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Vie extraterrestre : tous les regards se tournent vers cette nouvelle Super-Terre

Illustration artistique : M. Weiss/CfA – ESO

Une équipe de chercheurs annonce la découverte d’une super-Terre orbitant autour d’une étoile peu lumineuse susceptible d’abriter la vie à seulement 40 années-lumière.

Nous vivons une époque merveilleuse, scientifiquement parlant. Alors que la physique théorique tâtonne depuis quelques années, l’astrophysique, elle, est en plein essor avec l’objectif ultime de détecter prochainement les premières traces de vie extraterrestre. Une découverte potentielle qui, avouons-le, pourrait changer drastiquement notre place dans l’Univers, et donc notre vision du monde.

Après l’annonce de la NASA il y a quelques jours concernant les panaches d’hydrogène soufflés depuis la surface d’Encelade, la lune de Saturne, tous les regards se tournent aujourd’hui bien plus loin, hors de notre quartier cosmique, mais toujours dans le voisinage, à environs 40 années-lumière de la Terre dans la constellation de la Baleine.

Ici vous retrouverez LHS 1140b, une Super-Terre d’un diamètre d’environ 1,4 fois celui de la Terre pour une masse sept fois supérieure qui orbite autour d’une naine rouge (une étoile plus petite et moins brillante que le Soleil) qui, contrairement à ces nombreuses consœurs (la plupart des étoiles dans l’Univers sont des naines rouges) propose des conditions d’observation quasi idéales.

LHS 1140b est en effet (et certes) dix fois plus proche de son étoile que la Terre ne l’est du Soleil, mais elle reçoit moitié moins de lumière, et se trouve en plein milieu de sa zone dite « habitable ». En d’autres termes, elle est susceptible d’abriter de l’eau liquide à sa surface.

Illustration artistique : ESO/spaceengine.org

Son orbite est d’environ 25 jours, mais ce qui fait la différence, c’est la vitesse de rotation de son étoile hôte. La naine rouge, d’un âge estimé à environ 5 millions d’années, tourne plus lentement que d’ordinaire sur elle-même, et émet de facto moins de radiations à haute énergie que d’autres étoiles de faible masse similaires.

C’est généralement le problème rencontré avec les naines rouges, comme dans le système TRAPPIST-1, où une vie extraterrestre aussi bien complexe que microbienne est aujourd’hui quasi impossible compte tenu de la violence de l’étoile hôte. De plus, en raison de sa masse, LHS 1140b est sans doute composée de roches avec un noyau dense de fer. La grande taille de la planète signifie également qu’un océan de magma aurait pu exister il y a plusieurs millions d’années sur la planète. Cet océan de lave bouillonnante aurait alors pu alimenter l’atmosphère en vapeur qui, une fois l’étoile stabilisée, aurait pu permettre la présence d’eau liquide.

« C’est l’exoplanète la plus excitante que j’ai vu depuis dix ans », s’enthousiasme Jason Dittmann, du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics et principal auteur de cette étude publiée dans la revue Nature. « On ne pouvait pas espérer une meilleure exoplanète pour trouver des signes de vie« .

Enfin, et c’est sans doute le plus important, les astrophysiciens peuvent depuis la Terre observer la planète passer devant son étoile, permettant ainsi d’analyser les différences de luminosité à chaque passage devant son étoile et d’en déduire les éléments qui composent l’étoile et sa planète. Une prochaine campagne d’observation sera prochainement menée avec le télescope Hubble. Campagne qui devrait normalement confirmer ou non la présence d’une atmosphère autour de 1140b.

Source, via SP

 
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Publié par le 21 avril 2017 dans Espace, Exopolitique - Ufologie, général, Sciences

 

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Cet homme a inventé une ruche maison pour sauver les abeilles (et tout le monde peut le faire !)

ruche maison

Le miel fait maison en plus …

Les abeilles ont récemment fait les grands titres des médias en raison de leur population en déclin et de l’implication énorme sur les produits alimentaires.Des rapports ont affirmé que les ruches disparaissent maintenant à un rythme alarmant, en grande partie en raison des pesticides et des parasites, ainsi que des changements climatiques.

Comme les gens reconnaissent la gravité du problème, beaucoup font de leur mieux pour aider en créant leurs propres ruches, ce qui est une tâche étonnamment simple, mais très efficace, à mener à bien. Non seulement cela aidera les populations d’abeilles en déclin, mais cela signifie aussi que vous pouvez produire votre propre miel organique pour votre consommation personnelle.

ruche maison

Tout ce dont vous aurez besoin est un kit de ruche pré-fabriqué, du contreplaqué et quelques pots pour la ruche principale, ainsi que : un morceau de bois de 2″ x 12″ x 6′ (couper deux pièces à 22″ chacune pour les côtés ) ; un morceau de bois de 2″ x 12″ x 6′ (couper deux pièces à 18″ chacune pour l’avant et l’arrière) ; un morceau de bois de 1″ x 1″ x 6′ (couper deux pièces à 22″ chacune pour les côtés gauche et droit du cadre supérieur) ; un morceau de bois de 1″ x 1″ x 6′ (couper deux pièces à 18″ chacune pour les côtés avant et arrière du cadre) ; un morceau de contreplaqué épais coupé à 16″ x 20″ ; 12 gros bocaux pour le nid d’abeille ; une boîte de vis à bois ; et bien sûr, vos abeilles. (Dimensions en pouces)

ruche maison

Le contreplaqué servira de cadre pour le kit de ruche et peut donc être taché, mais vous choisissez. 12 trous devront ensuite être forés dans le morceau de contreplaqué de 16″ x 20″ qui devrait être assez grand pour visser les bocaux.

