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Archives du 19 avril 2017

Dans l’Arctique aussi, les déchets plastiques s’accumulent

La goélette « Tara » dans l’archipel François-Joseph, dans le nord de la Russie, en janvier 2013.

Jusqu’à 1 200 tonnes de fragments provenant d’Europe de l’Ouest et des Etats-Unis contaminent la surface de l’océan.

C’est désormais une certitude : on trouve des débris plastiques flottants sur tous les océans. On connaissait les grandes zones d’accumulation, en Méditerranée et au cœur des cinq gyres océaniques – Atlantique nord, Atlantique sud, Pacifique nord, Pacifique sud, océan Indien –, mais une équipe internationale menée par Andrès Cozar (université de Cadix, Espagne) publie, mercredi 19 avril dans la revue Science Advances, les résultats d’une campagne de mesures montrant l’existence d’une nouvelle zone d’accumulation dans l’océan Arctique. Loin, très loin des grandes sources de rejet de plastique en mer.

« Nos résultats portent néanmoins une bonne nouvelle, puisque dans de vastes zones de l’Arctique, on ne trouve pas ou très peu de plastique flottant, explique Erik van Sebille (université d’Utrecht, Pays-Bas), coauteur de ces travaux. Cependant, en mer du Groenland et en mer de Barents, on en trouve des concentrations élevées, beaucoup plus hautes que quiconque l’aurait imaginé. » Dans certaines zones, on ramasse jusqu’à « plusieurs centaines de milliers de débris par kilomètre carré », écrivent les chercheurs, qui fondent leur analyse sur les relevés effectués par la goélette Tara. Celle-ci a laissé traîner ses filets dans de larges secteurs de l’Arctique entre juin et octobre 2013, récupérant les fragments de taille supérieure à 0,5 millimètre.

La quantité totale de débris découverte demeure toutefois marginale par rapport à ce qui pollue la Méditerranée et les gyres océaniques. Dans l’océan glacial, les chercheurs estiment la quantité totale de fragments entre 100 tonnes et 1 200 tonnes. Et ce, alors que leur masse totale, à l’échelle des océans du globe, est généralement évaluée entre quelques dizaines de milliers de tonnes et plus de 200 000 tonnes – là encore avec une grande marge d’erreur.

Cul-de-sac

Selon les auteurs, les débris qui s’accumulent là, dans les mers glacées septentrionales, sont portés par un bras de la circulation dite « thermohaline » – ce lent courant marin qui transporte les eaux chaudes de l’Atlantique tropical vers l’Europe du Nord. Les zones où ces eaux de surface chaudes se refroidissent et plongent en profondeur seraient, écrivent les chercheurs, comme un cul-de-sac propice à l’accumulation des débris flottant. « Un modèle de circulation océanique que nous avions utilisé en 2012 anticipait que ce serait le cas, mais nous n’avions pas les données pour le vérifier, dit Erik van Sebille. C’est désormais chose faite. »

En 2015, une étude publiée dans la revue Science avait fait grand bruit en estimant à 8 millions de tonnes la quantité de plastique déversée chaque année dans les océans, ajoutant que 80 % environ des rejets ne provenaient que de quelques pays d’Asie (Chine, Indonésie, Philippines, Vietnam, Sri Lanka, etc.). « Certains se sont alors demandé s’il était bien utile que les pays européens et les Etats-Unis fassent un effort dans la mesure où l’essentiel de la contamination de l’océan par le plastique ne provient pas de ces pays, raconte Erik van Sebille. Or, nos travaux montrent que les rejets de plastiques provenant d’Europe de l’Ouest et des Etats-Unis sont importants, car ils finissent en partie dans l’Arctique, une zone à la fois biologiquement très productive et d’une grande fragilité car tous les stress qu’elle subit s’ajoutent au changement climatique. »

