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Insolite du Dimanche – Film «Premier contact» : Que se passerait-il si une civilisation extraterrestre débarquait sur Terre ?

11 Déc
Les extraterrestres de «Premier contact».

Le film «Premier contact» de Denis Villeneuve décrit l’arrivée sur notre planète d’une civilisation extraterrestre hyper-intelligente, et ses conséquences pour l’humanité. Mais que se passerait-il exactement si un tel événement se produisait un jour?

Premier contact, le nouveau film de Denis Villeneuve, en salles mercredi 7 décembre, décrit l’arrivée sur notre planète d’une civilisation extraterrestre hyper-intelligente et les conséquences de ce «premier contact» pour l’humanité. Mais que se passerait exactement si un tel événement se produisait un jour?

Fantasme de la science-fiction décliné depuis les années 1950 dans des films à grand spectacle et dans des romans d’anticipation, l’arrivée d’une civilisation extraterrestre sur notre planète, même si elle reste hypothétique, n’a rien d’impossible. Surtout depuis que les astrophysiciens ont mis en évidence, depuis plusieurs années, l’existence d’exoplanètes similaires à la Terre et qui peuvent réunir les conditions propices à l’apparition et au développement d’une vie intelligente.

Une chose est sûre, ce «premier contact» ne se fera pas dans le calme. Comment l’humanité gérera cette rencontre? Voici le scénario le plus plausible des conséquences de l’arrivée sur Terre d’une civilisation extraterrestre.

Panique à bord

La première étape, et c’est celle qui est d’ailleurs généralement décrite au cinéma, sera une panique généralisée qui s’emparera des populations à l’échelle mondiale. Avec toutes les conséquences qui en découlent: émeutes, pillages, violences, chaos… La société sera très vite entièrement désorganisée car les gens voudront massivement fuir par tous les moyens une menace qu’ils considéreront comme mortelle. La peur de l’inconnu sera la plus forte et l’instinct de survie prendra le pas sur la raison: le cinéma ne se trompe pas en montrant des scènes de panique à grande échelle.

Face à une menace d’un nouveau genre, les gouvernements seront, dans un premier temps, totalement désemparés car il n’existe à l’heure actuelle aucun plan de défense de la Terre ni aucun protocole à adopter face à une pareille situation. Les militaires et les politique sont trop occupés à traiter les problèmes immédiats pour se pencher sur ces questions.

En France, une solution existe tout de même: c’est le protocole gouvernemental de gestion des crises majeures, qui peut s’appliquer aussi bien à une catastrophe naturelle de grande ampleur qu’à une attaque nucléaire. Ce sera sans conteste le premier recours des autorités pour rétablir la situation et protéger les civils car c’est le seul outil adapté à ce type de situation qui puisse être mis en oeuvre rapidement. Le Centre interministériel des crises, qui dépend du Premier ministre, sera alors immédiatement en mesure d’appliquer un plan d’urgence en coordination avec le Secrétariat général de sécurité nationale, la Sécurité civile, le ministère de l’Intérieur et celui de la Défense.

Le gouvernement déclarera l’état de siège (régime bien plus contraignant que celui de l’état d’urgence en vigueur depuis le 13 novembre 2015) afin de permettre aux autorités de pouvoir agir sans contraintes et de rétablir l’ordre plus facilement. Les populations seront invitées à rester chez elle et à se calfeutrer tandis que l’armée protégera les sites sensibles –postes de commandement, centrales nucléaires, réserves de pétrole et de munition– et que la police veillera quant à elle à étouffer les émeutes résiduelles. Le gouvernement communiquera en temps réel par tous les moyens à sa disposition pour calmer les populations.

Ce premier stade mouvementé ne durera que quelques jours si toutes ces mesures sont prises rapidement et efficacement. Des discussions seront alors rapidement entamées à un niveau international, via l’Otan ou les Nations unies, pour déterminer quelle attitude commune adopter.

Néanmoins, un premier contact pourrait se dérouler de façon moins brutale que par l’arrivée sur notre planète d’une armada de vaisseaux extraterrestres. Alain Lecavellier, directeur de recherche au CNRS, précise quelles alternatives existent:

«Ce qui vient tout de suite à l’esprit, c’est le contact physique: la présence matérielle sur Terre d’êtres et de vaisseaux extraterrestres. Mais le contact peut tout à fait se faire par d’autres moyens, par échange radio par exemple. C’est l’objet du programme Seti. Il y a aussi les ondes électromagnétiques, les rayons X…. Les lasers peuvent également servir de moyen de contact.»

Dialoguer avec eux

La seconde étape consistera à établir une communication avec nos visiteurs. Connaître leurs intentions et savoir à qui nous avons à faire sera essentiel pour savoir comment nous organiser. Mais comment dialoguer avec des êtres si différents de nous? Quels outils aurions nous à notre disposition pour nous faire comprendre et pour les comprendre eux? Et là encore, le cinéma tape dans le mille. Ce qui est décrit dans Rencontre du troisième type ou dans Premier contact est tout à fait plausible.

Alain Lecavelier précise:

«Même si il n’existe pas officiellement de travaux sur la question, on peut tout à fait trouver des moyens de communication universels qui s’appliqueraient à d’autres civilisations. La musique est une bonne piste car c’est un langage qui, sur Terre, peut être compris par tout le monde, sans barrière de la langue. Le dessin est également une option intéressante.