ruche maison

Après cela, le cadre supérieur peut être réalisé en vissant ensemble les quatre pièces de contreplaqué 18″ et 22″, qui peuvent également être colorées de n’importe quelle couleur.

ruche maison

Après cela, désinfectez chacun des 12 bocaux avant de les visser à l’envers dans les trous et avant d’ajouter des rondelles ou des cales à l’intérieur des pots pour supporter le poids du miel qui sera là plus tard. Une fois que les couvercles des pots ont été vissés, ils devraient parfaitement s’insérer dans les trous forés avec un écart inférieur à 1/16″ entre le pot et le trou de la ruche.

ruche maison

Après avoir placé des bandes d’amorces ou des rayons vides à l’intérieur des pots, vous pouvez maintenant ajouter vos abeilles. Elles seront immédiatement attirées par les bandes d’amorces et commenceront leur travail, faire du miel. Une fois que les pots sont pleins de miel, vous pouvez fermez les couvercles, afin que les abeilles continuent de travailler pendant que le miel est récolté.

ruche maison

Vous remarquerez que les bocaux se réchaufferont rapidement lorsque les couvercles sont au-dessus, car il n’y a pas de ventilation. Par conséquent, ils doivent être conservés à l’ombre.

ruche maison

Une fois que vous avez les fournitures de base, le reste devrait être facile, et vous aurez accès à un approvisionnement constant de miel délicieux, tout en sauvant une population en déclin.

Source : TruthTheory

 

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Comment appliquer des politiques antipopulaires d’austérité ? par l’OCDE

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C’est effarant. ! Dans un document destiné aux gouvernants, Christian Morrisson, fonctionnaire de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) – voir encadré – prodigue, en 1996, ses recommandations (1).

PAR :  Eric Toussaint

(NB : Ce très intéressant article est très long, et je ne vous donne en extrait que le décryptage. Je vous conseille vivement de le lire en entier. Vous trouverez le lien source en bas de cette page )

Timing

“ On observe, avec un décalage de trois à six mois, un lien étroit entre l’annonce des mesures de stabilisation et les troubles, les grèves ou les manifestations. Ce décalage est intéressant car il prouve que, contrairement à l’hypothèse d’anticipations rationnelles, les réactions politiques ont lieu au moment de l’application des mesures plutôt qu’à leur annonce. ” (ibidem, p. 10)

Hassan II, un exemple à suivre

“ Toutefois, il existe des cas de réussite où un gouvernement parvient à éviter ce risque, comme au Maroc en 1983-1985. Deux éléments expliquent ce succès politique : la prudence (hausses de prix modulée et étalée) et une bonne stratégie de communication (par exemple : le roi a proclamé que l’on devait protéger les pauvres contre l’ajustement sur le thème “ oui à l’austérité, non à la paupérisation ”). ” (ibidem, p. 15)

Le plus facile à imposer

“ Une politique monétaire restrictive, des coupures brutales de l’investissement public ou une réduction des dépenses de fonctionnement ne font prendre aucun risque à un gouvernement. Cela ne signifie pas que ces mesures n’ont pas des conséquences économiques ou sociales négatives mais nous raisonnons ici en fonction d’un seul critère : minimiser les risques de troubles. ” (ibidem, p. 16)

“ Les coupures dans les budgets d’investissement ne suscitent habituellement aucune réaction, même lorsqu’elles sont très sévères : moins 40% au Maroc en trois ans, moins 40% en Côte d’Ivoire en deux ans, moins 66% au Venezuela de 1982 à 1985 et moins 60% aux Philippines en deux ans. ” (ibidem, p. 17)

Erreurs à éviter

“ Un programme qui toucherait de façon égale tous les groupes (c’est-à-dire qui serait neutre du point de vue social) serait plus difficile à appliquer qu’un programme discriminatoire, faisant supporter l’ajustement à certains groupes et épargnant les autres pour qu’ils soutiennent le gouvernement. ” (ibidem, p. 17)

Un pouvoir qui exerce un monopole sur l’exécutif, le législatif et le mouvement syndical : c’est mieux

“ En cas d’épreuve, le poids politique exceptionnel d’un chef d’État représente un capital déterminant pour le succès de l’ajustement. Certes, les gouvernements ont toujours de réelles capacités de résistance grâce aux forces de l’ordre. Mais lorsque l’émeute risque de faire vaciller le régime, l’autorité du chef de l’État est un atout très important. Ce fut le cas au Maroc comme en Côte d’Ivoire et au Venezuela : le Président avait cette autorité en 1990 parce que le même parti contrôlait la présidence, le Parlement et le principal syndicat. ” (ibidem, p. 18)

Privatiser et licencier massivement : c’est faisable

“ Le problème de la réforme des entreprises publiques qu’il s’agisse de restructuration ou de privatisation, s’est posé dans plusieurs pays et il suscite toujours de fortes oppositions parce que l’on remet en question de nombreux intérêts. Toutefois, dans certains cas, les gouvernements parviennent à appliquer des plans de restructuration qui seraient rejetés dans les pays développés. Ainsi, en Bolivie, le Président Paz a pris en 1987 des mesures draconiennes : les deux tiers des salariés de l’entreprise publique chargée de l’extraction de l’étain ont été licenciés parce que cette entreprise était responsable du tiers du déficit public total. Cette décision a entraîné une série de grèves et de manifestations, mais le gouvernement a tenu bon face aux mineurs et il est encore demeuré au pouvoir pendant trois ans. ” (ibidem , p. 20)

Utiliser l’alibi que constitue le FMI

“ Rappelons que tout ajustement est une opération risquée politiquement. D’un côté, l’opposition va imputer en totalité les coûts de l’ajustement au gouvernement. De l’autre, si le gouvernement, par crainte de l’opposition, attend la crise financière pour ajuster, il aura beaucoup moins de marge de manœuvre, en cas de crise politique. Mais comme il ne peut plus en principe faire de concessions dès lors qu’il a pris des engagements envers le FMI, le gouvernement peut répondre aux opposants que l’accord réalisé avec le FMI s’impose à lui, qu’il le veuille ou non.” (ibidem, p. 22) -mis en gras par la rédaction-.