En outre, la contamination des eaux de surface de l’Arctique n’est sans doute que la partie émergée du problème : une part, pour l’heure impossible à chiffrer, a coulé et gît sans doute sur le plancher océanique. De fait, les débris flottant sur l’océan ne représentent qu’une minuscule fraction, inférieure à 1 %, de la masse totale de plastique introduite dans les mers du globe. Où se trouve cette matière manquante ? A-t-elle coulé au fond des mers ? Est-elle stockée dans la chaîne alimentaire ? Est-elle présente en trop petits fragments pour être ramassée dans les filets des missions d’échantillonnage ? A-t-elle été dégradée par des communautés bactériennes ? Ces multiples questions demeurent largement ouvertes.

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Publié par le 19 avril 2017 dans Climat - Environnement, général

 

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Le souverainisme est-il une insulte ?

Comment le mot « souverainiste » a-t-il pu devenir une insulte ? se demande Michel Onfray dans Le Point. Comment la souveraineté des peuples a-t-il été diabolisée au point d’être synonyme de racisme, xénophobie, islamophobie ? Comment le pouvoir d’un peuple, par le peuple et pour le peuple est-il devenu une régression ? Comment l’exercice de la démocratie est-il considéré comme une erreur ?

Si aujourd’hui le souverainisme s’apprête à remporter cette élection, n’est-ce pas une victoire de la démocratie sur un système capitaliste fou qui échappe au pouvoir des peuples, ou bien le retour des « heures les plus sombres » de notre histoire ?

Et finalement, si le peuple Français refuse de fondre la Nation Française dans un ensemble territorial supra-national et rejette les traités qu’on lui propose, est-il normal de passer outre et de les mettre en oeuvre malgré lui ? La souveraineté du peuple doit-elle être ignorée quand il ne pense pas comme les élites ? sa voix, amoindrie ?

L’exercice de la démocratie n’est possible que si il y a un peuple qui détient la maîtrise de son destin, un peuple qui est donc souverain. La démocratie ne peut pas s’exprimer sans la souveraineté. Veut-on nous faire croire que, finalement, la démocratie, c’est une idée dépassée ? (« democracy is so overrated » – Frank Underwood, House of cards).

Petit rappel historique

Ce ne sont pas des Nations souveraines et démocratiques, mais des Empires hégémoniques qui ont provoqués les plus grandes guerres européennes modernes. Ce sont Louis-Napoléon Bonaparte, alias Napoléon III, Otto Eduard Leopold, alias Bismarck, et Adolphe Hitler, alias Führer, fondateurs respectifs de l’Empire Français, du IIème et du IIIème Reich Allemands qui mirent l’Europe à feu et à sang depuis 150 ans, et non des peuples Européens souverains; des guerres où les empires Français, Allemands, Austro-Hongrois, Russe et Ottoman se sont finalement brisés pour laisser la place aux Nations et aux peuples souverains et, par voie de conséquence, à 70 années de paix.

Que fait-on depuis bientôt 20 ans ? On s’efforce de sortir de cette Europe des Nations en paix, coopératives et démocratiques, pour construire un nouvel ensemble Européen sur la foi d’une élite dogmatique qui prétend savoir mieux que le peuple ce qui est bon pour lui et qui diabolise leur souhait de souverainisme. Que croyez-vous qu’il arrivera ? (source)

 
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Publié par le 19 avril 2017 dans général, Politique, société

 

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Comment l’Union Européenne a imposé les maïs OGM à la France

C’est une histoire édifiante qui illustre bien le fonctionnement de l’Union Européenne.

Tout commence à la commission européenne. Celle-ci, pour des raisons qu’on ignore mais derrière lesquelles de mauvaises langues ont vu un soupçon de lobbying, décide d’autoriser la commercialisation du maïs OGM (Organisme Génétiquement Modifié) Monsanto.

