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« Le plus gros krach obligataire de tous les temps a-t-il commencé ? » : Volatilité, Moment de Minsky et effondrement de la dette

10 Mai

Petit retour sur les événements de ces dernières semaines .

Comme je l’ai déjà dit quelque chose de gros semble se préparer sur le marché obligataire : on pourrait assister au prémisses d’un genre de moment de Minsky, c’est à dire le moment où les investisseurs s’aperçoivent que les dettes publiques des nations (dont votre épargne) ne seront jamais remboursés et s’en débarrassent (vendent) en masse, et dont les signes précurseurs pourraient se manifester par plus de volatilité . 

Alors bien sur au moment X le Bund et le marché obligataire s’est un peu stabilisé et certains analystes nous expliquerons que ce qu’on a vu ces 2 dernières semaines était un réajustement nécessaire du marché (Les investisseurs auraient ajusté leurs attentes en matière d’inflation, conforté par la fermeté des prix du pétrole, ce qui aurait provoqué les ventes de ces derniers jours) … mais si c’était le début d’un mouvement de fond bien plus important ?

Les investisseurs semblent perdre confiance en la capacité des banques centrales à les rembourser , notamment la FED mais surtout la BCE .

Comme je l’ai rapporté dans Les rendements obligataires européens sont en forte hausse : Draghi, va avoir besoin d’un plus gros bazooka , malgré les achats massifs de dette publique (obligations) par la BCE , celle ci n’arrive pas à maintenir la pression sur les rendements (c’est à dire maintenir le marché obligataire attractif), et les rendements qui explosent c’est le marché obligataire qui s’effondre .

Qu’est ce qu’un rendement, un  taux d’intérêt ? Voici quelques explications :

La mesure du rendement

Le taux de rendement indique combien vous rapporte une obligation. Sa version la plus simple est calculée à l’aide de la formule suivante : rendement = montant des versements d’intérêts/cours. Donc, dès que le cours change, le rendement change aussi.

Prenons l’exemple d’une obligation que vous avez achetée 1 000 $ au moment de son émission, avec un taux d’intérêt nominal de 10 % et une échéance de 10 ans.

Si vous la gardez, c’est très simple : l’émetteur va vous verser 100 $ chaque année durant 10 ans, puis vous rembourser 1 000 $ à la date prévue. Le rendement sera donc de 10 % (100 $/1 000 $).

En revanche, si vous la revendez sur le marché boursier, vous n’obtiendrez pas 1 000 $. Pourquoi? Parce que le cours des obligations change tous les jours en fonction, notamment, des taux d’intérêt en vigueur.

Si le cours de votre obligation sur le marché est de 800 $, on dit qu’elle est négociée au-dessous du pair ou à escompte. Si le cours est de 1 200 $, elle est négociée au-dessus du pair ou à prime.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que quel que soit le cours d’une obligation sur le marché boursier, les intérêts versés ne varieront pas : dans l’exemple que nous avons choisi, le détenteur continuera à recevoir 100 $ par an.

Le rendement de l’obligation va donc changer. Si vous la vendez 800 $, il sera de 12,5 % (100 $/800 $). Si vous la vendez 1 200 $, son rendement va être de 8,33 % (100 $/1 200 $).

La relation entre le cours et le rendement

La relation entre le rendement et le cours peut être résumée de la façon suivante : lorsque le cours monte, le rendement baisse et vice-versa. En pratique, donc, le cours et le rendement d’une obligation évoluent en sens inverse.

C’est un point qui prête souvent à confusion. Comment expliquer qu’un rendement élevé et un cours élevé soient 2 éléments positifs alors qu’ils s’excluent mutuellement?

La réponse dépend en fait du point de vue de l’investisseur. L’acheteur potentiel d’une obligation souhaite que le rendement soit élevé. En effet, il préférera payer 800 $ une obligation de 1 000 $, et bénéficier ainsi d’un rendement de 12,5 %. Par contre, une fois l’obligation achetée, les versements d’intérêts ne varieront pas. Donc, ce même investisseur aura avantage à ce que le cours monte. Il pourra ainsi réaliser un bénéfice lorsqu’il vendra son obligation.

