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L’attaque des États-Unis contre la Syrie : Un prélude à la guerre généralisée

10 Avr

Dans les 24 heures qui se sont écoulées après l’attaque injustifiée et illégale américaine sur un terrain d’aviation syrienne, il s’est avéré que cet événement est le prélude à une escalade militaire beaucoup plus large, avec la possibilité d’un affrontement direct avec une Russie dotée d’armes nucléaires.

Vendredi, les médias américains et l’establishment politique, comme d’une seule voix, n’ont pas seulement applaudi l’action de Trump, mais ont appelé à son expansion. L’ancienne candidate présidentielle démocrate Hillary Clinton a déclaré : « Il est essentiel que le monde fasse plus pour dissuader Assad de commettre des futures atrocités meurtrières. » À la veille de l’attaque, Clinton avait appelé à bombarder les aérodromes syriens et réitéré son soutien à la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne qui mènerait à la guerre contre la Russie selon les principaux généraux de l’armée américaine.

La dirigeante démocrate au Congrès Nancy Pelosi a salué l’action de Trump, tout en appelant le Congrès à adopter une nouvelle autorisation pour l’utilisation de la force militaire afin de prêter une plus grande légitimité à de futures actions. Les sénateurs républicains John McCain et Lindsey Graham ont publié une déclaration appelant Trump à intensifier la guerre en Syrie. Trump doit agir contre « la force aérienne d’Assad […] en l’écartant complètement du combat, » ont-ils écrit, et créer des « zones de sécurité » dans le pays, ce qui impliquerait le déploiement d’un nombre important de soldats au sol.

L’ambiance délirante et belliciste dans les médias a été exprimée par le commentateur de MSNBC Brian Williams, qui a cité absurdement des paroles de Leonard Cohen : « Je suis guidé par la beauté de nos armes. » Il était tellement paralysé par la « beauté » des missiles Tomahawk qu’il a répété le mot trois fois. Fareed Zakaria, de la chaîne CNN, a proclamé que grâce aux frappes aériennes, « Trump est devenu le président des États-Unis. »

Toutes ces déclarations sont sous-tendues par une acceptation universelle du mensonge transparent que les frappes étaient en réponse à des allégations que le gouvernement syrien, avec le soutien de la Russie, aurait utilisé des armes chimiques mardi contre le village de Khan Sheikhoun. Le démenti du gouvernement syrien, et le fait que les forces soutenues par les États-Unis ont utilisé de telles armes dans le passé et l’ont fait pour faire porter le chapeau au gouvernement, a tout simplement été ignoré.

En ce qui concerne l’illégalité flagrante de l’attaque américaine contre la Syrie, ceci a été considéré comme un faux problème. Lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies vendredi, l’ambassadeur de Syrie auprès des Nations Unies a traité les frappes « d’acte flagrant d’agression, » en violation « de la Charte des Nations Unies, ainsi que toutes les normes et les lois internationales. »

En réponse, l’ambassadrice des États-Unis aux Nations Unies Nikki Haley a simplement déclaré : « Quand la communauté internationale échoue régulièrement à remplir son devoir d’agir collectivement, il y a des moments où les États sont obligés d’agir indépendamment. » En d’autres termes, les États-Unis s’arrogent le droit de déclencher une guerre contre tout pays de leur choix, quel que soit le prétexte.

Cette approche a été relayée par les médias, avec le chroniqueur du Times, Nicholas Kristof, le propagandiste éternel des guerres « humanitaires » qui a déclaré que, « Les frappes aériennes du président Trump contre la Syrie étaient d’une légalité douteuse […] Mais surtout, elles étaient justes. »

Pour comprendre la véritable motivation derrière les frappes aériennes sur la Syrie, il est nécessaire de les placer dans un contexte historique plus large.

Les États-Unis ont été continuellement en guerre depuis plus d’un quart de siècle. Dans chacune des guerres, le gouvernement américain prétendait que son intervention était nécessaire pour empêcher une catastrophe imminente ou pour faire tomber tel ou tel dictateur.