Pour cela, elle doit obtenir l’aval du conseil des ministres de l’agriculture des 28 pays membres. Elle réunit donc ce conseil et présente son projet. Rendons hommage à la France qui s’est bien battue pour rejeter cette proposition. S’en suivit un vote des ministres qui a dégagée une majorité de votes contre.

Oui mais, le vote de ce conseil se fait à la majorité qualifiée, c’est à dire que chaque état a un nombre de voix qui correspond à son poids démographique. Plus précisément, pour qu’une décision soit adoptée, elle doit l’être par 72% des états-membres représentant au moins 65% de la population, avec une minorité de blocage d’au moins quatre états représentant 35% de la population. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Et là il y a un hic : le non n’obtient pas la majorité qualifiée, ni le oui d’ailleurs. C’est comme si le conseil s’était abstenu : ni pour, ni contre.

Pendant ce temps, le parlement européen, qui a eu vent de l’affaire, décide de s’en saisir. Effectivement, la commission n’est obligée de saisir le parlement européen (codécision) que dans certains domaines comme la culture ou l’environnement, mais pas pour l’agriculture qui, comme chacun sait, n’a rien à voir avec l’environnement.

S’ensuit un débat puis un vote qui dégage une majorité de non. La commission en prend acte, mais rappelle que dans ce domaine, le vote du parlement n’est que consultatif.

A la même époque, des sondages sont réalisés dans la plupart des pays de l’union, qui montre clairement que la majorité des européens sont opposés aux OGM.

Résumons-nous :

  • une majorité de pays est contre mais ce n’est pas suffisant pour constituer une décision
  • une majorité de députés européens est contre mais leur avis n’est que consultatif
  • Les peuples européens sont en majorité contre mais qui les écoute ?

Dans un système démocratique, cela aurait dû suffire pour que la commission retire sa proposition. Mais que croyez-vous qu’il arriva ? La commission l’a maintenue en vertu des traités européens qui lui en donnent le droit. Cette proposition s’applique alors à tous les états sans discussions. Dans les institutions européennes on a une curieuse conception de la démocratie…

La France s’est donc vue dans l’obligation d’accepter d’importer du bon maïs Monsanto, tant pour l’alimentation animale qu’humaine, maïs que vous retrouverez dans votre assiette que cela vous plaise ou non, directement ou indirectement.

Pour l’instant la France fait de la résistance sur la culture de ce maïs sur son sol mais elle en paye le prix lourd. En effet, tout retard dans la transposition d’une directive européenne entraîne des pénalités financières très lourdes. Combien de temps pourra-t-elle tenir, et le prochain gouvernement en aura-t-il la volonté ?

Dans ses mémoires, Jacques Delors qualifiait l’UE de « despotisme éclairé ». C’est sûr, c’est plus acceptable qu’une dictature aveugle, on se demande juste : éclairée par qui ? Cette histoire montre bien que ce n’est pas par les peuples.

Et cela ne va pas s’arranger puisqu’avec l’adoption du traité de libre-échange avec le Canada, les Etats-Unis pourront, via l’accord de libre-échange qu’ils ont avec leur voisin du nord, venir tranquillement déverser leurs produits chez nous.

Bon appétit.

Post-scriptum : les institutions européennes sont nombreuses et complexes et il convient de bien distinguer l’Europe et l’Union Européenne :

  • l’Europe comprend des institutions inter-gouvernementales comme l’OSCE ou le Conseil de l’Europe (dont fait partie la Russie). C’est l’Europe qui nous a donné Airbus et Ariane, par exemple.
  • L’Union Européenne est une institution proto-fédérale composée entre autres du conseil, du parlement et de la commission. C’est l’Union Européenne qui nous a donné le maïs OGM, la loi Macron ou la loi El-Khomri.

Sortir de l’Union Européenne, contrairement à ce que vous pourrez entendre, ce n’est donc pas quitter l’Europe. Une précision bien utile en cette période électorale. (source)

 

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Monsanto reconnue coupable d’atteinte aux droits humains par un Tribunal international

Au Tribunal Monsanto, à La Haye (Pays-Bas), en octobre 2016, cinq juges internationaux écoutent les témoins venus du monde entier.