L’influence des taux d’intérêt

La valeur nominale, le taux d’intérêt nominal, l’échéance, l’émetteur et le rendement ont tous une influence sur le cours des obligations.

Toutefois, aucun d’eux n’exerce autant d’influence que le niveau des taux d’intérêt en vigueur dans l’économie. Lorsque les taux d’intérêt montent, les cours des obligations chutent sur le marché. Le rendement des obligations plus anciennes monte et s’aligne sur celui des nouvelles émissions dont le taux d’intérêt nominal est plus élevé.

Inversement, lorsque les taux d’intérêt baissent, les cours obligataires augmentent, et le rendement des anciennes obligations baisse pour s’aligner sur celui des nouvelles émissions dont le taux d’intérêt nominal est plus faible.

Et c’est donc bill GROSS, l’ex gestionnaire du plus gros fond obligataire au monde (PIMCO) qui a donné le coup d’envoie pour « shorter » (jouer à la baisse, vendre) les oblig européennes et le BUND :

 Résultat ? Voici ce à quoi ressemblaient les rendements des Bunds allemands … :

Comme le précise le FT  : En 15 jours, les propriétaires d’obligations de référence allemandes ont vu le prix en chute libre effacer la valeur de plus de 60 ans de revenus., alors que le Bund a vu la plus grande déroute en termes de retour total depuis 1994″.

Les achats de la BCE ne suffisent pas, une trés grosse main à du intervenir massivement sur le marché obligataire qui s’effondrait :

Prix sur les marchés futurs

Sachant que le marché obligataire représente 100 000 milliards de $ , inutile de vous faire un dessin , les volumes et le risque systémique est énorme !

Et le risque obligataire périphérique  de l’UE était en pleine explosion …

Comme précisé dans La crise est finie ? Non, elle est sur le point d’exploser 

« Est ce que les banques centrales du monde ont appuyés sur le bouton panique ce matin ? »

Si il y a une chose plus inquiétante pour les planificateurs centraux du monde q’un sell-off des actions, c’est une déroute obligataire «prouvant» qu’ils ont perdu le contrôle. Le carnage de cette nuit sur ​​les marchés obligataires mondiaux semble avoir déclenché l’intervention de quelqu’un (ou quelques uns) – de manière spectaculaire (en volume) – pour sauver les obligations et sauver le monde une fois de plus .

Donc il est possible que les investisseurs se désengagent massivement du marché obligataire Européen : de moins en moins d’investisseurs acceptent de mettre des obligations souveraines en portefeuille, et ceux qui en achètent veulent un rendement plus élevé en échange de leur prêt .

Cela signifierait que les marchés perdent confiance dans la capacité des Etats à rembourser leur dette, et ils auraient bien raison, cette dette est devenu hors de proportion et de contrôle au niveau mondial, et ne sera jamais remboursée .

Ce qui nous amène à nous demander si nous ne vivons pas les prémisses de ce qu’ on appelle « un moment de Minsky » qui se caractérise par une hausse de la volatilité.

Bien entendu, ce concept   est plus élaboré que la façon réductrice dont je vais la décrire ici (qui n’est néanmoins pas fausse), et le lecteur intéressé pourra l’approfondir en lisant dans cet extrait en accès libre du livre de Paul Krugman  « Sortez-nous de cette crise… maintenant ! », le paragraphe intitulé « le moment Minsky » :

Pour les économistes classiques qui défendent le capitalisme, celui-ci est un système économique stable ( en dehors de catastrophes extérieures qui viennent en perturber les mécanismes : guerres, hausse brutale du prix du pétrole, etc.) , apportant une croissance continue et régulière, et dans lequel les banques ne jouent qu’un rôle facilitateur et optimisant, mettant en contact ceux qui ont besoin d’argent pour réaliser un projet (personnel ou industriel) avec ceux qui ont de l’argent à investir, et empochant, au passage, une commission bien méritée pour ce service utile rendu à tous.

