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Écoutes par les services secrets anglo-saxons – écoutez le silence de l’exécutif français

13 Déc

Dernier ITW en date de Snowden

Après les passagers d’Air France, les ambassades françaises en Afrique. En deux jours, deux affaires d’espionnage de nos ressortissants par les Américains ou les Anglais sont dévoilées par le Monde et The Intercept. Nos politiciens, qui sont au courant de toutes ces pratiques, restent dans leur mutisme, totalement inféodés aux intérêts Anglo saxons 

Pas de réaction de l’Élysée, de Matignon ou encore du Quai d’Orsay, un mutisme déjà observée sur d’autres révélations de l’affaire Snowden. Deux jours, deux affaires… d’écoutes.

Le Monde et The Intercept publiaient ce vendredi 9 décembre un nouvel ensemble d’éléments, issus des archives de l’ex-agent de la NSA Edward Snowden, qui montrent que les agences de renseignement américaine et britannique ont espionné les intérêts français en Afrique.

Une nouvelle explosive après les révélations d’hier, où l’on apprenait que la NSA et son pendant britannique, le GCHQ, interceptaient les communications téléphoniques des passagers de dizaines de compagnies aériennes, dont vraisemblablement Air France.

Deux coups de tonnerre consécutifs qui n’ont pas arraché un mot à l’Élysée, Matignon ni même au Quai d’Orsay. Pourtant, Le Monde a retrouvé dans les listings d’écoutes auquel il a eu accès, les courriel et portables d’Ambassadeurs français en poste en Afrique à N’Djamena, Niamey et Kinshasa.

Dans le lot des écoutés français figurent aussi de hauts responsables ministériels comme Emmanuel Glimet, directeur de cabinet d’Anne-Marie Idrac, Secrétaire d’État au commerce extérieur, mais aussi directeur adjoint du cabinet de Christine Lagarde, ministre de l’économie.

N’oublions pas dans cet inventaire le président de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy. Une situation contre laquelle s’insurge Damien Lempereur, délégué national à Debout la France:

« Malheureusement c’est peu surprenant, puisqu’on n’avait déjà eu peu ou pas de réaction lorsqu’on avait appris les précédentes vagues d’écoutes. Au moment où l’Allemagne était également concernée. La France avait très peu réagit alors que l’Allemagne avait réagi de façon beaucoup plus énergique, ce qui semblait d’ailleurs tout à fait normal. Cela révèle certainement une forme de soumission, encore une fois, à nos alliés américains qui est choquante mais pas surprenante. »

Pour le député Socialiste Jérôme Lambert, ces écoutes, bien que condamnables, sont une réalité incontournable:

« La technologie permet aujourd’hui ce type de comportements, on peut s’en offusquer, mais dans la réalité, les responsables politiques, les responsables militaires, les hommes d’affaires de tous les pays du monde doivent savoir que, où qu’ils se trouvent dans le monde, ils peuvent faire l’objet d’écoutes de la plupart des grands pays du monde. » Des pays qui mettent en œuvre des écoutes « à l’encontre de tous les autres, alliés ou pas, car dans le domaine des affaires économiques il n’y a pas d’alliés qui comptent. »

Outre ces contacts institutionnels, on retrouve de grands nom du CAC40, tels que TOTAL et Thalès, eux aussi ciblés par les écoutes anglo-saxonnes, dans un contexte de concurrence pour les marchés miniers et pétroliers africains. Un contexte de guerre économique, dans lequel semblent d’ailleurs s’inscrire les écoutes de Pascal Lamy, alors en visite en Nouvelle-Zélande, à quelques jours d’un G20 à Londres où il allait plaider pour moins de mesures protectionnistes.

Une couverture « mondiale » des intérêts français effectuée par les services britanniques, à laquelle l’alliance dite des « Five eyes » (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande) n’est certainement pas étrangère. La Nouvelle-Zélande était en effet capable d’intercepter les communications des îles françaises du Pacifique.

Mais comment expliquer un tel silence des autorités françaises? Un silence d’autant plus gênant, que déjà à l’époque, les médias soulignaient que François Hollande avait promis, aux prémices de l’affaire Snowden, un « cadre de coopération sur la surveillance ». Nous étions alors en 2013.

Pour le député, ce qu’il y a finalement de plus gênant pour un responsable politique ou économique, c’est que l’affaire s’ébruite… lui assurant une bien bonne publicité, celle d’apparaître « crédule ».

« Qui peut être content que cela apparaisse publiquement? C’est à la limite la révélation publique qui rend ce genre d’affaires délicates, car aucun dirigeant de ce monde […] ne peut imaginer un seul instant qu’il ne puisse jamais faire l’objet d’une écoute de la part d’une grande puissance, ou même moyenne. Aujourd’hui les moyens existent […] Cela ne fait pas plaisir quand c’est révélé, parce que le dirigeant politique en question paraît crédule. »

En tout état de cause, ces révélations d’espionnage avérées font bien moins de bruit que de plus ou moins hypothétiques campagnes de piratage. Tout le monde garde en mémoire la psychose américaine de piratages russes à l’occasion des élections présidentielles. Une fièvre qui s’est aussi emparé de l’Allemagne à la fin du mois de novembre. Alors que le pays subissait une attaque informatique massive, le spectre du Kremlin fut brandit, là encore pour dénoncer d’éventuelles intentions russes de s’ingérer dans les affaires du pays.

Au-delà de la disparité des réactions, Jérôme Lambert juge peu crédible qu’un État mette en danger sa réputation dans un tel jeu:

« Penser qu’un État tel que la Russie interviendrait dans le déroulement des élections allemandes, comme des élections américaines, ça laisse toujours des traces […] je n’imagine pas qu’un État joue à ce niveau-là, cela serait contre-productif pour lui-même. »

« Penser qu’un État tel que la Russie interviendrait dans le déroulement des élections allemandes, comme des élections américaines, ça laisse toujours des traces […] je n’imagine pas qu’un État joue à ce niveau-là, cela serait contre-productif pour lui-même. »

Déjà l’an passé, lorsqu’en juin 2015 on apprenait de Wikileaks que les conversations téléphoniques des trois derniers présidents français avaient été écoutées par la NSA. Les responsables politiques français avaient manqué de voix pour dénoncer cette pratique. Une ligne en partie suivie par Angela Merkel, bien qu’elle ait tenu à hausser le ton vis-à-vis de Barack Obama. Quoi qu’il en soit, l’ « Affaire Snowden » débuté en 2013, n’a pas fini de livrer tous ses secrets.

Finalement, ne préfère-t-on pas en France, comme le dit une expression anglaise « tuer le messager »? Plutôt que de protester contre les douteuses pratiques de nos chers alliés anglo-saxons, la France a préféré refuser à Snowden l’asile politique. Mieux encore, à l’époque où le lanceur d’alerte était en fuite, la France avait fermé son espace aérien à l’avion du Président Bolivien Evo Morales, de peur que l’ex-agent américain ne s’y trouvât. (source)

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