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Les juges de la bienpensance arrivent…

20 Déc

Facebook has a serious fake news problem, a major contributor to what has been called the ‘post-truth’ era.

Facebook va juger de la dangerosité de vos publications (Photo Wikipédia)

La liberté d’expression va à vau-l’eau en Occident.

Beaucoup d’indicateurs nous montrent que la démocratie appartient tous les jours un peu plus au passé emportant avec elle les libertés fondamentales des citoyens.

Une sorte de chape de plomb devient perceptible, précédée d’une kyrielle de redéfinition des normes admises et autorisées.

Surveillance généralisée, stockage d’informations personnelles à grandes échelles, privatisation de l’espace publique, ou privatisation et financiarisation de l’administration publique nous sont présentés sous l’angle du progrès et de la démocratie.

En gros votre identité et votre vie privée sont volées et violées quotidiennement, mais c’est pour votre bien.

On vous explique que pour préserver votre liberté, il va falloir vous la confisquer avec ou sans votre accord.

Un groupe réfléchit, choisit et décide pour vous. Qui est ce groupe? D’où sort-il? Qui l’a mandaté? Nous n’en savons rien. Nous voyons juste les conséquences malfaisantes qui envahissent quotidiennement nos vies…

Si par malheur vous deviez sortir des clous et réfléchir autrement, la censure se chargera de vous. Oh, pas violemment mais insidieusement.

La psychologie et le choix des mots peuvent faire plus de dégâts que la brutalité d’actes physiques. Ceci est un phénomène très connu des thérapeutes. Une gifle laissera moins de trace dans la vie future de l’enfant qu’un harcèlement moral sans violence physique.

Bref, une bien-pensance cherche actuellement à imposer ses vues. Le bien et le mal doivent dorénavant être avalisés par elle. C’est ainsi que Facebook a décidéde  lutter contre les fausses informations : grâce à un système de vérification, les utilisateurs vont être mis en garde par un petit drapeau rouge lors du partage d’articles douteux« .

Et vous pourriez vous demander comment Facebook qui couvre des dizaines de langues et dont les membres sont issus de la planète entière peut contrôler TOUS les articles postés.

Quels sont les références de Facebook qui lui permettent de JUGER de la fiabilité des articles. Quels référents politiques y seraient inclus? Y aurait-il des critères moraux?

Eh bien nous savons que Facebook va faire appel  « à une douzaine de médias spécialisés pour vérifier des informations préalablement signalées par les utilisateurs« . Mais alors qui sont ces médias? A quel(s) groupe(s) financiers appartiennent-ils?

Voici un cas qui peut illustrer les dérives potentielles. Dans le cadre du conflit alépin, une vidéo tout ce qu’il y a de plus sérieuse est apparue sur Facebook. Il s’agit d’une journaliste de terrain qui a battu en brèche de manière simple, précise et affirmée, ce que certains médias ont pu raconter.

Or, cette vidéo n’a pas plu et la réponse des grands médias a été immédiate et … uniforme. Facebook qui a permis à cette vidéo de faire le buzz s’est retrouvé fatalement pris en sandwich entre le point de vue de la bienpensance et l’aspiration du grand nombre à des informations alternatives. La solution fut trouvée par cette mise sur pied d’une équipe de contrôle, de surveillance et d’étiquetage….

Pour l’instant, cet « étiquetage » est symbolique du grand malaise qui règne entre des lecteurs qui s’en laissent de moins en moins conter d’un côté et le besoin de plus en plus impérieux d’une certaine presse d’influencer -pour ne pas dire manipuler à l’occasion- le lecteur.

Une pression psychologique devrait naître de ces commentaires mis en place par l’équipe de Facebook qui jugent et jaugent les posts. Le procédé rappelle celui  des illustrations que nous pouvons trouver sur les boîtes de cigarettes…. Il y a fort à parier que les lecteurs seront tentés d’entrer dans la boîte définie par la bienpensance faute de partager des posts avec de petits drapeaux rouges.

