exécution et la prison règnent dans l’un. Dans l’autre les journalistes ne risquent pas leur vie, ils ne risquent que leur honneur, et la désinformation.

Ce qui menace la liberté de la presse en Occident, et qui n’est nullement montré dans le rapport, c’est la structure même des médias. Les médias dominants sont la propriété d’un certain nombre de ploutocrates qui déterminent cyniquement les limites de la liberté des journalistes. Et si d’autres entrepreneurs veulent faire entendre un autre (vraiment autre) son de cloche, ils en sont financièrement empêchés par le biais de la publicité, qui nourrit à quatre-vingt pour cent le budget des médias, et dont la répartition dépend d’un très petit nombre d’acheteurs d’espace, ploutocrates idéologues cooptés. Rien ne saurait passer au travers.

Contre la presse Internet, algorithmes et publicité

Reste Internet, ses entreprises différentes, ses petits budgets, ses buzz imprévisibles. C’est là qu’interviennent les chiens de garde des grands médias aux ordres (genre les décodeurs du Monde), qui dénoncent le « médias bashing », les « fake news » etc., ou encore les messages « nauséabonds », terrorisme, négationnisme, et justifient ainsi la censure. Celle-ci se met en route. Déjà la publicité décroit sur YouTube, pendant que Facebook revoit ses algorithmes et que Google lance une grande campagne pour changer les siens, de façon à chasser définitivement les fake news, et tous les indésirables.

Reporters sans frontière apporte sa tisane à la censure mondiale

De sorte que sans un mort, sans une fessée, sans un jour de prison, sans même un blâme se crée une prison de l’esprit d’où toute liberté de la presse sera chassée, où la pensée pourra s’endormir en silence. Ce système de censure ne présentera pas seulement l’avantage d’être indolore et donc de ne pas susciter de réaction dans le public (la violence produit des martyrs et des Samizdats) mais d’éliminer les petites censures nationales ou impériales au profit d’une seule censure globale, instrument régalien de la gouvernance mondiale. On aura des médias indépendants (des Etats) encadrée par une censure indépendante (des Etats). Le rapport de Reporters sans frontières y contribue. Tout à fait consciemment, à mon avis.

 
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Publié par le 26 avril 2017 dans Education - information, général, International

 

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Quand Washington perd le Nord en Corée

Quand Washington perd le Nord en Corée

A noter dans le dernier développement, que Le ton monte face aux Etats-Unis : la Corée du Nord menace le porte-avions USS Carl Vinson :

Dans une déclaration publiée par le site web officiel de la de Corée du Nord, Uriminzokkiri, et citée le 24 avril par un journal sud-coréen, Pyongyang menace de couler le porte-avions USS Carl Vinson et son escorte dans le cadre d’une attaque préventive face à ce que les Nord-Coréens affirment être l’annonce d’une invasion de leur pays par les États-Unis. Radio Pyongyang a également prévenu : « Si les États-Unis se lancent dans une dangereuse provocation, nous répondrons à la guerre totale par la guerre totale et à la guerre nucléaire par nos propres frappes nucléaires », tandis que les célébrations le 15 avril pour le jour du Soleil, nom donné au jour de la naissance de Kim Il-sung, grand-père du dictateur actuel Kim Jong-un, ont été l’occasion d’un concert d’un orchestre militaire sur fond d’images d’une attaque nucléaire contre la ville de San Francisco. Sous les applaudissements du public…C’est en tout cas ce qui ressort d’une vidéo mise en ligne par le journal San Francisco Chronicle.

Quand Washington perd le Nord en Corée

L’administration Trump est-elle en train de découvrir l’(Extrême) Orient compliqué ? Le nouveau président américain pensait peut-être qu’après un entretien téléphonique avec la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, l’annonce tonitruante du retrait du Traité transpacifique (TPP), une poignée de main ferme (et douloureuse) au Premier ministre japonais Abe Shinzo et une chanson traditionnelle chinoise interprétée par sa petite-fille devant un Xi Jinping visiblement peu impressionné, un discours musclé face à la Corée du Nord suffirait à faire de lui un dirigeant fort et résolument engagé en Asie-Pacifique. Mais la diplomatie asiatique est un jeu subtil et difficile, les déconvenues américaines s’y sont multipliées ces dernières années, et l’administration Trump ne semble pas bien armée pour faire face à la complexité des dossiers.

