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Le non au référendum italien : le début de la fin pour l’euro ? Monte Paschi dit « se préparer à un Bailout de l’ Etat »

06 Déc

Le risque de défaut italien est à un sommet de 3 ans …

Et voilà, Monte Paschi dit se «préparer à un Bailout de l’ Etat » :

Les banquiers sont à court de solutions dans le secteur privé pour Monte dei Paschi di Siena et ont dit au prêteur italien de se préparer un plan de sauvetage de l’Etat ce week-end après que le Premier ministre Matteo Renzi a subi une défaite référendaire.

Pendant la nuit, nous en avons eu la confirmation par non pas une mais deux sources, avec italien II et Sole 24 signalant que le Trésor italien envisage une intervention directe de l’ État  » avec précaution » pour sauver la banque , un plan qui a déjà été esquissé par Rome et Bruxelles.

Les dirigeants de la banque se réunissent avec les responsables de la Banque centrale européenne aujourd’hui

N’oubliez pas non plus cette news de la semaine dernière :  Huit banques italiennes pourraient s’effondrer si le référendum du Premier ministre italien échouait, La BCE se prépare à intervenir :

La prochaine crise viendra surement d’Italie et elle est imminente, ce pourrait être le gros Domino qui fera tomber l’Europe – D’ailleurs en embuscade, La BCE est prete à acheter plus d’obligations Italiennes si le Referendum « ébranle les Marchés » :

Dans un rapport confirmant que la BCE se prépare à une répétition d’un scénario post-Brexit,Reuters écrit que la BCE est prête à intervenir temporairement sur les achats d’obligations d’État italiennes si « les marchés sont ébranlés » lors du résultat d’ un référendum décisif de dimanche prochain, qui selon le WSJ déterminera probablement l’avenir non seulement de Monte Paschi , mais d’ autres banques italiennes insolvables, et que les coûts d’emprunt pour le plus grand débiteur de la zone euro montent brusquement. Le marché à terme des BTP (Obligations Italiennes) monte brièvement sur cette info

Matteo Renzi discutait des affaires économiques de son pays au Council on Foreign Relations en septembre dernier. Des banquiers pensent qu’une défaite lors de son référendum mènerait à des faillites en chaîne des établissement bancaires de son pays

Avant le référendum décisif pour Matteo Renzi, qui doit faire passer le Parlement de deux à une chambre, des banquiers cités par The Financial Times estiment qu’une victoire du «non» sonnerait le glas pour huit établissements bancaires du pays.

Les conséquences politiques du référendum défendu par Matteo Renzi sur les modifications du fonctionnement du Parlement rendent fébriles les marchés financiers du pays.

Si le «non», qui domine nettement dans les sondages, venait à l’emporter, des banquiers cités par le quotidier britannique The Financial Times estiment que cela plongerait les marchés dans une zone de «troubles et de turbulences». Ils ont expliqué au journal que huit banques italiennes, dont la plus vieille du monde Monte dei Pashi, pourraient faire faillite.

Le non au référendum italien : le début de la fin pour l’euro ?

Le résultat du référendum constitutionnel italien du dimanche 4 décembre est sans appel avec 60% de non et une forte participation. Matteo Renzi en a immédiatement tiré les conséquences en démissionnant de son poste du chef du gouvernement. Les questions proprement constitutionnelles sont passées à l’arrière-plan derrière l’inefficacité des réformes économiques de Mario Monti (2011-2013), d’Enrico Letta (2013-2014) et de Matteo Renzi (2014-2016), le chômage baissant à peine et la croissance ne redémarrant pas. La victoire du non signifie aussi un rejet de l’euro, largement critiqué dans la péninsule, ainsi qu’un refus des migrants.

Le processus fatal dont nous avions parlé en juillet dernier (à l’époque le référendum était prévu en octobre) risque fort de se mettre en place : de nouvelles élections, rendues nécessaires par la démission de Renzi, devraient amener, comme l’indiquent les sondages, une coalition menée par le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo dont la principale revendication consiste en un référendum pour sortir de l’euro, qui obtiendrait sans doute la majorité. S’en serait alors fini de l’euro sous sa forme actuelle. Comment un pays de la taille de l’Italie pourrait-il sortir de la zone euro ? Nul ne le sait.

Parallèlement à cet agenda politique passablement agité, la situation des banques italiennes, qui ne cesse de se dégrader, appelle des solutions urgentes. Qui les prendra ? Nul ne le sait vraiment. Les banques italiennes cumulent en effet 360 milliards d’euros de créances douteuses, ce qui équivaut à 22% du PIB, un ratio digne d’un pays en faillite. Les grandes banques (Monte Paschi, Unicredit, Banco Popolare) ont besoin de se recapitaliser, cela passera-t-il par des injections d’argent public, en principe interdites par Bruxelles, ou par une ponction des comptes des clients, comme le prévoit la directive BRRD ? Les deux solutions n’ont que des inconvénients, alourdissement de la dette et difficulté à trouver des investisseurs dans un cas, colère des épargnants dans l’autre.

Une calamité risque de précipiter les événements : une forte remontée des taux d’intérêt sur la dette italienne traduisant une défiance des investisseurs, le pays ne parviendrait plus à se refinancer, la faillite serait au coin de la rue. C’est la situation qu’a connu la Grèce, mais l’Italie pèse bien plus lourd avec 2.200 milliards d’euros de dette publique (300 pour la Grèce). Aucun plan d’aide ne parviendrait à éteindre l’incendie. Le risque de contagion serait réel (Espagne, Portugal, où les banques sont en mauvaise posture, la France, très impliquée dans la péninsule comme nous avons eu l’occasion de le dire).

Mais pourquoi s’inquiéter ? La Banque Centrale Européenne est dirigée par Mario Draghi, un italien ça tombe bien, qui a jadis dirigé la Banque d’Italie, il connaît donc bien tous ces dossiers. Il lui suffira de faire tourner encore plus vite la planche à billets, la BCE deviendrait alors le seul acheteur de la dette émise par l’Italie. Et qu’importe ce déluge de monnaie qui ferait baisser la valeur de l’euro (il a déjà commencé à reculer face au dollar), et qu’importent les protestations de l’Allemagne, ulcérée par ce laxisme. Cependant, toute cette bonne volonté ne suffirait pas si l’Italie décidait de sortir de la zone euro. On verrait alors Mario Draghi, tenant de lourdes valises débordant de billets, implorant « Comment ça, vous ne voulez plus de mon argent ! » Une vraie comédie italienne.

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Publié par le 6 décembre 2016 dans économie, général, International

 

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