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Les Suisses sortent leurs sous des banques, pour les mettre au coffre ou sous le matelas.

Face à la menace d’un intérêt négatif sur l’épargne, la demande en billets de 1000 francs bat tous les records historiques.

Face à la menace d’un intérêt négatif sur l’épargne, la demande en billets de 1000 francs bat tous les records historiques. Image: GAETAN BALLY/KEYSTONE

Meme châtiment qu’au Japon où les ventes de coffre fort battent des records – A cause des taux négatifs, les banques reconnaissent qu’elles devront nous prendre 75 centimes pour 100 francs épargnés. Alors les Suisses sortent leurs sous de la banque, retournent au coffre ou thésaurisent sous le matelas.

La perspective est peu riante. Les banques pourraient bientôt nous prendre 75 centimes pour 100 francs épargnés. Plusieurs l’envisagent, pour compenser les effets de la décision de la BNS de soumettre leurs avoirs à un taux négatif de 0,75%. Inquiets, les Suisses prennent les devants et retirent les billets de banque en masse.

Au coffre ou à la maison

En mai dernier, il s’est écoulé pour une valeur de 45 milliards de billets de 1000 francs, soit le double d’il y a dix ans. Blaise Goetschin, directeur général de la Banque Cantonale de Genève, confirme: «De plus en plus de clients préfèrent disposer de leur épargne en billets de banques qu’ils vont déposer dans un coffre, voire cacher à la maison.» (source)

Voici plus :

L’introduction de taux négatifs a provoqué la ruée sur les billets de 1000 francs, dont la circulation atteint désormais des sommets. Et sur les coffres-forts censés les protéger.

L’introduction de taux négatifs a renforcé un phénomène visible depuis 2008 et la faillite de Lehman Brothers: les billets de 1000 francs s’arrachent, comme le relève le site du magazine Cash.

Selon les données de la Banque nationale suisse (BNS), le montant des billets de 1000 francs en circulation a atteint 41,6 milliards de francs en mai 2015, contre 36,6 milliards au même mois de 2013. Et en 2005, ils représentaient à peine 20,7 milliards.

«Les incertitudes et l’environnement de faibles taux de ces dernières années ont rendu l’argent liquide plus attirant», a déclaré Silvia Oppliger, porte-parole de la BNS.

Les fabricants de coffres-forts jubilent

Corollaire de cette explosion de la demande, les fabricants de coffre-fort se frottent les mains car ils enregistrent une hausse sensible de leurs ventes. Le fabricant zurichois Dianit a vu son chiffre d’affaires bondir de 25% rien que pour l’année en cours.

Le groupe a dû engager de nouveaux collaborateurs et ne compte plus ses heures supplémentaires, a indiqué son directeur général Werner Gubser. Ces clients sont surtout des particuliers âgés de 50 ans et plus ainsi que des fiduciaires qui gardent l’argent pour elles ou leurs clients.

Les clients se détournent des banques

Même constat chez le fabricant Waldis à Rümlang (ZH) qui voit ses modèles les plus surs se vendre comme des petits pains. Les deux entreprises relèvent une forte hausse de l’insécurité liée à l’argent. C’est surtout l’introduction des taux négatifs qui a généré cette tendance, a expliqué Urs Menzi, directeur de Waldis. Même si les petits épargnants ne sont pas encore touchés.

En revanche, les coffres dans les banques ne retiennent pas l’attention des clients. UBS n’a ainsi décelé aucun changement de tendance ces derniers mois. La demande est plutôt stable, voire même baissière depuis quelques années, a ajouté le numéro un de la branche en Suisse.

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Publié par le 29 août 2016 dans économie, général, International

 

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Un nouveau système monétaire ?

or physique

Comme l’indique ce papier, tous les moyens pour relancer l’économie par les politiques monétaires, conventionnelles en non conventionnelles, ont échoués . Il n’y a que 2 façon de sortir du guêpier actuel (surement pas avec de la croissance économique qui sortirait de nulle part) : soit par l’inflation et la monétisation de la dette , soit par l’effondrement déflationniste et l’effacement des dettes . Mais jamais les autorités et les planificateurs ne permettront l’effondrement et le défaut . Reste la monétisation de la dette par l’inflation . Et tout a déjà été tenté . Ne reste que la solution de l’hélicoptère monétaire, c’est à dire littéralement parachuter l’argent en grande quantité , sur la population . 

Et en ce sens  Stoeferle ne croit pas si bien dire .

En effet, voici ce qui est ressorti de la réunion des banquiers centraux à Jackson Holes – via Zero Hedge :

Selon un économiste, ce qui va arriver ensuite peut rendre les 7 dernières années de «répression financière» et d’ échec de la banque centrale ridicule : dans une adresse par l’ économiste de l’ Université de Princeton Christopher Sims, « ont a dit aux responsables politiques qu’il pourrait falloir un programme massif, assez grand pour choquer les contribuables dans une vue inflationniste différente de l’avenir « .

 » L’ expansion budgétaire peut remplacer la politique monétaire inefficace à la borne du zéro inférieure », a déclaré Sims. «Il faut des déficits visant à et conditionnés à générer de l’ inflation. Les déficits doivent être considérés comme financés par l’ inflation future, et non pas les impôts futurs ou des réductions de dépenses . »

En d’autres termes, la monétisation de la dette, ouvertement, avec l’intention de générer une inflation galopante:  pensez que l’argent hélicoptère sous stéroïdes, est une stratégie qui risque en fin de compte de remettre en cause le statut du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale.

* * *

Est -ce qu’un «choc» de relance budgétaire est sur la table ? Comme le conclut Reuters, «on ne sait pas si ces idées iront au bout. Mais il y avait un sens large ici, dont le gouvernement peut avoir besoin pour continuer son jeu

Voici l’Article de Ronald-Peter Stoeferle, publié le 28 août 2016 sur KWN :

« Une nouvelle récession est inévitable. Comme l’a dit von Mises, prédire exactement quand elle aura lieu est impossible. Mais dans la situation actuelle, nous souhaitons néanmoins aborder un scénario économique que nous pensons être une possibilité crédible, à savoir la stagflation.

performance or en période de récession

Ce mot est dérivé des termes stagnation et inflation. Il décrit une situation économique dans laquelle la stagnation économique (par exemple la stagnation ou même la contraction de la production économique) a lieu simultanément avec l’inflation des prix. D’après la doctrine économique officielle (keynésienne), la stagflation est une quasi impossibilité vu qu’elle réfute la courbe de Phillips. Néanmoins, il n’y a selon nous aucune raison d’ignorer ce scénario, bien au contraire.

Les conditions actuelles sont bien sûr différentes de celles des années 70, la dernière période durant laquelle le monde occidental a traversé une période prolongée de stagflation. Cependant, il est selon nous temps de mettre en garde contre la dévaluation considérable des monnaies et les tendances de stagflation qui en résultent.

Vu que la reflation via une nouvelle reprise de l’expansion du crédit devient plus compliquée, les banquiers centraux n’ont d’autre option que d’improviser (par exemple en testant dans la pratique une théorie académique telle que le parachutage d’argent par hélicoptères), ce qui pourrait mener à une perte de confiance dans les monnaies papier. Cela pourrait, comme dans les années 70, se manifester via la dévaluation des monnaies papier via l’appréciation des matières premières.

