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Archives du 10 avril 2017

Peut-on vraiment relier les cerveaux aux machines ? Le projet d’Elon Musk vu par un neuroscientifique

cerveau-electrode

Elon Musk planche sur un nouveau projet consistant à concevoir un cordon cortical pour relier le cerveau humain à une machine. Claude Touzet, spécialiste de l’apprentissage automatique et biologique et responsable d’un laboratoire en neurosciences intégratives et adaptatives, apporte son éclairage.

La découverte, fin mars, de l’existence du projet Neuralink a d’ores et déjà fait couler beaucoup d’encre. En effet, après les voitures autonomes se déplaçant toutes seules et les fusées capables de retourner sans encombre sur Terre, l’entrepreneur américain Elon Musk s’attaque à un tout autre chantier, sans doute encore plus ambitieux, puisqu’il s’agirait de créer un « cordon » cortical pour améliorer les capacités cognitives.

À l’heure actuelle, les informations sur Neuralink restent très succinctes. On sait juste que Neuralink a été enregistrée l’été dernier en Californie en tant que firme de recherche médicale et que quelques embauches ont été faites parmi les spécialistes de la pose d’électrodes. Elon Musk lui-même ne s’est guère épanché sur le sujet, évoquant seulement le projet dans les grandes lignes lors d’une conférence en janvier.

Elon Musk
CC Michelle Andonian

Tout à la fois passionnant, mystérieux et complexe, le sujet pose pour l’instant plus de questions qu’il n’en résout. Mais à défaut d’avoir toutes les réponses, il est néanmoins possible d’obtenir un éclairage sur ce que l’on sait. Éclairage que Claude Touzet, maître de conférences et responsable du laboratoire de Neurosciences Intégratives et Adaptatives à l’université d’Aix-Marseille a bien voulu nous apporter.

Reconnaissant être « intrigué » par Neuralink et les nouvelle ambitions d’Elon Musk, ce spécialiste de l’apprentissage automatique et biologique tempère toutefois les fantasmes de ceux qui imaginent déjà demain une humanité augmentée. « La piste de l’homme augmenté ne me semble pas crédible », analyse-t-il, essentiellement à cause de certaines limites physiques, notamment au niveau cérébral.

LA PISTE DE L’HOMME AUGMENTÉ NE ME SEMBLE PAS CRÉDIBLE

De fait, « son idée d’augmenter la bande passante en sortie du cerveau peut sembler logique, mais il faut se souvenir du fait que la sortie utilise le langage qui est hautement compressé. Ainsi, un mot véhicule beaucoup d’information, même si on peut coder chaque mot sur un nombre de bits réduits », nous explique Claude Touzet. « Le cordon cortical évoqué par Elon Musk ne peut pas faire mieux que faire transiter vers la sortie ce que nous pensons à la vitesse où nous le pensons — et il me semble que nous sommes déjà à la limite », ajoute-t-il.

Alors à quoi bon un tel cordon cortical ? Claude Touzet imagine deux cas de figure à court terme.

Dans le premier, une telle liaison serait pertinente dans le cas « où l’accès à la parole est impossible », comme pour les patients frappés du syndrome d’enfermement (locked-in syndrome), un état neurologique dans lequel un individu est éveillé et totalement conscient, avec ses pleines facultés cognitives, mais dans l’incapacité de pouvoir bouger ou parler, à cause d’une paralysie complète en dehors des paupières et parfois des yeux.

Dans le second, cette connexion pourrait servir d’interface supplémentaire, mais à quelle fin ? C’est la question que pose Claude Touzet : « si vous voulez laisser vos mains dans les poches ou si vous ne voulez pas troubler le silence », elle serait utile, mais encore faut-il avoir des usages pertinents derrière. Pour l’heure, la perspective médicale est meilleure même si le nombre de patients concernés reste faible.

« À plus long terme », poursuit le maître de conférences, l’on pourrait « récupérer le fonctionnement cortical complet d’un individu pour en faire une copie » qui pourrait être en quelque sorte une « sauvegarde » du cerveau à un moment donné. « La question alors est de savoir si c’est possible avant de savoir si c’est souhaitable », observe-t-il. Or, les défis techniques sont aujourd’hui insurmontables.

