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Le pic de l’argent et les déficits annuels qui perdurent augurent des prix plus élevés

14 Déc

Si le marché vient enfin de connaître le pic de production d’argent, cela augure des prix plus élevés à l’avenir. De plus, le marché mondial de l’argent a enregistré un nouveau déficit net significatif en 2016. Ces facteurs laissent entrevoir un grand changement de tendance sur le marché des contrats à terme argent.

Le Silver Institute vient de publier son rapport provisoire 2016 de l’argent (2016 Silver Interim Report). Ce rapport est publié par Thomson Reuters GFMS. D’après leurs prévisions de 2016, la production mondiale d’argent déclinera à 887 millions d’onces, en baisse par rapport aux 893 millions d’onces de 2015 (voir ci-dessous l’historique depuis 2007 de la production mondiale d’argent en graphique).

Si les prévisions de production mondiale d’argent pour 2016 sont seulement en légère baisse par rapport à l’année dernière, Thomson Reuters GFMS a également mentionné dans son rapport :

  1. Nous estimons que la production minière en 2015 a atteint un pic. Elle devrait afficher une tendance baissière dans un futur proche.
  2. L’offre totale en déclin devrait être le moteur clé de déficits annuels à venir sur le marché de l’argent.

Je vais aborder la question des déficits annuels d’argent dans une minute, mais observons d’abord la production minière mondiale d’argent par zone géographique :

production-argent-regions

Ce qui est intéressant, ici, c’est que GFMS prévoit que le producteur d’argent numéro 1 du monde, le Mexique, devrait extraire 6 millions d’onces en moins en 2016. (…) GMFS est plutôt doué lorsqu’il s’agit de compiler les statistiques de production d’argent des mines. Il est important de noter que la tendance lourde de la production mondiale d’argent est probablement la baisse.

La majorité de la baisse de la production mondiale d’argent sera le fait des producteurs de métaux de base

La majorité de la production d’argent est obtenue en tant que sous-produit de l’extraction de métaux de base. D’après le rapport provisoire 2016 de l’argent, la production de plomb et de zinc a permis d’obtenir 34,4 % de la production d’argent, tandis que le cuivre a généré 22,1 % de la production. L’extraction de ces 3 métaux de base a donc fourni 56,5 % de la production mondiale d’argent en 2016. Les producteurs purs d’argent ont contribué à hauteur de 30,4 % tandis que l’extraction d’or pour 12,5 %.

origine-production-argent

Comme je l’ai mentionné dans des articles précédents, la baisse de la production mondiale de pétrole impactera l’extraction des métaux de base de façon plus importante que l’extraction pure d’argent. Il faut beaucoup de carburant pour extraire les métaux de base dont la planète a besoin.

Par exemple, la commission chilienne du cuivre a indiqué dans un rapport de 2014 que le pays a consommé 535 millions de gallons de carburant pour produire 5,7 millions de tonnes de cuivre. Ce qui correspond à 94 gallons (356 litres) de carburant pour extraire 1 tonne de cuivre.

De son côté, Pan American Silver a consommé 20,5 millions de gallons de carburant pour produire 26,5 millions d’onces d’argent en 2015. Ce qui signifie que la production de chaque once d’argent a exigé un peu plus de 3 litres de carburant. (…)

Durant le prochain effondrement financier que la planète connaîtra, la production mondiale américaine de pétrole chutera. Cela impactera bien plus les producteurs de métaux de base que les producteurs purs d’argent. Ce qui signifie que la production globale d’argent baissera bien plus rapidement vu que plus de la moitié de ce métal provient des producteurs de zinc, de plomb et de cuivre.

Plus de 13 ans de déficits annuels nets d’argent

En raison de l’énorme augmentation de la demande des ETF argent ainsi que la constitution importante d’inventaires au sein des bourses, le marché de l’argent devrait souffrir d’un déficit annuel attendu à 185 millions d’onces en 2016. Si on fait la somme des déficits annuels d’argent depuis 2004, on obtient la quantité incroyable de 1,5 milliard d’onces.

deficit-annuel-net-argent-2004-2016

GFMS calcule ses chiffres nets en soustrayant la demande physique de l’offre, puis en ajoutant ou en retirant les changements enregistrés dans les stocks des ETF argent et des bourses d’échange. D’après ses statistiques (datant de septembre 2016), les ETF et les bourses d’échange ont ajouté 133,3 millions d’onces dans leurs stocks. De plus, la demande physique totale a dépassé l’offre de 52,2 millions d’onces pour déboucher sur un déficit total de 185,5 millions d’onces (arrondi à 185).