Nous assistons pourtant depuis quelques semaines à une hausse des tensions entre Washington et Pyongyang, sur fond de rhétorique très agressive, et de visites à répétition de hauts responsables américains en Corée du Sud. D’abord le secrétaire à la Défense James Mattis, puis le Secrétaire d’État Rex Tillerson, et enfin le vice-président Mike Pence, Donald Trump n’ayant pour sa part pas encore effectué de visite à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir. A chaque fois, le ton est monté d’un cran. « L’ère de la patience stratégique est révolue », a ainsi annoncé depuis Séoul Mike Pence, comme pour signifier que la politique nord-coréenne de Washington va devoir changer. Mais que révèle ce soudain intérêt pour le dossier nord-coréen, sinon d’importantes carences dans l’appareil décisionnel de la politique étrangère américaine ?

Une inquiétante et coupable méconnaissance du dossier coréen

La Corée du Nord est le plus ancien ennemi des États-Unis encore debout. Bien avant que Castro ne prenne le pouvoir à La Havane, que l’Iran n’expérimente sa révolution islamique, que Saddam Hussein ne montre des crocs, ou que l’état-major américain découvre l’Afghanistan sur une carte du monde, la dynastie des Kim contrôlait déjà la moitié nord de la péninsule coréenne, avec un anti-américanisme à la mesure de ce régime totalitaire, et une guerre d’une rare violence entre 1950 et 1953. En clair, les membres de l’administration Trump ont toujours connu la Corée du Nord comme l’un des principaux ennemis des États-Unis, sorte de résilience de la Guerre froide, de résidu d’un monde que certains crurent révolu après la disparition de l’Union soviétique. Autant dire qu’il s’agit là d’un dossier connu, et pour lequel de multiples stratégies ont été envisagées, avec les résultats médiocres que l’on sait, et que la survie du régime de Pyongyang ne fait que rappeler à ceux qui l’oublieraient. Pourtant, la gestion du dossier nord-coréen par l’administration Trump met en relief une étonnante méconnaissance de la réalité de la péninsule. A moins que ce ne soit une « tactique », visant à modifier les rapports de force en jetant un pavé dans la mare. On peut en douter, tant il y a peu de suivi au-delà des déclarations.

Dans ces conditions, pourquoi cet intérêt soudain pour la dynastie des Kim ? Qui est le personnage qui a eu l’idée soudaine de hausser le ton face à Pyongyang ? Quel est ce Docteur Folamour au sein d’une administration qui ne semble pas très experte des questions asiatiques ? Parmi les conseillers au National Security Council (NSC) supposés apporter leur expertise sur le dossier nord-coréen et placés sous la direction du général McMaster, se trouve le général Joseph Dunford, surtout connu pour avoir servi en Afghanistan ; l’ancien sénateur d’Indiana Dan Coats qui n’a aucun antécédent sur l’Asie ; Christopher Ford, assistant-spécial sur les questions de non-prolifération nucléaire, qui a publié quelques travaux sur la Chine (mais pas sur la Corée) ; Matthew Pottinger, assistant-spécial sur l’Asie, ancien journaliste couvrant la Chine et Marine ayant servi en Afghanistan ; ou Victoria Coates, assistante-spéciale sur les questions stratégiques, ancienne consultante et conseillère de campagne de Ted Cruz. Parmi les autres membres du NSC légèrement plus expérimentés, mentionnons Kathleen McFarland (qui va devenir ambassadrice à Singapour) ou Dina Powell (plus connue pour ses antécédents économiques chez Goldman Sachs). Si on ajoute à cette liste les secrétaires (ministres) qui participent aux réunions du NSC, Mattis, Tillerson, et le Secrétaire à l’Énergie Rick Perry, en plus de Mike Pence et du clan Trump, force est de constater qu’il ne se dégage dans l’entourage du président américain pas un expert pointu de la Corée du Nord, ni même d’ailleurs des questions de prolifération et de contrôle des armements. C’est peut-être justement là le problème : après avoir essayé la fermeté sous l’administration Bush, puis le dialogue sous l’administration Obama, mais à chaque fois en imaginant des scénarii et en cherchant à percer les mystères de la Corée du Nord, la Maison-Blanche se risque au jeu du hasard. Si une telle approche des relations internationales peut, au détour d’un coup du sort, fonctionner dans certains cas, elle est très déplacée face à un adversaire qui a fait la démonstration de ses capacités de négociation et de chantage. Mais gageons que l’administration Trump va très vite faire l’apprentissage de ce qu’est l’énigme nord-coréenne. Mieux vaudrait en tout cas.