Des taux hors normes de glyphosate ont été retrouvé dans les urines de personnalités :

Après avoirmontré la présence de perturbateurs endocriniens dans les cheveux de députés écologistes, l’association Générations futures s’est intéressée aux taux de glyphosate décelables dans l’urine de diverses personnalités. Rendues publiques jeudi 6 avril, les analyses de l’association concernent des individus d’âges différents, végétariens ou non, vivant en ville ou à la campagne.

Le test est sans appel : 100 % des échantillons contiennent du glyphosate, la molécule active de l’herbicide Roundup produit par Monsanto. Cette molécule est le pesticide le plus utilisé au monde, surtout en agriculture. On en trouve des traces dans l’eau et dans l’air ou dans l’alimentation.

Monsanto reconnue coupable d’atteinte aux droits humains par un Tribunal international

Six mois après le procès citoyen intenté au géant de l’agrochimie, les juges ont rendu, mardi, leur « avis consultatif » et demandent la reconnaissance de l’écocide dans le droit international.

Les conclusions du Tribunal international Monsanto sont sans appel. La compagnie américaine spécialisée dans les biotechnologies agricoles a été reconnue coupable de pratiques portant atteinte à de nombreux droits humains.

Elle était accusée de crimes contre l’humanité et d’écocide, se voyant notamment reprocher la commercialisation de produits toxiques ayant causé la mort de milliers de personnes, comme les polychlorobiphényles (PCB), le glyphosate – utilisé dans des herbicides comme le Roundup commercialisé par la multinationale –, ou encore l’acide 2,4,5-trichlorophénoxyacétique, constituant l’« agent orange », un herbicide pulvérisé par avion par l’armée américaine durant la guerre du Vietnam.

Rendu public à La Haye, aux Pays-Bas, mardi 18 avril, après six mois de travail, cet avis « consultatif » du tribunal, sous la présidence de Françoise Tulkens, ex-juge à la Cour européenne des droits de l’homme, n’a pas valeur de condamnation au sens juridique du terme ; il n’est pas « juridiquement contraignant », ainsi que le précise le document. « Il ne fait par conséquent mention d’aucun plaignant, aucun procureur ni aucun prévenu au sens juridique de ces termes. »

Alerter l’opinion et faire avancer le droit

Le Tribunal Monsanto est un procès citoyen, sans reconnaissance officielle, dont le but est d’alerter l’opinion et de faire avancer le droit. Durant deux jours du 16 au 18 octobre 2016 à La Haye, cinq magistrats professionnels (venant d’Argentine, de Belgique, du Canada, du Mexique et du Sénégal) avaient auditionné une trentaine de témoins, d’experts, de victimes, d’avocats. Monsanto avait refusé de « comparaître ». Six questions étaient posées au « tribunal ».

L’avis consultatif des juges ne laisse place à aucun doute quant aux agissements de Monsanto. Aux quatre premières questions relatives au respect du droit à un environnement sain, à l’alimentation, au droit à la santé et à la « liberté indispensable à la recherche scientifique », le tribunal estime que la multinationale contrevient aux réglementations et au respect des droits fondamentaux.

« Monsanto se livre à des pratiques qui ont de graves répercussions sur l’environnement », estiment les juges. Des activités qui affectent, selon eux, les droits des peuples autochtones et des communautés locales.

« Commercialisation agressive des semences OGM »

Les droits à l’alimentation et à la santé sont aussi bafoués. Le tribunal détaille en particulier « la commercialisation agressive de semences OGM » qui altère ces droits « en forçant des agriculteurs à adopter des modes de culture qui ne respectent pas les pratiques des cultures traditionnelles ». Les cinq juges dénoncent aussi les pratiques de Monsanto qui nuisent à la liberté de la recherche scientifique, ainsi qu’à « la liberté d’expression et au droit à l’accès à l’information ».