L’heure de la stigmatisation des « mal-pensants » a-t-elle sonnée ou est-ce celle des « experts »  qui réfléchissent pour vous?

Après vous avoir confisqué votre vie privée, votre liberté de penser semble menacée …

Liliane Held-Khawam

Pas plus tard qu’aujourd’hui, on viens d’apprendre que concernant les « Fake news » , Berlin compte sévir contre les réseaux sociaux

A l’approche des élections fédérales, le gouvernement travaille sur un dispositif législatif pour balayer les fausses informations des réseaux sociaux et éviter une polémique comme aux Etats-Unis.

Berlin est bien décidé à réglementer l’activité des géants de l’Internet. Depuis la polémique sur la propagation d’informations erronées lors de la présidentielle américaine, le gouvernement allemand projette de sévir avec les plateformes. A l’approche des élections fédérales, qui se tiendront à la sortie de l’été 2017, les responsables politiques veulent se prémunir des messages haineux et des fausses informations (les « fake news ») sur les réseaux sociaux.

La semaine passée, responsables et ministres de la coalition CDU-SPD au pouvoir se sont exprimés sur le sujet. « La diffamation et les rumeurs malveillantes ne sont pas couvertes par la liberté d’expression », a rappelé le ministre de la Justice, Heiko Maas (SPD), dans les colonnes du Bild am Sonntag, distinguant le modèle allemand de l’américain d’où sont issus les géants de l’Internet. « Les autorités judiciaires doivent engager des poursuites, même sur internet. »

Des amendes de 500.000 euros

Le président du groupe CDU au Bundestag, Volker Kauder, a indiqué que le projet du gouvernement fédéral imposerait notamment aux plateformes comme Facebook et Twitter d’avoir des bureaux sur place pour pouvoir traiter plus rapidement les plaintes. L’objectif est aussi d’adapter l’arsenal judiciaire, car les cas d’injures sur Internet ne donnent que rarement lieu à des poursuites judiciaires outre-Rhin.

D’autres proposent des mesures fortes, à l’image du président du groupe SPD au parlement, Thomas Oppermann. Dans une interview donné au Spiegel, il suggère de faire payer jusqu’à 500.000 euros d’amende à Facebook s’il ne « retire pas le message offensant dans les 24 heures » après examen.

Facebook« a aussi une responsabilité sociale »

Pour rappel, durant la campagne présidentielle aux Etats-Unis, de nombreuses informations erronées ont circulé sur la toile. À titre d’exemple, certaines affirmaient que le pape François soutenait Donald Trump, alors que le souverain pontife n’avait jamais fait de déclarations en ce sens.

Pointés du doigts, les géants de l’Internet ont réagi en privant d’accès à leur régie publicitaire les sites qui diffusent des « fake news », afin de leur empêcher de gagner de l’argent. En revanche, le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, ne veut guère aller plus loin. « Nous sommes une entreprise de high-tech. Nous ne sommes pas un média. Un média produit et édite du contenu. Pas nous », avait -il insisté au mois d’août. Il n’est pas certain que Berlin l’entende de la même oreille. « Facebook gagne énormément d’argent avec les fake new, fustige Heiko Maas. Une entreprise qui gagne des milliards grâce à internet a aussi une responsabilité sociale. »

En France aussi ça cogite pour réguler les algorithmes !

Quand l’actuelle secrétaire d’État en charge des bidules électroniques qui font pouic et touit, Axelle Lemaire, ne fait pas de rhétorique savante pour distinguer amalgame de discrimination, elle se penche onctueusement sur les petits bidules électroniques que sa charge lui impose pour en découvrir les tenants et les aboutissants et, immédiatement ensuite, proposer de les réguler.

