RSS

Archives du 20 mars 2017

La longue tradition des annulations de dettes en Mésopotamie et en Egypte du 3e au 1er millénaire avant J-C

Il est essentiel de percer l’écran de fumée de l’histoire racontée par les créanciers et rétablir la vérité historique. Des annulations généralisées de dette ont eu lieu de manière répétée dans l’histoire.

Hammourabi, roi de Babylone, et les annulations de dette

Le Code Hammourabi se trouve au musée du Louvre à Paris. En fait, le terme « code » est inapproprié, car Hammourabi nous a légué plutôt un ensemble de règles et de jugements concernant les relations entre les pouvoirs publics et les citoyens. Le règne d’Hammourabi, « roi » de Babylone (situé dans l’Irak actuel), a commencé en 1792 av. J-C et a duré 42 ans. Ce que la plupart des manuels d’histoire ne relèvent pas, c’est qu’Hammourabi, à l’instar des autres gouvernants des cités-États de Mésopotamie, a proclamé à plusieurs reprises une annulation générale des dettes des citoyens à l’égard des pouvoirs publics, de leurs hauts fonctionnaires et dignitaires. Ce que l’on a appelé le Code Hammourabi a vraisemblablement été écrit en 1762 av. J-C. Son épilogue proclamait que « le puissant ne peut pas opprimer le faible, la justice doit protéger la veuve et l’orphelin (…) afin de rendre justice aux opprimés ». Grâce au déchiffrage des nombreux documents écrits en cunéiforme, les historiens ont retrouvé la trace incontestable de quatre annulations générales de dette durant le règne d’Hammourabi (en 1792, 1780, 1771 et 1762 av. J-C).

A l’époque d’Hammourabi, la vie économique, sociale et politique s’organisait autour du temple et du palais. Ces deux institutions très imbriquées constituaient l’appareil d’État, l’équivalent de nos pouvoirs publics d’aujourd’hui, où travaillaient de nombreux artisans et ouvriers, sans oublier les scribes. Tous étaient hébergés et nourris par le temple et le palais. C’est ainsi qu’ils recevaient des rations de nourriture leur garantissant deux repas complets par jour. Les travailleurs et les dignitaires du palais étaient nourris grâce à l’activité d’une paysannerie à qui les pouvoirs publics fournissaient (louaient) des terres, des instruments de travail, des animaux de trait, du bétail, de l’eau pour l’irrigation. Les paysans produisaient notamment de l’orge (la céréale de base), de l’huile, des fruits et des légumes. Après la récolte, les paysans devaient en verser une partie à l’État comme loyer. En cas de mauvaises récoltes, ils accumulaient des dettes. En-dehors du travail sur les terres du temple et du palais, les paysans étaient propriétaires de leurs terres, de leur habitation, de leur bétail et des instruments de travail. Une autre source de dettes des paysans était constituée par les prêts octroyés à titre privé par de hauts fonctionnaires et des dignitaires afin de s’enrichir et de s’approprier les biens des paysans en cas de non remboursement de ces dettes. L’impossibilité dans laquelle se trouvaient les paysans de rembourser les dettes pouvait aboutir également à leur asservissement en tant qu’esclaves (des membres de leur famille pouvaient également être réduits en esclavage pour dette). Afin de garantir la paix sociale, notamment en évitant une détérioration des conditions de vie des paysans, le pouvoir en place annulait périodiquement toutes les dettes |1| et restaurait les droits des paysans.


Les annulations générales de dette se sont échelonnées en Mésopotamie sur 1000 ans

Les proclamations d’annulation générale de dettes ne se limitent pas au règne d’Hammourabi, elles ont commencé avant lui et se sont prolongées après lui. On a la preuve d’annulations de dette remontant à 2400 av. J-C, soit six siècles avant le règne d’Hammourabi, dans la cité de Lagash (Sumer), les plus récentes remontent à 1400 av. J-C à Nuzi. En tout, les historiens ont identifié avec précision une trentaine d’annulations générales de dette en Mésopotamie entre 2400 et 1400 av. J-C. On peut suivre Michael Hudson |2| quand il affirme que les annulations générales de dette constituent une des caractéristiques principales des sociétés de l’Âge du bronze en Mésopotamie. On retrouve d’ailleurs dans les différentes langues mésopotamiennes des expressions qui désignent ces annulations pour effacer l’ardoise et remettre les compteurs à zéro : amargi à Lagash (Sumer),nig-sisa à Ur, andurarum à Ashur, misharum à Babylone, shudutu à Nuzi.