En 1991, les États-Unis ont envahi l’Irak riche en pétrole, nominalement pour mettre fin aux atrocités projetées par l’armée irakienne contre la population du Koweït. Puis vint le bombardement de 1999 de la Yougoslavie, prétendument pour empêcher le nettoyage ethnique par le président Slobodan Milosevic.

En 2001, l’administration Bush a envahi l’Afghanistan, en se cachant derrière le prétexte que les Talibans abritaient les auteurs des attentats du 11 septembre. Ensuite est intervenue la seconde invasion de l’Irak, justifiée par les fausses allégations que le président irakien Saddam Hussein possédait des « armes de destruction massive ».

Sous Obama, les États-Unis ont bombardé la Libye et ont fait en sorte que leurs mandataires islamistes assassinent le président Mouammar Kadhafi après avoir prétendu que ses troupes avaient l’intention de commettre un massacre imminent à Benghazi.

Dans toutes ces guerres, les prétextes humanitaires ont été utilisés pour effectuer des opérations de changement de régime dans la poursuite des intérêts géostratégiques mondiaux des États-Unis. Elles ont entraîné la mort de plus d’un million de personnes et la destruction des sociétés entières. Dans un effort pour inverser le déclin à long terme du capitalisme américain, la classe dirigeante américaine a bombardé ou envahi un pays après l’autre dans les conflits régionaux qui se transforment rapidement en une confrontation avec ses rivaux plus importants, dont la Chine et la Russie.

Maintenant, une fois de plus, le peuple américain est censé croire que les États-Unis lancent une autre guerre pour sauver, selon les mots de Donald Trump, « de beaux bébés ».

En ce qui concerne la Syrie, l’effusion de sang horrible et la crise des réfugiés sont les produits d’une guerre civile de cinq ans attisée par la CIA visant à renverser le gouvernement de Bachar al-Assad, l’allié de l’Iran et la Russie. En 2013, les allégations d’une attaque d’armes chimiques faussement attribuée au gouvernement syrien ont été utilisées pour exiger des frappes aériennes. L’administration Obama a fini par reculer face à une large opposition populaire et la défaite inattendue au Parlement britannique d’une résolution autorisant une intervention militaire.

De sections dominantes de l’establishment militaire et politique, cependant, ont interprété l’accord d’Obama conclu avec Poutine comme une terrible reculade, un camouflet qui devait être effacé.

Dans les mois qui ont suivi l’élection et l’investiture de Trump, les accusations des démocrates qu’il était un « candidat sibérien » et un « caniche russe » visaient principalement à imposer une politique plus agressive en Syrie et contre la Russie, conformément aux exigences de la CIA et des hauts gradés de l’armée.

La résolution partielle du conflit acharné au sein de la classe dirigeante sur la politique étrangère ne signifie pas que les États-Unis ne chercheront pas également à accentuer les interventions militaires dans la région privilégiée par Trump pour de telles interventions, l’Asie. La chaîne de télévision NBC News a traité un sujet important lors du journal de vendredi soir, déclarant que « Le Conseil national de sécurité a présenté au président Trump des options pour répondre au programme nucléaire de la Corée du Nord, y compris l’installation d’armes nucléaires en Corée du Sud ou de tuer le dictateur Kim Jong-un. » Toute action de la sorte pourrait rapidement dégénérer en une guerre totale dans la région Asie-Pacifique.

Ce qui est peut-être le plus frappant est l’indifférence de l’establishment politique et des médias à l’opinion publique. La propagande est si flagrante, si répétitive, comme s’ils opéraient selon un script – ce qui est le cas. De larges couches de la population considèrent en grande partie comme allant de soi que le gouvernement colporte des mensonges.

Cependant, par le biais des opérations du Parti démocrate et ses filiales, l’opposition de masse à la guerre a été politiquement démobilisée. Il existe un fossé entre le niveau de conscience des grandes masses de la population et le danger extrême de la situation mondiale.

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