“ Le gouvernement peut expliquer que, le FMI imposant par exemple une baisse de 20% de la masse salariale, le seul choix possible est de licencier ou de réduire les salaires et qu’il préfère la seconde solution dans l’intérêt de tous. ” (ibidem, p. 29)

Conseils aux gouvernants du Sud et du Nord pour affaiblir le syndicalisme

“ Si les salariés des entreprises parapubliques sont bien organisés, ils peuvent s’opposer efficacement à la décision du gouvernement (de privatiser ou de licencier massivement, NDR). Toute politique qui affaiblirait ces corporatismes (à noter que Morrisson utilise le terme “ corporatisme ” pour désigner manifestement le mouvement syndical, NDR) serait souhaitable : d’un point de vue économique, cela éliminerait des entraves à la croissance et, politiquement, le gouvernement gagnerait une liberté d’action qui peut lui être précieuse en période d’ajustement. On objectera que cette politique soulèvera des résistances mais il vaut mieux que le gouvernement livre ce combat dans une conjoncture économique satisfaisante qu’en cas de crise lorsqu’il est affaibli. Cette politique peut prendre diverses formes : garantie d’un service minimum, formation d’un personnel qualifié complémentaire, privatisation ou division en plusieurs entreprises concurrentes lorsque cela est possible. ” (ibidem, p. 23)

Mesures à éviter

“ La première précaution à prendre est d’éviter une politique laxiste en période de prospérité car celle-ci crée des droits qu’il est ensuite difficile de remettre en question. ”

(ibidem, p. 26)

“ Beaucoup d’habitants des bidonvilles ou des quartiers pauvres ressentent un sentiment de frustration et d’exclusion par rapport au reste de la population urbaine. Dès lors le saccage et le pillage des magasins dans les quartiers aisés leur permet d’exprimer ce sentiment. Si une mesure de stabilisation – la coupure des subventions par exemple – entraîne une hausse soudaine des prix des denrées courantes, ces populations vont réagir en manifestant avec violence leur désespoir. En effet, cette mesure réduit brutalement leur niveau de vie déjà très bas et arrivés à ce point, les pauvres n’ont plus rien à perdre. ” (ibidem, p. 26)

“ Il faut, comme au Maroc en 1983-1984, relever d’abord les prix des produits intermédiaires et non pas ceux des produits de base consommés par les ménages pauvres. Si les prix des produits de base sont augmentés, il faut procéder par hausses modérées (moins de 20%) et étalées dans le temps. ” (ibidem, p. 27)

Grève des enseignants : pas dangereux mais…

“ La grève des enseignants n’est pas, en tant que telle, une gêne pour le gouvernement mais elle est indirectement dangereuse puisqu’elle libère la jeunesse pour manifester. ” (ibidem, p. 29)

Pour baisser les salaires : diviser pour régner

“ On peut supprimer des primes dans certaines administrations en suivant une politique discriminatoire pour éviter un front commun de tous les fonctionnaires. Évidemment, il est déconseillé de supprimer les primes versées aux forces de l’ordre dans une conjoncture difficile où l’on peut en avoir besoin. ” (ibidem, p. 30)

“ Rien n’est plus dangereux politiquement que de prendre des mesures globales pour résoudre un problème macro-économique. Par exemple, si l’on réduit les salaires des fonctionnaires, il faut les baisser dans tel secteur, les bloquer en valeur nominale dans un autre et même, les augmenter dans un secteur clé politiquement. ” (ibidem, p. 31)

Mesures faciles à prendre

“ On peut recommander de nombreuses mesures qui ne créent aucune difficulté politique. Pour réduire le déficit budgétaire, une réduction très importante des investissements publics ou une diminution de fonctionnement ne comportent pas de risque politique. Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population. ” (ibidem, p. 30)

Pour un pouvoir fort

“ Pour qu’un gouvernement ait la marge de manœuvre nécessaire pour ajuster, il doit être soutenu par un ou deux grands partis majoritaires et non par une coalition de petits partis, ce qui conduit à préférer le scrutin uninominal au scrutin proportionnel pour l’élection du parlement (ou pour le moins à conseiller une combinaison des deux modes de scrutin). D’autres moyens permettent de renforcer l’exécutif comme la possibilité de pouvoirs spéciaux temporaires ou un contrôle ex post par le pouvoir judiciaire, afin d’éviter que des juges puissent bloquer ex ante l’application du programme. Le référendum peut être une arme efficace pour un gouvernement dès lors qu’il en a seul l’initiative. ” (ibidem, p. 34)

* * *

Réflexion 20 ans plus tard

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ARTICLE COMPLET ET REFERENCES :

Voir la Source, lu Ici

 
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Publié par le 21 avril 2017 dans général, International, Politique

 

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Le pouvoir d’influence délirant des dix milliardaires qui possèdent la presse française

Le pouvoir d’influence délirant des dix milliardaires qui possèdent la presse française (Bastamag)

Dix milliardaires ont pris le contrôle d’une grande partie des médias français. Ces oligarques, venus du BTP, de l’armement, du luxe ou de la téléphonie, ont accaparé les grands quotidiens nationaux, les chaînes de télévision et les radios, pour asseoir leur influence. Avec à la clé, conflits d’intérêts, censures, pressions, licenciements, ingérence malsaine… Cette concentration des moyens de production de l’information entre les mains de quelques uns met en péril l’indépendance de la presse dans notre pays. Et porte ainsi atteinte au fonctionnement démocratique. Comment garantir la liberté de l’information et le pluralisme de la presse ? Résumé d’une situation critique, à l’occasion de la campagne #LibertéEgalitéInformés.