Ces proclamations d’annulation de dette étaient l’occasion de grandes festivités, généralement à la fête annuelle du printemps. Sous la dynastie de la famille d’Hammourabi a été instaurée la tradition de détruire les tablettes sur lesquelles étaient inscrites les dettes. En effet, les pouvoirs publics tenaient une comptabilité précise des dettes sur des tablettes qui étaient conservées dans le temple. Hammourabi meurt en 1749 av. J-C après 42 ans de règne. Son successeur, Samsuiluna, annule toutes les dettes à l’égard de l’État et décrète la destruction de toutes les tablettes de dettes sauf celles concernant les dettes commerciales.

Quand Ammisaduqa, le dernier gouvernant de la dynastie Hammourabi, accède au trône en 1646 av. J-C, l’annulation générale des dettes qu’il proclame est très détaillée. Il s’agit manifestement d’éviter que certains créanciers profitent de certaines failles. Le décret d’annulation précise que les créanciers officiels et les collecteurs de taxes qui ont expulsé des paysans doivent les indemniser et leur rendre leurs biens sous peine d’être exécutés. Si un créancier a accaparé un bien par la pression, il doit le restituer et/ou le rembourser en entier, faute de quoi il devait être mis à mort.

A la suite de ce décret, des commissions ont été mises en place afin de réviser tous les contrats immobiliers et d’éliminer ceux qui tombaient sous le coup de la proclamation d’annulation de dette et de restauration de la situation antérieure, statu quo ante. La mise en pratique de ce décret était facilitée par le fait qu’en général, les paysans spoliés par les créanciers continuaient à travailler sur leurs terres bien qu’elles soient devenues la propriété du créancier. Dès lors, en annulant les contrats et en obligeant les créanciers à indemniser les victimes, les pouvoirs publics restauraient les droits des paysans. La situation se dégradera un peu plus de deux siècles plus tard.


Les limites des actes d’annulation de dettes

En Mésopotamie, durant l’Âge du bronze, les esclaves pour dettes étaient libérés mais pas les autres types d’esclaves (notamment les prises de guerre). Cependant, les actes d’annulation de dette ne doivent pas être présentés comme des décisions faisant progresser l’émancipation sociale, il s’agissait de restaurer l’ordre antérieur qui incluait de nombreuses formes d’oppression. Néanmoins, sans embellir l’organisation de ces sociétés d’il y a 3000 à 4000 ans, il faut souligner que les gouvernants cherchaient à maintenir une cohésion sociale en évitant la constitution de grandes propriétés privées, en prenant des mesures pour que les paysans gardent un accès direct à la terre, en limitant la montée des inégalités, en veillant à l’entretien et au développement des systèmes d’irrigation. Michael Hudson souligne par ailleurs que la décision de déclarer la guerre revenait à l’assemblée générale des citoyens et que le « roi » n’avait pas le pouvoir de prendre la décision.

Il semble que, dans la cosmovision des Mésopotamiens de l’Âge du bronze, il n’y a pas eu de création originale par un dieu. Le gouvernant (ruler), confronté au chaos, a réorganisé le monde pour rétablir l’ordre normal et la justice.

Après 1400 av. J-C, on n’a trouvé aucun acte d’annulation de dette. Les inégalités se sont fortement renforcées et développées. Les terres ont été accaparées par de grands propriétaires privés, l’esclavage pour dette s’est enraciné. Une partie importante de la population a migré vers le nord-ouest, vers Canaan avec des incursions vers l’Égypte (les Pharaons s’en plaignaient).
Au cours des siècles qui suivirent, considérés par les historiens de la Mésopotamie comme des temps obscurs (Dark Ages) -à cause de la réduction des traces écrites-, on a néanmoins la preuve de luttes sociales violentes entre créanciers et endettés.