Les politiques monétaires sont en bout de course

Les politiques monétaires sont en bout de course : aucun instrument dans la boîte à outils conventionnelle et non conventionnelle ayant été utilisé jusqu’à aujourd’hui ne semble marcher. Les taux d’intérêt sont déjà à des niveaux planchers et ne peuvent être abaissés davantage à moins de bannir l’argent physique ; augmenter davantage la taille des bilans des banques centrales devient également de plus en plus dangereux, sans parler du fait que les effets escomptés ne se sont jamais manifestés.

Suite et fin

 
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Publié par le 29 août 2016 dans économie, général, International

 

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L’argent métal sous-évalué

[titre article pour referencement]

C’est la rentrée pour beaucoup de monde ! Bienvenus dans la revue de presse .

Il existe beaucoup moins d’argent physique sur terre que d’or . La raison est que l’or est thésaurisé pendant que l’argent est lui consommé . Ce qui fait du silver un métal bien plus rare que l’or en réalité . C’est un marché qui fonctionne quasiment en flux tendu, et outre la production minière d’argent qui est en train d’atteindre un pic (voir qui l’a atteint l’année passée), il y a beaucoup moins d’offre d’argent qu’il n’y en a d’or . Si on compte la globalité des réserves disponibles hors sol. Alors dire que l’argent est un métal sous évalué est un faible mot . Encore pire si on le compare au métal jaune .

On a tendance à considérer l’argent comme un second choix en matière de métaux précieux, la première place étant depuis toujours occupée par l’or. Pourtant, celui que l’on appelait parfois « l’or du pauvre » et qui a longtemps été privilégié pour les transactions du quotidien (il a d’ailleurs donné son nom à la monnaie dans le langage courant), pourrait bien revenir en grâce en raison des nombreuses particularités qui le distinguent de l’or, le rendant même, par certains côtés, bien plus précieux.

Des qualités au moins égales à l’or

Même si l’or reste la référence en matière d’inaltérabilité, l’argent est un métal particulièrement stable, faiblement sensible à la corrosion, ce qui en a toujours fait un excellent support pour la frappe de pièces notamment. Aujourd’hui, on peut retrouver des pièces d’argent datant de plusieurs siècles qui semblent pourtant aussi brillantes qu’au premier jour et quelques unes dont la gravure paraît moins altérée que celle d’une pièce moderne qui aurait passé un an dans nos poches !

De la même manière, l’argent est plus ductile que l’or (on peut obtenir un fil de 2500 mètres à partir d’une seule once d’argent), il est également plus réfléchissant et possède un certain nombre de caractéristiques uniques qui lui ont rapidement octroyé une place de choix dans un grand nombre d’industries de pointe. Excellent conducteur électrique et thermique, il est ainsi devenu essentiel dans l’électronique embarquée (automobile, aéronautique), la fabrication de batteries et de catalyseurs, le marché de l’énergie solaire, la téléphonie mobile (incluant la fabrication de tablettes numériques), l’informatique, la télévision HD, les nanotechnologies, le purification de l’eau, le milieu médical, etc.

En réalité, ses applications sont innombrables et une quantité phénoménale de ce qui fait notre vie quotidienne ne pourrait plus exister s’il n’y avait brutalement plus d’argent à disposition. Une éventualité qui fait froid dans le dos… et qui pourrait pourtant arriver bien plus vite qu’on ne le croit.

De l’argent de plus en plus rare

Mais revenons brièvement sur la valeur de l’argent par rapport à celle de l’or. Pourquoi, malgré ses indéniables qualités, parfois même supérieures à celles du métal doré, l’argent n’a-t-il jamais pu accéder au premier rang des métaux précieux ? La raison est très simple : la rareté. Ou, plus exactement dans le cas de l’argent, sa moins grande rareté que celle de l’or. Ainsi, il a toujours été admis que l’argent était bien plus répandu que l’or à la surface du globe (et incidemment dans ses profondeurs). Par conséquent, sa valeur « marchande » s’en est fortement ressentie et, pendant très longtemps, on a considéré qu’une once d’or équivalait à 20 onces d’argent.

Aujourd’hui, nous en sommes même à une once d’or pour 60 à 65 onces d’argent (suivant les fluctuations des cours). Et pourtant, la situation a considérablement évolué… mais pas dans le sens que les cours officiels pourraient laisser croire. Tout d’abord, à la différence de l’or, l’argent sert, comme on l’a vu plus haut, dans un grand nombre de processus industriels au cours desquels il est irréversiblement…détruit ! Certes, la production d’argent continue à être bien supérieure à celle de l’or (25000 tonnes par an, contre 2500 en moyenne pour l’or) mais la demande est encore plus importante : on l’évalue à 30000 tonnes dans le meilleur des cas. La bijouterie, certes, consomme beaucoup d’argent (7 à 8 000 tonnes par an) mais ce sont toutes les industries de pointe (de l’électronique au nucléaire, en passant par la bio-technologie et les énergies dites renouvelables) qui épuisent l’essentiel des réserves d’argent disponibles. La fabrication de pièces de monnaie, quant à elle, plafonne à quelque 1300 tonnes dans ses bonnes années. Au final, l’argent devient de plus en plus rare, non seulement dans les gisements (dont on prédit l’épuisement d’ici 2030) mais également dans les coffres et autres lieux de stockage. D’autant plus que l’argent n’est pas ou peu recyclable…

La valeur de l’argent ne reflète plus la réalité

Concrètement, à environ 20 dollars l’once, la cote de l’argent ne reflète plus du tout la réalité et, même si on ne devait revenir qu’au ratio historique de 1 pour 20 par rapport à l’or, on avoisinerait déjà davantage les 60 à 70 dollars l’once d’argent. Or, aujourd’hui, que ce soit en termes de production, de réserves disponibles ou même de perspectives à moyen terme, la tendance devrait plutôt s’établir aux alentours de 1 once d’or pour 10 d’argent, ce qui, sur la base du cours actuel de l’or, devrait porter l’once d’argent à proximité des 130 dollars.

On le voit, l’argent est clairement sous-évalué, tandis que la demande ne cesse d’augmenter, non seulement de la part des industries mais également des investisseurs, spécialement dans les économies émergentes. De leur côté, mus par une défiance vis-à-vis bimétallisme en faveur de l’or, tous les gouvernements et toutes les banques centrales du monde se sont débarrassées de leur argent depuis la Seconde guerre mondiale, et la plus grande partie a été irrémédiablement consommée. Demain peut-être, ou l’année prochaine, qui sait, on prendra conscience de la soudaine rareté de l’argent et on trouvera sans doute un ou deux milliardaires russes ou chinois pour racheter la majeure partie de ce qu’il restera.

Quoi qu’il en soit, action spéculative ou épuisement des ressources, l’argent métallique doit désormais être considéré comme une richesse naturelle finie, non renouvelable, et sur le point d’être frappée d’une extrême rareté. Certes, il restera encore un grand nombre de bijoux en argent en circulation, et la petite collection de boucles d’oreilles de votre femme achetées 200 euros la paire à l’occasion des fêtes de ces 15 dernières années deviendront peut-être une part non négligeable de votre patrimoine familial. Mais sans doute est-il prudent de faire provision d’articles plus « liquides », plus facilement négociables, comme des pièces en argent par exemple (mais uniquement au-delà de 990 millièmes d’argent pur !), d’autant plus que certaines d’entre elles comme les Maple Leaf, les Philarmoniques, les Eagle ou les Vera Silver Zanzibar ont également cours légal.