Cerveau
CC Pawel Loj

« Même en utilisant comme unité de traitement de la cognition la colonne corticale, comme je le propose dans ma Théorie neuronale de la Cognition, sachant qu’elle compte environ 100 000 neurones, il reste tout de même 160 000 colonnes corticales dans le cortex… Cela fait beaucoup ! », analyse-t-il. « Il faudrait une dentelle de 160 000 électrodes. Est-ce réalisable ? Aujourd’hui nous en sommes à quelques dizaines ».

Mais dans le futur, ces obstacles pourraient être franchis. Claude Touzet évoque ainsi l’hypothèse d’électrodes se positionnant toutes seules aux bons endroits grâce aux progrès dans la nanotechnologie robotique, « puis émettant un signal codant l’identification de chacune et le comportement de la colonne à laquelle la nano-électrode est attachée ». « Cela est déjà dans le domaine du possible », fait-il remarquer.

QUESTION EXISTENTIELLE… ET RÉPONSE ?

«  Nous aurions alors une copie temps réel du fonctionnement cortical, bref nous serions très proches de disposer d’un clone numérique du sujet humain ayant subi cette implantation », ajoute-t-il. Reste à savoir quelle sera la qualité de cette « copie » et à déterminer ce que l’on compte en faire. À ce moment-là, nous aurons alors peut-être en main l’une des clés pour mieux nous comprendre.

« Je soutiens pour ma part que lorsque nous saurons faire ceci, nous saurons aussi ce que nous sommes (la cristallisation de nos interactions avec notre environnement) et que cette réponse à notre question existentielle (qui sommes-nous ?) bouleversera bien plus le Monde que la possibilité de faire une copie de l’histoire de nos interactions avec l’environnement », conclut Claude Touzet.

Rendez-vous dans quelques dizaines d’années.

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Publié par le 10 avril 2017 dans général, International, Sciences

 

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Jacques Sapir – L’Euro à l’origine de la crise de l’Union Européenne

 
 

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Le pétrodollar vit ses dernières années

Un récent article publié chez Casey Research défend l’idée que le système du pétrodollar vit aujourd’hui ses dernières années – et prendra peut-être fin en 2017 – et que sa mort sera un évènement extrêmement perturbateur pour l’économie des Etats-Unis et le monde financier, qui verra flamber le prix de l’or . Envérité, ce que l’on appelle « pétrodollar » n’est probablement pas sur le point d’expirer, mais même si c’était le cas, les conséquences pour les Etats-Unis et pour le monde n’en seraient pas si dramatiques.

Selon la théorie du « système pétrodollar », un accord a été passé en 1974 entre les gouvernements des Etats-Unis et de l’Arabie Saoudite qui aurait conduit les Saoudiens à effectuer toutes leurs transactions pétrolières en dollars et à influencer les autres pays membres de l’OPEP à en faire de même. En retour, les Etats-Unis auraient promis de soutenir et de protéger le régime saoudien. Selon cette théorie, l’économie des Etats-Unis bénéficierait d’un tel accord, parce qu’un pétrole libellé en dollars accroît la demande globale en dollars et en actifs américains.

Il est possible qu’un tel accord ait été passé, mais il n’y a aujourd’hui aucune raison qu’il soit encore en vigueur. Au vu de la popularité du dollar dans les échanges internationaux et de la taille de l’économie des Etats-Unis, un accord entre l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis n’est plus nécessaire aujourd’hui pour convaincre les Saoudiens de libeller leur pétrole en dollars. Il serait très peu pratique pour eux d’en faire autrement.

Quoi qu’il en soit, même si l’accord était encore en vigueur aujourd’hui, son importance ne serait que minime. La raison en est que les échanges pétroliers internationaux ne représentent qu’une minuscule fraction des flux monétaires globaux.

La production de pétrole globale représente environ 96 millions de barils par jour, mais seule une partie est négociée internationalement. Par exemple, la consommation de pétrole des Etats-Unis est d’environ 19 millions de barils par jour, mais les Etats-Unis produisent 10 millions de barils par jour. Ils sont donc un importateur net de seulement 9 millions de barils par jour. Les quantités de pétrole négociées entre les pays et susceptibles d’ajouter à la demande internationale en dollars est estimée à environ 50 millions de barils par jour.