Les États-Unis déterminés, mais à quoi ?

« Toutes les options sont sur la table », « une action militaire n’est pas exclue », « le régime nord-coréen est sous étroite surveillance »… A plusieurs reprises au cours des dernières semaines, les responsables américains ont claironné leur détermination face à la Corée du Nord. Certes, la détermination est une vertu, à condition toutefois de savoir pourquoi elle est invoquée, ce qui n’est pas le cas ici. Ainsi, à quoi sont donc déterminés les membres de l’administration Trump ? A empêcher que la Corée du Nord ne se dote de l’arme nucléaire, alors que ce pays a procédé à cinq essais depuis 2006, narguant ainsi deux administrations américaines successives ? A éviter une guerre, alors que celle-ci n’est pas plus imminente aujourd’hui qu’hier, et que personne ne semble la souhaiter ? A renverser le régime, perpétuant ainsi les prophéties d’un autre âge des « experts » de la Corée du Nord à Washington qui, depuis 1991, nous en annoncent l’effondrement imminent et ne craignent pas le ridicule en revenant systématiquement à la charge ? Ou alors à éviter que Pyongyang ne se serve de son chantage nucléaire pour marchander sa survie, ce que le régime parvient à faire depuis plus de vingt ans (les accords de la KEDO remontent à 1994) ? Il y a lieu de s’interroger.

Dans tous les cas, il semble y avoir un grand écart entre la détermination et la capacité à la confirmer par des actes. Et cet écart traduit la difficulté de plus en plus grande qu’éprouvent les États-Unis à imposer leurs objectifs stratégiques dans le monde, et tout particulièrement en Asie. Les rapports de force ont évolué, et si Washington était il y a deux décennies au centre de toutes les attentions, et donc du règlement de tous les nœuds politico-stratégiques, l’émergence de la Chine s’est traduite par un retrait progressif. De quels leviers dispose ainsi désormais l’administration Trump face à la Corée du Nord ? Le régime des sanctions est un échec, la recherche du dialogue n’a jamais fonctionné, et l’option multilatérale est désormais (depuis 2003) entre les mains de Pékin. Dans ce contexte, peut-être faut-il dès lors entendre cette détermination comme une volonté farouche de vouloir rester présent sur un dossier qui échappe de plus en plus à Washington. Et l’histoire des relations internationales nous enseigne que quand une puissance sur le déclin, relatif mais réel, cherche à préserver ses acquis et réaffirmer son leadership, elle devient potentiellement déstabilisante. C’est le scénario auquel nous assistons actuellement.