 

Les mathématiques, avec les nombres premiers, seront certainement la meilleure solution. On sait aujourd’hui avec certitude que les nombres premiers sont universels. Ce sont des moyens que nous pourrons utiliser facilement pour communiquer avec des formes de vies intelligentes différentes de nous.»

Les gouvernements, et le nôtre ne fera pas exception, feront appel à leurs scientifiques, astrophysiciens et exobiologistes en tête, pour en savoir plus sur ces visiteurs. Les chercheurs auront un rôle majeur à jouer dans la compréhension du milieu physique d’où ces êtres viennent et dans la façon dont cette forme de vie fonctionne, ainsi que dans la localisation de l’exoplanète d’où cette civilisation a décollé. Les militaires et les ingénieurs chercheront quant à eux à comprendre comment fonctionne leur technologie.

Si le cinéma décrit généralement des extraterrestres hostiles, avides de piller les ressources de la Terre, ce scénario est pourtant devenu au fil du temps de moins en moins plausible. D’une part, parce que les astrophysiciens se sont rendus compte que les ressources de la Terre n’avaient absolument rien d’exceptionnel, la plupart des métaux et des ressources énergétiques qui existent sur notre planète étant présents massivement dans l’univers, ce qui est valable pour l’or comme pour l’eau, par exemple. Et vu le nombre d’exoplanètes similaires à la notre et d’astéroïdes bourrés de ces ressources qui existent, le «mobile» du crime ne tient pas la route.

Ensuite, et surtout, parce que le paradoxe de Fermi, qui met en parallèle l’âge de l’univers (13,8 milliards d’années) et le temps que mettrait une civilisation avancée pour envahir une galaxie –quelques centaines de milliers d’années tout au plus pour la nôtre– vient également contredire cette hypothèse. En gros, si une civilisation extraterrestre avait des intentions hostiles, celles-ci se seraient manifestées depuis longtemps. Donc, pas trop de danger à priori de voir nos forces armées se battre contre des technologies qui les réduiraient en poussière avant qu’une seule balle n’ait pu être tirée. Ce que l’on voit dans Independance Day n’a que très peu de chances de se produire un jour.

N’en reste pas moins que ce premier contact, qui est l’objet de tant de fantasmes, aura un impact immense sur l’humanité.

Un nouveau paradigme

Même si aujourd’hui les différents programmes de recherche, et Seti –le plus populaire d’entre eux– en tête, n’ont pas encore donné de résultats concluants, l’hypothèse qu’une vie intelligente existe ailleurs dans l’univers se renforce au gré des découvertes scientifiques, que ce soit avec la présence d’eau sur Mars ou via la liste, qui ne cesse de s’allonger, d’exoplanètes rocheuses similaires à la Terre. Au-delà de la science-fiction et du cinéma, les astrophysiciens et les exobiologistes travaillent sur cette question et mettent au point des outils de plus en plus perfectionnés de détection d’une intelligence extraterrestre.

À l’heure où, de plus en plus, nous prenons conscience des dangers mortels que  l’espace recèle en son sein –chute sur notre planète d’un astéroïde tueur ou explosion d’une supernova dans notre voisinage proche–, la question de l’altérité est certainement celle qui nous fascine le plus. À qui aurons nous à faire exactement? A quoi ressembleront ces êtres? Comme les premiers chasseurs-cueilleurs qui découvraient avec peur et curiosité les autres tribus, nous voulons savoir quelles autres formes d’intelligence habitent également l’univers. D’autant que nous serons certainement très surpris en les découvrant. Et là, par contre, le cinéma se trompe complètement avec ses «petits hommes verts», ou parfois gris, explique Alain Lecavelier:

«Tous les exobiologistes sont d’accord pour dire que la chimie la plus riche au support de la vie est celle du carbone, c’est à dire la nôtre. C’est assez universel. C’est un support qui permet à la vie de faire beaucoup de choses très différentes, comme sont différents par exemple les arbres, les éléphants ou les insectes sur notre planète.

 

Après, il y a peu de chances que nous tombions sur des êtres anthropomorphes, c’est à dire qui nous ressemblent. Ils n’auront pas deux bras, deux jambes et une tête. Ce ne seront pas des caricatures à la Roswell comme on peut les voir dans les films. Il y a des tas de formes possibles pour la vie, autant de formes qu’il y a d’étoiles dans l’univers! Nous serons surpris par ce que la vie est capable de créer.»

Si ce premier contact arrive un jour, l’humanité lèvera le voile sur des civilisations qui lui sont totalement inconnues. Comme les premiers explorateurs découvraient des sociétés radicalement différentes de la leur, avec des langues, des traditions, des technologies, des cultures dont ils ne soupçonnaient pas l’existence et la diversité.

À cette échelle, et face à un tel événement historique, notre façon de concevoir le monde, l’univers et la vie, seront transformés de façon irrémédiable. Pour le meilleur, mais peut-être aussi pour le pire. Dans Contact et impact, un ouvrage paru en 2006, l’essayiste Christel Seval avançait que le plus grand risque d’un premier contact pour l’humanité serait un ethnocide, c’est à dire l’effondrement total des croyances fondatrices de notre pensée et de notre culture par une remise en cause extrêmement brutale de celles-ci. Nous pourrions ne jamais nous relever du choc culturel provoqué par la rencontre avec une forme très avancée d’intelligence extraterrestre, même si celle-ci est bienveillante à notre égard, et c’est l’ensemble de nos connaissances qui deviendraient dérisoires. Le vrai danger est peut-être là.

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