Égypte : la pierre de Rosette confirme la tradition des annulations de dette

La pierre de Rosette qui a été accaparée par des membres de l’armée napoléonienne en 1799 lors de la campagne d’Égypte a été déchiffrée en 1822 par Jean-François Champollion. Elle se trouve aujourd’hui au British Museum à Londres. Le travail de traduction a été facilité par le fait que la pierre présente le même texte en trois langues : l’égyptien ancien, l’égyptien populaire et le grec du temps d’Alexandre le Grand.

Le contenu de la pierre de Rosette confirme la tradition d’annulation des dettes qui s’est instaurée dans l’Égypte des Pharaons à partir du VIIIe siècle av. J-C, avant sa conquête par Alexandre le Grand au IVe siècle av. J-C. On y lit que le pharaon Ptolémée V, en 196 av. J-C, a annulé les dettes dues au trône par le peuple d’Égypte et au-delà.

Bien que la société égyptienne du temps des Pharaons fût très différente de la société mésopotamienne de l’Âge du bronze, on retrouve la trace évidente d’une tradition de proclamation d’amnistie qui précède les annulations générales de dette. Ramsès IV (1153-1146 av. J-C) a proclamé que ceux qui ont fui peuvent rentrer au pays. Ceux qui étaient emprisonnés sont libérés. Son père Ramsès III (1184 –1153 av. J-C) a fait de même. A noter qu’au 2e millénaire, il semble qu’il n’y avait pas d’esclavage pour dette en Égypte. Les esclaves étaient des prises de guerre. Les proclamations de Ramsès III et IV concernaient l’annulation des arriérés de taxes dues au Pharaon, la libération des prisonniers politiques, la possibilité pour les personnes condamnées à l’exil de rentrer au pays.

Ce n’est qu’à partir du 8e siècle av. J-C, qu’on trouve en Égypte des proclamations d’annulation de dettes et de libération des esclaves pour dette. C’est le cas du règne du pharaon Bocchoris (717-11 av. J-C), dont le nom a été hellénisé.

Une des motivations fondamentales des annulations de dette était que le pharaon voulait disposer d’une paysannerie capable de produire suffisamment de nourriture et disponible à l’occasion pour participer à des campagnes militaires. Pour ces deux raisons, il fallait éviter que les paysans soient expulsés de leurs terres sous la coupe des créanciers.

Dans une autre partie de la région, on constate que les empereurs assyriens du 1er millénaire av. J-C ont également adopté la tradition d’annulations des dettes. Il en a été de même à Jérusalem, au 5e siècle av. J-C. Pour preuve, en 432 av. J-C, Néhémie, certainement influencé par l’ancienne tradition mésopotamienne, proclame l’annulation des dettes des Juifs endettés à l’égard de leurs riches compatriotes. C’est à cette époque qu’est achevée la Torah |3|. La tradition des annulations généralisées de dette fera partie de la religion juive et des premiers textes du christianisme via le Deutéronome qui proclame l’obligation d’annuler les dettes tous les sept ans et le Lévitique qui l’exige à chaque jubilé, soit tous les 50 ans.


Conclusion

Aujourd’hui, le remboursement de la dette constitue indéniablement un tabou. Il est présenté par les chefs d’État et de gouvernement, les banques centrales, le FMI et la presse dominante comme inévitable, indiscutable, obligatoire. Les citoyens et citoyennes devraient se résigner au paiement de la dette. La seule discussion possible porte sur la façon de moduler la répartition des sacrifices nécessaires afin de dégager suffisamment de moyens budgétaires pour tenir les engagements pris par la nation endettée. Les gouvernements qui ont emprunté ont été élus démocratiquement, les actes qu’ils ont posés sont donc légitimes. Il faut payer.