Sur les deux dernières questions qui lui étaient posées, le tribunal est moins affirmatif. S’agissant de la complicité de crimes de guerre, il dit ne « pas être en mesure de formuler une conclusion définitive ». Mais, reconnaissant la destruction de l’environnement ainsi que les dommages causés à la population vietnamienne, les juges avancent que l’hypothèse selon laquelle Monsanto « a donné les moyens de faire la guerre au Vietnam », « connaissait l’utilisation qui devait être faite du produit » et « disposait des informations relatives à ses effets préjudiciables sur la santé et l’environnement » ne peut être écartée.

Autant dire que la charge de ce tribunal est lourde. Il conclut d’ailleurs qu’une procédure par voie civile aurait dû être engagée et que, si le crime d’écocide venait à être inclus dans le statut de Rome de la Cour pénale internationale, « au titre d’une cinquième catégorie de crimes internationaux », les juges auraient pu se prononcer sur ces actes de destruction perpétrés au Vietnam.

Reconnaissance du crime d’écocide

C’est d’ailleurs l’ultime conclusion et réponse à la dernière question posée : le crime d’écocide doit être reconnu dans le droit pénal international. Il aurait alors permis de caractériser les activités de Monsanto, argumentent les juges.

Pour rappel, cette notion avait été évoquée, dès 1972, lors de la conférence des Nations unies sur l’environnement, à Stockholm, dans son discours d’ouverture, par le premier ministre suédois en évoquant la guerre du Vietnam.

Depuis, le droit de l’environnement a progressé lentement dans les législations nationales. La nature s’est même vu accorder des droits comme en 2008 en Equateur lorsque le gouvernement a donné un statut juridique aux montagnes, aux rivières et aux terres.

Le Tribunal international Monsanto veut aller plus loin. Il estime « que le temps est venu de proposer la création d’un nouveau concept juridique pour le crime d’écocide et de l’intégrer dans une future version amendée du statut de Rome établissant la Cour pénale internationale ». Et les magistrats rappelent qu’en 2016 « la procureure de la Cour pénale internationale a annoncé qu’un point d’honneur particulier sera mis sur la poursuite en justice des auteurs de crimes (…) ayant pour objectif ou pour conséquence, entre autres, la destruction de l’environnement (…) ».

« Juges et parties »

La firme Monsanto qui avait déjà, en octobre 2016, exprimé son opinion et ses réserves sur la tenue de ce tribunal citoyen, l’estimant juge et partie, ne reconnaît pas de valeur à ses conclusions.

« Cet événement a été orchestré par un groupe restreint d’opposants à Monsanto et aux technologies agricoles qui se sont érigés en organisateurs, juges et parties. Ce tribunal a nié l’existence des preuves scientifiques et des décisions de justice sur plusieurs sujets pour conclure à un verdict prédéterminé, confie Brian Carroll, porte-parole de Monsanto en EuropeNous continuerons à travailler avec les organisations et instances réglementaires légitimes dans les différentes régions dans lesquelles nous sommes présents et réaffirmons notre engagement à trouver des solutions aux enjeux de la faim dans le monde, de la sécurité alimentaire, et au rôle des agriculteurs pour nourrir durablement une population mondiale en constante croissance. »

Si l’entreprise avait décliné l’invitation de la juge Françoise Tulkens de se rendre à La Haye en octobre 2016, l’avis du tribunal n’en a pour autant pas moins de valeur, estime la présidente. « C’est un jugement en droit, il n’y a pas eu de procès avec la confrontation de deux parties, mais nous avons établi nos conclusions sur la base de nombreux rapports et sur des témoignages qui n’ont pas été contredits, de faits qui n’ont pas été contestés. J’espère que cet avis fera évoluer la justice internationale », a expliqué Mme Tulkens au Monde.