À qui appartient la presse française ?

Le secteur de la presse en France est un grand Monopoly. Tout s’achète, tout se vend, les journaux, les télés, les radios. Quelques milliardaires se partagent le gâteau. Résultat : 90 % des quotidiens nationaux vendus chaque jour appartiennent à 10 oligarques ! D’après les calculs de Basta !, les mêmes possèdent des télévisions et radios qui totalisent respectivement 55% et 40% des parts d’audience [1]. Vous avez donc une grande probabilité de lire, regarder ou écouter chaque jour des médias qui appartiennent à ce petit cercle de milliardaires.

Cela pose plusieurs problèmes. La concentration d’abord. Est-il sain qu’une si grande part de la presse appartienne à quelques personnes, richissimes, faisant partie d’une caste de privilégiés ? L’indépendance, ensuite. Est-il normal que les principaux médias français de notre pays soient entre les mains de marchands d’armes, d’entreprises du luxe, du BTP, de la téléphonie, de banquiers ou de fabricant de toilettes ? Comment ces propriétaires peuvent-ils concilier liberté de l’information et intérêts privés ? Comment TF1, BFM-TV, Le Monde, Libération peuvent-il produire en toute indépendance des enquêtes sur le secteur de la téléphonie, quand leurs propriétaires sont les patrons de Free, Bouygues Telecom et SFR ? Comment les journalistes du Figaro peuvent-ils porter un regard critique sur la politique de défense de la France, quand le propriétaire de leur journal vend des avions de chasse à l’État français ? Enfin, cette situation ne peut qu’encourager la reproduction d’un système économique qui assure la continuité des intérêts financiers de cette petite classe de possédants. Ils constituent une véritable communauté d’intérêt ! Et ce qui motive de riches patrons à créer des conglomérats médiatiques – qui ne rapportent pas vraiment d’argent – c’est d’abord la possibilité d’acheter de l’influence.

Qui sont ces 10 milliardaires ?

Ils sont cinq à faire partie du cercle des dix premières fortunes de France : Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH (patron des Echos, du Parisien), Serge Dassault (Le Figaro), François Pinault (Le Point), Patrick Drahi, principal actionnaire de SFR (Libération, L’Express, BFM-TV, RMC), Vincent Bolloré (Canal+). On trouve ensuite Xavier Niel, patron de l’opérateur de téléphonie Free et 11ème fortune de France, qui s’est associé avec Pierre Bergé, héritier du couturier Yves Saint-Laurent, et avec le banquier Matthieu Pigasse, pour devenir propriétaire du groupe Le Monde (L’Obs, Télérama, La Vie…). Matthieu Pigasse possède également Radio Nova et l’hebdomadaire Les Inrocks.

Martin Bouygues, 30ème fortune de France, est propriétaire du groupe TF1. La famille Mohn, qui contrôle le groupe allemand Bertelsmann [2], est propriétaire de M6, RTL, Gala, Femme actuelle, VSD, Capital,… Viennent ensuite Arnaud Lagardère, propriétaire d’Europe 1, Paris Match, du JDD, de Virgin radio, RFM, Télé 7 jours, et Marie-Odile Amaury, qui possède L’Equipe (et dont le groupe est, par l’une de ses filiales, organisateur du Tour de France notamment). Petite précision : ces deux derniers ne sont « que » millionnaires, avec tout de même une fortune évaluée entre 200 et 300 millions d’euros. A ce « Top 10 », on pourrait aussi ajouter la famille Bettencourt qui finance le journal ultra-libéral L’opinion. Ou le milliardaire d’origine libanaise Iskander Safa, 71ème fortune de France et propriétaire du très réac Valeurs actuelles.

[Cliquer sur l’image pour agrandir]

Conflits d’intérêts en pagaille

Quelles sont les conséquences sur l’indépendance des médias ? Un mélange des genres pour le moins douteux, qui peut mettre les journalistes en porte-à-faux. Comment TF1 pourrait-il produire des enquêtes critiques sur les abus des partenariats publics-privés (PPP) quand son propriétaire, Bouygues, fait partie des multinationales du BTP qui bénéficient de ces juteux contrats ? Autre exemple : comment un média peut-il s’intéresser de près aux affaires d’évasion fiscale quand son patron manifeste un attrait prononcé pour les paradis fiscaux ? C’est la question que doivent se poser les journalistes de BFM-TV à chaque nouveau scandale fiscal.

Leur boss, Patrick Drahi, a échafaudé, à partir de sa holding personnelle, un opaque et complexe montage de filiales et de trusts, dispersés au sein de paradis fiscaux notoires : Guernesey, Suisse ou Luxembourg. Comment BFM évoque-t-elle le scandale des Panama Papers, dans lequel apparaît le nom de Patrick Drahi ? « Vous avez vu la réaction des gens qui ont été cités ? Ils se défendent c’est normal. Patrick Drahi, par exemple, qui reconnaît avoir une société, mais rien d’illégal. (…) Est-ce que finalement c’est la bonne méthode de jeter en pâture des noms de personnalités, sans qu’elles aient vraiment la possibilité de se défendre ? », explique ainsi l’animateur Olivier Truchot dans son émission BFMStory…

Voir l’organigramme de l’empire industriel de Patrick Drahi, réalisé par l’économiste Benoît Boussemart et publié par Le Canard enchainé (cliquez sur l’image) :