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Publié par le 29 août 2016 dans général, or et argent métal

 

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La plus grande banque du Portugal en difficulté, l’Etat appelé à la rescousse

La crise de la zone Euro prend un nouveau tournant avec les banques Italiennes et Portugaises qui ont de graves difficultés – Le Portugal et l’Union européenne se préparent à renflouer la plus grande banque du pays, la Caixa Geral de Depósitos, actuellement en graves difficultés. Ce plan de recapitalisation pourrait s’élever à 4,6 milliards d’euros.

«La commissaire à la concurrence Margrethe Vestager est parvenue la nuit dernière à un accord de principe avec les autorités portugaises sur la manière de permettre une recapitalisation de CGD au prix du marché», a déclaré la Commission européenne dans un communiqué publié ce mercredi 24 août.

Plusieurs leviers financiers vont être mobilisés pour venir en aide à la banque portugaise : l’Etat va d’abord directement injecter 2,7 milliards d’euros et faire un prêt de 900 millions d’euros. De son côté, la banque devra s’engager à des réductions de coûts significatives et un milliard d’euros doit être dégagé par la vente de titres de dette, ce qui porte le montant global de la recapitalisation à 4,6 milliards d’euros.

Les autorités portugaises ont du négocier avec les instances bruxelloises pour être autorisés à effectuer ce plan d’aide. En effet, Lisbonne s’est engagé auprès de Bruxelles à réduire son déficit budgétaire de 4,5% du PIB en 2015 à 2,5% en 2016.

L’accord conclu doit encore être validé par les 28 commissaires européens.

Première banque portugaise en termes d’actifs, la Caixa Geral de Depósitos avait pourtant réussi fin 2014, les tests de résistance de la Banque centrale européenne, mais la banque portugaise peine encore à se remettre de la crise économique.

Ce n’est pas la première fois que l’Etat portugais aide son secteur bancaire en difficulté : les contribuables avaient déjà été sollicités en août 2014 pour sauver la Banco Espirito Santo et la banque Banif en en décembre 2015. Ces opérations avaient coûté respectivement 4,9 milliards et 2,5 milliards d’euros à l’Etat et aux autres banques.

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Publié par le 28 août 2016 dans économie, général, International

 

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Egon Von Greyerz : La catastrophe finale du système monétaire

A noter – Jim Rogers explique ce qu’il fera avant que ne « vienne la prochaine fin du monde »  (« The Next Time The World To An End »)  :

Une semaine après que  RealVision nous a apporté la dernière interview de Jeff Gundlach, dans laquelle le roi de l’obligataire  a expliqué pourquoi il est maintenant « 100% net short», le vendredi Grant Williams a interviewé Jim Rogers, dans lequel l’ ancien partenaire de George Soros (les deux ont co fondé le Quantum Fund en 1973), est à peu près aussi sombre, avertissant que  « la prochaine fois que le monde arrivera à sa fin, ça va être un plus grand choc que ce à quoi nous nous attendions. »

« le dollar américain est fort et continuera à être fort, parce que tout le monde est paniqué a propos du monde.Et quand il y a de la panique, les gens recherchent un havre de paix … [Les gens] pensent que le dollar américain est un havre de paix. Ce n’est pas le cas. Certainement pas. Je possède beaucoup de dollars cependant. Non pas parce que c’est un refuge, mais parce que les gens pensent que ça l’est. Et quand le monde tombera en morceaux, les gens mettront leur argent dans le dollar. Cela va signifier que le dollar va monter, ce qui signifie que beaucoup de monnaies vont baisser, y compris la monnaie chinoise, y compris la monnaie européenne, la monnaie britannique. Beaucoup d’autres monnaies vont baisser. Le dollar va devenir hors de prix, et le dollar pourrait même se transformer en une bulle, en fonction de la gravité de la crise . Les  gens iront aussi dans le franc suisse et le yen japonais.

Sur le dollar et l’or en hausse :

Il y a eu des moments dans le passé où le dollar et l’or ont augmenté ensemble. Ainsi, ça peut se produire et cela se produira. Les gens sont à la recherche d’un refuge. Ils pensent que le dollar américain est un havre de paix. Ils ne connaissent rien d’autre. Ils pensent que l’or est une valeur refuge. Par conséquent, ils iront dans les 2. Voilà ce qui se passe. Je ne suis pas la seule personne qui sait qu’il y a des turbulences à venir. Et les gens cherchent des moyens de se protéger. Je ne suis pas acheteur d’or pour le moment. Je ne suis pas d’acheteur de dollars, soit, mais je possède déjà beaucoup des 2. »

Voici Von Gruyere : 

Le destin de l’économie mondiale a été décide il y a quelques décennies, quand les déficits, les dettes et les produits dérivés ont débuté leur croissance exponentielle pour devenir la bombe à retardement que nous avons aujourd’hui.

Le chapitre final de cette ère de cent ans se terminera en « catastrophe finale et totale du système monétaire », comme von Mises l’a succinctement défini.

Tout a débuté sur Jekyll Island

Tout cela a débuté en 1910, lorsque quelques sénateurs et banquiers, menés par J.P. Morgan, se sont rencontrés en secret sur Jekyll Island dans le but de créer la Réserve fédérale, prenant ainsi le contrôle du système bancaire. La Fed est une création de banquiers privés pour leur propre bénéfice. Peu d’entre eux auraient pu imaginer l’énorme succès de leur entreprise. Le contrôle du système financier a crée de vastes fortunes à une toute petite élite. Le revers de ces fortunes est une dette globale de 230 000 milliards $, à laquelle il faut ajouter le passif non capitalisé et les produits dérivés. Le total, dans les milliards de milliards de dollars, représente ce que doivent supporter les pauvres gens du monde entier. Ils ne pourront jamais rembourser, et l’implosion de toutes ces dettes mènera à la misère pour une grande majorité des gens ainsi que les générations futures.

Il est essentiel de se protéger contre ces évènements

Malheureusement, les choses sont allées trop loin pour arrêter l’effondrement inévitable des devises et l’implosion du système financier, mais cela ne veut pas dire qu’il est trop tard pour que les individus se protègent eux-mêmes. Alors que nous entrons dans cette phase finale, il y aura de la panique sur les marchés financiers, tandis que les gouvernements et les banques centrales prendront des mesures draconiennes. Ci-dessous quelques-uns des risques potentiels contre lesquels les investisseurs doivent se protéger aujourd’hui :

  • Effondrement des devises – menant à la destruction du capital
  • Contrôles de capitaux – rendant impossible de sortir de l’argent d’une banque ou d’un pays
  • Les renflouements internes ou bail-in – la banque volera votre argent pour essayer de se sauver elle-même
  • Investissements forcés – vous devrez acheter des bons du Trésor avec vos avoirs bancaires ou de retraite
  • Risques liés à la garde – les actions et obligations seront hypothéquées par votre banque, vous laissant avec rien
  • Faillites bancaires – tous vos investissements disparaîtront, étant donné que votre banque deviendra insolvable

La liste ci-dessus n’est pas exhaustive, mais elle comprend les événements les plus probables qui se produiront d’ici quelques années. La plupart des investisseurs privés ne voient pas ces risques et n’ont pris aucune protection contre eux. Les gestionnaires financiers professionnels n’ont pas idée des risques réels, et ne voient pas le besoin de se protéger ni de se s’assurer. Quand vous gérez l’argent des autres, vous prenez le maximum de risques afin d’accentuer vos gains. Mais les pertes ne sont pas votre affaire, alors vous les ignorez. Cette stratégie fonctionne merveilleusement bien, jusqu’à ce que la musique s’arrête. De toute façon, tant que l’impression monétaire et la création de crédit gonfleront les marchés, ces professionnels ne perdront pas une seule seconde à s’inquiéter de la destruction totale des avoirs de leurs clients.