« Redéfinir la hiérarchie des normes »

Selon elle, le document, d’une soixantaine de pages, devrait permettre d’asseoir le nouveau crime d’écocide et d’aider les Etats à mieux faire respecter les droits fondamentaux que sont l’alimentation, la santé, l’information, etc. « Les Etats signent des textes, en veux-tu-en-voilà, et ils ne sont pas appliqués ; nous aiderons peut-être à mieux faire comprendre leur portée », ajoute Françoise Tulkens.

Autre but avancé par Arnaud Apoteker, du comité d’organisation du Tribunal international Monsanto : « Cet avis doit inciter les victimes à utiliser les points juridiques pour poursuivre Monsanto devant les tribunaux nationaux. »

Parmi les changements importants que pourrait induire cet avis consultatif, qui devrait être transmis prochainement aux Nations unies, à la Cour pénale internationale, au Comité des droits de l’homme… et à la firme Monsanto, on trouve l’introduction de la responsabilité d’une entreprise dans un crime contre l’environnement. Jusqu’alors, seules les responsabilités individuelles des personnes physiques pouvaient être incriminées dans le statut de la Cour pénale internationale.

« Le droit des entreprises, des règles du commerce mondial, sont en train de primer sur les droits de l’homme et ceux de la nature. Il est temps de redéfinir la hiérarchie des normes », estime ainsi la juriste Valérie Cabanes, spécialisée dans le droit international humanitaire et les droits humains et auteur de Un nouveau droit pour la Terre (Editions du Seuil, 2016)

 
 

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C dans l’air parle de François Asselineau

François Asselineau sur France Inter le 19/04/17

Courte vidéo qui a pour but de contre-argumenter sur le « vote utile » :

 
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Dieudonné : « Je me sens Marine Mélenchon » (Où sont passés Nolan et Biquette ?)

 
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Publié par le 19 avril 2017 dans général, Politique, Vidéos (Toutes)

 

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Élections : comment Hollande and Co risquent de se prendre le pied dans le tapis. Par Charles GAVE

Billet de Charles Gave

Je vais partir d’un certain nombre de présupposés qui seront – ou non – confirmés dimanche prochain.

Les voici.

  • Le premier est que Marine Le Pen sera au deuxième tour.
  • Le deuxième est que la classe politique et journalistique attend cela avec impatience pour nous refaire le coup de la nécessité pour les forces de progrès (?) de s’unir pour empêcher qu’elle ne soit élue au deuxième tour, l’idée bien sûr ayant toujours été que celui qui sera opposé à elle sera automatiquement élu.
  • Pour les hommes de Davos et les Oints du Seigneur qui nous gouvernent avec le succès que chacun peut constater depuis des années, la question posée était donc : comment manœuvrer pour être certain que leur candidat sera au deuxième tour ?
  • Tout le monde connaît la réponse à cette question qui est vieille comme les élections. Il suffit de susciter des « petites » candidatures chassant sur les mêmes terres que messieurs Fillon et Hamon (soutenus l’un et l’autre du bout des lèvres par les forces politiques représentant les hommes de Davos) qui garantiront que leur « Oint du Seigneur », soigneusement choisi par les représentants de l’État profond français (messieurs Attali et Jouyet) sera présent au second tour puisque les forces de leurs adversaires auront été dispersées.

Et bien entendu, ces « utiles petits candidats », dont nul ne met en doute l’honorabilité, trouvant sans trop de difficultés les 500 signatures qui pour d’autres seraient moins utiles, sont impossibles à rassembler.

Où l’on retrouve le vieux principe de « diviser pour régner » cher à tout énarque de qualité …

Et c’est là que les choses pourraient se compliquer sérieusement pour nos Machiavels de sous-préfecture qui pensent que l’électorat français se manipule comme un congrès du parti socialiste.