Il est essentiel de percer l’écran de fumée de l’histoire racontée par les créanciers et rétablir la vérité historique. Des annulations généralisées de dette ont eu lieu de manière répétée dans l’histoire. Ces annulations correspondent à différents contextes. Dans le cas que nous venons d’évoquer, les proclamations d’annulation généralisée de dette étaient prises à l’initiative de gouvernants soucieux de préserver la paix sociale. Dans d’autres cas, les annulations ont été le résultat d’une lutte sociale exacerbée par la crise et la montée des inégalités. C’est le cas de la Grèce et de la Rome antiques. D’autres scénarios sont aussi à prendre en compte : l’annulation de dette décrétée par des pays endettés posant un acte souverain unilatéral, l’annulation de dette concédées par les vainqueurs à un pays vaincu ou/et allié… Une chose est certaine : à l’échelle historique, la dette joue un rôle moteur dans de nombreux bouleversements sociaux et politiques.

Notes

|1| Les dettes entre commerçants n’étaient pas visées par ces annulations.

|2| Cet article est essentiellement basé sur la synthèse historique présentée par Michael Hudson, docteur en économie, dans plusieurs articles et ouvrages captivants : « The Lost Tradition of Biblical Debt Cancellations », 1993, 87 pages ; « The Archaeolgy of Money », 2004. Michael Hudson fait partie d’une équipe scientifique pluridisciplinaire (ISCANEE, International Scholars’ Conference on Ancient Near Earstern Economies) comprenant des philologues, des archéologues, des historiens, des économistes qui travaillent sur les sociétés et les économies anciennes du Proche-Orient. Leurs travaux sont publiés par l’université de Harvard. Michael Hudson inscrit son travail dans le prolongement des recherches de Karl Polanyi, il produit également des analyses sur la crise contemporaine. Voir notamment « The Road to Debt Deflation, Debt Peonage, and Neoliberalism », février 2012, 30 p. Parmi les ouvrages d’autres auteurs qui, depuis la crise économique et financière initiée en 2007-2008, ont écrit sur la longue tradition d’annulation de dette, il convient de lire : David Graeber, Debt : The First 5000 Years, Melvillehouse, New York, 2011, 542 p.

|3| La Torah (loi religieuse juive) est la compilation des textes qui forment les cinq premiers livres de la Bible : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome. Ils n’ont pas été rédigés dans l’ordre où nous les connaissons aujourd’hui.

Source : CADTM

 

Étiquettes : , , , , , , , ,

Une responsable de l’ONU démissionne et persiste dans son rapport sur l’apartheid israélien

Le gouvernement israélien est intervenu pour faire retirer par l’ONU le rapport établissant qu’Israël est un Etat d’Apartheid. Du coup, la responsable de la Commission économique et sociale de l’ONU pour les pays d’Asie de l’Ouest, qui avait publié ce rapport, a donné sa démission.

Rima Khalaf, Secrétaire exécutive de cette commission, qui a établi que l’apartheid imposé aux Palestiniens par Israël « ne faisait aucun doute » et a demandé à la communauté internationale de prendre des sanctions face à de telles discriminations, a donné sa démission face aux pressions exercées par Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, pour que ce rapport soit retiré.

L’ ESCWA, qui comprend 18 Etats arabes, s’était appuyé sur les définitions de l’apartheid telles qu’elles apparaissent dans le droit international.

Mais Netanyahou a poussé des cris d’orfraie parlant de « propagande nazie » et a obtenu ce retrait du rapport du site de l’ONU sur lequel il a été publié.

Merci à nos camarades américains de Mondoweiss qui ont sauvegardé le rapport avant que ce dernier ne soit censuré par les laquais de Netanyahou :

Le PDF ici

De fait, Rima Khalaf, si elle a donné sa démission, n’en continue pas moins à soutenir le contenu du rapport et le fait que ’les crimes comis par Israel contre les Palestiniens sont des crimes contre l’humanité ».

Le document met en cause la « stratégie de fragmentation du peuple palestinien », constitué de quatre groupes à savoir les Palestiniens citoyens d’Israël, ceux de Jérusalem-Est ; ceux de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, et enfin les réfugiés et exilés hors de Palestine.