Que voulez-vous, c’est plus fort qu’elle et c’est plus fort que tous les politiciens, notamment socialoïdes : dès que ça bouge et que ça fait des choses, pouf, il faut absolument le réguler, puis le taxer, jusqu’à ce que mort s’en suive (après quoi, la compulsion de ces mêmes politiciens les oblige à subventionner ce qui vient de claboter).

Et cette fois-ci, l’attention se porte sur les Zalgoritmz pardon « les Algorithmes ». Mot à la fois compliqué et porteur d’un sens quasi mystique dans l’esprit du péquin moyen, signifiant à moitié « truc machin de l’informatique » et à moitié « formule magique permettant d’obtenir un résultat ». Or, Axelle, qui a probablement elle aussi une idée fort confuse de ce que ces bestiaux-là peuvent être, a bien compris qu’il y avait urgence à légiférer : pensez-donc, depuis toutes ces années, « les Algorithmes » s’ébattent et se reproduisent un peu partout, en toute liberté, sans qu’il soit imposé le moindre puçage, la moindre vaccination ni le moindre contrôle.

Il faut faire quelque chose, vite !

Cependant, avant d’aller plus loin, essayons d’y comprendre un peu quelque chose : pour faire simple, « les Algorithmes », ce sont donc ces procédés logiques, suites d’instructions permettant d’aboutir à un résultat concret pour, par exemple, déterminer la répartition des lycéens dans les facs après leur bac, les prises en charge et le prix d’une course Uber, les suggestions Facebook, Amazon ou Netflix, etc…

Ceci décrit, le besoin d’une régulation saute au yeux : qui n’a pas été, au moins une fois, choqué par le fait qu’Amazon continue de recommander Christophe Maé dans la musique à acheter, causant d’irrémédiables troubles psychologiques dans toute une génération d’adulescents qu’on trouvera ensuite, pleurnichant sur le bord d’une plage, à se demander comment sauver les manchots de l’Arctique et les ours du Kenya ?

Plus proche des gens normalement constitués, les algorithmes sont donc ces recettes de cuisine particulièrement complexes qui permettent à Google de trier les recherches et placer plutôt un site qu’un autre en haut de la page (et, par exemple complètement fortuit, plutôt un site anti-IVG que le site officiel du gouvernement, raaah, le méchant). Ce sont aussi ces algorithmes qui permettent aux utilisateurs de Facebook de ne voir majoritairement que les articles et réactions d’autres utilisateurs globalement d’accord avec eux (et qui favorisent donc la création de vilaines « bulles » numériques où chacun est protégé de la propagdes informations officielles vérifiées). Ce sont ces mêmes algorithmes qui autorisent bien plus souvent qu’à leur tour la diffusion d’affreuses rumeurs et autres intox, montrant l’une ou l’autre vérité alternative absolument pas sanctionnée par les pouvoirs en place, qui sèment le doute, la confusion et imposent finalement à tous d’utiliser son esprit critique que la diffusion des informations par les canaux officiels avait pourtant réussi à nettement amoindrir.

Et là, vu comme ça, « régulons les algorithmes », l’interjection d’Axelle Lemaire (ou à peu près) ne ressemble plus tant à « Recompilons le kernel » ou « Regénérons les tables de hash » qui semblent si ésotériques : on comprend tout de suite pourquoi le gouvernement (et l’État plus généralement) ont subitement découvert le besoin pressant de bien contrôler tout ça !

S’en suivent alors cinq recommandations qu’on pourra lire, éberlué, sur le rapport pondu pour l’occasion (page 6). Entre la création de cellule de contrôle, de plateforme collaborative et un programme de formation « à l’attention des agents opérant un service public utilisant un algorithme », auxquelles sont adjointes les recommandations de développer des réflexions et de la communication sur ces algorithmes, tout semble réuni pour le brouet habituel de fadaises consternantes qui n’aboutiront, Dieu merci, à rien du tout de concret et permettront à la France d’éviter une fois encore le ridicule le plus achevé.