Autre problème, les proximités entre patrons de presse et politiques. C’est Nicolas Sarkozy, proche de Bernard Arnault, qui annonce en 2007 aux journalistes des Echos le nom de leur nouveau patron ! Car ces richissimes propriétaires de presse entretiennent quelques affinités avec des responsables politiques : lors du mariage de Nicolas Sarkozy avec Cécilia Ciganer-Albéniz, les deux témoins sont… Bernard Arnault et Martin Bouygues. C’est sur le yacht d’un autre ami, Vincent Bolloré, que Nicolas Sarkozy choisit d’aller se reposer après son élection en 2007. « Arnaud est plus qu’un ami, c’est un frère », déclare encore Nicolas Sarkozy à propos de l’héritier Lagardère. Enfin, il compte Serge Dassault parmi les clients de son cabinet d’avocats. La moitié de ces dix propriétaires de presse sont des proches de l’ancien président. Bref, question indépendance, on repassera !

Quel que soit l’impact réel de ces connivences et les éventuelles pressions, les dégâts du soupçon – le fait que ces riches patrons se trouvent en conflit d’intérêts, en situation de pouvoir abuser de leur position pour leur intérêt propre – sont bien là. Cette simple suspicion produit une délégitimation du secteur de la presse. Conséquence : seuls 34% des Français estiment que les médias fournissent des informations dignes de confiance. Plus de deux tiers des Français pensent que les médias subissent des pressions commerciales ou politiques qui impactent les informations délivrées [3].

Licenciements et coups de pression

Lorsqu’on est journaliste, peut-on travailler en toute indépendance dans cette situation ? Quelques exemples – la face visible de l’iceberg des pressions souterraines ! – montrent que ce n’est pas le cas : l’ingérence de ces patrons est bien réelle. Certains ont une fâcheuse tendance à faire le ménage en arrivant, pour mettre à la tête des médias des dirigeants compatibles avec leurs intérêts, avec pour mission de purger les rédactions. Un cas d’interventionnisme remarqué fut la nomination de Guillaume Zeller, catholique traditionaliste, comme directeur de l’information du groupe Canal+, par Vincent Bolloré. Ce dernier semble vouloir actuellement enterrer Canal+, après avoir vidé de ses forces vives la rédaction d’iTélé, rebaptisée CNews, après la plus longue grève de l’histoire de la télévision.

Il ne semble plus y avoir de limites à ce « grand ménage ». En 2016, Aude Lancelin, directrice adjointe de la rédaction de L’Obs, est licenciée pour des raisons politiques. En 2017, Olivia Recasens, directrice adjointe de la rédaction du Point, est limogée du jour au lendemain, pour faute grave, et pour des motifs réels tout aussi inavouables. Autant de coups de pression, qui envoient un message clair aux rédactions : pas de vagues, rentrez dans le rang !

Ingérence et censures

Le patron de M6, Nicolas de Tavernost, avoue avoir exercé des pressions sur les journalistes de la chaîne pour « ne pas contrarier des clients ». Il explique ainsi avoir censuré une émission de Capital sur la téléphonie. Autre cas notable, la censure par Vincent Bolloré d’une enquête sur le Crédit mutuel, qui devait être diffusée par l’émission « Spécial investigation » sur Canal+. Un simple coup de fil a suffi pour contenter la banque, partenaire de Vincent Bolloré, qui ne voulait pas voir sortir cette enquête. Reporters sans frontières et le collectif « Informer n’est pas un délit » dénoncent par ailleurs la censure et la déprogrammation de quatre documentaires qui devaient être diffusés par Canal+.

Un autre risque, plus pervers car plus discret, est l’autocensure de journalistes. Des journalistes qui veulent bien faire leur métier, mais qui n’osent plus proposer des articles sur des sujets sensibles, ou qu’ils savent problématiques pour le propriétaire de leur média. Sans compter les pressions économiques, avec les suppressions de postes et des moyens nécessaires à tout travail d’enquête. Promouvoir des logiques managériales « musclées », imposer des contraintes économiques fortes sur la production de l’information, précariser les rédactions mises en permanence sur la sellette, bref, promouvoir une information low cost, est aussi une forme de censure.

A cette liste des moyens de censure, il faudrait ajouter les « poursuites baillons », dont l’objectif est de dissuader les médias de s’emparer de certaines affaires (lire notre article « Bolloré, la presse et les poursuites ‘homéopathiques’ en diffamation »). Ou les mesures de rétorsion, comme celle de Bernard Arnault, ulcéré par le titre « Casse-toi, riche con » de Libération, lors de sa demande de naturalisation en Belgique en 2012, et qui décide de couper les budgets de publicité alloués par le groupe LVMH au quotidien.

Comment cela évolue-t-il ?

Pas vraiment vers davantage de pluralisme ! En quelques mois, en 2015, on a vu le rachat par Patrick Drahi de Libération et du cinquième groupe de presse magazine en France, Express-Roularta, ainsi que sa prise de participation (à 49%) dans NextRadioTV (BFMTV, RMC). A la même période, Bernard Arnault, déjà propriétaire des Échos, rachète Le Parisien et Aujourd’hui en France, le groupe Le Monde rachète L’Obs, et Vincent Bolloré prend le contrôle de Canal +, via Vivendi. Des banques sont également entrées dans ce jeu de Monopoly. Le Crédit mutuel est ainsi devenu en dix ans l’unique propriétaire du groupe EBRA, premier groupe de presse quotidienne régionale, implanté dans l’Est de la France (Le Dauphiné libéré, Le Progrès, Dernières Nouvelles d’Alsace, L’Est républicain…) [4]. Et le Crédit agricole est devenu actionnaire de journaux régionaux, comme La Voix du Nord et Le Courrier picard (via le groupe belge Rossel).