Quelle est la probabilité de ces risques, et comment s’en protège-t-on ? Ceux qui suivent mes articles savent qu’il est pour moi certain que les risques mentionnés plus haut se matérialiseront.

L’effondrement des devises est déjà en cours, avec toutes les devises ayant perdu 97-99% de leur valeur, ces cent dernières années. Le 1-3% qui reste y passera dans les prochaines années, vu que les gouvernements imprimeront des quantités illimitées de monnaie. Mais pensez-y bien, car ce dernier 1-3%, pour nous, représente 100% en réalité, une destruction totale de la monnaie. Alors, tout l’argent que vous avez perdra entièrement sa valeur dans la phase d’hyperinflation à venir.

Les contrôles de capitaux devraient débuter d’ici 12 à 18 mois dans plusieurs pays, incluant les États-Unis. Comme les déficits augmentent et que les devises chutent, les gouvernements empêcheront les gens de retirer de l’argent de la banque, ou même du pays. Ce n’est qu’une étape supplémentaire vers le contrôle total des capitaux. Nous avons vu apparaître, récemment, FATCA (Foreign Account Tax Compliance), des interdictions d’utiliser le cash, et l’AEOI (Automatic Exchange of bank Information) de l’OCDE. Les contrôles de capitaux seront la prochaine étape logique dans cette tentative de virtuellement confisquer l’argent. Les gouvernements, qui se dirigent vers la faillite, prendront désespérément toutes les mesures pour contrôler les gens et leurs capitaux.

A lire – Philippe Herlin: la prochaine crise financière se réglera sur votre dos, voici comment

Marc Touati: « Je me dois d’avertir les français sur la confiscation de leur épargne ! »

Le renflouement interne (bail-in) est chose certaine et fait partie de la législation de la plupart des pays occidentaux. Le citoyen lambda n’a aucune idée de ce qu’est un bail-in, ni de ses conséquences. Cela signifie que les gouvernements ne viendront pas à la rescousse des banques insolvables, ce qui sera le cas de la plupart d’entre elles; l’argent des déposants et leurs actifs seront utilisés pour couvrir les pertes de la banque. Vu que les banques ont utilisé un effet de levier de 10 à 50 fois leurs fonds propres, tout l’argent appartenant aux clients de la banque sera perdu. À ce moment-là, après le bail-in, le gouvernement devra intervenir avec un renflouement externe (bail-out). Mais toute intervention gouvernementale sera futile, puisqu’ils ne feront que créer plus de dette… pour régler un problème de dette.

Les investissements forcés dans les bons du Trésor auront lieu à mesure que les gouvernements émettront de plus en plus de dette. À ce moment-là, le gouvernement sera le seul acheteur d’obligations, comme nous le voyons au Japon. Les gouvernements forceront les gens à investir leurs actifs bancaires dans des bons du Trésor, afin de renflouer les finances du pays. Mais il sera évidemment trop tard, et tout cet argent qui ira dans les obligations du gouvernement perdra toute sa valeur, car ces obligations ne vaudront plus rien.

A lire – Simone Wapler: La financiarisation et la collectivisation de votre épargne avant sa destruction

Bernard Monot: « Les français risquent de perdre leurs dépôts et leurs économies à cause de l’Union Bancaire »

Les risques liés à la garde : cela signifie qu’il n’y a pas que l’argent des clients qui soit en danger. Tout actif déposé à la banque comporte le même risque que le cash. En théorie, les actions, les obligations et l’or physique ne devraient pas faire partie du bilan de la banque et, donc, d’une faillite. Premièrement, cela pourrait prendre des années à l’administrateur judiciaire pour démêler tout cela. Mais plus important encore, les banques sous pression se serviront des actifs de leurs clients afin de consolider leurs propres actifs. Cela fut le cas avec MF Global, par exemple. Nous voyons souvent des banques qui ne détiennent pas vraiment l’or alloué à un client. Une fois sous pression, les banques prennent des mesures désespérées pour se sauver, et cela inclut définitivement les actifs des clients. Ne croyez surtout pas que le gouvernement vous aidera, puisqu’il est aussi en faillite.

Les faillites bancaires seront chose courante dans les années à venir, lorsque les créances douteuses des banques seront exposées. L’effondrement des prix des actifs exacerbera ce problème. La plupart des gens croient que l’argent ou les actifs détenus dans les banques sont en sécurité. Personnellement, je ne déposerais pas de gros montants d’argent ou d’actifs dans une banque. Et si je le faisais, j’exigerais une garantie. Les banques sont des emprunteurs de l’argent des déposants totalement indignes de confiance, et quiconque espère revoir son argent apprendra bientôt qu’il ne le reverra pas.
Si vous ne pouvez pas faire confiance aux banques, que pouvez-vous faire de votre argent ? En période d’incertitude, il est essentiel d’éviter les risques de contrepartie. Donc, aucun actif ne doit être détenu par une contrepartie fortement exposée financièrement. La meilleure façon de contrôler ses investissements est d’avoir le contrôle direct de ses actifs. Il pourrait s’agir de biens immobiliers, d’un terrain, ou encore de sociétés contrôlées avec des parts enregistrées directement.

La meilleure assurance que l’on puisse acheter

La meilleure et la moins coûteuse assurance contre les risques mentionnés plus haut est de détenir de l’or physique et de l’argent (métal). Mais il ne suffit pas de détenir de l’or et de l’argent, il faut le faire correctement. Sine qua non : il faut détenir ces métaux sous forme physique, hors du système financier et hors de votre pays de résidence. Il est aussi essentiel d’avoir un accès direct à votre actif de préservation de richesse, qui ne devrait pas être détenu par une contrepartie.

L’or et l’argent ne protégeront pas les investisseurs de tous les problèmes que le monde connaîtra dans les années à venir. Mais s’ils sont détenus correctement, et au bon endroit, les métaux précieux constitueront la meilleure assurance qui soit contre la destruction massive de richesse qui surviendra d’ici quelques années.

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Publié par le 28 août 2016 dans économie, général, International, or et argent métal

 

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La réunion des banquiers centraux se tient dans une atmosphère de crise

Le discours de la présidente de la Réserve Fédérale (Fed) Janet Yellen à l’ouverture du conclave annuel des banquiers centraux à Jackson Hole, dans le Wyoming, était attendu des marchés financiers qui en espéraient des indications sur si et quand la Fed allait commencer à relever les taux d’intérêts.

La Fed a augmenté son taux de base pour la première fois en une décennie en décembre dernier, l’élevant de 0,25 point de pourcentage. Elle a indiqué qu’une nouvelle hausse viendrait en 2016, mais a, jusque là, attendu. La semaine dernière, cependant, le vice-président de la Fed, Stanley Fischer, a pointé l’évolution du marché de l’emploi et de l’inflation, affirmant que la Fed pourrait être près d’atteindre son objectif sur ces deux indices. Des remarques interprétées comme favorisant une hausse des taux.