Malheureusement, Axelle Lemaire semble vouloir s’y vautrer : la première recommandation vise en effet à tenter de percer la façon dont Google, Facebook ou Amazon construisent leurs réponses, en créant une communauté de chercheurs et d’experts pour tester et deviner « les algorithmes ». C’est, bien évidemment, parfaitement grotesque.

La réalité est, d’une part, que cette communauté existe déjà : tout ce que le monde comprend de commerçants, de publicitaires, d’ingénieurs et de « Géo Trouvetout » cherchent déjà, avidement, à percer la façon dont sont positionnés les choix de ces géants du Net, ne serait-ce que pour en tirer un profit évident. On peine à percevoir comment une fine équipe payée par l’État pourrait faire mieux (mais on voit bien combien elle va nous coûter pour des résultats anecdotiques voire comiques).

D’autre part, ces algorithmes sont, par définition, le savoir-faire le plus précieux de ces entreprises. Il est assez peu probable qu’elles choisissent de les exposer, ou de les rendre suffisamment simple à percer pour que les gouvernements puissent y mettre les doigts, ou, pire encore, que des concurrents s’en emparent et fassent mieux.

Enfin, et c’est de loin l’argument le plus évident et le plus important, à mesure que les technologies progressent, ces algorithmes sont de moins en moins le fait de la main de l’homme, mais bien des productions de l’intelligence artificielle dont ces sociétés s’équipent goulûment. Il faut être dans les gros fauteuils mous de l’État, occuper la confortable place d’un secrétaire d’État ou d’un ministre dans un gouvernement quelconque pour imaginer que « les algorithmes » sont entièrement compris par leurs créateurs, qu’ils sont totalement déterministes et qu’ils peuvent être expliqués.

En pratique, depuis un bon moment, les ingénieurs de Google – par exemple – ne comprennent plus complètement la façon dont le moteur de recherche établit ses résultats, de la même façon qu’on ne comprend pas vraiment comment fonctionne le cerveau humain, sans pour autant s’empêcher d’en reproduire les grandes fonctions et de parvenir à des résultats de plus en plus stupéfiants de réalisme.

Lemaire, comme d’autres avant elle et (très malheureusement) d’autres qui lui succèderont, tente ici d’apprivoiser, de réguler quelque chose qui lui est étranger parce qu’elle ne comprend pas ce dont il s’agit, et, pire encore, quelque chose d’étranger parce qu’il dépasse de loin ce qu’un humain ou un groupe d’humain est capable de gérer en terme de complexité.

C’est donc parfaitement voué à l’échec.

 

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Une réponse à “Les juges de la bienpensance arrivent…

  1. Dejean

    21 décembre 2016 at 11:55

    Bonjour.
    Il est possible de comprendre ces algorithmes. Dire qu’il y a de l’intelligence artificielle c’est bien mal connaitre celle-ci.
    Tout algo ou programme fait d’abord l’objet de document de spécifications. Ensuite il y a le pseudo code ou directement dans le langage informatique, mais toujours avec des commentaires suffisants (dans l’informatique les ingénieurs vont et viennent, donc il y a un minimum de commentaires sinon cela ne le fait pas longtemps).
    Par contre les ingé d’aujourd’hui lisent moins le code qu’avant (cette mode du aller vite, et du « je sais » ou crois savoir, ou crois avoir lu), et toutes les raisons sont bonnes pour ne pas le lire.
    Il faut dire que l’un des problèmes de lire le code d’un autre est qu’il faut se mettre dans le mode de pensée de celui qui l’a écrit. Et ce n’est pas toujours simple. C’est comme autour de nous, les gens n’aiment pas se fatiguer: à 50 ans passés je comprend, à 20 ou à 30 il y a des coups de pied au c.. qui se perdent. Mais c’est là ou se trouve le pb.
    Demandez à ceux qui étaient sous le feu au Chemin des Dames, ce qu’ils en pensent de tout cela?
    Cdt.

     

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