A la recherche d’interlocuteurs légitimes

L’équipe Trump a désormais bien compris que la Corée du Sud est un allié. C’est déjà un premier pas, quand on se souvient que le candidat Trump considérait la possibilité de se désengager militairement de la péninsule (ce que les États-Unis firent une fois, en 1949, avec les conséquences qu’on connaît). Mais les conseillers du président américain ont sans doute oublié de mentionner que ce pays est confronté à une très grave crise politique, qui s’est soldée le mois dernier par la confirmation de la destitution de la présidente Park Geun-hye, qui est même désormais incarcérée en l’attente de son jugement pour corruption et confits d’intérêts. Il serait plus avisé pour James Mattis, Rex Tillerson et Mike Pence – et donc pour l’administration qu’ils représentent – d’attendre que l’élection présidentielle sud-coréenne livre son verdict que de s’afficher avec le président sud-coréen par intérim (ancien Premier ministre de Park et très hostile à la Corée du Nord) Hwang Kyo-ahn, qui n’a aucune crédibilité aux yeux de l’opinion publique sud-coréenne, et dont il convient de rappeler qu’il n’est pas élu. Et pourtant, c’est bien Hwang que les trois hommes ont rencontré successivement, comme pour lui afficher un soutien sans faille. Les Sud-Coréens vont désigner un nouveau président de la République en mai, et tourner définitivement la page de la présidence désastreuse de Park Geun-hye. D’ailleurs, le grand favori de cette élection est Moon Jae-in, candidat malheureux en 2012. Il souhaite renouer le dialogue avec Pyongyang mais aussi repenser la pertinence des missiles THAAD, que Madame Park avait choisi de déployer. Sur ces deux points, il semble peu en phase avec la ligne de l’administration Trump.

De quoi donc s’interroger sur la finalité des pressions américaines dans la péninsule, moins tournées vers Pyongyang que vers Séoul, et accessoirement vers Pékin, comme une doléance à prendre des initiatives. Si ces pressions sont assez logiques, voire légitimes, à l’égard de la Chine, elles ont de quoi surprendre dès lors qu’elles ciblent un allié historique des États-Unis. Conséquence, les manœuvres américaines ont tout pour inquiéter les Sud-Coréens, sans doute plus encore que les gesticulations de Pyongyang dont ils sont de toute façon familiers depuis que la péninsule est coupée en deux, et avec lesquelles ils ont depuis longtemps appris à vivre. Si l’administration Trump cherche des interlocuteurs légitimes et des alliés solides, elle devrait peut-être revoir sa copie dans les signaux qu’elle envoie actuellement à Séoul.

Un commandant en chef des forces armées privé de forces

Reste le problème lié aux moyens. Et une question qui blesse : mais où est donc passé l’USS Carl Vinson, ce porte-avion annoncé avec force par le président américain, et accessoirement commandant en chef des forces armées, comme faisant route vers la péninsule coréenne pour mettre la pression sur Pyongyang ? Aux dernières nouvelles, le bâtiment et la flottille l’accompagnant ont été aperçus dans le détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra, en route vers l’Océan indien, à environ 6 000 km au sud des côtes coréennes. Erreur de navigation, tentative de prendre la Corée du Nord par derrière (…) ? Non, tout simplement un ordre de mission respecté à la lettre, avec pour destination l’est de l’Océan Indien où il doit participer à des manœuvres navales avec la marine australienne. Il aurait depuis fait demi-tour, direction la Corée…

De deux choses l’une : soit Donald Trump bluffait quand il affirmait que le bâtiment se dirigeait vers la Corée, auquel cas il devrait s’assurer d’avoir de meilleures cartes dans son jeu avant de faire une annonce aussi risquée ; soit il ne savait pas de quoi il parlait. On ose à peine croire à cette seconde hypothèse, et pourtant. La rumeur enfle à Washington : les officiels du Pentagone n’ont pas osé signaler à leur président que l’USS Carl Vinson ne se dirigeait pas vers la Corée. Pour ne pas le contrarier ? Ou alors en se disant que l’affaire passerait inaperçue ? Le commandant en chef des forces armées ne serait ainsi pas informé de l’état et de la disponibilité des forces sur lesquelles il entend s’appuyer pour rendre sa politique étrangère et de défense crédible ? Voilà qui est, au-delà de l’amateurisme dans la gestion de cette nouvelle crise nord-coréenne, extrêmement inquiétant.