Ce petit milieu multiplie les participations croisées [5]. En parallèle de cet accaparement, ces milliardaires ont mis la main sur l’ensemble de la chaine de production. Exemple avec les entreprises de production de contenus : c’est Lagardère qui produit pour France 5 les émissions « C dans l’air », par l’intermédiaire de sa société Maximal Productions. Ces oligarques sont aussi propriétaires des « tuyaux » de diffusion, comme les « box » (FreeBox, Bbox, Box SFR) qui permettent la diffusion dans tous les foyers de France d’internet et de la télévision. Une intégration « verticale » qui concentre la diffusion d’une grande part de l’information entre les mains de ceux qui détiennent les clés de sa production.

L’information devient ainsi un produit comme les autres : l’opérateur de télécoms SFR propose ainsi une box Internet « à partir de 19,99 euros par mois », avec, pour le même tarif, l’abonnement numérique à 18 journaux. « Une machine à tuer le journalisme de qualité », estime Le Point. Un peu comme un cadeau bonus. On achète le tuyau – une connexion web – et on gagne en prime un produit secondaire, des médias.

En quoi cela nous concerne tous ?

On pourrait se dire que chaque société a les médias qu’elle mérite. Ou que chacun lit, écoute, regarde ce qu’il veut. Que tout le monde peut faire son propre tri dans le flot médiatique. Sauf que les médias ne sont pas un business comme un autre. Défendre l’indépendance de la presse, ce n’est pas un combat « corporatiste », un « truc de journalistes » qui se battraient pour leur outil de travail. Il ne peut pas y avoir de démocratie forte, voire même de démocratie tout court, sans citoyens informés, et bien informés. L’information est un bien public. Autant de médias sous contrôle d’une petite oligarchie, véritables chiens de garde du néolibéralisme, c’est une atteinte à nos libertés fondamentales.

Cette situation n’est pas une fatalité. Lutter contre tout ce qui encourage la concentration des médias et leur financiarisation est possible (voir les propositions de la campagne #LibertéEgalitéInformés). On pourrait mettre en place des dispositifs anti-concentration plus exigeants. Ou interdire le contrôle de médias par des entreprises qui dépendent de marchés publics – Bouygues, Dassault,… – comme le propose l’association Acrimed. Ou conditionner le versement des aides à la presse aux médias qui ne sont pas détenus par des milliardaires, dont les intérêts principaux ne sont pas dans le secteur de la presse. Voire même, soyons fous, limiter ces aides aux médias à but non lucratif, qu’ils soient privés, coopératifs ou associatifs.

Il est nécessaire que ces propositions et réformes salutaires – ou d’autres ! – soient discutées et débattues. Mais aussi les conditions qui favoriseront l’émergence, le développement et la consolidation de médias indépendants, pour garantir le pluralisme de l’information en France. Défendre et faire vivre une presse libre ne semble malheureusement pas une priorité pour bon nombre de candidats à l’élection présidentielle.

@AgnèsRousseaux

- Voir la campagne #LibertéEgalitéInformés, lancée par le collectif Informer n’est pas un délit (dont fait partie la rédaction de Basta !) et Reporters sans frontières

Pour aller plus loin :

- Acrimed, « Les grandes manœuvres de concentration multimédia : comment et pourquoi ? »
- Acrimed, « Concentration des médias : convergences et dépendances »
- Le Monde diplomatique, « Médias français : qui possède quoi »
- Laurent Mauduit, « Main basse sur l’information ! », Médiapart
- Laurent Mauduit, Main basse sur l’information, Éditions Don Quichotte, 2016
- Aude Lancelin, Le monde libre, Editions Les liens qui libèrent, 2016

Et pour lire des médias indépendants :

Vous pouvez consulter l’itinéraire conseillé par Basta ! et la liste des 150 médias membres du Syndicat de la presse indépendante d’information en ligne (Spiil). Bonne lecture !

Les articles publiés pour la campagne #LibertéEgalitéInformés :

- Par Médiapart : #LibertéEgalitéInformés : des censures et des pressions, en veux-tu en voilà !
- Par Les Jours  : Manuel de manipulation du journaliste en campagne et La matinée où l’affaire Fillon a été supprimée d’i-Télé
- Par France Inter :
La chronique de Nicole Ferroni : Informer n’est pas un délit, c’est un défi !
L’invité de 8h20 : Patrick Boucheron : « On adore détester, on est au spectacle d’une parole dont on n’attend plus d’effet de vérité »
- Par Street Press : Coups de matraque, tirs de flashball et fiche S : Journalisme en état d’urgence
- Par Télérama : Une journée pour interpeller les candidats à la Présidentielle sur la liberté de l’information
- L’infographie de CFactuel
- Par Reporterre : Quand les puissants tentent de bâillonner l’information
- Par L’Humanité : Médias. Informer n’est pas un délit, c’est même un devoir
- Par Alternatives économiques, « Le modèle économique des médias s’effondre totalement »
- Par La Télé libre (reportage vidéo) : Les Colleurs de la Liberté de l’Information
- La tribune relayée par MarsActu, Le Journal minimal, AngersMag, Made in Perpignan, Causette, ArtSixMic, Médiacités, Revue XXI, DailyNord, ArtsHebdo Médias, L’Accent Bourguignon, Explicite, Le Zéphyr

Source

 

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Roland Hureaux – D’une crise à l’autre : l’euro , la mondialisation ..

 
 

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Exercice de simulation d’une attaque EMP (Électromagnétique) à New York par la FEMA

Cette capture d’écran provient du PDF suivant .