Source : Agence Maan News

 

Étiquettes : , , , , , , ,

Des tigres de Sibérie abattent un drone

Siberian tigers team up for devastating drone take-down (VIDEO)

La nature finit toujours par triompher – Vous êtes-vous déjà demandé ce que la nature pense des étranges créations de l’Homme ?

A mesure que les technologies deviennent de plus en plus indépendantes, la vie animale doit trouver un moyen de s’adapter.

Ces tigres de Sibérie, en captivité dans un zoo chinois, se sont trouvés ennuyés par un drone de surveillance, qui a capturé ces images incroyables alors qu’ils préparaient une embuscade.  

Après avoir pris en chasse l’engin volant, l’un des chefs de meute l’a fait tomber au sol avant de s’acharner dessus, au point d’en faire s’échapper de la fumée.

via RT :

Des images incroyables ont été capturées par un drone dans l’enclos de tigres de Sibérie d’un zoo de la province chinoise du Heilongjiang juste avant que l’appareil soit abattu et détruit par le groupe de chats sauvages.

L’engin volant, appartenant à des journalistes de China Central Television (CCTV), est devenu la victime des animaux alors qu’il filmait les tigres en train de jouer dans la neige.

Les tigres curieux se sont ensuite rassemblés autour du drone pour l’inspecter. Ils en ont mordu la carcasse et, ennuyés peut-être par le fait que l’objet n’était pas comestible, ont rogné son moteur jusqu’à ce que s’en échappent des panaches de fumée. Les animaux amusés se sont ensuite reculés, leur travail de destruction effectué.

Etrange et fascinant. Il s’agit là d’images sans précédent. De nouveaux conflits naissent de par le monde.

Mieux vaut ne pas leur chercher de noises

Un aigle a lui-aussi été récemment filmé en train d’abattre un drone d’un coup de serre, comme il se serait emparé de n’importe quel autre oiseau de proie.

L’aigle aussi était en captivité, entraîné par une unité de police hollandaise pour chasser et abattre des drones – dans le cadre du développement par les autorités de méthodes atypiques pour combattre l’usage de ces appareils populaires.

Comme SHTF l’a déjà expliqué, les Hommes aussi ont une manière bien à eux de faire face à l’invasion de drones :

L’humanité pense pouvoir remplacer la nature et l’améliorer, mais sur le long terme, la nature demeurera un formidable ennemi, comme le savent les survivalistes et les réalistes.

Source

 
 

Étiquettes : , ,

Monsanto était informé de la toxicité du Roundup dès 1999 !

Le glyphosphate a été classé comme « cancérogène probable pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en mars 2015.
Le glyphosphate a été classé comme « cancérogène probable pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) en 2015 – Le Roundup est la pierre angulaire du modèle économique de Monsanto. Photo d’illustration R.L./Julio Pelae

Dans le cadre d’une action intentée contre Monsanto, la justice fédérale américaine a déclassifié, jeudi 16 mars, plus de 250 pages de correspondance interne de la firme agrochimique, montrant que cette dernière s’inquiétait sérieusement, dès 1999, du potentiel mutagène du glyphosate, principe actif de son produit phare, le Roundup, et molécule phytosanitaire la plus utilisée au monde.

Dès 1999, la firme, dans des correspondances internes, s’inquiétait du potentiel mutagène du glyphosate. Aux Etats-Unis, plusieurs travailleurs agricoles touchés par un cancer du sang attribuent leur maladie au contact prolongé avec l’herbicide commercialisé par Monsanto.

Dans le cadre d’une action intentée contre Monsanto, la justice fédérale américaine a déclassifié, jeudi, plus de 250 pages de correspondance interne de la firme agrochimique, montrant que cette dernière s’inquiétait sérieusement, dès 1999, du potentiel mutagène du glyphosate, principe actif de son produit phare, le Roundup, et molécule phytosanitaire la plus utilisée au monde.

Or, selon Le Monde, la veille de cette publication, l’Agence européenne des produits chimiques annonçait qu’elle ne considérait le glyphosate ni comme cancérogène ni même mutagène, c’est-à-dire capable d’engendrer des mutations génétiques.