Cent jours après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, le constat est sans appel et soulève nécessairement de vives inquiétudes. Rarement la politique étrangère des États-Unis fut à ce point hésitante. Rarement la politique asiatique de Washington fut aussi peu pensée et coordonnée. Et jamais sans doute la politique coréenne d’une administration américaine ne fut à ce point marquée par un tel niveau d’incompétence, élevé au rang de doctrine. Il parait que le ridicule ne tue pas. Mais il peut en revanche être très blessant et laisser de profondes cicatrices, et c’est exactement ce que les hésitations coréennes de l’administration Trump risquent de provoquer.

Barthélémy Courmont

Barthélémy Courmont est maître de conférences à l’Université Catholique de Lille, Directeur de recherche à l’IRIS où il est responsable du pôle Asie-Pacifique, il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur les enjeux sécuritaires et les questions politiques en Asie orientale. Son dernier livre, Mémoires d’un champignon. Penser Hiroshima, est paru chez Lemieux éditeur.

Photo: Le vice-président américain Mike Pence en visite au village de Panmunjon dans la zone démilitarisée (DMZ) à la frontière de la Corée du Sud avec le Nord le 17 avril 2017. (Crédits : AFP PHOTO / JUNG Yeon-Je)

 

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En pleine tension dans la région, Pékin lance son premier porte-avions 100% chinois

porte-avions

La Chine a mis à flot mercredi son deuxième porte-avions, le premier entièrement conçu et réalisé dans le pays, au moment où le géant asiatique investit massivement dans ses forces armées, à l’appui de son statut de grande puissance capable de rivaliser avec les Etats-Unis.

Pékin dispose déjà d’un porte-avions, le Liaoning, dont la coque avait été produite dans l’ex-URSS.

Le nouveau bâtiment, dont le nom n’a pas encore été dévoilé, ne devrait être pleinement opérationnel qu’en 2020.

Lancement de confettis ce mercredi matin sur le chantier naval de Dalian, dans la province chinoise du Liaoning. Le premier porte-avions entièrement construit en Chine a été mis à l’eau lors d’une cérémonie de lancement organisé par la China Shipbuilding Industry Corp. Il s’agit du deuxième porte-avions de la Chine, après le « Liaoning », mais ce dernier était issu d’un bâtiment inachevé acheté à l’ancienne Union soviétique. Le « Liaoning » avait été mis en service par l’Armée populaire de Chine en 2012.

Le nouveau bâtiment, dont le nom n’a pas encore été dévoilé, ne devrait être pleinement opérationnel qu’en 2020 après avoir été équipé et longuement testé en mer. Lors du lancement en 2015 de la construction du navire, le ministère de la Défense chinois avait indiqué que son premier porte-avions indigène serait équipé d’un système de propulsion conventionnelle, non nucléaire, et transporterait notamment des Shenyang J-15, l’avion de combat de l’aéronavale chinoise.

Un budget militaire de plus de 1.000 milliards de yuans

Hasard du calendrier sans doute, cette mise à l’eau intervient dans un contexte de tensions régionales accrues et de rumeurs de sixième test nucléaire nord-coréen imminent. Le porte-avions américain Carl Vinson et son escorte ont entamé dimanche des exercices conjoints avec la marine japonaise en mer des Philippines.

Le budget militaire chinois, le deuxième de la planète après celui des Etats-Unis , dépassera pour la première fois les 1.000 milliards de yuans cette année (132 milliards d’euros), augmentant de 7%. Si la Chine a multiplié par 10 son budget de la Défense en 15 ans, il reste loin derrière celui des Etats-Unis (552 milliards de d’euros).

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Publié par le 26 avril 2017 dans général, Politique, Vidéos (Toutes)

 

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OLIVIER DELAMARCHE – MACRON, HOLOGRAMME DE HOLLANDE ?

 
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