En fait, je ne suis pas du tout certain du coté inéluctable de cet enchaînement qui fait fi de l’intelligence de l’électeur de base.

Prenons un électeur de monsieur Fillon.

Que va-t-il se dire ?

Dans un scrutin « normal » j’aurais pu me laisser tenter par un vote au premier tour pour monsieur Dupont-Aignan, le gendre parfait, ou pour monsieur Asselineau, la réincarnation du Général. Si je me laisse aller à cette faiblesse, il est à peu près certain qu’au deuxième tour, je vais me retrouver avec Macron contre Le Pen, ce qui me paraît avoir à choisir entre la peste et le choléra. 

Et donc, je vais voter comme un seul homme pour Fillon.

Prenons un électeur de « gauche ».

Que va-t-il se dire ?

Dans un scrutin normal, j’aurais pu me laisser tenter au premier tour et donner ma voix à un Hamon ou à un Poutou. Mais à l’évidence, ils ne seront pas au deuxième tour, et je risque de me retrouver sans aucun candidat pour qui voter au deuxième tour, un peu comme quand nous avions eu Pompidou contre Poher.

Et donc je vais voter comme un seul homme pour monsieur Mélenchon.

Le « diviser pour régner » risque en fait de renforcer les gros candidats tant à gauche qu’a droite, plutôt que de les affaiblir.

Ce qui revient à dire que la présence de monsieur Macron au deuxième tour est loin d’être assurée.

Venons-en aux électeurs de monsieur Macron qui, me dit-on, seraient à la recherche d’un « souffle nouveau » et donc serait soutenu par la jeunesse.

  • En fait de souffle nouveau, il n’y a pas un seul vieux cheval de retour de la politique ou de la gens jacassière (ceux qui ont fait leur métier de commenter la vie politique, comme l’appelait Raymond Barre) qui ne manifeste un merveilleux enthousiasme pour le candidat de la disparition de la France. On retrouve bien sûr l’éternel trio de comiques troupiers, BHL, Minc, Attali qui se sont toujours trompés sur tout et sur lesquels il n’est point besoin d’épiloguer. Le fait que ces trois-là soutiennent monsieur Macron rend son élection hautement improbable tout simplement parce qu’ils n’ont jamais rien compris à rien.
  • Quant à la jeunesse, je n’accorde aucun crédit particulier à la jeunesse, en partant du principe cher à Jacques Brel qu’un jeune con a tendance à devenir un vieux con et que d’ailleurs, le candidat le plus soutenu par la « jeunesse » est MLP, ce qui semble avoir échappé à la gens jacassière citée plus haut.
  • On le voit être soutenu par un ancien ministre de l’Éducation nationale, monsieur Bayrou, qui, quand il a été en fonction, s’est toujours couché avec la plus grande célérité devant les syndicats qui ont détruit l’Éducation nationale. Nous devons aussi à ce fin politique l’élection de monsieur Hollande et donc cinq ans de dégringolade ininterrompue.

 

Voir monsieur Bayrou embrasser monsieur Macron laisse une impression détestable, sans que je sache très bien pourquoi. Je songe à la formule de Napoléon voyant Fouché donnant le bras à Talleyrand et disant « Tiens, voici le vice appuyé sur le crime » que l’on pourrait paraphraser comme : « Tiens, voici le vide appuyé sur la veulerie. »

  • Et enfin notre Macroniste doit savoir aujourd’hui que son candidat est soutenu par la quasi-totalité des groupes de presse appartenant pour certains d’entre eux à des hommes pour qui monsieur Macron a eu des bontés quand il était ministre. Ce qui peut laisser chez les âmes sensibles comme un léger sentiment de dégoût.

