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Ultimatum allemand : «La Grèce doit réformer Ou quitter la zone euro »

05 Déc

Grèce-pas-en-trouble

Revenons sur ce Grand Prix du Timing qui va à Wolfgang Schäuble qui a déclaré hier «La Grèce doit réformer Ou quitter la zone euro » le même jour où Matteo Renzi a subi une défaite écrasante face aux soi – disant « populistes » en Italie . Le ministre allemand des Finances a exclu l’allègement de la dette pour la Grèce avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro.

L’Allemagne a de nouveau averti la Grèce que le pays devait mettre en œuvre les réformes demandées pour demeurer dans la zone euro. Selon Schaüble, un allègement de la dette n’aurait pas de conséquences sur le rétablissement économique de la Grèce.

«Athènes doit enfin mettre en œuvre les réformes nécessaires», a déclaré le 4 décembre Wolfgang Schäuble à l’édition dominicale de Bild. Le ministre allemand des Finances a une nouvelle fois insisté dans la presse allemande sur la mise en œuvre par le gouvernement grec des réformes qui lui sont réclamées.

Alors que les 19 ministres des Finances de la zone euro se réunissent le 5 décembre à Bruxelles pour discuter de l’allègement de la dette grecque, Wolfgang Schäuble a déclaré que la Grèce aurait à procéder à des réformes impopulaires si elle voulait rester dans la zone euro. Il a également exclu un allègement de la dette grecque et précisé : «Si la Grèce veut rester dans l’euro, il n’y a pas d’échappatoire – et ce, indépendamment du niveau d’endettement.»

Pour Wolfgang Schaüble, si Athènes voulait obtenir de nouveaux emprunts auprès des institutions financières européennes, alors le pays aurait à «libéraliser» le marché du travail, en permettant notamment aux entreprises de licencier plus facilement les salariés.

En réponse, Dimitris Tzanakopoulos, porte-parole du gouvernement grec et cité par l’agence Reuters, a déclaré : «Nous avons clairement indiqué qu’il n’y avait aucune chance que nous acceptions ce que le FMI demande sur les mesures d’austérité et les réformes du travail.» Toutefois, le gouverneur de la Banque de Grèce, Yannis Stournaras, a souligné que de nouvelles mesures étaient nécessaires pour alléger le fardeau de la dette grecque.

Blocage des créanciers et crises en perspective

Le gouvernement d’Angela Merkel a promis au parlement allemand de ne pas demander davantage d’argent pour aider la Grèce, sauf dans le cas où le Fonds monétaire international (FMI) recommencerait à prêter des fonds à Athènes.

Cependant, le FMI refuse de participer financièrement au troisième plan d’aide à la Grèce si la question de sa dette, jugée insoutenable, n’est pas abordée avec ses créanciers. Le FMI, qui a contribué aux précédents plans de sauvetage de la Grèce, a cette fois lié sa participation à un allègement significatif de sa dette.

De son côté, l’Allemagne et son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, persistent à prôner une extrême fermeté face à Athènes. A quelques mois de législatives décisives pour la chancelière Angela Merkel, Berlin renvoie toute idée de restructuration de la dette grecque à 2018.

L’actuel gouvernement grec, dirigé par le parti de gauche Syriza, soutient pour sa part depuis longtemps que l’endettement du pays est le principal obstacle à une croissance économique durable.

Depuis 2010, Athènes a obtenu trois renflouements de la part de ses créanciers internationaux. Sa dette, estimée à plus de 300 milliards d’euros, soit environ 180% de son PIB, est toujours la plus élevée de la zone euro. Le gouvernement du Premier ministre grec Alexis Tsipras a accepté en 2015 un nouveau plan d’austérité et de réformes économiques impopulaires malgré la victoire du «non» lors du référendum organisé sur l’accord proposé par les partenaires et créanciers de la Grèce.

Les propos de Wolfgang Schaüble surviennent alors qu’une nouvelle crise s’est ouverte après le rejet massif du référendum organisé en Italie par le Premier ministre Matteo Renzi. Pour l’économiste Jacques Sapir, cette défaite est également celle de l’austérité en Europe. Selon lui, «la victoire du « non » au référendum italien ouvre un espace important aux forces qui en France contestent l’euro et l’Union européenne».

Conséquences

Si la Grèce ne reçoit pas d’allégement de sa dette, le FMI a déclaré qu’il abandonnerait le programme.

Si le FMI abandonne le programme, c’est l’Allemagne qui devra payer.

À un moment donné le FMI était inquiet que la Grèce avait une dette à hauteur de 110% du PIB. Maintenant, c’est 140% et ça semble acceptable – et le FMI est encore prêt à attendre jusqu’en 2030 pour avoir de tels progrès.

Le jeu de Schäuble

Schäuble a dénoncé le Bluff du FMI à plusieurs reprises quant à ces menaces. Schäuble a dénoncé le bluff de la Grèce d’innombrables fois aussi.

Flashback le 24 mai 2016: l’ Allemagne dénonce le Bluff du FMI et gagne : la Grèce saignée à nouveau

Néanmoins, les faits montrent que l’histoire n’a pas exactement récompensé la complaisance cette année.

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Publié par le 5 décembre 2016 dans économie, général, International, Politique

 

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