Il y a quelque temps, j’ai rapporté que Des experts ont mis en garde : Un seul missile nord-coréen pourrait mettre à terre le réseau National électrique US et tuer 90% des Américains :

« L’idée que la Corée du Nord teste des Bombes A et des composants de Bombes H, mais qu’elle n’aurait pas encore la sophistication nécessaire afin de de miniaturiser les ogives et produire des véhicules d’entrée pour une frappe de missiles, est absurde. »

« … la Corée du Nord devrait être considérée comme capable de délivrer une petite ogive nucléaire par satellite, spécialement conçu pour produire une attaque par impulsion électromagnétique à haute altitude (EMP) contre les Etats-Unis. »

« Selon la Commission du Congrès concernant les EMP, une charge militaire unique délivrée par un satellite nord-coréen pourrait mettre à terre le réseau électrique national et d’autres infrastructures essentielles au maintien de la vie pendant plus d’un an – tuant 9 Américains sur 10 par la famine et l’effondrement social. Deux satellites nord-coréens, les KM-3 et KMS-4, en orbite actuellement au dessus des Etats-Unis, sont sur des trajectoires compatibles avec une attaque EMP surprise. 

Pourquoi la presse et les fonctionnaires ignorent ou sous-estiment ces faits? Peut-être qu’aucune administration ne voudrait reconnaître que la Corée du Nord est une menace existentielle pour eux. Quelles que soient les motifs pour atténuer la menace nucléaire nord-coréenne, la nécessité de protéger le peuple américain est immédiate et urgente … »

Hé bien suite logique – Un Exercice de simulation d’une détonation de 10 kilotonnes causant une impulsion électromagnétique à New York/New Jersey a lieu :

Selon le document ici–haut, provenant du Occupational Safety and Health Administration, la FEMA doit procéder à un exercice compris entre le 18 avril et le 5 mai 2017. L’opération « Gotham Shield 2017 » sera menée en partenariat avec le Département américain de la Défense et avec le Département de la Sécurité intérieure.

Quatre dispositifs seront utilisés au cours de cette simulation, dont 2 seront sécurisés lors de l’exercice Vital Archer Exercise, une détonation de 10 kilotonnes se produira sur New York et le New Jersey et une autre plus petite sur la frontière US/Canada.

D’autres sources précisent que le Département américain de la Défense, la FEMA, la Croix-Rouge de New York et du New Jersey, le service Amateur Radio Emergency Service (ARES) et Amateur Radio Emergency Service (ARES), ainsi que plusieurs services locaux, participeront conjointement à un exercice de simulation d’une détonation nucléaire de 10 kilotonnes le 24 et 25 avril.

L’exercice simulera une détonation nucléaire de 10 kilotonnes dans le nord du New Jersey, ce qui occasionnera une perte globale de l’électricité, de l’internet, des signaux des téléphones, et autres appareils électroniques dans un rayon de 20 kilomètres et ce, en raison d’une impulsion électromagnétique (EMP) causée par une telle détonation.

Sources:
 

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Le secrétaire d’État américain lance une menace de guerre contre l’Iran

Le secrétaire d’État américain lance une menace de guerre contre l’Iran (WSWS)

Apres la Syrie, la Corée, l’Iran : « America first » bien sur – Le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a lancé une menace de confrontation militaire avec l’Iran mercredi lors d’une conférence de presse précipitée dans laquelle il a fait un parallèle direct entre l’Iran et la confrontation téméraire et dangereuse de Washington avec la Corée du Nord.

En se référant à l’accord nucléaire négocié entre l’Iran et les principales puissances mondiales, Tillerson a déclaré : « Cet accord représente la même approche échouée du passé qui nous a conduit à la menace imminente actuelle de la Corée du Nord. L’administration Trump n’a pas l’intention de transmettre cette responsabilité pour l’Iran à une future administration. La preuve est claire : les actions provocatrices de l’Iran menacent les États-Unis, la région et le monde. »

Le gouvernement Trump a reconnu mardi que l’Iran a pleinement respecté les termes de l’accord nucléaire qu’il a négocié en juillet 2015 avec les « P5 + 1 » : la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis, plus l’Allemagne. Dans le même temps, cependant, elle a signalé qu’elle prépare des mesures conçues pour faire capoter l’accord.

Dans une déclaration formelle requise tous les 90 jours par le Congrès des États-Unis – la première livrée depuis l’entrée en fonctions de Trump – le secrétaire d’État Tillerson a certifié que, au 18 avril, l’Iran respectait ses termes de l’accord qui l’obligeait à plafonner son enrichissement en uranium, réduire son nombre de centrifugeuses de deux tiers et se soumettre à des inspections internationales pour en assurer la conformité. Ces termes devaient bloquer la capacité iranienne de développer une arme nucléaire, ce qui, insiste Téhéran, n’a jamais été son intention.

Cependant, la suite de la déclaration de Tillerson a révélé que l’administration Trump procède à un examen systématique de toutes les sanctions économiques et financières qui ont été abandonnées en échange de l’élimination par l’Iran de son programme nucléaire.

L’Iran, a déclaré le secrétaire d’État, « demeure un des principaux sponsors de la terreur à travers de nombreuses plates-formes et méthodes », et, par conséquent, Trump « a ordonné un examen par toutes les agences dirigées par le Conseil de sécurité nationale du Plan d’action global commun qui évaluera si la suspension des sanctions concernant l’Iran en vertu de la poursuite du JCPOA (Plan d’action global commun, le nom formel de l’accord nucléaire de l’Iran) est essentielle aux intérêts de sécurité nationale des États-Unis. »

Mercredi, le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a esquivé une question directe sur l’intention du gouvernement d’abroger l’accord nucléaire en disant que le « bilan inter-agences » serait conclu en 90 jours et servira de base aux recommandations politiques.