Connivences 

Les précédentes archives déclassifiées dans le cadre de cette affaire ont notamment montré que Monsanto avait bénéficié de connivences au sein de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), chargée aux Etats-Unis d’évaluer la sûreté du glyphosate (Le Monde daté du 17 mars).

Cette fois, les courriels mis au jour racontent une autre histoire. En 1999, les cadres de Monsanto souhaitent faire appel aux services d’une autorité scientifique incontestable pour plaider la cause du glyphosate auprès des régulateurs européens. Tout l’enjeu est de les convaincre que le produit n’est pas génotoxique.

« Prenons un peu de recul et regardons ce que nous voulons vraiment faire, écrit un cadre de l’entreprise à ses collègues. Nous voulons trouver quelqu’un qui est familier du profil génotoxique du glyphosate/Roundup et qui peut avoir une influence sur les régulateurs, ou conduire des opérations de communication scientifique auprès du public, lorsque la question de la génotoxicité

Accusations collectives

Pour Monsanto, l’affaire est cruciale : le Roundup est la pierre angulaire de son modèle économique, fondé sur la vente liée de ce pesticide et des cultures transgéniques capables de le tolérer.

Une action collective a été portée devant un tribunal en Californie : plusieurs centaines de travailleurs agricoles touchés par un lymphome non hodgkinien -un cancer du sang- attribuent leur maladie au contact prolongé avec l’herbicide commercialisé par Monsanto .

Une quarantaine d’ONG européennes ont lancé une initiative citoyenne contre le glyphosate

Une décision européenne devrait intervenir cet été pour déterminer si le pesticide est « cancérogène probable » ou pas.

La saga mouvementée de la ré-homologation du glyphosate dans l’Union européenne (La Commission européenne l’a autorisé à repartir pour 18 mois dans les pays qui le désirent, et a justifié sa décision par le refus des Etats membres de « prendre leur responsabilité » au sujet de la molécule du Roundup) devrait connaître son dénouement dans les prochains mois, après deux années et demie de vives controverses.

 

Étiquettes : , , , ,

4 graphiques qui montrent comment les politiques populistes ont pris racine

En plus de la stratégie du choc des civilisations, qui est appliquée en ce moment même par nos chères élites, dont la politique migratoire et géopolitique menée par certains gouvernements, voici 4 graphiques qui montrent comment les politiques populistes ont pris racine – Par Business Insider :

2016 restera comme une année de bouleversements en matière de politiques populistes.

Le vote du Royaume-Uni en Juin (Brexit) et l’élection du président Donald Trump en Novembre sont au centre de la scène nationaliste dans la politique mondiale.

Pendant ce temps, le leader français du Front National Marine Le Pen se prépare pour le propre bouleversement de l’Europe cette année.

Mais la hausse de cette tendance a mis du temps à venir, selon les analystes de Deutsche Bank – qui ont fait cette étude.

Pour expliquer les choix de vote, certains analystes ont souligné le lien entre un sentiment de pessimisme général parmi (des parties de) l’électorat et le soutien pour les populistes

La note comporte quatre tableaux qui montrent à quel point le populisme est devenu le mouvement politique dominant de l’Occident moderne dont les racines remontent au début des années 2000.

Jetez un coup d’oeil aux tableaux ci-dessous :

Le Populisme est lié avec le sentiment que les problèmes dans son propre pays sont corrélés et aggravés par les problèmes dans le reste du monde.

Avec cela à l’esprit, de plus en plus de gens se sont tournés vers un dirigeant autoritaire qui se concentre sur les problèmes nationaux, plutôt que sur des objectifs internationaux.

Deutsche Bank a déclaré ceci : « Un point important ici est qu’une perspective négative (pour leur futur) peut inciter les gens à opter pour« le choix le plus risqué », à savoir l’option populiste, parce qu’ils sentent qu’ils ont déjà subi une perte. »

Le Populisme et l’extrémisme politique sont à la hausse depuis des années, en particulier en Europe. Les autoritarismes de gauche et (surtout) de droite ont gagné en popularité :

Le populisme politique est lié à l’incertitude de la politique gouvernementale. Le Brexit en est un bon exemple .