Mais il y a un sentiment croissant dans les cercles dirigeants, qui éclipse la conjecture des décisions à court terme sur la politique monétaire, que le programme d’assouplissement quantitatif (AQ) injectant des milliards de dollars dans le système financier a complètement échoué. Ce qui est pire, ce dernier a créé les conditions d’une nouvelle crise.

Dans un article paru en aval de la réunion, le quotidien britannique de droite Daily Telegraph a dit qu’il y avait trois questions difficiles que les banquiers centraux devaient se poser : a) L’assouplissement quantitatif (AQ) fonctionne-t-il réellement ? b) Est-ce que le système bancaire a été brisé par la propagation de taux d’intérêt négatifs ? et c) Est-ce que c’est le moment de mettre à jour un modèle économique qui « ne nous apprend plus grand chose sur le monde réel. »

La justification de l’AQ, qui a renfloué les banques et les institutions financières responsables de la crise de 2008 et favorisé davantage la spéculation, était que des taux bas stimuleraient le capital financier à investir dans l’économie réelle. Cela ne s’est pas produit.

Huit ans après, l’investissement dans le monde entier est bien en-dessous de son niveau d’avant 2008, sans aucun signe d’essor. Cela s’est accompagné d’un ralentissement du taux de croissance de la productivité dû à la réduction des dépenses en capital, les fonds accumulés par les grandes sociétés servant à des activités spéculatives comme le rachat d’actions et les fusions. La baisse de la productivité a été tellement forte aux États-Unis qu’ils se trouvent peut-être bien en territoire négatif.

L’effet principal de l’assouplissement quantitatif a été d’augmenter le prix des actifs financiers. La valeur des actions aux États-Unis se situe à des niveaux records dans des conditions où la reprise économique se fait au rythme le plus lent de toute la période d’après la Seconde Guerre mondiale. Dans les grandes villes du monde, l’argent bon marché a alimenté un boom immobilier.

L’impact le plus important de l’AQ a été sur le marché obligataire. Cela a créé une situation où des obligations d’État à hauteur de treize mille milliards de dollars se négocient avec des rendements négatifs, ce qui signifie que le prix de l’obligation est si élevé et le rendement si faible (ils se déplacent en relation inverse l’un par rapport à l’autre), qu’en achetant une obligation l’investisseur recevrait un rendement négatif s’il gardait l’obligation jusqu’à son échéance. On continue cependant d’acheter des obligations dans l’espoir que leur prix atteindra des niveaux encore plus élevés, menant à des gains en capital. Mais l’escalade des prix a été telle qu’il y a eu une série d’avertissements de fonds spéculatifs et de traders qu’une bulle massive allait s’effondrer, plus tôt que tard.

Mais alors même qu’on fait ces avertissements, la folie financière continue. Cette semaine, le Wall Street Journal rapportait dans un article intitulé « Marchés du crédit: les efforts de relance deviennent encore plus bizarres, » que, dans le cadre de son programme d’assouplissement quantitatif, la Banque centrale européenne incitait les banques et les sociétés d’investissement à créer de nouvelles formes de dette.

L’article dit qu’après avoir mis le prêt d’argent sens dessus dessous en déplaçant les taux d’intérêt en terrain négatif, les banques centrales étaient maintenant en train de « quasiment inviter les acteurs privés à concocter des choses spécifiques qu’elles puissent acheter, afin de pouvoir continuer à injecter de l’argent dans le système financier. » Alors que la BCE était arrivée tard à l’AQ, elle avait maintenant « adopté avec ferveur l’achat d’obligations. »

Lorsque la Réserve fédérale américaine a commencé son programme d’AQ, son président d’alors, Ben Bernanke, avait prédit que ses actions redresseraient la situation en faisant monter l’inflation et retourner l’économie capitaliste sur sa trajectoire de croissance précédente. « Nous avons une technologie appelée l’imprimerie, » avait-t-il dit dans un discours important sur la déflation en 2002.

Les contradictions du système capitaliste cependant, se sont révélés plus puissantes que le plus puissant des banquiers centraux.

Malgré l’AQ, l’inflation est au-dessous des normes historiques aux États-Unis et au Royaume-Uni et proche de zéro au Japon et dans la zone euro. Loin d’avoir surmonté la crise, l’AQ l’a exacerbée.

Les taux d’intérêt ultras bas et même négatifs ont eu un impact direct sur un des piliers du système financier mondial. Les fonds de pension et les compagnies d’assurance sont désormais confrontés à une situation où leurs rendements sur les actifs sécurisés, principalement des obligations d’État, sont si faibles que leur modèle de financement entier est menacé.

Une ancienne ministre des retraites britannique, la Baronne Altmann, a dit que l’ensemble du système se trouvait dans « une situation de crise, » blâmant la politique de la Banque d’Angleterre pour la baisse des rendements, tandis que le Financial Times a rapporté cette semaine la crise croissante à laquelle font face les fonds de pension qui dépendent de rendements stables de placements sûrs dans la dette publique. Le journal a noté que les fonds de pension gérés par des sociétés de l’indice S&P 500 étaient sous-capitalisés à hauteur de 562 milliards de dollars à la fin du mois dernier, soit une augmentation de 160 milliards de dollars dans les sept derniers mois, en raison de la faiblesse des rendements obligataires.

Outre des indications sur l’évolution future des taux d’intérêt, l’une des questions examinées de près dans les remarques de Yellen sera ce qu’elle aura à dire au sujet du prétendu taux d’intérêt neutre. C’est le taux auquel l’économie est jugée être en équilibre, avec des taux ni trop bas pour conduire à des niveaux d’inflation élevés, ni trop élevés menant à la récession et au chômage.

On craint de plus en plus que ce taux soit tombé si bas, en grande partie dû au ralentissement de la croissance économique aux États-Unis, que les taux d’intérêt ne peuvent guère être relevés beaucoup plus. Cette situation est préoccupante parce que sans augmentation des taux, la Fed n’a pas de marge de manœuvre vers le bas en cas de nouvelle récession.

Il est, de plus, à craindre que les marchés obligataires aient été gonflés à un tel degré que toute augmentation des taux de croissance réels exercera une pression à la hausse sur les taux d’intérêt, entraînant une baisse des prix gonflés des obligations. Cela se traduira par des pertes importantes pour les investisseurs et les spéculateurs qui ont acheté sur le marché à des niveaux déjà élevés, s’attendant à ce que les prix continuent d’augmenter. L’agence de notation Fitch a calculé que même un retour aux conditions du marché de 2011, où les taux d’intérêt étaient déjà très bas, entraînerait des pertes de quelque 3.800 milliards de dollars. Autrement dit, même un petit « succès » dans le retour à des conditions plus « normales » pourrait avoir pour effet de déclencher une crise financière.

Les banques centrales et les autorités financières réunies à Jackson Hole n’ont pas de réponse économique à la crise du système de profit dont ils ont la supervision.

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Publié par le 28 août 2016 dans économie, général, International, Politique

 

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Comment l’Occident a contribué à créer l’« État Islamique »

Le chef de l’Etat islamique est-il un agent au service des Etats-Unis ?