Si ces 50 millions de barils par jour s’échangent tous en dollars, à un prix de 50 dollars le baril, alors la quantité de dollars représentée chaque année par le commerce pétrolier global est d’environ 900 milliards de dollars. En d’autres termes, l’effet positif maximum de l’usage du système pétrodollar est d’environ 900 milliards de dollars par an.

Notez également que selon le plus récent sondage mené par la BRI, au mois d’avril 2016, le turnover quotidien moyen sur les marchés des devises du monde était d’environ 5,1 trillions de dollars. Le dollar étant estimé être utilisé dans le cadre de 88% de tous les échanges de devises, cela signifie que 4,5 trillions de dollars changent de mains chaque jour sur les marchés des changes du monde.

Ainsi, la quantité de dollars échangée par jour sur les marchés des changes, notamment à des fins d’investissement et de spéculation, est cinq fois plus importante que la quantité de dollars utilisée chaque année dans le cadre du commerce pétrolier international. Voilà pourquoi le pétrodollar n’a plus d’importance.

En guise de conclusion, voici une petite suggestion : plutôt que de nous concentrer sur des raisons excentriques de posséder de l’or, pourquoi ne pas mettre l’accent sur les raisons moins excitantes mais plus plausibles pour lesquelles la popularité de l’or est susceptible de grimper ?

 
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Publié par le 10 avril 2017 dans économie, général, International

 

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La Chine s’équipe d’étranges armes pour combattre les drones aériens

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Les drones aériens entreront peut-être dans l’histoire comme l’une des technologies les plus révolutionnaires du XXIe siècle. Ils offrent aux citoyens comme aux agences des gouvernements une capacité de surveillance sans précédent, et à un prix modeste. Les drones transforment aujourd’hui la nature de la guerre, de la stratégie policière et du commerce. Ils sont désormais partout, et les choses ne seront plus jamais comme avant.

Mais cela ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas être interceptés, au moins sur une base individuelle. Comme tout autre appareil électronique, un drone peut être piraté ou désactivé. Mais compte tenu du fait que ces appareils se déplacent dans les airs et sont difficiles à abattre à l’aide d’armes à feu conventionnelles, un outil très particulier est nécessaire pour les intercepter.

En Chine, la police utilise un nouveau pistolet brouilleur sorti tout droit d’un film de science-fiction.

drone-gun

Voici ce qu’en dit Popsci.com :

Compte tenu du rôle de la Chine en tant que gros consommateur de systèmes aériens sans pilote et gros exportateur de drones militaires, il est tout à fait logique que le pays développe également des mesures anti-drones afin d’intercepter des engins volants hostiles ou non-autorisés qui survoleraient ses sites sensibles ou vulnérables. Les « pistolets » brouilleurs employés par la police de Wuhan – connus sous ce nom non pas parce qu’ils « tirent » quoi que ce soit, mais en raison de leur ressemblance à un fusil d’assaut – coûtent 19.000 dollars pièce, et sont capables de brouiller des signaux de commande dans un rayon d’un kilomètre (à condition que leur utilisateur sache très bien viser). La police de Wuhan a dit vouloir en acheter d’autres.

Parce que les drones continuent de proliférer, et de se prouver tout aussi menaçants pour notre sécurité qu’ils nous sont bénéfiques dans d’autres domaines, je me demande si les armes de ce genre deviendront un jour aussi communes que les pistolets ordinaires. Du moins quand leur prix aura baissé. (source)

 
 

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T.Meyssan : Washington, Moscou et Damas auraient conclu un accord

 

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10 ARMES SECRÈTES

 

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F. Asselineau, mécontent, s’exprime sur les frappes de Donald Trump – réactions de Mélenchon et Nicolas Dupont Aignan, et Zemmour

Décryptage du programme de François Asselineau par Sapir :

Jean-Luc Mélenchon réagit à l’attaque chimique en Syrie :

Nicolas Dupont Aignan réagit à Trump qui bombarde la Syrie :

 

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