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Fédérateur et messianique, Donald Trump réussit son examen de passage au Congrès

01 Mar

Le président Trump a peut-être trouvé sa voix. Mardi soir, Trump a tenu son premier discours devant le Congrès. Et si le fond n’a pas changé, la forme, avec un ton optimiste et rassembleur, était à des années-lumière de la rhétorique sombre et incendiaire de son investiture.

Sur un registre plus présidentiel qu’à l’habitude, le nouveau locataire de la Maison-Blanche a appelé de ses vœux le «renouveau de l’esprit américain», sans donner beaucoup de détails sur le financement de ses projets phares.

Selon les médias  « Fédérateur et messianique » Donald Trump réussit son examen de passage au Congrès : 

De l’ombre à la lumière. Trente-neuf jours séparent le discours d’investiture du président Donald Trump et celui prononcé mardi devant le Congrès réuni en session conjointe. Aussi distinct que le jour l’est de la nuit, au sens presque littéral. Le 20 janvier, sous un crachin désagréable, le milliardaire new-yorkais avait évoqué en des termes crépusculaires un «carnage américain» au sortir de l’ère Obama. Cette fois, face aux 535 élus réunis sur la colline du Capitole, son gouvernement, l’état-major, la Cour suprême amputée de trois de ses membres insoumis, Donald Trump a prononcé une allocution placée sous le signe «de l’espoir et des rêves», priant ses compatriotes «de croire en eux-mêmes, croire en l’avenir, une fois encore, en l’Amérique».

Une heure durant, il a appelé de ses vœux le «renouveau de l’esprit américain», optimiste et conquérant. Celui qui permettra de «repousser la haine et le mal» omniprésents dans une société rongée par le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme, évoqués dans les toutes premières minutes du discours. Celui qui, audacieux et magnanime, permettra d’imaginer «une réforme réelle et positive de l’immigration» et un programme de «reconstruction nationale» des infrastructures, inédit depuis Eisenhower et ses autoroutes, créateur – c’est promis – de «millions d’emplois».

Peaufinés par Steve Bannon et Stephen Miller, éminences grises du «West Wing (aile Ouest de la Maison-Blanche où sont situés les bureaux du président)», ces deux discours aux antipodes traduisent-ils les errements idéologiques d’un président novice en politique, entouré de conseillers tout aussi «bleus» dans leur domaine, ou bien participent-ils d’un scénario tissé préalablement? Un premier acte pour décrire l’étendue du désastre dont hériterait un chef de l’État animé du feu sacré, mais ébranlé par le champ de ruines reçu en héritage, puis un deuxième acte, fondateur celui-là, pour sceller un pacte de confiance avec le peuple américain.

La ficelle, grand classique de communication politique, est connue. Encore fallait-il que l’imprévisible Donald Trump accepte de jouer le jeu, et livre une performance d’acteur dans le temple de cet «establishment» vilipendé à longueur de meetings en 2016.

Rejet de l’Obamacare, érection du mur, réductions d’impôts

Pari tenu: respectant les passages obligés – le rejet de l’Obamacare, l’érection d’une «grande muraille» sur la frontière mexicaine, des «réductions d’impôts massives», la «reconstruction» de l’armée, l’éradication du «vil ennemi» djihadiste, qui se verra dénier une «tête de pont» en Amérique – il proclame sa fidélité au libre-échange mais affirme que le mot d’ordre, désormais, sera d’«acheter américain, embaucher américain».

Le nouveau locataire aime souffler le chaud et le froid, jouant de son imprévisibilité pour désarçonner ses rivaux. En termes d’alliances internationales, les alliés de l’Amérique peuvent «dormir sur leurs oreilles», car l’Amérique «forte, libre et fière» se dit prête à «mener». Mais à condition «qu’ils s’acquittent de leurs obligations financières».

Volontiers messianique, s’exprimant avec un degré d’abstraction largement inédit, le président a invité, lors d’un segment mémorable, ses compatriotes à «imaginer les merveilles que nous pourrions réaliser si nous laissons libre cours aux rêves du peuple (américain)». Tour de passe-passe sémantique d’un comédien talentueux, aux yeux de l’opposition démocrate en ordre de bataille, le discours présidentiel au Congrès devrait ravir d’aise l’Amérique de Trump, cette coalition des «gens oubliés», aux valeurs conservatrices et libertariennes mêlées, qui tous croient farouchement en des lendemains radieux, grâce à ce drôle de personnage qui a juré de «rendre sa grandeur» au pays.

Bien sûr, tout le monde retiendra l’émotion des 90 secondes de la standing ovation pour l’hommage au soldat Ryan Owens, tué lors d’un raid controversé au Yémen. Son père s’en est pris au président américain ces derniers jours, mais mardi soir, les larmes de sa veuve Carryn Owens, avec 535 élus debout, unis dans leur patriotisme, restera comme l’instant le plus fort de la jeune présidence de Donald Trump.

« A ce moment précis, il est devenu le président des Etats-Unis, point barre », a estimé Van Jones, un commentateur démocrate de CNN. Selon un sondage à chaud réalisé par la chaîne, 78% des spectateurs ont été convaincus par le discours de Donald Trump, qui n’affiche pourtant que 44% d’opinions favorable

Le chemin est tracé, l’impulsion présidentielle donnée. Reste pour ce Congrès si peu enthousiaste à creuser les contours d’un plan d’action ambitieux et résoudre en termes budgétaires l’énigme suivante: comment diable financer les chantiers pharaoniques d’un président fort en gueule, et si avare de détails?

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1 commentaire

Publié par le 1 mars 2017 dans général, International, Politique

 

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Une réponse à “Fédérateur et messianique, Donald Trump réussit son examen de passage au Congrès

  1. Ddf

    1 mars 2017 at 3:52

    Messianique …?

     

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