Selon The Intercept, l’armée étatsunienne vient de révéler que le chef de l’Etat islamique, Abu Bakr al-Baghdadi de son vrai nom Ibrahim Awad Ibrahim al-Badry, fut emprisonné de février à décembre 2004 dans la terrible prison d’Abu Ghraib en 2004 avec le numéro de matricule US9IZ-157911CI. Cette prison était particulièrement connue pour l’utilisation intensive de la torture ».

Baghdadi, a été capturé à Fallujah début 2004 puis transféré à la prison d’Abu Ghraib de février à octobre 2004 pour être transféré à Camp Bucca et être libéré en décembre 2004.

Selon The Intercept, dans les premières années de l’occupation de l’Irak par les troupes U.S, les installations étatsuniennes comme Abu Ghraib et Camp Bucca ont eu la réputation d’être les « universités du jihad » où des extrémistes durs en ont profité pour endoctriner et recruter d’autres prisonniers beaucoup moins radicaux. Les analystes ont longtemps soupçonné que Baghdadi a profité de son temps à Bucca pour renouer avec des djihadistes et d’anciens officiers militaires irakiens qui constitueront plus tard la direction de l’État Islamique. Neuf leaders de l’EI sont passés par la prison étatsunienne de Camp Bucca dont al-Baghdadi mais aussi Hajji Bakr qui fut un ancien officier de l’armée irakienne et fut le chef militaire de l’EI.

Pour beaucoup les contacts réguliers entre les djihadistes et les officiers de l’armée de Saddam Hussein dans les prisons étatsuniennes d’Abu Ghraib ou de Camp Bucca ont contribué à la création de mouvements radicaux islamistes armés dont l’Etat islamique sera un rejeton. Les Etats-Unis auraient ainsi contribué indirectement à la création de l’EI en enfermant côte à côte dans leur prison des salafistes radicalisés et des hauts gradés de l’armée irakienne. Mais il reste à savoir si cela est purement fortuit ou si l’armée US après avoir torturé ces prisonniers ne les a pas incités à créer des milices islamistes dans la sous-région à des fins de domination.

Il faut savoir que sur le terrain le groupe al-Quaïda en Irak puis l’EI (qui en est une émanation) n’ont jamais attaqué les forces U.S que cela soit en Irak ou en Syrie. On rappellera que le groupe al-Quaïda fut créé par les USA en Afghanistan pour affaiblir les Soviétiques selon les propos même d’Hillary Clinton.

 

Comment l’Occident a contribué à créer l’« État Islamique »

 

Par Maxime Chaix

 

En armant le Front al-Nosra dès 2012, les services secrets occidentaux et leurs alliés proche-orientaux ont directement et massivement soutenu le futur « État Islamique », comme je tente de le démontrer dans ma dernière analyse sur le conflit syrien. Publiée sur le site Contrepoints.org, elle inclut de brèves mais percutantes interventions du spécialiste de la Syrie Fabrice Balanche et du député PS Gérard Bapt. Je les remercie d’avoir pris le temps de répondre à mes questions, et je vous encourage à diffuser largement cet article si vous estimez qu’il est digne d’intérêt.

 

Le site du magazine Foreign Policy vient de publier une enquête particulièrement instructive sur la rencontre qui a conduit à la séparation entre le Front al-Nosra – la branche syrienne d’al-Qaïda dirigée par Abou Mohammed al-Joulani –, et le réseau qui était alors connu sous le nom d’État Islamique en Irak (EII). Dans cet article, Foreign Policy nous détaille cette rencontre cruciale entre d’importants commandants jihadistes, dont Abou Bakr al-Baghdadi, qui était alors le leader de l’EII, et Abou Omar al-Shishani, le chef militaire de Daech qui a été tué par une frappe de l’U.S. Air Force en juillet 2016. Initialement, al-Shishani avait été formé par des instructeurs du Pentagonelorsqu’il combattait au sein des Forces spéciales géorgiennes en 2006, n’étant pas encore radicalisé. Décrit comme un « élève star » à cette époque, il avait combattu l’armée russe en 2008 lors du conflit en Ossétie du Sud. En 2013, avec les miliciens du mouvement jihadiste qu’il avait fondé, le Jaish al-Muhajireen wal-Ansar, il a joué un rôle déterminant dans la prise de la base aérienne de Menagh, au nord d’Alep – une « victoire hautement stratégique (…) ayant permis d’ouvrir un corridor pour l’opposition dans le Nord de la Syrie ». Il recevait alors ses ordres du colonel Okaidi, un commandant de l’Armée Syrienne Libre (ASL) soutenu par les États-Unis et la Grande-Bretagne qui, de son propre aveu, entretenait des relations « fraternelles » avec les extrémistes du Front al-Nosra et de l’État Islamique en Irak et au Levant (EIIL). Cette même année 2013, Abou Omar al-Shishani prêta allégeance à l’EIIL, s’imposant rapidement comme le «ministre de la guerre » de Daech. Comme nous le verrons, al-Shishani est loin d’être le seul combattant de cette organisation à avoir bénéficié d’un soutien occidental direct, du moins jusqu’en 2013.

 

Organisée en avril de cette même année, cette rencontre entre chefs jihadistes a lancé le processus de création de l’« État Islamique », qui fut décrété au mois de juin 2014 par son leader, Abou Bakr al-Baghdadi. Au plan symbolique, elle a conduit au changement de nom de l’EII, qui s’est alors rebaptisé l’EIIL (État Islamique en Irak et au Levant). Interrogé par Foreign Policy, un participant à cette rencontre – surnommé « Abou Ahmad » pour des raisons de sécurité –, décrit le fonctionnement interne de ces milices terroristes. Essentiellement, cet article nous indique que cette rencontre a abouti non pas à une scission entre ces deux organisations, mais à une véritable absorption des combattants, des cadres et des moyens militaires et logistiques du Front al-Nosra par l’EIIL d’al-Baghdadi au printemps 2013. Nous analyserons donc dans quelle mesure les opérations clandestines de la CIA et de ses alliés, dont les services français, ont alimenté dès 2012la montée en puissance de l’EII au sein d’al-Nosra, donc de ce qui allait devenir l’EIIL en avril 2013, puis l’« État Islamique » en juin 2014.

 

Printemps 2013 : l’EII absorbe la majorité des moyens humains et militaires d’al-Nosra

 