« Des niveaux élevés d’incertitude ont des coûts économiques et circulent à travers différents canaux», a aussi déclaré la Deutsche Bank. « Une grande incertitude politique est susceptible de poser des obstacles à l’investissement parce que les entreprises reportent les décisions ou réduisent les budgets d’investissement. »

 
1 commentaire

Publié par le 20 mars 2017 dans général, International, Politique

 

Étiquettes : , , , , ,

Personnel militaire des États-Unis : Déploiement par pays

Cliquez pour agrandir 

Personnel militaire des États-Unis : Déploiements par pays

200 000 TROUPES ACTIVES À L’ÉTRANGER DANS 177 PAYS

Il y avait pas mal de rabotage et de réductions proposées dans le budget de Trump pour 2018, qui a été publié plus tôt cette semaine.

Cependant, l’un des rares ministères qui n’a pas souffert d’un haircut (une coupe du budget, ndlr) était le ministère de la Défense (Dod). Si le budget proposé passe finalement au Congrès,  un montant supplémentaire de 54 milliards $ du gouvernement fédéral serait allouée au Dod  – une augmentation de 10% qui serait l’une des plus fortes hausses du budget de la défense d’une année sur l’autre dans l’histoire américaine .

Pour mettre l’augmentation proposée en contexte, les États-Unis dépensent déjà plus pour la défense que les sept pays suivants combinés. Pendant ce temps, 54 milliards $, ça représente la taille de tout le budget de la défense du Royaume-Uni.

Pays Dépenses militaires (2015) En % (Du total au Niveau mondial)
États Unis 596000000000 $ 35,8%
Chine 215 milliards $ 12,9%
Arabie Saoudite 87 milliards $ 5,2%
Russie 66 milliards $ 4,0%
Royaume-Uni 55 milliards $ 3,3%
Inde 51 milliards $ 3,1%
France 51 milliards $ 3,1%
Japon 41 milliards $ 2,5%
Allemagne 39 milliards $ 2,4% (l’Allemagne qui est censée ne plus avoir d’armée, la Bundeswehr est intégrée au dispositif de l’OTAN)
Corée du Sud 36 milliards $ 2,2%
Autres 427 milliards $ 25,6%

« SOYEZ TOUT CE QUE VOUS POUVEZ ÊTRE »

Avec plus de la moitié de toutes les dépenses discrétionnaires des Etats-Unis étant mise dans l’armée chaque année, les États-Unis sont en mesure d’avoir de vastes opérations à la fois à la maison et à l’ étranger.

Notre tableau (L’infographie au début, ndlr) pour cette semaine décompose le personnel militaire sur la base des derniers chiffres publiés par le DoD le 27 Février 2017 .

A l’exclusion du personnel de soutien civil , au total, il y a environ 2,1 millions de soldats. Parmi ceux-ci, 1,3 million sont en service actif, alors qu’environ 800 000 sont en réserve ou font partie de la garde nationale.

Sur une base nationale, il y a environ 1,1 million de soldats actifs stationnés aux États-Unis  (stationnés dans des bases sur le « territoire » des États-Unis partout dans le monde, sachant qu’ils ont le 1er domaine maritime mondial, ndlr), et voici comment ils sont regroupés en fonction de la branche de service :

Direction militaire Personnels domestiques actifs En pourcentage
Armée 394236 35%
Marine 283499 25%
Marine Corps 149992 13%
Aviation 249738 22%
garde-côte 38659 3%
Total 1116124 100%

Sur le plan international, il y a un peu moins de 200.000 hommes qui sont stationnés dans 177 pays à travers le monde.