Bref, j’ai beaucoup de mal à penser que les Macronistes vont se lever en masse dimanche prochain en chantant « youkahidi, youkahida » avant d’aller voter pour celui qui apparaît de plus en plus et comme un faux nez du parti socialiste et comme le digne successeur de monsieur Hollande, lequel après tout plafonnait il y a quelques mois à 10 % d’opinions favorables. Je ne vois donc pas très bien pourquoi ce représentant du vide sidéral de la pensée et de l’absence de courage devrait atteindre 20 %.

Qu’un Français sur cinq se laisse embobiner par une manœuvre aussi grossière me paraît déjà beaucoup. Plus, cela confirmerait les craintes que certains peuvent avoir sur le niveau intellectuel des Français en chute libre depuis 1981, mais il y a des limites.

 

Je ne suis payé ni par les instituts de sondage ni par les journaux, ni par leurs propriétaires (qui sont souvent les mêmes), ce qui enlève bien entendu toute légitimité à mes propos. Cependant, je confirme et je signe : je ne suis pas du tout certain que monsieur Macron sera au deuxième tour. Imaginons cependant que je me trompe…  (Ce qui ne m’est jamais arrivé bien entendu mais il faut un début à tout.)

La question que chacun devra se poser alors est : mais où sont donc les troupes de réserve de monsieur Macron ?

Chez les électeurs de Fillon ?

Vous plaisantez sans doute.

Ils ne vont pas voter pour celui qui a été certainement complice de la tentative de déstabilisation de leur candidat, qui était dans le palais de l’Élysée ou au gouvernement quand on leur a imposé le mariage pour tous après qu’on ait augmenté leurs impôts de façon monstrueuse. Qui plus est ce candidat a l’intention de taxer l’immobilier, seul actif qui leur a permis de ne pas encore sombrer.

Plutôt crever.

Chez les électeurs de Mélenchon ?

Vous les voyez voter pour un ancien de la banque Rothschild qui a fait disparaître une partie importante de son patrimoine sans que l’on sache très bien pourquoi ni comment ?

Vous les voyez voter pour le candidat de la mondialisation heureuse, pour celui qui veut que la France devienne une société multiculturelle et qui traite les femmes qui travaillent en usine d’abruties illettrées ?

Et donc, dans ce cas de figure, je m’attendrais à une abstention prodigieuse et à l’élection de Madame Le Pen.

Passons au second cas de figure, Le Pen/Mélenchon.

Même question : où sont les troupes de réserve de monsieur Mélenchon ?

En dehors de monsieur Bayrou, et des trois pelés et deux tondus qui auront voté Hamon, je ne vois pas de troupes fraîches apparaître.

Et donc, dans ce cas de figure, madame Le Pen est élue haut la main.

Venons-en à monsieur Fillon et posons la question fatidique : où sont ses troupes de réserve ?

Très facile de répondre à cette question : tous les gens qui auront voté pour monsieur Macron, étant à la fois pusillanimes, sans conviction et crédules, se précipiteront pour voter pour monsieur Fillon, qui sera élu triomphalement et pourra de plus dégager une majorité de gouvernement considérable au Parlement.

J’en arrive à la conclusion de ce papier.

Les gros malins qui ont essayé de dézinguer monsieur Fillon pour faire élire leur Golem ont, de par leurs actions, rendu infiniment plus probable l’élection de madame Le Pen. Je pense au proverbe Grec : « Ceux que les Dieux veulent perdre, ils les rendent fous. »

Quand on voit monsieur Hollande se promener en déclamant que sa dernière mission est d’empêcher madame Le Pen d’être élue, on ne peut s’empêcher de sourire en repensant que ses missions antérieures étaient de relancer la croissance, de retrouver l’équilibre budgétaire et de faire baisser le chômage. À l’aune de ses résultats passés, l’élection de MLP apparaît une certitude.

Quoi qu’il en soit, la parole est maintenant au souverain – enfin -, c’est-à-dire au peuple.

À lundi prochain et bon vote !

Source Institut des Libertés ici

 
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Publié par le 19 avril 2017 dans général, Politique

 

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