Pour le lecteur averti, l’information la plus importante de cet article de Foreign Policy se trouve dans sa conclusion. En effet, lors de la séparation d’avril 2013 entre l’EII et le Front al-Nosra, une «large majorité de commandants et de combattants d’al-Nosra en Syrie ne suivirent pas » leur leader Mohammed al-Joulani – le fondateur d’al-Nosra issu de l’EII, qui durant l’été 2011 avait été envoyé en Syrie par Abou Bakr al-Baghdadi pour y mener le jihad. Au contraire, ces combattants prêtèrent massivement allégeance à al-Baghdadi, se séparant du Front al-Nosra et constituant ce qui allait officiellement devenir l’« État Islamique » en juin 2014. Selon Foreign Policy, « le changement de l’EII vers l’EIIL signifiait que tous les groupes ou factions qui avaient rejoint l’EIIL perdraient leur nom. Pour le Front al-Nosra et son leader, Abou Mohammed al-Joulani, ce développement était un potentiel désastre ; il pouvait signifier la fin de leur influence dans le champ de bataille jihadiste le plus important au monde. Al-Joulani ordonna donc aux combattants d’al-Nosra de ne pas rejoindre l’EIIL, et d’attendre que [le numéro un d’al-Qaïda Ayman] al-Zawahiri se prononce sur qui devait diriger le jihad sur le théâtre de guerre syrien. Une large majorité de commandants et de combattants d’al-Nosra en Syrie ne suivirent pas [al-Joulani].Lorsqu’Abou Ahmad visita Alep quelques semaines plus tard seulement, environ 90 % des combattants d’al-Nosra dans cette ville avaient déjà rejoint l’EIIL. Les nouveaux soldats de Baghdadi ordonnèrent aux quelques derniers loyalistes d’al-Nosra de quitter l’hôpital d’al-Oyoun, qui avait été jusqu’à présent la principale base d’al-Nosra dans cette ville. “Vous devez partir ; nous constituons al-dawla [l’État] et nous regroupons la vaste majorité des combattants” dirent-ils aux hommes d’al-Nosra, selon Abou Ahmad. “Donc ces quartiers généraux nous appartiennent.”Partout dans le Nord de la Syrie, l’EIIL s’empara des QG d’al-Nosra, des caches de munitions et des dépôts d’armes. Étonnamment, la branche d’al-Qaïda en Syrie devait soudain combattre pour sa survie. Une nouvelle époque démarrait – celle de l’État Islamique. »

 

Interrogé sur ces informations de Foreign Policy, l’expert de la Syrie Fabrice Balanche confirme leur exactitude, tout en précisant que « ces faits étaient connus à l’époque, mais plutôt du côté des spécialistes ». Selon lui, « entre avril 2013 et janvier 2014, la majorité du Front al-Nosra s’est rangée du côté de l’EIIL. Al-Joulani s’est donc retrouvé en minorité. Le rapport devait être d’un quart de combattants restant loyaux à al-Nosra, contre trois quarts se ralliant à l’EIIL. La majorité des combattants du groupe jihadiste étaient des étrangers, dont beaucoup d’Irakiens. Ils ont donc préféré al-Baghdadi. » D’après ce chercheur, qui travaille actuellement au Washington Institute, « al-Nosra en Syrie regroupait environ 20 000 combattants avant la scission d’avril 2013. Par conséquent, près de 15 000 auraient rejoint l’EIIL et 5 000 seraient restés combattre sous la bannière d’al-Nosra – même si ces chiffres sont approximatifs. Par la suite, al-Nosra s’est renforcé en s’alliant avec d’autres groupes syriens contre l’EIIL. Dans cette histoire complexe, il faut retenir que la guerre entre al-Nosra et l’EIIL fut particulièrement sanglante durant l’hiver 2013-2014. Elle a laissé des traces, ce qui empêche les deux groupes de joindre leurs efforts. » Également interrogé sur cette scission, le député socialiste Gérard Bapt précise que « l’EIIL a ensuite été soutenu par les services spéciaux du prince Bandar pour contrer l’influence des Frères Musulmans qui s’exprimait à travers le Front al-Nosra, une milice appuyée principalement par le Qatar et la Turquie. Les Saoudiens n’imaginaient probablement pas les conséquences d’un tel soutien, avec la proclamation désastreuse de l’État Islamique entre l’Irak et la Syrie en juin 2014. »

 

Les services secrets saoudiens et la CIA : du jihad afghan au takfir syrien

 

Rappelons alors qu’en juillet 2012, le prince Bandar était nommé à la tête des services spéciaux saoudiens, ce qui avait été analysé par la plupart des experts comme un signe de durcissement de la politique syrienne de l’Arabie saoudite. Surnommé « Bandar Bush » du fait de sa proximité avec la dynastie présidentielle du même nom, il était ambassadeur à Washington à l’époque des attaques du 11-Septembre. Depuis plusieurs années, cet homme intimement lié à la CIA est accusé par l’ancien sénateur de Floride d’avoir indirectement soutenu certains des pirates de l’air désignés coupables de ces attentats. Après qu’il fut écarté de son poste de chef des services spéciaux en avril 2014, le Guardian souligna que « Bandar avait dirigé les efforts saoudiens visant à mieux coordonner les livraisons d’armes aux rebelles combattant el-Assad en Syrie. Néanmoins,il a été critiqué pour avoir soutenu des groupes islamistes extrémistes, risquant ainsi le même “retour de bâton” que celui des combattants saoudiens d’Oussama ben Laden rentrant au pays après le jihad contre les Soviétiques en Afghanistan dans les années 1980 – une guerre sainte qui avait été autorisée officiellement. » Or, comme à l’époque du jihad afghan, la CIA et les services secrets saoudiens ont étroitement collaboré en Syrie, la grande proximité du prince Bandar avec l’Agence facilitant cette politique clandestine.

 

En réalité, les relations entre la CIA et les services saoudiens sont littéralement fusionnelles. Début 2016, le New York Times révéla que l’Arabie saoudite avait été « de loin » le principal financeur de la guerre secrète anti-Assad de la CIA, baptisée « opération Timber Sycamore ». Afin de renverser le gouvernement syrien, l’Agence a mobilisé « environ un milliard de dollars » chaque année depuis 2013, dans le cadre de ce que le Washington Post a décrit comme un « plus vaste effort de plusieurs milliards de dollars impliquant l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie », c’est-à-dire les trois États notoirement connus pour soutenir les factions extrémistes en Syrie. En d’autres termes, la CIA a facilité et coordonné dès janvier 2012 les opérations syriennes des services secrets de ces pays, essentiellement financées par les pétrodollars saoudiens. Comme des experts et desjournalistes américains l’on expliqué à l’automne 2015, cette guerre secrète aurait pu aboutir au renversement de Bachar el-Assad, essentiellement du fait des pertes infligées à l’armée syrienne par les missiles TOW made in USA. En 2013, sous couvert d’équiper sa garde nationale et son armée de terre, l’Arabie saoudite avait acheté plus de 15 000 missiles TOW à la multinationale américaine Raytheon – soit un investissement de 1,1 milliard de dollars. En réalité, plusieurs milliers de missiles ont été distribués aux rebelles anti-Assad par différents services depuis les « MOC » (Military Operations Centers), des bases secrètes supervisées par la CIA en Turquie et en Jordanie.

 

Toujours selon le New York Times, « les efforts saoudiens [en Syrie] furent dirigés par le flamboyant prince Bandar ben Sultan, (…) qui demanda aux espions du royaume d’acheter des milliers [de mitrailleuses] AK-47 et des millions de munitions en Europe de l’Est pour les rebelles. La CIA a facilité certains [sic] de ces achats d’armements pour les Saoudiens, dont un vaste deal avec la Croatie en 2012. Durant l’été de cette même année, ces opérations semblaient être hors de contrôle à la frontière entre la Turquie et la Syrie, les nations du Golfe transmettant de l’argent et des armes à des factions rebelles – y compris à des groupes dont les hauts responsables américains craignaient qu’ils soient liés à des organisations extrémistes comme al-Qaïda. » En réalité, malgré ces craintes, la CIA coordonnait clandestinement depuis le mois de janvier 2012 au moins deux réseaux d’approvisionnement en armes financés par les pétromonarchies du Golfe et la Turquie : une série de livraisons aériennes depuis les Balkans, qui a récemment fait l’objet d’uneenquête approfondie du BIRN et de l’OCCRP confirmant le rôle central de la CIA dans ce trafic d’armes illégal ; et une autre voie d’approvisionnement maritime depuis la Libye, selon lesrévélations jamais démenties du journaliste d’investigation Seymour Hersh. Concernant le trafic en provenance des Balkans, seuls cinq médias francophones ayant rapporté cette enquête sont recensés par Google Actualités. Et parmi eux, seuls Mediapart.fr et Bruxelles2.eu ont souligné la coresponsabilité des États-Unis dans ces opérations, contrairement à Liberation.fr, DirectMatin.fr, et LOpinion.fr – qui se sont contentés d’articles laconiques pour traiter ce sujet.