« Nous sommes conscients de tout effet potentiel négatif qu’une action pourrait avoir », a-t-il ajouté, en ce qui concerne la réimposition des sanctions suspendues.

En effet, de tels « effets négatifs » sont précisément le but recherché, conçus pour provoquer l’Iran à répudier ses propres obligations dans le cadre de l’accord nucléaire et créer ainsi le prétexte pour l’agression militaire américaine.

Ainsi, en même temps que Washington pousse le monde au bord d’une confrontation nucléaire potentielle sur la péninsule coréenne, il jette les bases d’une autre guerre catastrophique au Moyen-Orient.

Au cours de sa campagne présidentielle de 2016, Donald Trump a dénoncé à plusieurs reprises l’accord nucléaire de l’Iran comme « le pire des accords jamais négociés » et s’est engagé à « le détruire » une fois qu’il sera élu.

En février, son conseiller à la sécurité nationale maintenant limogé, le général Michael Flynn, a fait irruption dans une séance d’information de la Maison Blanche pour annoncer de façon menaçante qu’il mettait « l’Iran en garde », ce qui impliquait des représailles militaires américaines contre les essais des missiles non nucléaires par l’armée iranienne, qui ne sont pourtant pas interdits par l’accord nucléaire.

Et le mois dernier, le général Joseph Votel, le chef du Commandement central des États-Unis, qui supervise les guerres américaines et les interventions au Moyen-Orient et en Asie centrale, a dénoncé l’Iran comme la « plus grande menace à long terme pour la stabilité » au Moyen-Orient et préconisé une campagne pour « perturber [l’Iran] par des moyens militaires ou par d’autres moyens ».

Cette dernière escalade de menaces est intervenue alors que le secrétaire à la Défense de Trump, le général James Mad Dog Mattis, effectuait une tournée au Moyen-Orient, avec des rencontres prévues avec les principaux ennemis régionaux de l’Iran, dont les monarchies saoudienne et qatarie et Israël.

Mattis aurait préconisé une politique consistant à augmenter l’aide militaire déjà massive des États-Unis et de vente d’armes à la dictature royale saoudienne et une collaboration plus directe des États-Unis dans sa guerre de plus de deux ans contre la population appauvrie du Yémen, qui a tué quelque 12 000 personnes, la plus part des civils, a transformé 3 millions en réfugiés et a laissé une grande partie de la population au bord de la famine.

S’adressant aux journalistes à Riyad après avoir rencontré le roi saoudien Salaman et le Vice-Prince héritier et ministre de la Défense, Mohammed Salman, Mattis a déclaré : « Où que vous regardiez, s’il y a des problèmes dans la région, vous trouverez l’Iran. » Il a ajouté : « Il nous faut surmonter les efforts de l’Iran pour déstabiliser encore un autre pays et créer une autre milice à l’image du Hezbollah libanais, mais en fin de compte, nous sommes sur le bon chemin pour y arriver. »

Les accusations de « déstabilisation » iranienne proviennent de la position objective de l’Iran comme rival de Washington pour l’hégémonie régionale au Moyen-Orient et de sa participation, aux côtés de la Russie, à la défense du gouvernement de la Syrie contre la guerre orchestrée par les États-Unis pour obtenir un changement de régime.

L’hypocrisie de Washington de traiter l’Iran de commanditaire du terrorisme et de source de tous les « problèmes dans la région » est sans vergogne. L’impérialisme américain a mené une série de guerres qui ont tué des millions, renversé les gouvernements et dévasté des sociétés entières. La CIA a armé et financé des groupes terroristes islamistes en Libye, en Irak et en Syrie, y compris ceux directement liés à Al-Qaïda.

Au Yémen, le Pentagone a fourni les avions de combat, les bombes et les missiles qui ont massacré des hommes, des femmes et des enfants, tout en fournissant une assistance de renseignements ainsi que du ravitaillement en vol pour permettre des bombardements 24 heures sur 24 visant à écraser la résistance de la population yéménite et l’obliger à accepter la réimposition du régime de marionnettes du président déchu Abd-Rabbu Mansour Hadi.

Maintenant, le Pentagone se préparerait à aider directement une offensive des Saoudiens et des Émiratis pour conquérir le port yéménite de Hodeida, le dernier lien entre la population affamée du pays et le monde extérieur. Les agences humanitaires ont prévenu qu’une telle attaque pourrait précipiter le pays dans une famine généralisée.

S’exprimant à côté du prince héritier saoudien mercredi, Mattis a offert un hommage obéissant à l’« altesse royale » de 31 ans tout en promettant de « renforcer la résistance de l’Arabie saoudite contre les méfaits de l’Iran et vous rendre plus efficace avec votre armée comme nous travaillons ensemble en tant que partenaires. »

Mattis a poursuivi en déclarant qu’il était dans « l’intérêt des États-Unis de voir un service de sécurité militaire et des services secrets de l’Arabie saoudite forts », et ceci dans un pays où les « services secrets » répriment impitoyablement toute manifestation de dissidence et où la critique de la famille royal est sanctionnée par la décapitation.

Comme pour l’attaque contre la Syrie, l’intensification des tensions avec la Russie et la stratégie de la corde raide nucléaire en cours à l’égard de la Corée du Nord, l’administration Trump a bénéficié du soutien crucial des démocrates pour la marche vers la guerre avec l’Iran. Les principaux membres démocrates de la Chambre et du Sénat se sont joints aux républicains en soutenant l’imposition de nouvelles sanctions. Dès la campagne présidentielle de 2016, les critiques des démocrates envers Trump se sont axées sur la politique étrangère et ceci depuis la droite, en particulier en raison du souci que l’administration Trump se révélerait « trop molle » envers la Russie et, par extension, l’Iran, qui s’est allié avec la Russie en Syrie. (source)

 

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