Voici le top 20 des pays où ils sont stationnés , ainsi qu’une catégorie «Autre» qui représente le reste :

Rang Pays / Territoire Troupes américaines
#1 Japon 39345 
n ° 2 Allemagne 34805 (la 2e guerre mondiale est terminée, non ? Ndlr)
N ° 3 Corée du Sud 23468 (Pour la chine, ndlr)
N ° 4 Italie 12102
N ° 5 Afghanistan 9294
n ° 6 Royaume-Uni 8479
#7 Koweit 6296
n ° 8 Irak 5540
# 9 Bahreïn 5504
#dix Guam 3831
# 11 Espagne 3256
# 12 Qatar 2976
# 13 Turquie 2234
# 14 Djibouti 1.961
# 15 Jordan 1759
# 16 Emirats Arabes Unis 1079
# 17 la Belgique 842
# 18 Cuba 806
# 19 Roumanie 667
# 20 Grèce 407
Autre / Inconnu 34834
Total 199485

En 2015, Politico estimait qu’il y avait pas moins de 800 bases américaines à l’étranger, et que cela coûte jusqu’à 100 milliards $ par année pour maintenir cette présence internationale.

 

Étiquettes : , , ,

Le Plafond de la Dette US a été atteint : voici les mesures prises pour éviter le pire

Traders work on the floor of the New York Stock Exchange (NYSE) in New York City, U.S., December 15, 2016. REUTERS/Brendan McDermid

Le Trésor public américain a arrêté de vendre des obligations au niveau des Etats et au niveau fédéral, le gouvernement ne contribue plus aux dépenses destinées aux personnes à la retraite et aux handicapés,  le gouvernement pourra fonctionner jusqu’en octobre avant de se retrouver à court d’argent…

Le Trésor américain est en train de prendre « des mesures extraordinaires » pour faire face à la situation économique. Rappelons que le Congrès américain avait jusqu’au 16 mars 2017 pour augmenter le plafond de la dette américaine estimée à 20 000 milliards de dollars, ce qui n’a pas été fait

La date du 16 mars fixée pour augmenter le plafond de la dette américaine est arrivée à échéance ce jeudi. Et aucune décision n’a été prise par le congrès pour reconduire ou non ce plafond de la dette américaine estimée à 20 000 milliards de dollars. Une situation plus que catastrophique pour l’économie mondiale.

24 heures après la date butoir, le Trésor américain se bat pour éviter à tout prix que les Etats-Unis ne soient en défaut de paiement sur ses dettes, une situation qui pourrait affoler les marchés financiers et mener à une prochaine crise financière. Les premières mesures appelées « mesures extraordinaires » ont ainsi été prises.

« Trésor public américain a arrêté de vendre des obligations »

Ce jeudi, le Secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a fait savoir que le Trésor public américain a arrêté de vendre des obligations au niveau des Etats et au niveau fédéral. Face à la gravité de la situation Steven Mnuchin, attire l’attention du Congrès. « J’en appelle au Congrès à garder sa bonne foi et à préserver la crédibilité des Etats-Unis en augmentant le plafond de la dette dès que possible », a-t-il martelé.

Ce n’est pas tout. Le secrétaire américain au Trésor a aussi annoncé que le gouvernement ne contribue plus aux dépenses destinées aux personnes à la retraite et aux handicapés afin de maintenir la dette du pays à un niveau stable. Steve Mnuchin affirme que cette décision est approuvée par la loi pour éviter d’enfreindre le plafond de la dette.

« Les taux d’intérêt relevés pour la troisième fois depuis la crise financière »

La situation est d’autant plus dramatique que la dette publique des Etats-Unis a atteint ce mardi 44 milliards de dollars, la hausse la plus importante en une année. Avec un plafond de la dette qui a atteint les 20 000 milliards de dollars (et qui n’est toujours pas augmenté), le gouvernement américain doit subvenir à ses besoins par tous les moyens, y compris des impôts.

D’après les analystes, le gouvernement pourra fonctionner jusqu’en octobre avant de se retrouver à court d’argent. Cette situation intervient au moment où la Réserve Fédérale Américaine vient d’augmenter les taux d’intérêts pour la deuxième fois en trois mois et pour la troisième fois depuis la crise financière de 2008.

Pour en savoir plus sur la dette américaine, cliquez ici : Treasury Department

Source

 
Poster un commentaire

Publié par le 20 mars 2017 dans économie, général, International, Politique

 

Étiquettes : , , , , , , , , , ,

 
%d blogueurs aiment cette page :