 

En juillet 2013, d’après le parlementaire britannique Lord Ashdown, ces opérations clandestines de la CIA et de ses partenaires avaient armé « presque exclusivement » les jihadistes du Front al-Nosra, qui incluait jusqu’au printemps 2013 l’EII d’al-Baghdadi. Bon connaisseur des Balkans, cetancien Haut Représentant des Nations-Unies en Bosnie-Herzégovine confirmait ainsi lesrévélations du New York Times, qui nous avait informés en mars 2013 que les services spéciaux turcs, qataris, jordaniens, émiratis et saoudiens avaient introduit au moins 3 500 tonnes d’armements en Syrie depuis janvier 2012 avec l’aide discrète de la CIA – ce qui a considérablement renforcé la coalition Front al-Nosra/EII avant la séparation d’avril 2013. Et comme nous l’avons démontré, la majorité des combattants d’al-Nosra ont alors été absorbés par l’EII, qui s’est rebaptisé EIIL et qui s’est accaparé les principales ressources humaines, logistiques et militaires d’al-Nosra. Il est donc indéniable que ces politiques clandestines ont grandement encouragé le développement de ce qui allait devenir Daech en juin 2014, du moins sur le théâtre de guerre syrien. En Occident, le fait que si peu d’observateurs l’aient souligné semble être symptomatique d’une réticence collective à accepter que les réseaux d’al-Qaïda en Syrie furent massivement armés et soutenus par nos propres services spéciaux, et ce dans le but de renverser Bachar el-Assad. L’irrésistible montée en puissance de Daech est donc bel et bien une conséquence directe de cette stratégie, comme l’avait prédit le Renseignement militaire du Pentagone dès 2012.

 

La coresponsabilité des alliés occidentaux et israéliens de la CIA dans le chaos islamiste en Syrie

 

Bien qu’ils aient joué un rôle majeur dans ce désastre, la CIA et ses alliés turcs et pétromonarchiques n’en sont pas les seuls fautifs. Selon les magistrats de la Haute Cour criminelle britannique, les services spéciaux de Sa Majesté ont soutenu la coalition Front al-Nosra/EII, potentiellement pour le compte de la CIA afin que cette dernière puisse échapper à la supervision du Congrès. Depuis 2014, il est de notoriété publique qu’Israël soigne des combattants d’al-Nosraet, comme le grand reporter Robert Parry l’a souligné, Tsahal « a également mené des frappes aériennes en Syrie qui ont soutenu les avancées d’al-Nosra, ce qui a notamment impliqué l’élimination de conseillers du Hezbollah et de l’Iran qui aidaient le gouvernement syrien ». En décembre 2012, le ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius avait repris à son compte les arguments des alliés pétromonarchiques de la France, qui pensaient que le Front al-Nosra faisait du « bon boulot sur le terrain » alors que le Département d’État plaçait cette milice sur la liste onusienne des organisations terroristes – en contradiction avec la politique clandestinede la CIA et de ses partenaires. Cette déclaration stupéfiante, qui fut relayée par le journal Le Monde, n’avait pas été reprise dans la presse. Elle avait été prononcée par Laurent Fabius alors que l’EII faisait partie intégrante de ce réseau terroriste ce qui, manifestement, n’a été relevé par aucun observateur.

 

En mars 2016, le magazine Marianne a révélé que la direction de la prospective du Quai d’Orsay avait, dès octobre 2012, alerté le ministre des Affaires étrangères et l’Élysée sur le fait que l’Arabie saoudite et le Qatar finançaient les groupes jihadistes en Syrie. Dans une note qui fut ignorée par leur hiérarchie, ces experts soulignaient que le « piège [venait] du Golfe », et que « nous [risquions] d’y tomber ». Finalement, à partir de 2014, plusieurs députés de l’opposition ont affirmé que la France avait soutenu le Front al-Nosra. Interrogé sur cette question, le député Gérard Bapt confirme un « soutien clandestin de l’État français en faveur des différentes mouvances islamistes en Syrie, au regard de la porosité et de la proximité entre ces groupes alliés sur le terrain. Or, l’aide française aux rebelles en Syrie, et plus généralement le soutien occidental en leur faveur, se sont poursuivis y compris après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher, pourtant revendiqués par al-Qaïda. »

 

Nous pouvons conclure de ces différentes révélations que les services secrets occidentaux et leurs partenaires régionaux ont, au moins jusqu’en 2013, massivement armé et soutenu la milicetakfiriste qui allait devenir Daech l’année suivante, puisque l’EII et al-Nosra constituaient une seule et unique entité avant leur séparation d’avril 2013. Par conséquent, le Pentagone et ses alliés, qui incluent les forces aériennes françaises, sont en train de bombarder une organisation terroriste dont la CIA et ses partenaires ont grandement favorisé la montée en puissance en Syrie à partir de janvier 2012. Hélas, cette schizophrénie stratégique subsiste : depuis deux ans, nos armées sont engagées dans des opérations contre Daech à l’efficacité d’ailleurs contestable, alors que la CIA et ses alliés continuent de soutenir al-Qaïda pour renverser le gouvernement el-Assad. Or, selon un prestigieux think tank britannique cité par le Guardian en décembre dernier, « plus de la moitié des combattants rebelles en Syrie qui sont opposés au Président Bachar el-Assad sont favorables aux vues de l’État Islamique ». Dans ce même article, il est précisé que « si Daech est vaincu [en Irak et en Syrie], au moins 65 000 combattants appartenant à d’autres groupes salafistes-jihadistes sont prêts à prendre sa place ».

 

Ainsi, comme l’avait préconisé Michel Colomès en octobre 2015, il serait peut-être temps d’arrêter de « jouer les “bons” contre les “méchants” islamistes », une politique qui revient selon lui à « payer la corde qui nous pendra ». Et comme l’avait dénoncé la représentante au Congrès Tulsi Gabbard le 19 novembre 2015 – soit moins d’une semaine après les attentats de Paris –, «renverser le gouvernement syrien d’el-Assad est le but de Daech, d’al-Qaïda et d’autres groupes islamistes extrémistes. Nous ne devrions pas nous allier avec ces fanatiques en les aidant à remplir leur objectif, car cela est contraire aux intérêts sécuritaires des États-Unis et de la civilisation. » Quinze ans après le 11-Septembre, et dans un contexte de multiplication des attentats en Occident, ces arguments ne peuvent que remettre en cause l’impunité que la raison d’État légitime, et qui encourage des politiques échappant totalement aux contre-pouvoirs démocratiques.

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Publié par le 28 août 2016 dans général, International, Politique

 

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