Pour Minsky, la réalité est très différente, et les choses se déroulent toujours en un cycle à quatre phases successives et toujours identiques:

1 –après chaque  crise économique, les banques sont prudentes : elles évaluent soigneusement les risques des projets de chaque candidat à un emprunt, et ne prêtent que si sa solvabilité est quasi-certaine, aussi bien pour le remboursement du capital que pour le paiement des intérêts ;

2- dans une deuxième phase, à mesure que les  affaires marchent de mieux en mieux, les banques s’enhardissent, prêtent à long terme l’argent déposé à court terme, et consentent des prêts plus risqués à un taux d’intérêt plus élevé pour se prémunir contre ce risque ;

3- dans une troisième phase, celle de l’euphorie généralisée et de la création des grosses bulles financières, les banques font n’importe quoi, prêtent à tout le monde, y inclus aux non-solvables (« subprimes »), et le système ne fonctionne alors plus que grâce à  des pyramides à la Ponzi, telles que celle qu’avait mise en place Madoff (l’argent des derniers prêteurs ne sert plus qu’à rembourser les premiers, le système ne peut plus s’arrêter sans s’effondrer ) ;

4- survient alors inévitablement , tôt ou tard, le   « moment Minsky » : par ce terme, Minsky  désigne le moment où, dans les dessins animés de Tex Avery, le « vil coyote », qui courait le long d’une falaise, s’aperçoit qu’il y a un bon moment qu’il a quitté la terre ferme et  qu’il court en l’air ; et, dès qu’il en a pris conscience, c’est aussitôt la chute vertigineuse ;

5-et ensuite, le même  cycle recommence.

Avec des taux d’intérêts négatifs en Europe (il faut payer pour prêter de l’argent et donc détenir une dette qui ne sera jamais remboursée) , il ne faudrait pas s’étonner de cette tournure des choses . 

Si c’est bien le cas, tout ça pourrait très bien etre le début de l’effondrement de l’énorme château de cartes de la dette.  

Donc au final dans un 1er temps on aurait besoin d’encore plus de planche à billet (QE) pour éviter le crash (ou d’une montée des taux directeurs de façon anticipée, ce qui aurait un impact dévastateur…) , mais ce marché est si énorme et la bulle si immense que même si la BCE faisait « tout ce qui est en son pouvoir » (cf Draghi) …. ça ne suffirait largement pas .  Z 

Je n’ai jamais commencé un édito de cette façon-là. Mais sachez que ce vous allez lire est capital. J’attire donc votre attention particulièrement sur cet article qui revêt un caractère de grande importance. Lisez-le et partagez-le au maximum.

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Comme je l’ai très souvent dit et expliqué, il est assez facile d’échapper à un krach boursier… Pour cela, ne pas détenir d’actions est une protection largement suffisante.

Évidemment, il est beaucoup plus difficile de se protéger d’un krach obligataire ou monétaire. Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur le krach obligataire qui a peut-être commencé mais je n’en suis pas sûr, l’avenir nous le dira.

Comment se protéger d’un krach obligataire et sauver son épargne ?

Il faut bien comprendre que toute votre épargne ou presque est « obligataire »… Comment croyez-vous que la banque vous verse un taux d’intérêt ? Par une opération du Saint-Esprit ? Par pure gentillesse et pour vous faire plaisir ? Bien sûr que non. Si la banque vous verse un « intérêt » sur vos placements (y compris sur votre livret A), c’est que VOS sous ont été prêtés. À qui ? On s’en fiche pour tout dire. Mais ce prêt de votre argent qui génère vos intérêts porte généralement le nom d’obligation (« obligation » pour obligation de rembourser… jusqu’au jour où le gars qui doit vous rendre vos sous s’assoit sur son obligation de le faire…).

Si nous poussions le raisonnement à l’extrême, la seule façon de vous protéger d’un krach obligataire serait de ne pas détenir d’épargne à commencer par votre bon vieux contrat d’assurance vie fonds euros qui est bourré… d’obligations d’État !

Une hausse de 80 % de l’emprunt d’État allemand à 10 ans !

Gardez ce chiffre en tête car pour la première fois depuis des années, les emprunts d’État allemand, pays réputé le plus sûr en Europe voire dans le monde pour le remboursement de sa dette, a vu ses taux d’emprunt à 10 ans (principal taux) exploser à la hausse lors des deux derniers jours de cotation.

Ce mouvement pourrait parfaitement préfigurer, même si pour le moment il est impossible d’être affirmatif, le début du plus gros krach obligataire de tous les temps et là, attention les dégâts !

Regardez ce graphique. Nous sommes le 29 avril. Nous étions à 0,17 % par an !!

