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Janet Yellen s’alarme au sujet de l’indépendance de la Fed

13 Avr

Janet Yellen juge l’indépendance de la Fed menacée . La présidente de la Fed a estimé lundi que plusieurs propositions de lois visant à restreindre la marge de manœuvre de la Fed faisaient peser une forme de menace sur l’indépendance de l’institution. Janet Yellen n’a pas mentionné Donald Trump mais le président républicain avait directement fait pression sur la Fed pendant sa campagne en l’accusant d’avoir fait le jeu des démocrates.

Janet Yellen s’alarme au sujet de l’indépendance de la Fed

La Fed est la cible d’attaques d’élus républicains. Ils souhaitent restreindre la marge de manœuvre de l’institution en matière de politique monétaire.

«  Une forme de menace pèse sur notre indépendance.  » Lundi soir, lors d’une séance de questions-réponses à l’université du Michigan, la présidente de la Fed, Janet Yellen s’est inquiétée des pressions politiques qui menacent l’indépendance, «  cruciale », de l’institution qu’elle préside. En cause, les attaques dont elle fait l’objet depuis des mois de la part d’élus républicains du Congrès qui souhaitent restreindre sa marge de manoeuvre en matière de politique monétaire.Le nom de Donald Trump n’est pas évoqué, mais cette phrase sonne comme un avertissement au président américain, très critique à l’égard de la Fed durant la campagne. Cette indépendance lui est conférée par le Congrès et le Federal Reserve Act de 1913, qui lui donne mandat d’assurer le plein-emploi, la stabilité des prix et la faiblesse des taux d’intérêt. Une indépendance statutaire qui n’empêche pas la Fed de «  rendre des comptes  » ou d’être «  transparente », a tenu à rappeler Janet Yellen.

Les relations entre la Fed et la Maison-Blanche se tendent au moment où la Réserve fédérale accélère son processus de remontée des taux d’intérêt et où elle évoque la prochaine réduction de son bilan. Un moment clef pour les marchés, d’autant que le programme économique de Donald Trump est potentiellement inflationniste. «  Le président a une vision très années 1960-70 de l’économie et il va probablement chercher dans la Fed un partenaire qui facilite ses ambitions au lieu de les punir. C’est particulièrement vrai dans un environnement où la charge de la dette est importante et où les conséquences de la discipline monétaire se montreraient très vite gênantes », estime Vincent Reinhart chez Standish (BNY Mellon IM).

Cette mise au point de Janet Yellen apparaissait donc nécessaire. Alexandra Estiot, économiste chez BNP Paribas, rappelle en effet que «  la crédibilité et l’indépendance, qui vont de pair, sont les biens les plus importants d’une banque centrale. Le pouvoir américain n’a donc pas intérêt à ce que la Fed perde en crédibilité, car cela pourrait avoir des conséquences importantes sur les achats de bons du Trésor américain par les non-résidents, sur la valeur du dollar et, à terme, sur la stabilité financière des Etats-Unis ». Mais pour l’économiste, «  le danger porte moins sur la politique monétaire en tant que telle que sur les questions macroprudentielles, de régulation et de supervision bancaire », alors que Donald Trump a promis de revoir cette loi, qui encadre la gestion des fonds propres des banques. «  Si vous examinez les données objectives, je ne pense pas que l’on puisse dire que les régulations aient asphyxié le crédit bancaire  », a d’ailleurs jugé Janet Yellen lundi soir.

Un changement de ton attendu

Quoi qu’il en soit, son avenir à la tête de la Fed s’est obscurci depuis l’élection de Trump. Si l’on imagine mal le président américain mettre un terme prématuré à son mandat – qui court jusqu’en février 2018 -, on image mal aussi Janet Yellen entamer un deuxième mandat à cette date. D’autant plus que Donald Trump doit nommer cette année trois nouveaux membres au conseil des gouverneurs de la Fed. Pour la remplacer, plusieurs noms circulent, dont John Taylor, Kevin Warsh, Glenn Hubbard. «  Il s’agit là de personnes éminentes qui ont exprimé des réserves sur la politique de rachat d’actifs, voire une franche hostilité », indique Oddo Securities. Les investisseurs doivent donc s’attendre, à terme, à un changement de ton qui pourrait brouiller la lecture de sa politique monétaire. «  Comment vouloir en même temps une croissance plus forte, un dollar plus faible et une politique monétaire plus restrictive  ? », s’interroge Philippe Ithurbide chez Amundi, pour qui une «  mauvaise interprétation des intentions/décisions de la Fed est depuis longtemps un facteur de risque important ».

En attendant, Janet Yellen s’est montrée lundi relativement confiante sur l’économie des Etats-Unis, qualifiée de «  plutôt solide  ». Elle est aussi revenue sur la phase de transition vers une politique monétaire plus neutre : «  Avant, nous avions poussé la manette des gaz pour donner autant d’élan que nous le pouvions à l’économie. Aujourd’hui, nous la ravitaillons toujours en carburant, mais pas trop pour ne pas avoir à appuyer trop fortement sur l’accélérateur  », pour ne pas se retrouver «  dans une position où elle aurait à augmenter très vite ses taux d’intérêt, ce qui pourrait causer, en théorie, une récession ». Une façon de rappeler qu’elle reste bien le pilote de la Fed.

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Publié par le 13 avril 2017 dans économie, général, International

 

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