Ces déficits annuels ont été compensés par les surplus d’argent des années 80 et 90. Cependant, on s’attend à ce que les déficits annuels perdurent alors que le déclin de la production minière se poursuit et que le recyclage d’argent stagne.

Pourquoi l’offre et la demande importent pour le cours futur de l’argent ?

Suite et fin

A-t-on atteint le pic de production aurifère ?

C’est un serpent de mer depuis de nombreuses années dans le milieu de l’or d’investissement : les gisements aurifères seraient pratiquement épuisés et le métal jaune devrait donc rapidement se faire de plus en plus rare. En fait, c’est vrai… et faux à la fois.

Il faut dire que la perspective d’un or de plus en plus rare ferait bien les affaires de ceux qui ne jurent que par les variations de cours pour dégager des plus-values sur leurs placements en métaux précieux. Ce qui, à la base, est déjà une pratique aberrante qui nie l’intérêt véritable ainsi que l’objectif d’un investissement en or (on le rappelle, l’or n’est pas un actif spéculatif mais, au contraire, un outil de sécurisation du patrimoine). Mais, indépendamment des attentes d’une certaine frange de détenteurs (provisoires) d’or-papier, l’éventualité d’une raréfaction du métal jaune pourrait également influer sur les perspectives d’achats des personnes intéressées par l’or physique : plus rare, l’or deviendrait plus cher et donc doublement plus difficilement à acquérir.

D’où vient la rumeur actuelle d’une pénurie probable de l’or ?

Des rumeurs de pénurie, il y en a déjà eu plusieurs par le passé, le plus souvent liées aux difficultés techniques du moment pour atteindre des gisements de plus en plus profonds et de moins en moins riches. Cette fois, c’est le chiffre trimestriel de production des mines d’or, en baisse constante depuis l’an dernier, qui tend à accréditer le fait que nous aurions finalement dépassé le pic d’extraction aurifère. Ainsi, avec moins de 847 tonnes d’or extraites du sous-sol de la planète au troisième trimestre 2016, et après un deuxième trimestre lui aussi en baisse par rapport à 2015, la tendance semble s’inscrire durablement dans la régression, faisant ressurgir le spectre du déclin inexorable des ressources en or.

La réalité est bien plus nuancée. En premier lieu, nous savons que, bien qu’il s’aventure de plus en plus profondément à la recherche des richesses naturelles du sous-sol, l’homme s’est finalement contenté de gratter la surface de la croûte terrestre, à l’échelle géologique bien sûr. Et on estime que la quantité d’or encore prisonnière des couches les plus profondes de la lithosphère représente des centaines, voire des milliers de fois ce qui a déjà été sorti durant toute l’histoire de l’humanité.

Des ressources inexploitées

Ensuite, il est faux de dire que l’on ne trouve plus de gisements, ou même qu’on n’exploite plus autant qu’avant ceux qui existe déjà. D’abord parce que la technologie permet d’améliorer toujours plus la rentabilité du traitement de minerai, ce qui rend régulièrement d’anciennes mines abandonnées (ou presque) de nouveaux exploitables. Par exemple, à la fin du XIXe siècle, durant la grande ruée vers l’or aux États-Unis, on considérait qu’en-deça de 15 grammes d’or par tonne de minerai, une exploitation n’était plus rentable (certaines mines pouvaient alors produire 50 grammes d’or par tonne, voire au-delà). Aujourd’hui, la moyenne tourne plutôt aux alentours de… 1 gramme par tonne de minerai.

Et puis, cette même technologie a permis de découvrir de nouveaux gisements énormes dans les régions les plus isolées et inhospitalières du monde, à des endroits qui jusqu’ici avaient été trop inaccessibles pour permettre la moindre exploitation. Enfin, on sait que de nombreux pays n’ont pas réellement développé leur « patrimoine minier » en raisons de troubles politiques ou sociaux permanents (Colombie, Laos, Birmanie…).

Par conséquent, il n’y a aucun risque de pénurie d’or sur Terre. Quelques ralentissements, tout au plus, qui auront le bon goût de faire remonter les cours de l’or, rendant alors plus rentable encore l’exploitation de zones jusqu’ici délaissées…

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Publié par le 14 décembre 2016 dans général, or et argent métal

 

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