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Et maintenant celui-là ! Nous sommes le 30 avril, et nous sommes désormais à 0,37 % par an !! C’est une hausse de plus de 100 % en 48 heures. C’est non significatif en terme de taux car la dette allemande est évidemment supportable aussi bien à 0,17 % par an qu’à 0,37 % et elle devrait valoir 4 % et pas 0,37 mais… la hausse est très inquiétante si ce mouvement devait se poursuivre avec une telle force et une telle rapidité !!

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C’est quoi un krach obligataire ?

C’est compliqué à expliquer mais on va essayer quand même ! Bon, quand on achète une obligation de 100 euros qui rapporte 5 % par an pendant 10 ans, on peut résumer dans un univers de taux stables qu’elle vaudrait 105 euros sur le marché de l’occasion (si vous vouliez la revendre)…

Mais nous sommes dans un univers où les taux baissent depuis plusieurs années à cause des politiques des banques centrales. Donc vous qui avez acheté une obligation qui rapporte 5 %… pendant 10 ans, eh bien tout le monde veut vous la racheter sur le marché de l’occasion puisque aujourd’hui les taux sont de 0,3 %… donc votre obligation prend de la valeur… Logique !!

Maintenant, imaginez le cas inverse. Vous venez d’acheter via votre assurance vie fonds euros une bonne obligation allemande à 0,17 % par an sur 10 ans… Or en moins de deux jours, les taux explosent et maintenant le 10 ans allemand c’est 0,37 % par an… Franchement, plus personne ne veut de votre obligation à 0,17 % pendant 10 ans… Il y a largement mieux. Alors pour la revendre, vous allez devoir accorder un rabais qui permettra à votre acheteur d’avoir le même rendement avec votre vieille obligation qu’avec une obligation toute neuve… Et plus les taux montent vite, plus le prix des obligations anciennes s’effondre et votre patrimoine avec… Cela porte le nom de « krach obligataire » et les premières victimes seront les détenteurs de contrats d’assurance vie et les compagnies d’assurance.

Bill Gross a dit « bund allemand, c’est le coup d’une vie » !!

Il y a quelques jours, Bill Gross, qui est l’un des plus grands stratégistes obligataires du monde et l’ancien patron de PIMCO (le plus gros fonds obligataire de la terre), a déclaré le 21 avril dernier que vendre la dette allemande – qui approchait de 0 – était certainement le coup spéculatif obligataire d’une vie…

Évidemment, lorsqu’il dit cela, il dit qu’il va attaquer la dette allemande… Il a aussi vraisemblablement déjà pris les positions qu’il souhaitait !!

Bref, quelques jours après, comme le montrent les graphiques que je vous ai mis dans cet article, le 10 ans allemand explose à la hausse…

Ce n’est pas un hasard

Reste une seule question à laquelle je suis – je le concède sans problème – incapable de répondre (et celui qui vous dira qu’il l’est est un abruti) : « Sommes-nous uniquement face à un événement spéculatif ou aux prémices du plus gros krach obligataire de tous les temps ? »

Pourquoi « de tous les temps » ? Tout simplement parce que lorsque les taux sont négatifs, cela signifie que la bulle obligataire qui s’est formée est la plus grosse de l’Histoire de l’humanité pour la simple raison que jamais dans l’Histoire les taux n’ont été négatifs !!

Au moment où j’écris ces lignes, il est impossible de répondre à cette question pourtant essentielle, car si nous sommes face à un krach obligataire, alors il emportera tout ou presque sur son passage.

J’ai dons trois conseils à vous donner. D’abord, surveillez tous les jours l’évolution des taux car si lorsque la Bourse baisse on vous en parle même à la télé, lorsque les taux bougent… personne ne vous le dit ou bien trop tard !
Ensuite, pour ceux qui ont des taux à renégocier sur des crédits en cours en particulier immobilier… ne traînez pas.
Enfin, pensez à votre stratégie de débancarisation, c’est important, car si c’est le krach… mieux vaut avoir pris ses précautions avant.

Il est déjà trop tard, préparez-vous.

Charles SANNAT

http://www.lecontrarien.com/2015/05/04

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Publié par le 10 mai 2015 dans économie, général, International

 

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