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Les fonds spéculatifs attaquent la dette française

12 Déc

La forte remontée des taux d’intérêt dans l’Hexagone ces derniers mois s’explique par le rebond attendu de l’inflation, mais aussi par des attaques spéculatives sur la dette tricolore.

Les taux d’intérêt à long terme ont flambé en France, depuis cet été, passant de presque 0 à 0,80%. Un phénomène en grande partie imputable à la remontée attendue de l’inflation dans les pays occidentaux, notamment aux Etats-Unis, et à un jeu d’arbitrages entre les obligations souveraines américaines et européennes. Mais pas que. Le bond des taux d’intérêt dans l’Hexagone s’explique aussi par les positions spéculatives à la vente prises par certains fonds spéculatifs ou sociétés de gestion, qui misent sur une chute des cours des emprunts d’Etat français (qui évoluent à l’inverse des taux). A titre d’exemple, la société de gestion M&G a pris de tels paris à la baisse à hauteur de 5% du montant de son fonds Dynamic Allocation.

Si la dette française est une cible de choix pour les spéculateurs, c’est parce que le rendement offert par les emprunts d’Etat de l’Hexagone est trop bas, au vu de nos problèmes structurels (perte de compétitivité et gonflement continu de la dette publique, qui atteint déjà 100% du produit intérieur brut ) et de nos difficultés à mettre en œuvre des réformes.

En outre, de nombreux intervenants parient sur une montée des incertitudes politiques, d’ici l’élection présidentielle de mai 2017. Las ! Les attaques sur la dette française constituent une mauvaise nouvelle de plus pour les finances publiques… et, au bout du compte, pour les contribuables ! (source)

Un krach sur les obligations aurait des conséquences incalculables 

« S’il faut sortir de l’obligataire puisqu’on s’en va vers 36 ans de hausse de taux, si en parallèle avec la hausse du rendement et la baisse de la prime sur les actions il faut aussi sortir de Wall Street, sortir du CAC, du DAX, etc. que faire de l’argent ? (…) Quand on a créé tellement de fausse monnaie, d’argent virtuel, ceux qui l’ont dans leur poche (ce ne sont évidemment pas les classes moyennes, le citoyen lambda), ceux qui ont cette fausse monnaie sous forme numérique vont essayer de le convertir sous une forme tangible : immobilier sous toutes ses formes (…) pétrole, cuivre, zinc, tous les métaux industriels, terres rares… Et vous vous posez la question : Quid de l’or ? »

(Philippe Béchade, 2 décembre 2016)

Le krach à 1 700 milliards de dollars dont personne ne parle

Les pertes du marché obligataires sont saignantes… mais jusqu’à présent, tous ceux qui ont cru entrevoir la fin du grand marché haussier se sont trompés. Cette fois est-ce différent ?

« Avec 1 700 milliards de dollars, le marché obligataire a souffert de sa plus grosse perte mensuelle », c’est le titre d’une dépêche de Bloomberg d’hier soir. « Le marché obligataire haussier depuis trente ans semble vouloir finir dans un bang », continue le texte. Bigre ! Bloomberg deviendrait-il un Cassandre propagateur de sombre pessimisme dans le monde doré et rose de la finance internationale ?

Sur deux mois, les obligations ont encaissé une perte de 2 800 milliards de dollars tandis que les rendements ont augmenté de 52 points depuis le plus bas de juillet dernier. Peu de gens prêtent attention aux marchés obligataires. C’est un truc assommant, d’ailleurs rien que le mot « obligation » sent la corvée. Les obligations n’ont pas d’histoire, contrairement aux actions d’entreprise. Le jargon est obscur : rendement, maturité, sensibilité (si, si, ces petites choses seraient sensibles).

« Mais », me direz-vous, Ô lecteur sagace et averti par mon ennuyeuse prose passée, « il n’y a rien qu’un peu de quantitative easing ne puisse arranger. Les banques centrales rachètent les obligations et hop, le tour est joué, plus de marché baissier, vapeur renversée. » Tous les baissiers du marché obligataire se sont fait déchirer par les banques centrales. Ils sont terrés dans leurs bunkers, où ils lèchent leurs plaies. Ils contemplent tristement la poussière qui tombe sur leur or et leur réserve d’eau fraîche qui baisse. Quant à l’amour, le deuxième ingrédient d’une vie qui vaut la peine d’être vécue, ils n’en ont plus eu depuis si longtemps qu’ils ont oublié ce que c’était…

Alors que l’argent ne soit plus gratuit et devienne plus cher, est-ce possible ? Est-ce croyable ? Que le créditisme ait une fin ? Voici l’allure des rendements du 10 ans américain.

Et le marché obligataire en euro, celui qui nous intéresse à quelques jours du référendum italien ? Les rendements des emprunts italiens baissent à nouveau depuis que Mario Draghi a indiqué qu’il rachèterait tout. Dans une récente tribune, « Le sauvetage secret de l’Europe » , Hans Werner Sinn, professeur d’économie à l’université de Munich, indique que le reste de l’Europe doit à l’Allemagne et au Pays-Bas 819 milliards d’euros (ce sont les comptes de Target – le système obscur de compensation entre banques centrales nationales de la Zone euro).

Cette dette a augmenté de 180 milliards d’euros depuis le début de l’année. Soit 20 milliards d’euros par mois Les négociations européennes sur les « transferts fiscaux » commenceront en 2018. Les transferts fiscaux à l’échelle nationale consistent, par exemple, à faire payer les contribuables de l’Italie du Nord pour soutenir l’Italie du Sud, à faire payer les Français pour la Corse, certains départements d’Outre-Mer, etc.

Des compatriotes partageant la même langue, le même drapeau, les mêmes mythes nationaux, la même gastronomie,… acceptent de s’entraider. Les contribuables allemands et hollandais accepteront-ils de payer 20 milliards d’euros par mois, soit 8% de leur PIB, de « transferts sociaux » pour que l’Europe du sud (Espagne, Grèce, Portugal, Italie) garde son train de vie et puisse continuer à dépenser toujours plus ? Des bons souvenirs de vacances au soleil suffisent-ils à justifier un tel effort ? J’en doute.

Hans Werner Sinn pense cependant que les gouvernements de l’Allemagne et des Pays-Bas accepteront l’union fiscale, tout simplement parce qu’ils ne peuvent pas dévoiler l’ampleur des pertes passées qu’il faudrait autrement assumer. Je n’en suis pas aussi sûre que lui…

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

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Publié par le 12 décembre 2016 dans économie, général

 

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