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Les Français appelés à boycotter les produits du groupe Lactalis

30 Août

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Je suis pour ce genre d’initiatives , qui visent à ébranler le monopole de groupes comme Lactalis qui écrasent déloyalement et de manière sauvage les marges des producteurs de lait et qui se pensent tout permis. Meme si vous n’êtes pas en mesure, pour X ou Y raison, de boycotter la totalité de leur produits, leur signifier que vous êtes prêts à les boycotter – ça a déjà du sens et du poids . Actuellement il y a prés de 3500 signataires .

Après l’échec des négociations entre Lactalis et les producteurs sur le prix du lait, une campagne de boycott des produits Lactalis a été lancée sur les réseaux sociaux et via la plateforme I-boycott.org.

Président, Rondelé, Galbani, La Laitière, Société, Locatelli, Bridel, Lactel… le site recense les marques du groupe laitier afin d’aiguiller le consommateur dans cette démarche.

Cette opération vise à maintenir la pression sur le géant du lait qui refuse d’accroître suffisamment son prix d’achat du lait pour permettre aux producteurs de lait de vivre de leur travail.

Source

Productrice de lait, je perds 300 euros/jour : Lactalis tient notre avenir entre ses mains

 

Fille d’agriculteur, je produits du lait depuis 1983 prêt de Vannes, dans le Morbihan, et je participerai au blocage de Lactalis ce mardi toute la journée. Je ne pensais pas, en choisissant ce métier de passion il y a 30 ans, en arriver là où j’en suis aujourd’hui. Notre précarité – comme celle de milliers d’exploitants français – devient telle que ça ne peut plus durer.

 

Chaque jour, nous perdons 300 euros

 

Je travaille depuis plusieurs années en Groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec), avec mon mari et deux de nos enfants. Exclusivement producteurs de lait, nous nous occupons d’une centaine de vaches et de 200 hectares de terrain pour l’alimentation des animaux. Et chaque jour, nous perdons de l’argent.

 

Nous livrons notre lait à Sodiaal, et non à Lactalis, mais nous subissons les mêmes effets de l’effondrement du marché. Nous sommes payés 27 centimes par litre de lait alors que son coût de production nous revient à 36 centimes. Résultat, nous savons qu’il nous manquera 300 euros en fin de journée pour rentrer dans nos frais. Je ne parle pas de bénéfices, mais simplement de notre chiffre d’affaires, pour nous permettre de payer les factures. Au total, ce sont 9.000 euros que nous perdons chaque mois.

 

Pour survivre, nous dépensons le moins possible, nous appelons moins le vétérinaire, nous étalons les prêts au maximum et décalons les factures, en espérant voir le bout du tunnel. C’est une gestion au jour le jour qui n’est pas tenable. C’est le monde à l’envers : nous payons pour travailler.

 

0,25 euros le litre de lait, un tarif suicidaire

 

Les prix ont commencé à baisser il y a un an et demi. L’hiver dernier, nous étions rémunérés 32 centimes par litre, ce qui restait insuffisant pour en vivre, mais tout de même un peu plus confortable. Depuis, les prix se sont écroulés.

 

Lactalis, lui, propose désormais 0,25 euros par litre de lait, c’est un véritable coup de massue pour toute la filière. Personne ne peut produire à ce tarif-là, c’est tout bonnement impossible.

 

Or Lactalis étant le leader sur le marché, nous craignons que les autres laiteries n’adoptent bientôt la même politique. Ce ne sera peut-être pas demain ni dans un mois, mais cette issue est une fatalité que nous ne pouvons envisager. C’est pourquoi le blocage du siège de l’industriel est non seulement symbolique, mais représente surtout un enjeu vital pour nous, producteurs.

 

Aujourd’hui, les entreprises nous donnent ce qu’elles veulent sans aucune négociation et sans prendre en compte notre prix de revient. Tout le monde n’est pas récompensé de la même manière pour la valeur de son travail.

 

Je travaille 60 heures par semaine

 

Nous avons l’impression que l’on nous mène la vie dure dans l’espoir que des agriculteurs mettent la clé sous la porte. C’est dur à vivre, dans la mesure où, dans notre situation, c’est toute la famille qui subit ces pressions et difficultés. Si l’exploitation tombe, nous perdons notre maison, notre terrain… C’est toute notre vie qui s’écroule.

 

Avec mon mari et nos enfants, nous nous soutenons mutuellement dans les tâches, et je travaille pourtant 60 heures par semaine. Je vous laisse imaginer la situation d’un agriculteur seul sur son exploitation…

 

Dans mon entourage, il y a beaucoup d’accidents et d’arrêts maladie, car les gens ont trop tiré sur la corde. Ils ne prennent pas de vacances ni de remplaçants, et doivent se séparer de leurs salariés quand ils ont la chance d’en avoir, faute de pouvoir les payer. Ici, il y a beaucoup de misère et de personnes en détresse. Quand on joue avec la vie des gens, ça lâche au bout d’un certain temps. C’est ça qui est révoltant.

 

L’État doit nous venir en aide

 

Mes enfants m’ont confié que, s’ils ne réussissaient pas à vivre de la production de lait, ils feront leur carrière ailleurs. Les entreprises ne regardent pas la réalité en face : un jour, elles n’auront plus de lait français, pourtant reconnu pour sa grande qualité car répondant à de nombreuses normes très strictes. Elles nous laissent mourir et s’en apercevront trop tard.

 

La concurrence avec nos voisins européens devient de plus en plus rude, dans la mesure où les règles sont différentes d’un pays à l’autre. Il est temps de les harmoniser.

 

Nous demandons à l’État de nous venir en aide pour mettre en place une revalorisation rapide des prix, qui tienne compte de nos coûts de production, et aux banques de jouer le jeu pour nous soutenir. Nous ne souhaitons pas faire fortune, sinon nous aurions fait un autre métier.

 

Les consommateurs peuvent nous aider

 

Mais à travers notre mobilisation, c’est également les acheteurs attachés aux petites exploitations familiales que nous voulons sensibiliser. Afin de permettre une consommation responsable, nous défendons la valorisation d’un étiquetage français, auquel Lactalis est opposé (ont-ils quelque chose à cacher ?).

 

Notre vocation est de nourrir la population avec du lait de qualité, et nous y sommes attachés. Mais encore faudrait-il pour cela que l’on soit en mesure de nourrir notre propre famille.

Notez que les éleveurs ont trouvé un accord avec Lactalis*

Réunis depuis ce matin, les producteurs annoncent avoir trouvé un accord avec Lactalis. L’accord fixe le prix des 1000 litres à 290 euros en moyenne. La FNSEA a demandé aux agriculteurs d’arrêter leurs actions contre le géant du lait.

L’accord avec Lactalis fixe le prix de la tonne de lait à «290 euros en moyenne» pour les cinq derniers mois de l’année. Il prévoit une augmentation de cinq euros du prix de la tonne de lait tous les mois jusqu’à la fin de l’année, le tarif passant de 280 euros en août à 300 euros en décembre. «Le prix du lait négocié par le groupe Lactalis pour les prochains mois est largement supérieur à son environnement économique et à ses principaux concurrents coopératifs», affirme Michel Nalet, porte-parole du groupe Lactalis.

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Publié par le 30 août 2016 dans économie, général, société

 

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